16/04/2008

Berlusconi au pouvoir : le pas en arrière

N'en déplaise à Pascal Décaillet, la victoire du parti mené par Silvio Berlusconi aux élections législatives italiennes est bien un pas en arrière. Voici pourquoi. En bon polémiste, le chroniqueur s’est choisi un angle d’attaque percutant : critiquer le bilan, les méthodes ou la personnalité du futur président du Conseil serait faire preuve d’un gauchisme obscurantiste qu’il attribue un peu facilement aux media publics qu’il aime tant critiquer.

Il est évident que les Italiens ont fait un choix souverain et que Sua Emittenza sera légitimement portée au pouvoir. Pourtant, l’horrible confusion des intérêts entre les affaires privées de l’industriel et le gouvernant perdure même s’il a, pour la galerie, renoncé juridiquement à la possession et à la direction de son empire. Un homme qui a mis pendant des années toute l’Italie à sa merci par le contrôle direct des quatre principales chaînes de télévision privées et publiques, qui s’est taillé sur mesure des lois d’amnistie pour mettre fin aux poursuites qui le menaçaient en tant qu’homme d’affaire. Confirmer un tel homme au pouvoir, ce n’est certainement pas faire un pas en avant.

Et puis, porter à un tel poste, dans un pays en crise, un homme qui a très largement passé l’âge de la retraite et qui s’est construit à coup de chirurgie plastique une allure d’animateur de supermarché, c’est clairement un pas en arrière.

Si l’on décide que le Peuple a toujours raison, ceux qu’il désigne pour le gouverner sont toujours les plus aptes à bien le faire et, par définition, c’est ce qu’ils font. L’histoire a régulièrement montré que cette thèse était fausse. Par conséquent, le Peuple peut se tromper dans le sens où il est possible qu’il se fonde, pour prendre sa décision, sur des informations fausses, présentées sous un seul angle ou incomplètes. Il peut aussi avoir choisi de croire à une histoire qui lui fait du bien à ce moment-là de son histoire politique ou qui lui évite de se confronter à des réalités déplaisantes.

Comme c’est son droit les plus strict, Monsieur Décaillet a pris l’habitude de saluer tous les pas en arrière depuis un certain 12 décembre, avec une admirable régularité.

Commentaires

Aprés que Prodi et la gauche ont porté l'Italie jusq'au bord du précipice, un pas en arriere s'imposait.
Après les premiers mois ca va pas si mal que ca.

A propos de conflit d'interet: en Suisse vous savez qu'est ce que sont les coop rouges? Vous savez qu'un certain Fassino exclamait au télèphone "on a une banque!". Vous savez que le compagnon G (Greganti), le trésorier du parti comuniste (aujourd'hui moitier du PD), à réussi a dire qu'il ne savait pas d'ou venaient les sous dans sa caisse...

On dirait qu'en Suisse il n'arrive que les nouvelle contre Berlusconi. Pas mal pour un type qui devrait controler l'information...

Un électeur italien franchement content que Berlusconi ai été élu.

Laurent

Écrit par : Laurent | 16/08/2008

Les commentaires sont fermés.