08/03/2008

Etats généraux sur la violence : une méthode qui promet


La manière dont les Etats généraux sur la montée de la violence se proposent de faire le point sur un phénomène à la fois grave et délicat est certainement une voie à suivre pour aborder d'autres débats épineux. S'extraire pour un temps au moins des polémiques partisanes stériles et se donner les moyens d'établir une base d'analyse paraît évident et presque révolutionnaire dans le paysage politique Suisse. Evident parce que toute recherche de solution doit partir d'une base aussi peu contestable que possible. Révolutionnaire puisque les logiques partisanes s'imposent trop souvent au premier stade de la réflexion alors qu'elles n'y ont pas leur place. Comment peut-on imaginer faire ou proposer au peuple des choix politiques constructifs si le constat est déjà le champ de bataille des doctrinaires.

Savoir si, oui ou non les jeunes d'origine étrangère sont plus nombreux à commettre des délits n'est pas un jugement de valeur ni une posture politique mais un simple constat. La recherche des causes nous fait entrer dans la sphère politique et les solutions que l'on se propose de leur apporter est plus politique encore. 

Mais confondre le constat factuel et l'élaboration de solutions politiques brouille le jeu et ne peut qu'avantager les pire populistes, qui tendent à prospérer dans les climats dégradés. Presque tous les partis ont longtemps considéré que s’occuper des questions liées à la sécurité avait quelque chose de déshonorant, à gauche surtout, laissant un boulevard à la droite nationaliste pour imposer ses solutions racoleuses, déshonorantes et inefficaces qui causent un tort considérable à l’image de la Suisse à l’étranger.

Il est temps que les partis du centre droit s’autorisent à aborder ces questions délicates avec l’humanité que la tradition libérale devrait leur imposer et la fermeté que commandent les circonstances. C’est ce que semblent avoir lancé Jacqueline de Quattro, Anne-Catherine Lyon et Philippe Leuba à Lausanne. Il ne reste qu’à espérer que le déroulement des débats et la substance qui en sortira sera à la hauteur de promesses que porte la méthode. En cas de succès, je suis convaincu que d’autres thèmes mériteraient ce type d’examen serein et ouvert que la démocratie peut se permettre. 

 

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