19/06/2008

Quand les questions sont bien posées, même Christophe Blocher donne les bonnes réponses

Quand le bon sens finit par prendre le dessus. On apprend que M. Blocher se prononce contre le lancement d'un referendum sur l'extension des bilatérales. Mis dans la situation de se prononcer sur le fond de la question, le tribun choisit la voie de la sagesse (pour l'instant). Sachant que son parti se déchirerait sur la question européenne entre son aile économique et les sectaires de l'ASIN, il ne peut plus jouer sur les deux tableaux.

On sait aussi depuis quelques semaines que le Peuple peut être convaincu malgré une propagande massive et agressive. Après le sommet de la vague de l'automne 2007, le reflux commence. C'est le moment pour le centre droit décent de s'attaquer à ces problèmes dont l'abandon a permis aux populistes de prendre l'initiative. Sécurité, immigration, intégration, crise identitaire, inégalités, mondialisation, tous ces thèmes demandent un traitement sérieux tel que celui initié dans le canton de Vaud par Jacqueline de Quattro, . Sérieux, ferme et décent. Pierre Maudet ou François Longchamp à Genève.

15/06/2008

Un seul vote, par honnêteté politique


Dans le débat à venir sur les relations entre la Suisse et l’Europe, on peut juridiquement argumenter avec une certaine pertinence en faveur de deux votes séparés ou d’un seul. Mais sur le plan politique, en faire deux objets distincts serait mentir à l’électeur en lui laissant croire que l’on peut accepter l’un sans l’autre. Ce n’est pas le cas. On ne peut pas conclure un accord avec une partie seulement d’une entité telle que l’Union Européenne pour laquelle la cohésion et l’intégration des nouveaux états est, à juste titre, si importante.

Même si la voie bilatérale manque d’ambition et met la Suisse sur le porte-bagage de l’Europe, une aventure lente mais unique de construction d’une identité culturelle, économique et politique, elle présente des avantages pratiques indiscutables. On sait parfaitement que l’acceptation des bilatérales et le rejet de l’extension mènerait à une crise grave, de la même manière que l’éventuel rejet de la votation unique.

Disjoindre les deux questions reviendrait aussi à faire un cadeau insensé à l’UDC qui pourrait faire mine de prendre au sérieux les intérêts de l’économie en acceptant les bilatérales pour torpiller ensuite la relation avec l’Union en faisant campagne contre l’extension dans le style nauséabond qui a déjà fait tant de tort au pays.

Heureusement, on a eu confirmation le 1er juin que l’électeur pouvait résister aux arguments simplistes et à la propagande massive à la zurichoise, à l’exploitation malsaine du moindre fait divers. Et si des problèmes surgissent, qu’on leur cherche une réponse adaptée, ferme et digne qui ne lèse pas les intérêts de l’économie ni ne fasse honte aux valeurs historiques du pays.

02/06/2008

Triple défaite pour le simplisme en politique

La triple défaite du populisme régressif le 1er juin n’est pas encore la fin d’un mouvement qui aura fait beaucoup de tort au pays, mais c’est certainement la démonstration éclatante que l’on peut le combattre par l’explication claire des enjeux. On a la confirmation que le citoyen est capable d’écarter massivement les solutions simplistes, dans toutes les régions du pays et malgré une campagne massive menée par les initiants sur des sujets qui leur étaient favorables.

Si c’est une défaite cuisante pour la droite nationaliste, c’est aussi une grande victoire pour le centre, cette région politique où l’on ne craint pas de se poser les questions difficiles et de leur apporter des réponses réalistes et nuancées, loin des dogmatismes de tous bords.

Farouchement opposé aux thèses de l’UDC et plus encore au ton qu’il tente d’imposer au débat politique suisse, je reste convaincu qu’il faut répondre d’une manière légale, équitable et décente à certains problèmes qui se posent, notamment la difficulté de combattre la criminalité « de passage » ou le contrôle du marché de la drogue par des délinquants souvent inexpulsables lorsqu’ils ont été confondus. Dans ce domaine, ce n’est pas le discours traditionnel de la gauche généreuse mais naïve qui permettra d’y apporter une solution. Il faudra se retrouver au Centre pour y construire des solutions intelligentes et applicables.