14/09/2008

Contrer le fondamentalisme islamique ? oui, mais par n'importe comment

Tout d'abord, rappeler le principe de laïcité de l'Etat qui prévaut en Suisse et à Genève en particulier. Il inclut, bien entendu, le droit de pratiquer librement sa religion dans la sphère privée. Mais lorsque les pratiques privées conduisent à des dérives fondamentalistes, il faut prendre d'autres mesures. L'absurde initiative contre les minarets concentre toutes les tares possibles : elle est d'abord inutile, extrémiste et contraire au droit international. Ensuite, elle pose le principe de réciprocité de la pire des manières : elle inflige précisément aux autres les interdits qu'elle leur reproche chez eux. Je pense qu'il est infiniment plus puissant de démontrer aux Saoudiens et autres fondamentalismes que leur religion se pratique ouvertement et dignement chez nous, que leurs lieux de cultes peuvent arborer un minaret (certes muet) dans les limites posées par les règlements d'urbanisme alors que la pratique du christianisme est impossible chez eux. C'est la réciprocité positive.

Le contrôle des mosquées et des projets éventuellement contraires à l'ordre public rente bien entendu d'actualité. Mais d'autres mesures à plus long terme sont nécessaires. Il faut d'abord organiser la formation des imams en Suisse et ne pas accepter que les communautés soient menées par des leaders charismatiques venus de l'étranger. Ensuite, il faut se demander dans quelle mesure il est acceptable que les directeurs et autres responsables soient designés et rétribués par des organismes ou des Etats étrangers.

Dans le débat sur le fait religieux, il ne s'agit pas de discuter des mérites respectifs des différentes religions mais de distinguer chez chacune d'elles les applications fondamentalistes et souvent rétrogrades des versions modernes qui ont été rendues compatibles avec la vie moderne. Il est vrai que l'Islam est à un tournant de son histoire où le besoin d'adaptation est plus pressant que jamais. D'autres facteurs historiques et politiques récents ont limité plus encore la capacité de l'Islam à se mettre en question.

Il paraît plus important d'isoler les fondamentalismes et la pratique religieuse forcée ou manipulée pour ses dérives liberticides ou simplement criminelles. A une époque de leur histoire, d'autres religions ont elles aussi connu leurs dérives : Inquisition, croisades, conquêtes territoriales, persécutions, etc. Il faut donc favoriser au sein de toutes les structures religieuses le débat sur l'interprétation des sources, de sa pratique et sur sa relation avec le monde dans lequel vit la communauté.

Je suis candidat à la Constituante sur la liste No 1 Radical ouverture et membre actif du Mouvement Ecologie libérale

Commentaires

Eveline Widmer-Schlumpf, votre ministre, l'a reconnu elle-même, l'initiative anti minarets n'est pas contraire à aucune loi, ni nationale, ni internationale, mais bon, cela passe à côté de vos yeux et de vos oreilles...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 15/09/2008

"Il faut d'abord organiser la formation des imams en Suisse et ne pas accepter que les communautés soient menées par des leaders charismatiques venus de l'étranger."

Quand on sait que certain convertis locaux sont plus extrémistes que des "externes", à vrai dire, ce point ne nous protège pas de l'intégrisme...

"Ensuite, il faut se demander dans quelle mesure il est acceptable que les directeurs et autres responsables soient designés et rétribués par des organismes ou des Etats étrangers."

Là il suffit de regarder su côté de la France de l'UOIF (Union des Organisation Islamiques de France) qui est devenu un terrain de lutte intestine entre nations arabes pour en prendre la direction. De toute manière, à l'heure de former des imams, c'est les organisations islamiques locales qui vont tenter de prendre le leadership. Les wahabites et les salafistes au premier rang...

"Il est vrai que l'Islam est à un tournant de son histoire où le besoin d'adaptation est plus pressant que jamais. "

Au bon vouloir des musulmans et de leurs représentant, tout ingérance extérieure sera refusée sur ce dossier. Or en Suisse Wahabites et Salafistes tiennent le haut du terrain (cf. Centre islamique et mosquée de Genève), et ce n'est pas eux qui vont travailler à rendre l'Islam plus "respectable"...

"Il faut donc favoriser au sein de toutes les structures religieuses le débat sur l'interprétation des sources, de sa pratique et sur sa relation avec le monde dans lequel vit la communauté."

Encore une fois, les non-musulmans ne seront jamais acceptés dans ce débat...

Écrit par : Carlitos de Unamuno | 15/09/2008

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