15/06/2008

Un seul vote, par honnêteté politique


Dans le débat à venir sur les relations entre la Suisse et l’Europe, on peut juridiquement argumenter avec une certaine pertinence en faveur de deux votes séparés ou d’un seul. Mais sur le plan politique, en faire deux objets distincts serait mentir à l’électeur en lui laissant croire que l’on peut accepter l’un sans l’autre. Ce n’est pas le cas. On ne peut pas conclure un accord avec une partie seulement d’une entité telle que l’Union Européenne pour laquelle la cohésion et l’intégration des nouveaux états est, à juste titre, si importante.

Même si la voie bilatérale manque d’ambition et met la Suisse sur le porte-bagage de l’Europe, une aventure lente mais unique de construction d’une identité culturelle, économique et politique, elle présente des avantages pratiques indiscutables. On sait parfaitement que l’acceptation des bilatérales et le rejet de l’extension mènerait à une crise grave, de la même manière que l’éventuel rejet de la votation unique.

Disjoindre les deux questions reviendrait aussi à faire un cadeau insensé à l’UDC qui pourrait faire mine de prendre au sérieux les intérêts de l’économie en acceptant les bilatérales pour torpiller ensuite la relation avec l’Union en faisant campagne contre l’extension dans le style nauséabond qui a déjà fait tant de tort au pays.

Heureusement, on a eu confirmation le 1er juin que l’électeur pouvait résister aux arguments simplistes et à la propagande massive à la zurichoise, à l’exploitation malsaine du moindre fait divers. Et si des problèmes surgissent, qu’on leur cherche une réponse adaptée, ferme et digne qui ne lèse pas les intérêts de l’économie ni ne fasse honte aux valeurs historiques du pays.

Commentaires

Si l'UE a accepté lors des premières bilatérales que la Suisse soit interrogée lors de chaque élargissement, elle doit aussi en assumer le(s) résultat(s).
La Suisse a le droit de prolonger l'actuel accord et d'en refuser l'élargissement à la Bulgarie et à la Roumanie. Dans ce cas de figure, le problème de faire marcher (ou pas) la clause "guillotine" serait un problème de l'UE. Pas le nôtre.
Il n'est pas certain que l'Italie, qui nous serait sans doute reconnaissante, ne mette son veto à l'usage de cette fameuse clause....Cependant, nos parlementaires ont préférés que la Suisse assume, elle, les risques. On pourrait alors se demander quel sens ils voulaient avoir en demandant dans le premier accord la possibilité pour la Suisse de voter chque élargissement.

Écrit par : salegueule | 15/06/2008

Si on voulait vraiment que la Suisse puisse se prononcer sur tous les sujets qui concernent l'EU, rien de mieux que d'y être. C'est pourquoi les bilatérales sont une solution boiteuse, économiquement favorable mais politiquement très incomplète.

Écrit par : Rolin Wavre | 16/06/2008

"On ne peut pas conclure un accord avec une partie seulement d’une entité telle que l’Union Européenne pour laquelle la cohésion et l’intégration des nouveaux états est, à juste titre, si importante."

Mais qu'est-ce que vous en savez? Le simple fait qu'on aurait pu voter séparément prouve bien qu'on pouvait parfaitement accepter le premier objet et refuser le suivant. C'est à l'UE d'éventuellement nous faire la leçon, pas à nous d'anticiper des observations qu'aucun officiel de l'UE n'a encore faites!

D'ailleurs, au niveau de la logique, il se justifie de poser deux question: 1. on confirme un objet que l'on avait accepter à titre d'essai, et on s'engage ou non à aller plus loin. Il n'y a aucune raison objective de lier ces deux objets.

A tenter de forcer la main des gens, le parlement va recevoir ce qu'il mérite, une leçon. Les gens refuseront les deux questions et on leur représentera la question sous la forme de deux volets.

Écrit par : salut | 16/06/2008

Il ne faut en aucun cas que notre pays adhère à l'UE on voit les catastrophes que cela cause dans au moins 18 pays sur les 25. Crise économique, augmentation des inégalités, chomage important, pertes de revenus pour 80% des résidents de chaque pays. Il faut d'avoir voir ce que cela nous apportera. Quels seront les bienfaits que nous en tirerions.

Écrit par : Bibiche | 16/06/2008

@Rolin Wavre,

On ne veut surtout pas faire partie de cette Europe qui ne respecte pas une seconde la démocratie. Les seuls votes que nous désirons faire, ce sont qui nous concernent, nous Suissesses et Suisses!!!!!!!

Écrit par : salegueule | 17/06/2008

Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Etonnant à quel point il est de bon ton de tout mettre sur le dos de l'Europe. Elle est loin d'être irréprochable, produit des règles parfois absurdes mais la très grande majorité des lois avec lesquelles nous vivons sont absolument identiques aux lois de l'Union (sans que les détracteurs systématiques de l'Europe ne s'en rendent même compte).

Et ces mêmes adversaires de l'Union vivent dans une Europe en paix dans laquelle une vraie identité européenne est en train de se construire. La crise économique a très peu a voir avec l'Europe et beaucoup plus avec la mondialisation et d'autres paramètres sur lesquels elle a peu d'influence, non pas parce qu'il y a trop d'Europe mais parce qu'elle est trop faible pour prendre vraiment sa place dans le monde. Elle est faible parce que beaucoup de ses citoyens, comme mes contradicteurs ci-dessus la minent de l'intérieur.

Ceux qui rejettent les traités constitutionnel (France, Irlande) se prononcent souvent contre sans même les avoir lus ou pour des raisons de politique intérieure n'ayant rien à voir avec l'Union. Ceux qui voyagent en Europe savent bien qu'elle existe.

Écrit par : Rolin Wavre | 19/06/2008

on voit que Rolin Wavre ne vit pas dans l'UE depuis ses début car il n'aurait pas la même approche. Les résidents de lUE ont subit le changement de monnaie avec une augmentation allant de 50% à80% sur les prix, les différents services eux aussi ont augmenté dans les même proportions, etc... si l'UE est trop faible c'est qu'elle est incapable de gérer une telle entité et l'influence qu'elle a correspond à la volonté de ses dirigeants. Il ne faut pa prendre les résidents de l'UE pour des ignorants mais plutôt les politiques pour des irresponsables. Heureusement que l'on ne met pas de politiques comme dirigeants d'entreprises car 80% seraient en faillitte. Visitant plus de 40 pays par an pour pour travail je n'ai pas le même son de cloche que ce cher monsieur Rolin Wavre

Écrit par : Bibiche | 19/06/2008

Rolin Wavre est comme nombre de personnes se croyant supérieur et pensant que la populace ne comprend rien à l'intérêt général. Seuls "les élites" savent mieux que les autres et devraient pouvoir décider. Si il est vrai que l'Europe vient de connaitre plus de 60 ans de paix, ce n'est sans doute pas que grâce à l'UE. Au contraire, l'UE telle qu'elle se construit, va au devant de grande déconvenues. Nous somme très proches, dans certains pays, de conflits inter-ethniques. En laissant s'installer des quartiers de non droit, en ne réussissant pas à imposer les règles démocratiques, en ne faisant pas respecter les lois des pays.
l'UE va droit dans le mur. C'est probablement ce que veulent dire les personnes qui refusent d'aller plus loin dans des institutions européennes qui ne fonctionnent pas maintenant qu'elles sont plus simples que ce que voudraient faire les politico-intello-technocrates de Bruxelles. En fait les politiciens veulent avoir la mainmise sur un plus gros paquet fiscal...
Plus on a d'argent à distribuer plus on a de pouvoir....Alors tant qu'à faire autant avoir l'argent du contribuable et que celui-ci n'ait son mot à dire sur son utilisation!!!!!!!!

Écrit par : salegueule | 22/06/2008

Les commentaires sont fermés.