14/04/2008

Petites incivilités : le dilemme du citoyen


Je me trouvais l’autre jour dans un bus de la ligne 7. Au Lignon, montent à bord cinq ou six adolescents entre 12 et 15 ans. Ils parlent plus fort que nécessaire, juste assez pour imposer leurs échanges à la dizaine de personnes qui se trouvent dans cette partie du véhicule. Un portable diffuse un rapp nasillard pour l’ensemble du bus. On s’invective, un peu pour soi, un peu pour les autres. Le vocabulaire est vulgaire, les baskets sur le siège d’en face, comme il se doit. Le plus grand affirme son autorité : il parle plus fort que les autres, pose sa semelle bien à plat sur le siège à côté de lui.

Ne voulant pas passer pour un « vieux c.. », je me concentre sur mon exemplaire de la Tribune, prêt à laisser la jeunesse s’affirmer par les moyens qu’elle se choisit, même si je ne les trouve ni particulièrement drôles ni respectueux de l’environnement humain. Juste devant moi, une dame se retourne pour faire remarquer que les pieds n’ont pas leur place sur les sièges. Les jeunes lui signifient que leurs pieds sont bien là où ils sont. Pour ne pas laisser complètement seule la courageuse dame, je lance quelques coups d’œil désapprobateurs au groupe. Aucun effet, bien entendu. Et je commence à me demander quelle est la bonne attitude dans un tel cas.

Aucune option ne me plait vraiment : ne rien dire est assurément le plus confortable. Laisser passer ces petites incivilités est possible. Personne n’est directement visé ni harcelé, il n’y a personne à défendre, si ce n’est une certaine idée de la manière de se comporter dans un lieu public. Mais, quel est le message que l’on donne à ces jeunes ? Qu’est-ce qui les empêchera, une prochaine fois, d’aller un peu plus loin dans la provocation ? Si leurs parents n’ont pas pu, su ou voulu leur faire comprendre que la vie en société avait des règles ou s’ils ont choisi de ne pas les suivre, qui va le faire. Faut-il attendre qu’ils allument une cigarette, ce qu’ils n’ont pas fait mais qui est courant le soir dans le Regio à destination de Coppet ? Qu’ils s’en prennent au matériel, aux personnel des CFF ou aux autres passagers.

Intervenir, c’est s’exposer à devoir baster si leur détermination ou l’effet de groupe est assez fort. Ou se trouver confronté éventuellement à en venir aux mains. Pour défendre un passager pris pour cible, d’accord, mais pour lutter contre la petite incivilité, c’est beaucoup. Je n’ai pas de bonne solution. Et vous ?

Commentaires

Excellente question, cher Rolin, à laquelle je n'ai pas de solution miracle. Mais peut-être une suggestion, qui pourrait fonctionner, à la longue si tout le monde s'y met. Intervenir, mais sur un ton de grand frère qui en a vu d'autres, avec si possible un peu d'humour, ou en les prenant par surprise, en évitant la réprimande bête et méchante. Le risque subsiste qu'ils le prennent mal, mais il est moindre et s'ils sont encore "rattrapables", il peut y avoir moyen de nouer un vrai contact. Ce qui est peut-être l'une des choses qui nous manquent à tous.
Notamment dans la cohue pendulaire des transports en commun.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/04/2008

Si vous lisez le règlement du transport, un autocollant près de la cabine du chauffeur, il est possible de faire arrêter le bus et faire descendre les personnes en question, même si, ils sont en possession d'un ticket ou abonnement valable.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/04/2008

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Rolin,

faites ainsi : un jeune a le pied sur le siège d'à côté, vous lui demander de l'enlever et vous prenez la place... vous sortez votre natel et vous faites vociférer un de vos titres préférés. Cela fonctionne à tous les coups, pas un mot plus haut que l'autre, juste faire comprendre que si tout le monde se comportait de la sorte... y aurait un problème.

Vous verrez ça fonctionne, il m'arrive de pratiquer cette technique de temps à autres...

Bien à vous,

Stéphane

Écrit par : Stéphane | 15/04/2008

Bonjour à toutes et à tous,

Bonjour Stéphane,

Je n'ai pas voulu écrire cette solution-là par peur des "représailles", de la part de l'auteur de cet article, mais vous, vous en avez eu le courage.

J'ai plusieurs styles musicaux dans mon portable et j'en fais profiter les autres aussi, quand quelqu'un nos fais le coup d'écouter SA musique, sans penser aux autres, qu'il dérange.

Bien à vous,

Victor

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 15/04/2008

Il vous à certainement échappé, cher Victor, que les représailles n'étaient pas le genre de la maison.

Sur le fond, faire comprendre à quelqu'un que ce qu'il inflige à autrui peut être désagréable pour lui aussi est une solution, même si je ne suis pas certain de la pratiquer.

Écrit par : Rolin Wavre | 16/04/2008

Il suffit de faire une loi obligeant les gens à porter leurs nom sur leurs habits, comme cela ils seraient plus faciles à reconnaitre et à dénoncer...


Comment pas une bonne idée?? c'est ce que certains veulent imposer aux gendarmes. Nous sommes tous égaux non???

Écrit par : Snoopy | 24/04/2008

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