02/06/2008

Triple défaite pour le simplisme en politique

La triple défaite du populisme régressif le 1er juin n’est pas encore la fin d’un mouvement qui aura fait beaucoup de tort au pays, mais c’est certainement la démonstration éclatante que l’on peut le combattre par l’explication claire des enjeux. On a la confirmation que le citoyen est capable d’écarter massivement les solutions simplistes, dans toutes les régions du pays et malgré une campagne massive menée par les initiants sur des sujets qui leur étaient favorables.

Si c’est une défaite cuisante pour la droite nationaliste, c’est aussi une grande victoire pour le centre, cette région politique où l’on ne craint pas de se poser les questions difficiles et de leur apporter des réponses réalistes et nuancées, loin des dogmatismes de tous bords.

Farouchement opposé aux thèses de l’UDC et plus encore au ton qu’il tente d’imposer au débat politique suisse, je reste convaincu qu’il faut répondre d’une manière légale, équitable et décente à certains problèmes qui se posent, notamment la difficulté de combattre la criminalité « de passage » ou le contrôle du marché de la drogue par des délinquants souvent inexpulsables lorsqu’ils ont été confondus. Dans ce domaine, ce n’est pas le discours traditionnel de la gauche généreuse mais naïve qui permettra d’y apporter une solution. Il faudra se retrouver au Centre pour y construire des solutions intelligentes et applicables.

Commentaires

Entièrement d'accord avec vos propos.

Pour dépasser la polémique sur la délinquance par exemple il faudrait dialoguer avec les autres cantons (task force) avec toutes les parties prenantes (y compris Berne) car la gouvernance est complexe et à géométrie variable (un problème n'intéresse pas forcément l'autre) et doit être décloisonnée.

Écrit par : demain | 03/06/2008

L'UDC regrette l'échec de l'initiative sur les naturalisations.
Il appartient maintenant aux adversaires de ce projet, qui se sont prononcés en faveur de critères de naturalisation plus sévères durant la campagne de votation, d'imposer ces critères et de lutter contre les dysfonctionnements dans ce domaine.

http://www.svp.ch/index.html?page_id=3750

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 03/06/2008

"Imposer des critères"? Qui seraient-ils, ces opposants à l'initiative, pour "imposer" ces critères aux communes et cantons, encore libres de décider comment ils mènent leurs politiques de naturalisations? Pas plus les partisans que les opposants à cette initiative n'ont à "imposer" quoi que ce soit à la population suisse et à ses autorités, démocratiquement élues. Ils peuvent, à la rigueur, proposer leurs idées, notamment au cours de débats parlementaires et/ou de votations, mais certainement pas les imposer.

De plus, je vois mal comment on pourrait devenir plus sévère, les procédures suisses étant probablement les plus tatillones, les plus complexes et les plus ardues au monde. Même les membres UDC des commissions de naturalisation dans certains cantons suisses alémaniques le reconnaissent: la plupart des Suisses ne passeraient pas les tests imposés aux candidats à la naturalisation! Quant aux dysfonctionnements des procédures actuelles de naturalisation, tant qu'ils ne sont pas massifs, je ne vois pas la raison de les grossir de manière disproportionnée. La société suisse est par ailleurs parfaitement armée pour faire face aux problèmes posés par certains "canards noirs", passés entre mailles du filet.

Écrit par : Greypower | 04/06/2008

C'est vrai que les bonnes solutions viennent souvent du centre mais comme l'UDC pèse 30% au niveau suisse et que le mot "centre" n'existe que dans la dénomination française, la tendance populiste de ce parti peut encore faire perdre 10 ans de plus à la Suisse.

Si l'UDC parvient à s'éloigner de ses démons nationalistes et réactionnaires et à AGIR, en suivant par exemple Peter Spuhler, alors quelques thèmes comme la simplification des règles pour les PME, la simplification de la fiscalité, la gestion intelligente des migrations et des naturalisations, l'extension des bilatérales et le vote de moyens supplémentaires pour la justice et la police pourront avancer.

Hélas, depuis 15 ans la stratégie de l'UDC n'est pas de construire mais de s'opposer.

Espérons que depuis dimanche plus de gens s'en rende compte, y compris au sein de l'UDC.

Écrit par : AlanSky | 04/06/2008

J'apprécierais beaucoup, que l'UDC reprenne sa véritable traduction de son nom en français, à savoir Parti du Peuple Suisse, et non pas Parti Suisse du Peuple...
Populiste ou patriote, il y a une différence...

L'UDC, est le parti qui se bat pour le peuple, il vient de demander au Conseil Fédéral, d'abaisser la TVA et les taxes pétrolières à un maximum de 70 centimes...sur le litre tant d'essence que de diesel...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/06/2008

Là, je suis d'accord! L'UDC n'a plus grand-chose ni d'un parti "démocrate", ni du "centre", comme veut le dire son acronyme en français! Il devrait donc se renommer PPS (Parti du Peuple Suisse), qui serait la juste traduction de SVP (Schweizerische Volkspartei). Bien entendu, cela pourrait vouloir dire que ceux qui ne se reconnaisse pas dans ce parti, ne se reconnaisse pas non plus dans sa conception du "peuple" suisse. Du coup, je me dis parfois, que vus leurs discours sur ce qui constitue un "vrai", un "bon" Suisse, je devrais peut-être rendre immédiatement mon passeport, pourtant hérité de mon père, qui le tient de son père et ainsi de suite sur au moins encore quelques générations de transmission de la nationalité suisse par jus sanguinis. Comme quoi, le sang et l'immersion dans l'environnement ne font pas tout.

Écrit par : Greypower | 04/06/2008

Je pense que l'on a plus eu affaire à une victoire d'un populisme du centre et de la gauche qu'à une défaite d'un populisme de droite "extrême". Les partis dit du centre et ceux de gauche n'ont que dénigré et attaqué la forme du message de l'UDC plutôt que de débattre sur le fonds. En accusant, par avance, les citoyen(ne)s d'arbitraire si ils/elles avaient la possibilité de naturaliser par les urnes au lieu de leur expliquer que l'initiative de l'UDC, telle que soumise au vote, donnait la possibilité à chaque commune de choisir son mode de naturalisation. Les partis que vous défendez ont refusé le droit au peuple, particulièrement des petites communes, de se déterminer comme il l'entend. Le non à l'initiative de l'UDC est un non obtenu grâce au mensonge. Bel exemple!

Écrit par : salegueule | 04/06/2008

"Le non à l'initiative de l'UDC est un non obtenu grâce au mensonge. Bel exemple!"

Rappelez vous 1994 et les mensonges éhontés sur la LAMAL et les résultats !
Vive le PS, vive les femmes, vive Ruth Dreifuss !

Le mensonge envers le peuple, n'est pas assimilable à de la haute trahison ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/06/2008

Ok, la LAMAL est nulle, la Suisse vieillit, c'est donc la faute de la gauche et du centre.

Le pétrole augmente, il faut enlever les taxes.

Heureusement qu'il y a l'UDC, on y aurait pas pensé.

Plus sérieusement, je pense que l'UDC surfe sur un rejet de la gestion nationale depuis le début des années 90 de certains aspects de l'économie (TVA pour tous, LAMAL, cercles d'immigration, contraintes des bilatérales). L'UDC a sa part de responsabilité dans ces projets mais elle se dédouane en envoyant tout sur les autres partis gouvernementaux. Ce n'est pas glorieux.

Écrit par : AlanSky | 04/06/2008

Ben oui, quand l'UDC perd dans une campagne, c'est forcément parce que le peuple s'est fait avoir par les mensonges de l'autre bord. Mais quand l'UDC gagne, par contre, là, c'est la victoire de l'intelligence populaire et de sa lucidité! C'est marrant, mais les socialistes et l'extrême-gauche disent exactement la même chose dans ce genre de situation!

Quant à affirmer que les opposants ont menti sur cette initiative, ça, ça reste encore à prouver. Par contre, la campagne des partisans, elle, racontait vraiment n'importe quoi sur l'octroi massif de la nationalité et sur la manière dont les naturalisations par les urnes apporteraient une réponse appropriée à cette soi-disante problématique. Et on a atteint des sommets d'absurdités et de mauvaise foi avec l'encart de la SIFA, les derniers jours avant le vote. Une petite analyse superficielle de la rhétorique de cette propagande le prouve facilement. D'ailleurs, même certains UDC romands le disent. La propagande de promotion de cette initiative était complètement à côté de la plaque.

Écrit par : Greypower | 04/06/2008

A tous ceux qui tentent de minimiser les mensonges sur la LAMAL, je leur conseille de lire le site http://www.stoplamal.ch

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 05/06/2008

Il n'est pas très étonnant que ceux qui s'affrontent autour d'un objet de votation considèrent que l'autre camp a menti. Autres perceptions, autre point de vue. Par contre, le style sans retenue et l'outrance du propos sont des caractéristiques qui ont été introduites dans le monde politique suisse par l'UDC. Il n'est ni étonnant ni injuste que l'électeur s'en soit lassé.

Et l'idée de peuple qui n'a pas le même sens pour tous. Idéalisé et infaillible pour les uns, moins nettement dessiné pour d'autres dont je fais partie. Un ensemble de citoyens, d'origines et de milieux divers qui évolue, tâtonne, cherche et se trompe parfois. Ses décisions n'en sont pas moins respectables par principe. Mais si l'on lui pose une mauvaise questions, il n'est pas surprenant qu'il en sorte une mauvaise réponse.

Écrit par : Rolin Wavre | 05/06/2008

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