30/01/2008

Quelle crédibilité pour la 3 fois mal nommée UDC ?

Dans une intervention récente, MM. Pardo et Rutz  tirent un parallèle grotesque entre la confiance dont jouiraient les médecins, les pompiers, les joueurs de football et les politiciens. Bien entendu, les deux dernières catégories s’en tirent le moins bien. Voilà qui est typique des méthodes de l’UDC : comparer ce qui ne l’est pas, créer la confusion. Les attentes que l’on peut avoir pour les uns et les autres sont complètement différentes, leurs responsabilités et leurs moyens aussi. Tordre les faits sans scrupule pour accréditer une seule thèse : « tous pourris ». Messieurs, vous travaillez avec un certain succès à la dégradation des moeurs politiques, l'histoire montrant que certaines idéologies douteuses poussent mieux sur les ruines. Jamais l'UDC n'a été plus mal nommée: ni unie, ni démocratique ni du centre.

La conception viciée et haineuse qu'ont les cadres de ce parti de la politique, du débat, du respect de l'adversaire et de l'Autre en général est pour beaucoup dans la supposée méfiance des citoyens dans la politique et les politiciens. La garantie de la liberté d’expression leur donne ce droit, quoi qu’il en coûte au pays, c’est notre honneur.

La concordance a été rompue par l’UDC, au conseil fédéral pendant quatre ans et maintenant au parlement. Même au sein du parti, ceux qui ne suivent pas le courant extrémiste blochérien sont écartés (plusieurs sections). 

Le passage dans l’opposition : une double illusion puisque l’UDC y était depuis quatre ans déjà. Une grosse minorité du parti refuse d’ailleurs cette posture.

Une autre illusion : la diminution des dépenses au DFJP , essentiellement due à la baisse des demandes d’asile qui n’est pas propre à la Suisse mais à l’Europe entière et aux transferts de charges sur les cantons. Quatre années de trompe-l’oeil. 

Ayant vécu une quinzaine d'années à l'étranger, j'affirme que les auteurs n’ont aucune idée de ce que peut être une classe politique pourrie, inefficace et sans lien avec sa population. En comparaison, la qualité de nos dirigeants est très acceptable. Seule une grave myopie politique ou une épaisse mauvaise foi les empêche de voir plus loin que le  bout de leur nez.

À décharge, il est vrai que nombre de contradicteurs facilitent la tâche de l’UDC par leur outrance et leur grossièreté. Ces thèses doivent être combattues mais par l'argumentation et non l'invective seule. 

28/01/2008

Chiens d’attaque : l’interdiction légitime

Comme son nom l’indique, le chien d’attaque est destiné à … attaquer. De ce seul fait, il n’a pas sa place dans une société humaine organisée et urbaine, où le droit de se mouvoir librement et en sécurité est placé haut dans l’échelle des valeurs. Ne pas interdire la présence de telles bêtes dans nos rues, parcs et chemins signifie que chacun doit être en mesure de s’en défendre lui-même (être armé ?) et que les personnes les plus vulnérables (enfants, personnes âgées) ne peuvent plus s’y promener seuls, ce qui n’est bien entendu pas acceptable. En tant que joggeur, cycliste ou en promenade en forêt, j’ai un droit absolu à ne pas rencontrer de tels monstres en liberté.

 

On nous dira que l’animal n’est pas dangereux mais que son maître l’est. C’est à la fois faux et vrai. Par sa morphologie, ces animaux causent des morsures beaucoup plus dangereuses que les autres et ne lâchent pas leur victime. Sélectionnés pour leur capacité à l’attaque ou au combat, ils ont des caractéristiques particulières, ce sont des créations humaines, souvent dégénérées par des croisements multiples qui ont développé leurs traits de caractère les plus incompatibles avec la vie en société. Les détenteurs de ces bêtes posent aussi problème. Leur simple observation montre que ces maîtres présentent des caractéristiques communes : agressivité, volonté d’inspirer la crainte ou simple marginalité (marginalité qui n’est pas un problème en soi mais le devient lorsqu’elle est « armée d’un chien d’attaque »).

 

On peut douter que ceux qui ont choisi de détenir de telles bêtes soient les plus aptes à les dresser, les contrôles et les maîtriser comme leur dangerosité naturelle l’exige. Bien entendu, les autres chiens mordent aussi et leurs maîtres sont tenus d’en protéger la population mais le danger est sans commune mesure.

 

Quant à les tenir muselés, enfermés, attachés, c’est une mauvaise solution qui, cette fois, est totalement contraire au droit de ces animaux et ne peut qu’en faire des bêtes encore plus féroces lorsqu’elles échappent au contrôle de l’homme.

 

Il faut donc interdire ces races de chiens et progressivement les croisements nouveaux qui seraient produits par ceux qui cherchent à contourner la loi.

23/01/2008

Les thèmes ne sont ni de gauche ni de droite

On ne peut à la fois reprocher au Centre de n'avoir pas de consistance et le critiquer dès qu'il fait mine d'en avoir. Depuis quand certains thèmes sont-ils la propriété d'un parti ou d'un autre. Ces confiscations auxquelles M. Décaillets prête volontiers sa plume font de la politique le jeu bloqué qu'à la fois il critique et contribue à maintenir, souvent avec talent. Le Centre, c'est le courage d'examiner les problèmes avec lucidité et sans a priori, de leur apporter les meilleures solutions possibles et de les expliquer, sans se laisser impressionner par les vitupérations des uns et des autres.

La sécurité et l’immigration ne sont pas des thèmes de droite, l'égalité des chances et ou les salaires le domaine réservé de gauche. Ce sont les nôtres. La différence doit se faire par la manière de les traiter et pas uniquement par la violence ou éventuellement le talent des agitateurs d’une polarisation stérile.

Il y a là un vrai débat de fond qui doit influencer la manière de faire la politique dans le futur afin qu'elle ne se sombre pas dans la guerre de tranchée stérile et coûteuse. Les populistes de tous bords n'auraient alors plus qu'à en ramasser les débris pour nous construire un monde dont la majorité ne veut pas.

15/01/2008

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs"

 

Au-delà de la gauche et de la droite, ce qui distingue les acteurs politiques et leur projets, c’est leur respect de l’autre (qui n’implique pas d’être d’accord avec lui) et un attachement à certaines valeurs fondamentales. Parmi d’autres, Yves Nidegger tente de discréditer ceux qui, refusant de verser dans les fondamentalismes de tous bords, cherchent à promouvoir une politique ouverte, réaliste et responsable. En habile avocat qu’il est, il avance que les partis de la droite n’ont pas de valeurs communes… pour immédiatement réclamer des actions communes (post du 8 janvier). Je suis bien d’accord là dessus : « nous n’avons pas les mêmes valeurs » comme le proclamait il y a quelques années la publicité d’une marque française de rillettes.

 

C’est justement là que les conceptions divergent : lorsque les valeurs sont incompatibles, comment construite une action dans la durée ? Bien entendu, il restera toujours possible et nécessaire de s’entendre au cas par cas. La manière dont l’UDC nationale commence à infléchir sa blochérienne promesse d’opposition systématique est révélatrice : les réalistes, au nombre desquels figure en bonne place la nouvelle Conseillère fédérale Widmer-Schlumpf, n’accepteront pas que leur action soit parasitée par un fondamentalisme passéiste et rancunier.

 

Comme tous ceux qui font pousser leurs fleurs politiques sur les thèses les plus nauséabondes, la si mal nommée Union Démocratique du Centre flatte les plus bas instincts de son électorat : hostilité à l’autre en général, détestation  de ce qui est différent, culte de la violence verbale et de la provocation stérile, dénigrement et sarcasme. Si les questions soulevées par ce parti parfois pertinentes, les réponses sont presque toujours mauvaises, partielles, simplistes et indignes.

 

Il est étonnant que l’UDC, qui fait son beurre d’un prétendu amour pour la patrie soit si prompt à en salir l’image à l’extérieur pas ses thèses mais aussi par la manière dont il les exprime. Belle performance de Mme Calmy-Rey que d’avoir poussé M. Maurer à dénigrer le mythique Grütli (« une simple prairie parsemée de bouses de vaches ») par le seul fait d’y rassembler des milliers de familles patriotes mais non nationalistes.

 

De son côté, la gauche ne facilite pas toujours la tâche des partisans des plus constructifs. De ce côté se trouvent également des fondamentalistes, otages de schémas défraîchis qui n’apportent pas grand-chose à la recherche de solutions pratiques.

 

Quant au courant Vert, il rencontre de plus en plus de succès chez de nombreux citoyens. Tous ceux qui vont bientôt y laisser des plumes ont bon dos d’accuser de fondamentalisme ceux qui se préoccupent d’environnement et d’action durable, non sans ajouter en urgence quelques thématiques écologiques à leur programme. Si certains verts se sont en effet laissés enfermer très à gauche, beaucoup sont adeptes d’une politique responsable et nuancée. Les succès des Verts Libéraux outre-sarine et des idées d’Ecologie Libérale en Romandie en témoignent. Une tentative intelligente de fonder la préservation de l’environnement sur l’économie réelle.

07/01/2008

Annulation du Dakar : une malheureuse bénédiction

L'année commence bien : le Quelquepart-Dakar n'aura pas lieu ! Les milieux proches du sport automobile tentaient sans honte hier soir de nous convaincre que l'annulation du dit-rallye était une perte pour l'Afrique.

Soyons clairs : c'est une perte pour ceux qui avaient investi de l'argent, du temps, de l'énergie ou de la passion dans sa préparation ou son organisation, concurrents ou organisateurs, un point c'est tout.  Pour tous les autres, c'est une bénédiction. Ce cirque obscène ne pouvait même plus se prévaloir du parfum des précurseurs. Des quelques voitures et motos de ses débuts, le monstre a enflé pour faire défiler des centaines de véhicules de course, des camions (suprême non-sens, écologique et sécuritaire), une assistance motorisée énorme, une flotte aérienne démentielle et une véritable caravane médiatique.  Quel pays développé accepterait un tel cirque sur ton territoire ?

Et la longue liste des alibis mensongers :

- Une bonne publicité pour le continent ? éventuellement pour quelques dirigeants qui auraient démontré leur capacité à assurer la sécurité (avec le succès que l'on sait !) Pour le reste, l'Afrique veux-t-elle être vue au bord d'une piste à regarder passer de la tôle poussiéreuse et pétaradante ?

- Un avantage économique ? on nous ne fera pas croire que la caravane se ravitaille à la supérette du coin ou fait le plein sur place.

- Des actions humanitaires ? Que sont quelques pompes à eau larguées ici ou là en regard des pistes défoncées, des enfants happés et de la pollution occasionnée ?

- La connaissance de l'Afrique ? les concurrents auront-ils vu ou connu autre chose que le reflet d'eux-mêmes et des kilomètres de poussière ? L’aventure ? Il y a moins envahissant que ces milliers de kilomètres motorisés.

- Et le Nord veut-il être perçu comme cela par le continent africain ?

Une seule tragédie cette année : la course n'a pas été annulée pour ces raisons qui, chacune, aurait été suffisante pour la remettre en question. Malheureusement, c'est encore une fois une menace sécuritaire, le pire des motifs qui restera dans les annales, évitant un jugement sur le fond

Blocher, Décaillets et la diversité

Le plaidoyer de Pascal Décaillets (Lausanne FM du 7.01.2008) porte en lui-même au moins une contradiction majeure, ce qui, bien entendu n'est pas un crime et encouragerait plutôt au débat :

"Un peuple complexe, multiple, qui réussit, de façon exceptionnelle, à faire vivre ensemble des gens d’horizons, de religions, de langues différents." Je vous suis volontiers sur cette description mais pas dans les conséquences que vous en tirez : au contraire, M. Blocher est bien le dernier à représenter et à accepter  cette diversité. C'est le chantre de ceux qui veulent que rien ne change et préfèrent couler avec le rafiot vent debout. Sans aller jusqu'à souhaiter ouvrir toutes les portes comme certains le réclament, j'estime qu'il est à la fois vain et contre-productif de s'accrocher à une Suisse qui n'existe plus (pourtant, n'étant ni socialiste ni nationaliste, j'étais sur le Grütli le premier août dernier).

Et si le triomphe du 21 octobre n'en était pas un mais le début de la chute, la fameuse Roche Tarpéienne si proche du Capitole, le fascinant miroir dans lequel ce populisme-là s'est fracassé. On voit avec quel mal l'UDC tente de donner un contenu à cette fameuse opposition qu'elle n'a en fait jamais cessé de pratiquer, son inspirateur au gouvernement, aux commandes du parti ou de l’ASIN.

Et finalement, il faut bien sûr continuer à lui donner la parole, comme aux autres. Vous ne parviendrez pas à accréditer la thèse selon laquelle il s'est agi d'une chasse aux sorcières. Juste un plan, intelligent et bien mené de faire battre un politicien très habile et fort riche avant qu'il ne cause trop de tort au pays. Pas un complot mais un plan annoncé et discuté de longue date, en toute démocratie. Ni plus, ni moins.