08/02/2008

Criminalité : quand les extrêmes se rejoignent

Dans la triste affaire de Locarno, il y a deux pièges à éviter : sombrer dans la régression anti-étranger dont la droite populiste est coutumière et se réfugier dans l’empathie communautariste un peu naïve d’une partie de la gauche. Aussi fausses l’une que l’autre, ces deux postures se renforcent mutuellement et rendent impossible l’analyse sereine de la situation. Toute réflexion constructive doit, à mon avis, s’appuyer sur deux éléments :

 

1. L’arsenal législatif actuel permet de punir les coupables, allant jusqu’à remettre en cause leur présence future sur le territoire national, si le juge l’estime nécessaire. Nul besoin donc de nouvelle loi. Ignorer cette réalité, c’est chercher à verser de l’huile sur le feu pour des raisons purement démagogiques, susciter la haine parmi éléments les moins informés de notre société, jouer sur les instincts négatifs de l’humain et, en fin de compte, rendre plus difficile l’intégration de ceux qui en ont la volonté.

 

2. Il  y a bien un problème d’adaptation d’une partie des jeunes qui sont nés à l’étranger ou dont certaines références culturelles sont différentes du mode de vie helvétique. Il est contre-productif de se le cacher. Il serait plus positif d’effectuer une véritable enquête sur les causes, les perceptions et les itinéraires, sans stigmatisation, à l’image de ce qu’Olivier Guéniat a fait dans le domaine de la violence des jeunes dans son ouvrage « La délinquance des jeunes – l’insécurité en question » publié en 2007 dans la collection Le Savoir Suisse.

 

L’extrême droite comme l’extrême gauche trompent le citoyen en lui laissant croire que la répression et l’exclusion d’un côté, la compréhension et l’assistanat de l’autre permettront seuls de réussir la synthèse dans la Suisse du XXIe siècle. Comme souvent, c’est un subtil mélange d’incitation et de répression, d’assistance éducative et de mesures punitives,  adaptées aux cas et aux problèmes locaux qui permettra de franchir ce cap et d’améliorer la situation.

 

Mais bien entendu, postures et gesticulations ont l’immense avantage de simplifier les choses et d’apporter un certain confort intellectuel à ceux qui ne veulent (ou ne peuvent) faire l’effort d’envisager des solutions complexes à un problème qui l’est aussi.

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