08/04/2008

L’intégration, critère central

La naturalisation par les urnes est une porte ouverte à l’arbitraire, au vote au faciès et à la violation de la sphère privée de l’individu. Il faut en refuser le principe sans aucune hésitation.

Le débat doit se situer ailleurs. Il faut examiner les critères selon lesquels la naturalisation est accordée. Le principal est l’intégration dans le milieu social ambiant. L’intégration, c’est la connaissance de l’environnement, le respect des règles et des lois et la volonté d’y vivre dans le respect de ces règles. Dans cette logique, il est normal que la naturalisation, le renouvellement de permis ou la simple admission de personnes étrangères soit lié à cette volonté d’intégration. Il est normal aussi que certains se la voie refusée s’ils ne remplissent pas ces critères. Il est normal aussi qu’à certaines conditions strictes, et déjà prévues par la loi actuelle, des délinquants qui auraient démontré leur absence de volonté de respecter les règles soient renvoyés dans leur pays d’origine.

Il est essentiel que les devoirs du candidat à la naturalisation, à l’extension de permis ou à l’admission temporaire soient clairement constatés. Il n’y a pas de droit sans devoir. Dans cet esprit, les contrats d’intégration qui ont été développés à Bâle depuis quelques années sont une réponse intelligente et imaginative.

Le pauvre argumentaire développé (si l’on peut dire) par MM Baettig et Voiblet à Infrarouge ce mardi a eu le singulier mérite de démontrer plusieurs choses : l’initiative ne repose sur aucune argumentation si ce n’est une idée imposée par les blochériens par pur opportunisme electoral ; les craintes de certaines couches de la population sont énormes et irrationnelles. Des gens parfaitement honnêtes ont l’impression d’être envahis, que leur monde s’effondre et qu’ils ne sont plus « chez eux ». Il faut répondre à ces craintes. Non pas parce qu’elles sont justifiées mais d’abord parce qu’elles existent.

Mais il ne faut absolument pas laisser à l’UDC le soin d’y répondre parce que ce parti choisit systématiquement des solutions déshonorantes pour le pays et souvent inapplicables. Il est également nécessaire que ceux qui prétendent à l’intégration ou à l’acceptation prennent conscience du point de vue qu’un Suisse de souche peut avoir sur la question.

Commentaires

Quelle que soit l'opinion de chacun, intéressant témoignage de Darius Rochebin sur le site de la radio.

http://www.vivreici.ch/content/darius-rochebin

Écrit par : caro | 09/04/2008

Il y a des droits et des obligations pour tout citoyen.
Il y a des gens qui réclament leurs droits.
Il y a des gens qui veulent que des responsabilités leur reviennent, pas seulement les obligations.
Il y a des gens qui ont perdu leur confiance en l'Etat.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 09/04/2008

Un simple constat, m'impose cette question.

Au vu des votations, on constate le nombre d'abstentionnistes grandissant.

Comment dès lors, croire pouvoir faire voter tout le monde et sans aucun doute...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 09/04/2008

D'accord avec vous, Victor. Au vu de toutes nos analyses récentes sur différentes pourritures notoires de notables, on devrait appeler à s'abstenir de voter pour les prochaines échéances.

Si tous jouent le jeu, il n'y aura aucun quorum d'aucun parti et un réel changement (pas seulement de forme, c'est-à-dire d'apparence, comme certains le prétendent avec une nouvelle constitution sur papier) peut advenir.

Peut-être que l'exercice des droits civiques doit en passer par là afin de mettre un terme radical à cette politique de l'autruche généralisée ...

D'ici là, il faudrait allier informations détaillées et actions concrètes.

Écrit par : Micheline | 09/04/2008

L'information suffisante et équilibrée du peuple me paraît cruciale. Son insuffisance et sa partialité liée à l'abstentionnisme croissant des uns et à la polarisation des autres. La situation s'est beaucoup dégradée depuis deux voire trois décennies, alors qu'on aurait attendu le contraire avec la tendance à la globalisation, la chute du Mur de Berlin, la structuration et l'extension de l'Europe. Vaste sujet, beaucoup d'interprétations sont possibles, et la seule responsabilité n'en incombe pas, c'est sûr, aux journalistes.

Je crois que le dévoiement de la langue, la généralisation des formules lapidaires que personne ne songe davantage à démentir que les slogans publicitaires, la banalisation du discours autoréférentiel et sans réplique, font se réaliser de plus en plus, ces temps derniers, le cauchemar d'Orwell dans son roman "1984". Nous assistons à une simplification outrancière de la langue et au détournement de nombreuses formules, ce qui revient à la constitution d'une "novlangue", comme dans le roman. Lors des initiatives xénophobes de 1969 et 1971 (si les dates sont correctes) le discours xénophobe avait été analysé par un professeur de sociolinguistique de Genève, Ueli Windisch, qui constatait entre autre la prolifération, du côté des xénophobes, de tournures impersonnelles, de l'emploi du mot "on", des formules fermées. Nous devrions relire ces oeuvres issues d'un temps où la liberté de parole en démocratie était admise par beaucoup comme une condition indispensable. Il est triste d'assister à une telle dégradation. Nous avons échappé au stalinisme, mais bientôt nous nous retrouverons à Pékin par inadvertance. Qui le souhaite ?

Écrit par : Olivier Strasser | 10/04/2008

Après lecture, je constate que seule la naturalisation simple est concernée.
Celle qui vient après un mariage de 5 ans avec un citoyen suisse, n'est pas la cible.
De plus, il faut savoir que la loi, prévoit que seules les communes qui la pratiquait, par le passé auront droit de la maintenir, elle ne deviendras pas obligatoire pour une commune comme Vernier, par exemple.

La constitution d'un dossier, reste en vigueur.
Remplir les mêmes conditions comme auparavant, pareil.

Et puis il ne faut se leurrer, on demande aux citoyens, leur avis tellement de fois, on croit à leur responsabilité, pourquoi pas à ce niveau-là ?

Le peuple souverain, ne se trompe jamais, sauf dans le cas des naturalisations ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 12/04/2008

Les commentaires sont fermés.