25/12/2007

Fumée passive : interdiction malheureusement nécessaire

J'aurais souhaité qu'il ne soit pas nécessaire d'interdire la fumée dans les lieux publics. Ce type de mesure est toujours l'aveu d'un échec : celui de la modération et du respect. On aurait pu éviter d'en arriver là si une plus grande partie des fumeurs avaient fait preuve de retenue dans leur manière de consommer. On constate trop souvent à quel point les fumeurs sont inconscients de la gène qu'ils peuvent causer autour d'eux. Beaucoup sont incapables de se modérer lorsqu'ils sont en présence de non-fumeurs. 

Les tenanciers d'établissements publics ont beaucoup traîné les pieds: combien de coins non-fumeurs, simples alibis où les nuages nauséabonds sont sensés s'arrêter tout seuls à la limite de la zone signalée par le gérant.  

Au-delà des risques pour la santé, un aspect des nuisances de la fumée de cigarette est souvent négligé : ça sent tout simplement très mauvais! Autant l'odeur d'une pipe ou celle d'un bon cigare peut être agréable en quantité raisonnable, autant celle de la cigarette bourrée d'additifs (les fameux "jus" des fabricants) destinés à nous rendre tous dépendants est désagréable.

Et finalement, le meilleur argument en faveur d'une limitation de la consommation reste la peau grise, le teint cireux, les doigts jaunes et l'haleine chargée des gros fumeurs. Si les débutants d'aujourd'hui voulaient bien regarder de près ceux d'avant-hier, ils seraient moins nombreux à commencer. Courage !

19/12/2007

Pouvoir d'achat : les nouvelles dépenses

On parle actuellement beaucoup du pouvoir d'achat et bien entendu de son insuffisance. C'est logique. Je ne souhaite pas discuter pour le moment la question des revenus ni du niveau des prix, mais du type de choix que nous faisons. A bien y regarder, il est des dépenses complètement nouvelles qui ne me semblent pas en remplacer d'autres, dans le domaine des télécommunications et des loisirs en particulier.

Nous sommes en majorité équipés de portables et à en juger par ce qui se passe dans les transports publics, ce n'est, pour la majorité, pas uniquement un outil à utiliser en cas d'urgence !  Les enfants ont un portable, pour des raisons bien compréhensibles: sécurité, coordination. Avons-nous pour autant renoncé à notre ligne fixe ? Tout cela n'existait même pas il y a quinze ans. Ce que nous y avons gagné vaut-il le prix que nous payons ?

Internet à la maison : de plus en plus répandu. Une étude annonçait dernièrement que les plus jeunes passaient plus de temps connectés que devant l'antique lucarne. A-t-on pour autant renoncé à une télévision et décliné le paiement de la redevance ? L'un des succès du marketing actuel est de nous avoir fait accepter l'idée que ces dépenses sont inévitables, incompressibles et donc indiscutées. Le sont-elles vraiment ? 

Au moment où nous nous pressons tous dans les boutiques pour sacrifier au rituel des petits paquets, il vaut la peine de regarder autour de soi et de réfléchir un temps aux types de dépenses qui mangent nos revenus et ceux de nos concitoyens et co-achetants. Est-ce que cela ne contribue pas aussi à notre impression qu'il reste moins d'argent disponible à la fin du mois ?

13/12/2007

Quelques leçons du 12 décembre

La non-élection de Christoph Blocher le 12 décembre et les réactions qui l'ont suivi obligent à réfléchir sur quelques points :     

Les termes de putsch ou de complot utilisés par les partisans de M. Blocher sont tout simplement faux. Il s'agit d'une élection conforme au droit suisse et même aux usages parlementaires. Elle n'est ni violente ni illégale. Le projet a été annoncé, discuté de la manière la plus publique qui soit. Définir et appliquer une tactique lors d’un tel événement est légitimement pratiqué par tous.

La concordance politique et arithmétique est respectée. Les premiers à la piétiner ont été les partisans de l'UDC et M. Blocher lui-même d'une manière consciente et volontaire qui a été largement documentée dans plusieurs ouvrages. Ce parti a lui-même placé les élections du 21 octobre sous le signe de la personnalité de son principal inspirateur. L'Assemblée Fédérale a donc logiquement pris acte de cette volonté. 

L'UDC dans l'opposition ? Mais en quoi la présence de M. Blocher à l'Exécutif a-t-elle retenu son parti ou ses émanations telles que l'ASIN ou la Weltwoche de prendre des positions ou des initiatives d'opposition. Cela aura au moins le mérite de la clarté.

Vive le débat démocratique !Nous avons assisté sous la coupole à des scènes de liesse compréhensibles mais que l'on peut à bon droit trouver déplacées. Moins justifiables sont les menaces proférées par les perdants et la violence de leur réaction. En particulier, les propos tenus par leurs partisans sur les blogs et autres forums publics donne une idée des sentiments que les partis populistes éveillent chez leurs partisans. Il semble que la méchanceté, la vulgarité, l'insulte, la dénonciation et la faute d'orthographe arrivent largement en tête...  Mais il faut nuancer et se garder de traiter à tort l’UDC de fascisme, un terme qui a trop de valeur historique pour que l’on accepte de le galvauder ainsi.

Il n'en reste pas moins qu’une fraction des citoyens ne se sent plus représentée au Conseil Fédéral (mais le reste cependant aux Chambres, contrairement à la France où au moins 40% des votants n'ont aucune représentation parlementaire). Il faudra en tenir compte dans la manière de s'adresser au public. Sur le fond, ce résultat ne doit pas faire oublier que l'UDC a posé et posera souvent de bonnes questions, même s'il y apporte presque systématiquement de mauvaises réponses, simplistes, indignes ou incompatibles avec l'environnement international. Le défi de tous les autres partis et en particulier de la droite responsable et du centre largement compris est de répondre concrètement à ces questions qui reposent souvent sur un sentiment d'inquiétude savamment entretenu. Y répondre rationnellement et affectivement.

Si le combat d'idées est nécessaire à la vie publique, il faut se garder de camper sur des positions dogmatiques qui sont trop souvent le fait de la gauche comme de la droite sur ce qu'ils considèrent comme leurs thèmes de campagne. Le résultat du 12 décembre rend un peu plus probable l’élaboration de réponses à la fois efficaces, réalistes et moralement acceptables.

A noter encore que les médias ont fait un travail remarquable tant dans la campagne que pendant le vote du 12 décembre. Tous les courants ont eu l'occasion d'exprimer leur points de vue. La scénarisation de certaines émissions s'est trouvé largement compensée par les questions de fond qui ont été débattues, bien au-delà des stratégies et autres tactiques.