04/05/2008

L’intégration, la clef de plusieurs débats


Quelle que soit la manière dont on envisage la question de l’immigration, de sa régulation ou de sa limitation, on ne peut pas faire l’économie d’un débat sur l’intégration. Mais il faut aussi définir ce que l’on entend par là.

Ce qu’elle ne devrait pas être : l’assimilation totale. On ne demande pas à une personne qui a ses origines à l’étranger de renoncer à tout pour devenir « plus Suisse qu’un Suisse ». C’est à la fois illusoire et pas vraiment souhaitable. Où se trouve l’enrichissement d’une société si ses nouveaux éléments ne sont que ses propres clones.

Ce que l’intégration doit absolument impliquer : l’acceptation sans arrière-pensées du cadre juridique helvétique. On ne peut pas parler d’intégration si des éléments essentiels de ce cadre juridique sont niés, rejetés ou ignorés. Cela n’exclut pas le droit à l’erreur de chacun mais signifie qu’il y a une volonté de s’insérer dans un cadre donné (qui doit être suffisamment large). La polémique actuelle sur le taux de criminalité qui prévaut chez les jeunes étrangers s’est encore enrichie aujourd’hui des conclusions de l’étude du professeur Killias (LeTemps du 3 mai) en démontrant que la criminalité des jeunes étrangers n’était pas liée seulement à leur origine.

L’UDC se trompe quand elle veut utiliser l’expulsion à large échelle de délinquants étrangers comme manière de traiter les questions l’immigration. Dans certains cas de violations graves, la loi actuelle le prévoit d’ailleurs déjà de sorte que le pays n’a besoin ni d’instiller la peur chez les citoyens mal informés ni d’initiatives démagogiques.

La gauche se trompe gravement elle aussi lorsqu’elle se refuse à considérer qu’il y a des limites nécessaires à l’immigration. Cet aveuglement, partant certes d’une inspiration généreuse, n’en est pas moins dangereux parce que pas réaliste et qu’il a laissé un boulevard aux populistes.

Entre ces deux bornes, il y a matière à débat sur la nature et l’étendue de l’intégration attendue et les efforts qui sont faits par l’Etat, directement et indirectement, pour la favoriser.

Le débat sur la naturalisation est la suite naturelle de celui sur l’immigration, quand le temps passé en Suisse a permis d’atteindre un degré d’intégration élevé et que l’intégré à l’intention de faire du pays son attache principale (sans préjudice de la double nationalité, de plus en plus naturelle et répandue actuellement). Et cela ne peut en aucun cas être évalué sérieusement, objectivement et dans le respect de la personne par les citoyens au cours d’une votation populaire.

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