Et pourtant, elle tourne !

  • Sortie de crise : comment arriver à une immunisation collective ?

    Après trois semaines de confinement plus ou moins intense, on commence réfléchir publiquement à la sortie de crise. Sortie temporaire avant une reprise ou sortie définitive ? Sortie brutale ou progressive ? Plusieurs questions se posent. Peut-on sortir de la crise sans passer par une immunisation de masse, généralement placée autour de 60% de la population ? Si c'est la seule porte de sortie, comment peut-on l'atteindre sans vaccin, généralement attendu dans un délai de 9 à 18 mois ?

     

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  • Pourquoi ne pas ouvrir les marchés, avec des modalités adaptées ?

    Les magasins d'alimentation et les grandes surfaces sont ouverts, avec des précautions. Files organisées à l'extérieur (pas toujours, cependant), un nombre limité de clients admis en même temps, une distance sociale respectée. Pourquoi ne pas ouvrir les marchés selon les mêmes modalités ? 

    On pourrait organiser un accès distancié aux stands des producteurs. Les autorités communales pourraient autoriser les stands à se disperser en dehors de leurs espaces habituels. Je pense qu'il n'est en tous cas pas plus risqué d'avoir des gens à l'extérieur pour faire leurs courses que de les faire défiler dans un lieu clos, avec un passage obligé aux caisses. De plus, encourager la consommation de fruits et légumes n'est certainement pas une mauvaise chose à un moment où l'inaction et le confinement pourraient conduire une partie de la population a prendre du poids...

    Ce serait en plus une manière de soutenir les efforts de nos agriculteurs. La vente directe ne peut pas convenir à tous, notamment parce qu'elle implique le plus souvent d'avoir un véhicule, ce qui n'est de loin plus le cas de la majorité de la population urbaine. 

  • Extension de Cornavin : une ânerie inévitable ?

    Les Commissions puis le plénum du Grand Conseil genevois se préparent à voter ce printemps une grosse ânerie à 5 milliards. Je me bats depuis bientôt 3 ans pour qu'on évite cela. Malheureusement, les conséquences de cette décision ne se manifesteront que progressivement de sorte que ceux qui sont actuellement en charge, tant à Genève qu'à Berne ou aux CFF échapperont probablement au spectacle des conséquences de leurs décisions... Par contre, remettre le train sur la bonne voie (et donc construire cette Boucle de l'Aéroport au lieu de creuser des gares inutiles en pleine ville comme le veut l'Etat) demande un travail d'explication et de lobbying maintenant... que personne ne veut faire.

    Jeter une lumière crue sur ce qui se passe actuellement me vaut, comme à l'ingénieur Weibel, père spirituel de la solution alternative, une hostilité inhabituelle de la part des autorités cantonales. C'est donc que nous touchons un endroit sensible. Le conseiller d'Etat en charge ne défend jamais la solution de l'Etat, il se contente de dire que la Boucle ne fonctionne pas, lisant les notes que ses services et les CFF, qui entretiennent une cordiale relation personnelle depuis des années, lui préparent aimablement. 

    Le paradoxe : l'Etat a refusé d'évaluer sérieusement le projet de Boucle. Mais il l'a écarté. Il le trouve "sous-évalué", mais ne dit pas pourquoi, ni comment, ni de combien. Par contre, l'Etat et les CFF accusent les citoyens que nous sommes, sans autres moyens que leur bonne volonté et leur temps bénévole de manquer de rigueru. Nous voulons juste que la solution alternative soit sérieusement étudiée, ce que l'Etat refuse depuis 2013 déjà, quand l'opposition de la part des habitants du quartier des Grottes s'est manifestée. C'est à ce moment qu'on aurait dû évaluer l'alternative de la Boucle. Mais rien. Ces gens dont c'est le métier et qui sont donc payés pour cela ont fermé les yeux. Les CFF voulant une grosse gare avec des surfaces commerciales. Je pense que les CFF ont perdu leur boussole de transporteurs et se croient des aménageurs urbains avant tout. 

    De plus en plus, on voit les sphères économiques et fédérales exercer une pression sur les députés genevois pour qu'ils valident le projet d'extension de Cornavin. On leur dit "qu'on va perdre les sous de Berne" ou que "les train s'arrêteront à Lausanne" ou qu'il n'y aura plus de correspondances si Genève fait de la résistance. Des arguments déloyaux et factuellement faux qui sont protocolés dans des documents du Grand Conseil. 

    Sous pression, les partis se préparent à s'aligner sur la ligne de l'emm..... minimal, en votant comme le veulent les autorités. La majorité des élus Verts s'apprêtent à voter pour 1,35 millions de tonnes d'émissions de CO2 alors 0,37 millions de tonnes étaient possibles avec la Boucle. Le PS est pour les transports publics, donc pour les gares. Point. Le PDC suit son magistrat. 

    Ce qu'on va constater ces prochaines années : 

    - en 2024, après deux années de travaux d'aménagement nécessaire devant Cornavin, ce sera le début de 6 à 7 années de travaux sous et derrière Cornavin, avec des dizaines de milliers de camions évacuant déchets et matériel. Je ne crois pas un instant les CFF quand ils disent que tout sera évacué par rail. 

    - en 2031, à l'inauguration des deux nouveaux quais (et surfaces commerciales des CFF), il n'y aura toujours pas de liaison directe entre le Léman Express et l'Aéroport... On aura gagné une cinquième liaison horaire pour la Plaine. Rien de nouveau pour la gare de l'Aéroport, toujours saturé parce qu'en cul-de-sac. Au prix de 1,7 milliard d'argent public. 

    - en 2035, les CFF entameront la seconde phase des travaux de Cornavin. Le quartier, de la Servette à Montbrillant en passant par les Grottes sera à nouveau sans-dessus-dessous, pendant 6 autres longues années. Commes ces voies seront en partie sous le quartier des Grottes, il n'est à mon avis pas certain qu'il puisse être maintenu intégralement. Au prix d'un autre milliard d'argent public. 

    - en 2041, à l'inauguration de la seconde étape de Cornavin, toujours pas de lien direct entre Léman Express et l'Aéroport...

    - en 2045, on attaque les travaux de la ligne "diamétrale" qui ira de Cornavin à Nations (avec une nouvelle gare) qui est déjà desservie par bus et trams et via Secheron. On construira une nouvelle gare sous la gare de l'Aéroport. Et la ligne se poursuit vers Zimeysa. En cul-de-sac. En même temps, on aura peut-être réalisé un autre projet mal pensé du Département : une ligne de la Praille vers Bernex, en cul-de-sac. Le tout au prix de 2 milliards pour la diamétrale et de un autre milliard pour Bernex. 

    Dans d'autres blogs, articles ou débats, M. Weibel et moi avons avancé de nombreuses solutions pour répondre aux objections de l'Etat. Sur la tarification différenciée des trajets directs ou via l'Aéroport, sur les avantages de la Boucle en termes de souplesse, en économies de CO2, pour permettre aux convois dangereux d'éviter le centre ville, pour permettre l'arrivée de TGV directement à l'aéroport. 

     

  • Les CFF sont agiles et modernes seulement quand ça les arrange

    L’un des arguments contre la solution du bouclement de la Boucle ferroviaire de l’aéroport est que « l’horaire ne serait plus lisible » parce que la durée du trajet entre Lausanne et Cornavin serait variable. C’est inepte. Nous savons tous, sauf les ingénieurs des CFF et de l’OCT, semble-t-il, que la durée des trajets entre les deux villes varie déjà entre 36 et 49, voire 52 minutes selon le train... (sans compter les retards). Donc rien de vraiment nouveau. 

    Ensuite, l’application des CFF, d’ailleurs fort bien faite, permet déjà de choisir son train en fonction des horaires mais aussi du prix que la Régie fait varier. Pour rééquilibrer la charge de ses trains, les CFF pourraient très bien jouer sur les tarifs. Elle le fait déjà, ce que tout le monde sait, sauf les ingénieurs des CFF, semble-t-il. En sont-ils restés aux horaires papier de notre enfance ? Des voyageurs pourraient être intéressés à prendre a Lausanne un train passant par l’Aéroport avant d’aller à Cornavin, parce qu’il coûterait deux francs de moins ou qu’il aurait plus de chances d’y trouver des places assises. Je pense que l’argument  de la vitesse n’est pas, ou plus, le seul pertinent. 

    A noter aussi que les CFF, tellement préoccupés de vitesse et de confort des passagers, trouvent acceptable que les usagers du Léman Express devant se rendre à l’aéroport doivent non seulement changer de train mais aussi de quai, avec leurs bagages, jusqu’en 2045 au moins. Est-ce bien cohérent ? Avec la Boucle, cette question serait réglée vers 2030 et pour un quart du coût.

    Plus j’étudie ce dossier, plus j’ai la conviction que les arguments opposés au Bouclement de la Boucle de l’Aéroport sont très faibles. Notre Régie fédérale est obnubilée par ses grands chantiers. Se voit-elle avant tout comme un aménageur de quartiers de gares et plus tellement comme un transporteur de passagers ? la question mérite d’être posée. 

  • Extension de Cornavin : quel impact auront les chantiers sur la Ville ?

    L’Office fédéral des Transports et les CFF prévoient de mener des travaux énormes en pleine ville entre 2024 et 2031, puis encore de 2035 à 2041. L’excavation de deux voies et un quai à chaque fois, entre Montbrillant et la Servette. Sur 420 mètres de longueur, plus les infrastructures, les accès. C’est déjà énorme. Mais ces 4 voies ne vont pas plonger à 25m sous la terre pas la seule force du Saint-Esprit. Il va falloir creuser des trémies d’accès sur 1,5 km à l’entrée et la sortie. C’est donc un chantier total de 3,5 km en pleine ville. 

    Le fait que cette gare est prévue en sous-sol permet aux autorités de laisser croire que ça va se passer Presque inaperçu. Je pense que c’est grossièrement faux. J’en veux pour preuve le fait que les autorités n’ont jamais rendu public l’impact de ces chantiers sur l’espace urbain... et pour cause, ce serait la fin du projet. Le département des Infrastructures se contente de traiter la solution alternative de la boucle de l’Aéroport de « farfelue ». Un peu court comme argumentation.

    Pourtant, cette alternative ne touche presque pas la Ville, coûte 4 à 5 fois moins cher et est réalisable pour 2030. Elle le serait si les autorités n’avaient pas fait de l’obstruction depuis 2016. Que de temps perdu !

    Si cette affaire devait être une Genferei, elle est à mettre entièrement sur le compte des autorités fédérales, des CFF et du Département, de ses hauts fonctionnaires engonces dans leurs certitudes et des Conseillers d’Etat successifs que se sont laissés enfumer par leurs administrations. 

    Et avant ces 2 fois 6 années de travaux, nous aurons le plaisir de vivre la réfection de la place Cornavin, le déplacement des voies de tram, de la station de taxis. C’est globalement un bon projet, encore perfectible mais nécessaire. Mais c’est aussi 2 à 3 ans de nuisances sur l’avant de la gare Cornavin, avant d’attaquer le reste pendant 12 années.  Selon les autorités, nous serons donc tranquilles vers 2041, l’année de mes 78 ans. Je me réjouis.

    Mais le Léman Express ne sera toujours pas relié à l’Aeroport, 21 ans après sa mise en service. Tranquilles, c’est un grand mot parce que nous devrons encore construire, pour 2 milliards de plus, la diamétrale Cornavin-Nations-Zimeysa. En passant par l’Aéroport où il est envisagé de construire une gare SOUS la gare. 
    En face de tout cela, boucler la Boucle de l’Aéroport permet de répondre à l’essentiel des besoins pour beaucoup moins cher, plus rapidement et avec infiniment moins de nuisances. Mais les CFF ne veulent pas...

  • Réfection entre Bellevue et Versoix : une belle occasion manquée

    L'Etat est en train de rénover le tronçon de la Route suisse entre Versoix et Bellevue. Devant ce qui semble être une simple réfection à l'identique, j'ai posé une question écrite aux autorités afin de savoir pourquoi on n'avait pas profité de cette occasion pour réaliser un aménagement qui ne serait pas exclusivement bétonné (4 voies de circulation, deux pistes cyclables, un trottoir, sans compter 4 voies CFF. La population veut en effet que l'on profite de chaque occasion pour remettre un peu de nature et de végétation dans nos vies. En outre, les 4 pistes ne sont à mon avis d'aucune utilité car elles doivent ensuite se réduire à deux, tant à Versoix qu'à Bellevue. Elles ne servent donc qu'à stocker le bouchon lorsqu'il se forme.

    L'Etat a répondu de manière relativement décevante dans la mesure où il confirme que le projet a été conçu "a minima" et sur la base de la législation sur le bruit. De ce fait, il se contenterait de remplacer le revêtement et une partie des voies de circulation côté Lac par du stationnement..., à la demande de la commune de Genthod. Le chantier étant en cours, sur la base de plans établis il y a plusieurs années déjà, le second axe de ma question visait à savoir quelles leçons l'Etat allait tirer d'une réfection qui est, à mon avis, une grosse occasion manquée de créer quelque chose de neuf et de plus humain qu'un océan de béton. 

    De manière assez vague mais néanmoins intéressante, l'Etat conclut sa réponse ainsi : " Nous vous confirmons que les services de l'Etat ont été rendus attentifs afin que les futurs projets d'infrastructures et de requalification de l'espace routier intègrent, en amont des projets, la question du paysage, de la qualité de l'espace public et notamment celle du patrimoine arboré." C'est bien le moins que l'on puisse attendre. La sincérité de cet engagement ne pourra être vérifié que sur la base des prochains aménagements de ce type. 

    La Question écrite et sa réponse sont annexées au présent article. QUE01198A.pdf

  • Via sicura et policiers en service

    Appliquer le délit de chauffard à un policier en mission d’urgence est à mon avis absurde. J’avoue me pas comprendre la logique qui a guidé le Procureur général puis le Tribunal fédéral. L’un comme l’autre me semblent être allés bien au-delà de leur marge d’appréciation. S’il le plan politique, le message passé aux forces de police est désastreux, ses conséquences injustes et contre-productives. Celui qui semble adressé aux délinquants est tout aussi mauvais.

    Pourtant, je clarifie immédiatement : je suis globalement partisan de via sicura et du délit de chauffard : s’il conduit à 120km/h dans une zone limitée à 50, sans une raison impérative, le conducteur n’a pas à bénéficier de la clémence de la loi. L’infraction est tellement grossière et injustifiable que la sanction est méritée, même si le juge pourrait avoir un peu plus de marge d’appréciation selon les premières évaluation de la loi de 2013. Dans certains cas, notamment les rodéos urbains, où la passion du bolide est une motivation très forte, la confiscation puis la destruction du véhicule pourraient avoir un effet encore plus dissuasif.

    Comment assimiler un policier en service à ce régime légal ? Son comportement devrait etre apprécié à l’aune de l’état de nécessité qui a pu justifier son excès de vitesse. Était-il proportionné à l’intérêt de mener cette poursuite, compte tenu des circonstances, de l’environnement urbain au moment de l’action compte tenu de ce que l’agent pouvait savoir ? La décision prise dans l’urgence était elle fondée ou manifestement exagérée. Mais à mon avis, ce n’est pas à l’aune de via sicura que l’on doit juger de cela, mais de règles particulières liées à la mission et au statut des corps de sécurité, incluant ambulances et pompiers. Quand l’Etat applique les mêmes règles a des agents en mission et à des voyous de la route, il y a à mon avis un vrai problème de politique pénale.

  • Réfection de la Place Cornavin et extension de la Gare : le mélange de l’utile et de l’inutile

    A Cornavin, on se prépare deux décennies de blocages. Les habitants, les pendulaires et les commerces vont adorer ! Le Département des Infrastructures prévoit une réfection de la place Cornavin, devant la gare. Les trams seront déplacés, les taxis mis en sous-sol, les sorties du parking déplacées pour corriger la situation actuelle. Ces travaux devraient débuter en 2022. Pour deux ou trois ans. C’est nécessaire, mais terriblement impactant sur la circulation des passagers. Le trafic et la pollution générée ne seront pas négligeables. 

    Dès que ces travaux sont terminés sur la partie avant de la gare, les Administrations (fédérales, cantonales et municipales, sous la baguette des CFF, maîtres d'ouvrage) nous proposent 6 années de travaux pour créer deux quais en sous-sol sur l'arrière de la gare, jusqu'en 2031. Inutile d'espérer que tout se passera sous terre ! Il y aura de très importants impacts en surface, des camions, des chantiers. Non seulement pour les 420m de quais, mais aussi sur 2x2 km de voies d'accès à ces nouveaux quais, en direction de Châtelaine et de Sécheron. En effet, les trémies d'accès s'étendront loin à l'est et à l'ouest de Cornavin. 

    Et en 2035, on repartira peut-être pour un tour en sous-sol, avec deux nouveaux quais. Le tout pour 2,7 milliards de francs. Le pire, c'est que ces deux tranches de travaux sont INUTILES. La surcharge annoncée de la gare Cornavin est due au fait que celle de l'aéroport est en cul-de-sac, forçant tous les trains à passer deux fois par Cornavin. Les Administrations nous répètent que ce n'est pas possible, sans jamais avoir fourni d'explications sérieuses sur le fond. Je reviendrai dans le prochain blog sur les objections qui sont faites et leur manque de sérieux. Elles viennent pourtant d'une prestigieuse régie fédérale qui devient suffisante (dans sa communication) et insuffisante dans on travail de fond. A moins que des intérêts immobiliers prépondérants ne poussent la Régie à imposer à Genève une "grande gare" dont elle n'a pas vraiment besoin... ? 

  • Enfants, parents, assistants sociaux, experts psychiatres et juges : souffrance et incompréhension

    Depuis le début 2019, la manière de fonctionner de la chaîne socio-médico-judiciaire est sérieusement questionnée. Une pétition et une motion déposées au printemps, puis plusieurs témoignages sur des cas dramatiques ont attiré l'attention. Un sujet hautement affectif pour les victimes, mais aussi le choc des chapelles. La Psychiatrie, les Assistants sociaux et les Juges. Tous experts, tous réputés honnêtes, tous malgré tout soumis aux pressions de leur groupe socio-professionnel pour "se serrer les coudes" ou "se montrer solidaires de leurs collègues". Au milieu, les parents et des enfants qui souffrent. Tous les signaux perceptibles à l'extérieur indiquent qu'il y a un gros dysfonctionnement. La Commission sociale du Grand Conseil s'en est saisie sans que l'on sache encore ce qui en sortira. Je n'en fais pas partie. Je ne peux pas m'empêcher de ressentir un terrible malaise devant la publication d'une expertise d'un spécialiste (psychiatre) bâlois sur la manière dont les expertises (psychiatriques) sont menées par ses collègues genevois. Pouvait-on attendre autre résultat ? Sérieusement ? 

    Les juges ne semblent pas s'écarter souvent des expertises du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), dont les experts sont eux-mêmes mis en condition par les assistants sociaux qui suivent les dossiers. Il est urgent que sorte quelque chose de concret de ces enquêtes. Les avocats s'inquiètent de ce que l'enfant ne soit pas vraiment entendu et ses intérêts à rester en contact avec ses parents, même divorcés, pas vraiment respectés. Le Temps et sa journaliste Laure Lugon en particulier ont réalisé une série d'articles très bien documentés sur le sujet depuis juin 2019. 

    Les parents broyés par le système ont bien moins de moyens de se faire entendre. Certains s'enferment dans leur douleur au point qu'ils ne parviennent presque plus à expliquer leur cas de manière rationnelle, bouffés par la douleur dans laquelle ils macèrent. On en vient a rejeter leurs appels incessants et répétitifs. Trop de communication finit par tuer la communication. J'en connais personnellement un. C'est dramatique. 

    C'est le drame du citoyen-justiciable confronté aux experts. Celui de l'élu de milice face aux professionnels. Et au milieu, les enfants. Les a-t-on écoutés ? Vraiment ? Je n'en suis pas convaincu. 

  • L’Etat doit faire réaliser une étude indépendante de la boucle

    Si les Administrations fédérales et cantonales, sous la pression des CFF vont de l’avant avec l’extension de Cornavin, le projet sera soumis à un inévitable enquête publique. Ces énormes travaux en pleine ville susciteront des oppositions. Les opposants pourront facilement avancer qu’une autre solution, celle de la boucle, éviterait presque tout inconvénient sur le tracé contesté, et répondrait beaucoup mieux l’intérêt général. C’est d’autant plus évident qu’au moment de l’enquête publique, la comparaison porterait sur la boucle d’une part et sur la seule 1ère étape du projet d’extension de Cornavin d’autre part. Pour en arriver à un résultat comparable, il faudrait mener à bien les trois étapes : la 1ère extension souterraine de Cornavin (objet de l’enquête publique), la seconde extension de Cornavin, et enfin la ligne « diamétrale » qui implique une nouvelle gare souterraine à Nations et une autre à l’aéroport, sous la gare existante de l’Aéroport. Ce serait donc une gare sous-souterraine. On devrait alors comparer le coût de la boucle (1 gros milliard) avec celui des trois étapes du projet de l’Etat (4,7 milliards), dont seul le premier tiers est financé. Et les délais de réalisation : une dizaine d’année pour la boucle, 30 ans minimum pour les projets des Administrations et des CFF.

    Bien sûr, l’Administration cantonale des transports défendrait son point de vue. Mais à ce moment-là, ce serait la Justice qui étudierait l’affaire. C’est elle qui se prononcerait sur la pesée de l’intérêt général du projet de l’Etat et de celui de la  boucle. De telles affaires, pour de tels ouvrages, sont généralement portées jusqu’au Tribunal fédéral. La Cour fédérale voudrait certainement prendre connaissance de l’étude démontrant la supériorité de la solution des Administrations sur la boucle. Il s’étonnerait sans doute d’apprendre qu’aucune étude comparative ne peut lui être présentée.

    Il paraît donc judicieux, voire indispensable de faire réaliser une telle étude aujourd’hui. C’est exactement ce que nous demandons avec le Projet de loi 12525 que l’Etat s’efforce avec un certain succès de faire traîner en Commission du Grand Conseil depuis juin 2019, date à laquelle je l’ai présenté. Six mois ont déjà été perdus (ou gagnés pour les tenants du fait accompli administratif). A ce jour, aucune objection sérieuse à la solution de la boucle n’a été présentée, si ce n’est « les CFF ne veulent pas » ou « les CFF ne savent pas gérer une boucle dans l’horaire cadencé » ou encore « on arriverait pas à nettoyer les trains sans cul-de-sac à l’aéroport ». Ces objections relèvent plus de la mauvaise volonté administrative que d’un débat démocratique sérieux. A moins que la volonté de creuser une gare à Cornavin vise avant tout à amuser la galerie (commerciale).