15/01/2008

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs"

 

Au-delà de la gauche et de la droite, ce qui distingue les acteurs politiques et leur projets, c’est leur respect de l’autre (qui n’implique pas d’être d’accord avec lui) et un attachement à certaines valeurs fondamentales. Parmi d’autres, Yves Nidegger tente de discréditer ceux qui, refusant de verser dans les fondamentalismes de tous bords, cherchent à promouvoir une politique ouverte, réaliste et responsable. En habile avocat qu’il est, il avance que les partis de la droite n’ont pas de valeurs communes… pour immédiatement réclamer des actions communes (post du 8 janvier). Je suis bien d’accord là dessus : « nous n’avons pas les mêmes valeurs » comme le proclamait il y a quelques années la publicité d’une marque française de rillettes.

 

C’est justement là que les conceptions divergent : lorsque les valeurs sont incompatibles, comment construite une action dans la durée ? Bien entendu, il restera toujours possible et nécessaire de s’entendre au cas par cas. La manière dont l’UDC nationale commence à infléchir sa blochérienne promesse d’opposition systématique est révélatrice : les réalistes, au nombre desquels figure en bonne place la nouvelle Conseillère fédérale Widmer-Schlumpf, n’accepteront pas que leur action soit parasitée par un fondamentalisme passéiste et rancunier.

 

Comme tous ceux qui font pousser leurs fleurs politiques sur les thèses les plus nauséabondes, la si mal nommée Union Démocratique du Centre flatte les plus bas instincts de son électorat : hostilité à l’autre en général, détestation  de ce qui est différent, culte de la violence verbale et de la provocation stérile, dénigrement et sarcasme. Si les questions soulevées par ce parti parfois pertinentes, les réponses sont presque toujours mauvaises, partielles, simplistes et indignes.

 

Il est étonnant que l’UDC, qui fait son beurre d’un prétendu amour pour la patrie soit si prompt à en salir l’image à l’extérieur pas ses thèses mais aussi par la manière dont il les exprime. Belle performance de Mme Calmy-Rey que d’avoir poussé M. Maurer à dénigrer le mythique Grütli (« une simple prairie parsemée de bouses de vaches ») par le seul fait d’y rassembler des milliers de familles patriotes mais non nationalistes.

 

De son côté, la gauche ne facilite pas toujours la tâche des partisans des plus constructifs. De ce côté se trouvent également des fondamentalistes, otages de schémas défraîchis qui n’apportent pas grand-chose à la recherche de solutions pratiques.

 

Quant au courant Vert, il rencontre de plus en plus de succès chez de nombreux citoyens. Tous ceux qui vont bientôt y laisser des plumes ont bon dos d’accuser de fondamentalisme ceux qui se préoccupent d’environnement et d’action durable, non sans ajouter en urgence quelques thématiques écologiques à leur programme. Si certains verts se sont en effet laissés enfermer très à gauche, beaucoup sont adeptes d’une politique responsable et nuancée. Les succès des Verts Libéraux outre-sarine et des idées d’Ecologie Libérale en Romandie en témoignent. Une tentative intelligente de fonder la préservation de l’environnement sur l’économie réelle.

Commentaires

"Ecologie Libérale", "Verts Libéraux" ... des partis qui ont la couleur de l'écologie, mais qui sont très loin de l'écologie.

En effet, l'écologie, c'est la prise en compte de notre environement et surtout du long terme dans les réfléxions de société ... Cette même notion de long terme qui n'existe pratiquement pas du tout chez les adeptes du dogme néo-libéral ou seul compte le retour sur investissement rapide.

Ainsi un "Vert libéral" verra dans le marché des droits de pollution une solution idéale, alors que le vrai vert regardera ceci d'un oeil circonspect.

Écrit par : Dji | 15/01/2008

Il n'en rate pas une : Le fondamentaliste Dji crie haut et fort qu'il ne tolère pas de déviance a la doctrine. Excommunions les hérétiques verts qui se seraient éloignés des projets d'extrême gauche, ici traîtreusement nommés "réflexions de société".

Mais que dire des fourbes qui attire l’électeur par un thème porteur de sympathie, le vert, dans le seul but de lui imposer un totalitarisme rouge.

AF

Écrit par : Alain Fernal | 15/01/2008

Confier les problèmes d'environnement à Ecologie Libérale c'est un peu comme confier ses gosses à Marc Dutroux...

Écrit par : Sandro Minimo | 15/01/2008

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