07/01/2008

Blocher, Décaillets et la diversité

Le plaidoyer de Pascal Décaillets (Lausanne FM du 7.01.2008) porte en lui-même au moins une contradiction majeure, ce qui, bien entendu n'est pas un crime et encouragerait plutôt au débat :

"Un peuple complexe, multiple, qui réussit, de façon exceptionnelle, à faire vivre ensemble des gens d’horizons, de religions, de langues différents." Je vous suis volontiers sur cette description mais pas dans les conséquences que vous en tirez : au contraire, M. Blocher est bien le dernier à représenter et à accepter  cette diversité. C'est le chantre de ceux qui veulent que rien ne change et préfèrent couler avec le rafiot vent debout. Sans aller jusqu'à souhaiter ouvrir toutes les portes comme certains le réclament, j'estime qu'il est à la fois vain et contre-productif de s'accrocher à une Suisse qui n'existe plus (pourtant, n'étant ni socialiste ni nationaliste, j'étais sur le Grütli le premier août dernier).

Et si le triomphe du 21 octobre n'en était pas un mais le début de la chute, la fameuse Roche Tarpéienne si proche du Capitole, le fascinant miroir dans lequel ce populisme-là s'est fracassé. On voit avec quel mal l'UDC tente de donner un contenu à cette fameuse opposition qu'elle n'a en fait jamais cessé de pratiquer, son inspirateur au gouvernement, aux commandes du parti ou de l’ASIN.

Et finalement, il faut bien sûr continuer à lui donner la parole, comme aux autres. Vous ne parviendrez pas à accréditer la thèse selon laquelle il s'est agi d'une chasse aux sorcières. Juste un plan, intelligent et bien mené de faire battre un politicien très habile et fort riche avant qu'il ne cause trop de tort au pays. Pas un complot mais un plan annoncé et discuté de longue date, en toute démocratie. Ni plus, ni moins.

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