07/01/2008

Annulation du Dakar : une malheureuse bénédiction

L'année commence bien : le Quelquepart-Dakar n'aura pas lieu ! Les milieux proches du sport automobile tentaient sans honte hier soir de nous convaincre que l'annulation du dit-rallye était une perte pour l'Afrique.

Soyons clairs : c'est une perte pour ceux qui avaient investi de l'argent, du temps, de l'énergie ou de la passion dans sa préparation ou son organisation, concurrents ou organisateurs, un point c'est tout.  Pour tous les autres, c'est une bénédiction. Ce cirque obscène ne pouvait même plus se prévaloir du parfum des précurseurs. Des quelques voitures et motos de ses débuts, le monstre a enflé pour faire défiler des centaines de véhicules de course, des camions (suprême non-sens, écologique et sécuritaire), une assistance motorisée énorme, une flotte aérienne démentielle et une véritable caravane médiatique.  Quel pays développé accepterait un tel cirque sur ton territoire ?

Et la longue liste des alibis mensongers :

- Une bonne publicité pour le continent ? éventuellement pour quelques dirigeants qui auraient démontré leur capacité à assurer la sécurité (avec le succès que l'on sait !) Pour le reste, l'Afrique veux-t-elle être vue au bord d'une piste à regarder passer de la tôle poussiéreuse et pétaradante ?

- Un avantage économique ? on nous ne fera pas croire que la caravane se ravitaille à la supérette du coin ou fait le plein sur place.

- Des actions humanitaires ? Que sont quelques pompes à eau larguées ici ou là en regard des pistes défoncées, des enfants happés et de la pollution occasionnée ?

- La connaissance de l'Afrique ? les concurrents auront-ils vu ou connu autre chose que le reflet d'eux-mêmes et des kilomètres de poussière ? L’aventure ? Il y a moins envahissant que ces milliers de kilomètres motorisés.

- Et le Nord veut-il être perçu comme cela par le continent africain ?

Une seule tragédie cette année : la course n'a pas été annulée pour ces raisons qui, chacune, aurait été suffisante pour la remettre en question. Malheureusement, c'est encore une fois une menace sécuritaire, le pire des motifs qui restera dans les annales, évitant un jugement sur le fond

Commentaires

Entièrement d'accord, rien à ajouter... Comme le disait Renaud:

Cinq cents connards sur la ligne de départ
Cinq cents blaireaux sur leurs motos
Ça fait un max de blairs
Aux portes du désert
Un paquet d'enfoirés
Au vent du Ténéré

Écrit par : Géographe | 08/01/2008

Rassurons nous en sachant que chaque année un des véhicules fauchait un ou plusieurs enfants en traversant des villages à 150km/h.

Y'en avait même qui arrivaient à se faire mal tout seul. Rahh, les pauvres !

Écrit par : Dji | 08/01/2008

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