30/07/2009

La gauche genevoise s’affranchira-t-elle de ses loyautés maoïstes ?

 

Article de Nguyen Thi Xuan Trang, médecin généraliste et candidate au Grand Conseil sur la liste No 1 Les Radicaux.

Le dalaï-lama sera à Genève le 6 août. Et vraisemblablement, personne à Genève ne souhaite lui accorder les honneurs d’un accueil officiel. Certes, il n’est pas un chef d’Etat, le Tibet étant toujours sous domination chinoise. Rien ni personne ne peut donc obliger les autorités genevoises à l’accueillir. Mais qu’importe : le dalaï-lama mérite un accueil officiel et digne. En raison des valeurs qu’il représente, et en particulier à Genève. Accueillir ce Prix Nobel de la Paix, quoi de plus naturel dans la cité qui a donné naissance aux deux premiers titulaires de ce prix - Henri Dunant et Elie Ducommun ? Accueillir ce chef spirituel, qui s’avère un modèle de tolérance politique et religieuse, quoi de plus naturel dans cette ville qui fut la Rome protestante, et qui est devenue la Rome laïque, terre d’asile de tous les cultes ?

 


Le gouvernement genevois, à l’heure où j’écris ces lignes, n’a rien prévu. Pire : la Ville de Genève, dont le maire Rémy Pagani a promis de marquer son année de Mairie par un fort investissement international et humanitaire, ne bougera pas. L’ancien maire socialiste Manuel Tornare, qui pourtant se dit attaché aux droits de l’homme, « n’a pas l’intention de réserver un bon accueil au dalaï-lama », si l’on en croit le président des mêmes socialistes genevois René Longet. Qui ajoute : « Plusieurs élus de gauche affirment que le dalaï-lama est un théocrate et rangent le combat des Tibétains au même niveau que celui des islamistes. »

Il y a vingt ans, le régime communiste chinois réprimait dans le sang et la violence les espoirs de quelques dizaines d’étudiants réunis sur la place Tien an Men. L’an dernier, le même régime déroulait la farce cynique des Jeux Olympiques de Pékin, après avoir à nouveau resserré l’étau autour de la population du Tibet. Et cette année, il s’illustre par son incapacité à gérer la diversité culturelle et religieuse au Xinjiang, où la minorité musulmane ouïgoure se cherche un espace de liberté et paie un prix élevé pour son courage. A chaque fois, l’autocratie chinoise se justifie en prétextant des « menaces terroristes ». Une propagande que la gauche genevoise reprend donc à son compte.

Le fond du problème est ailleurs ; l’attitude de la gauche genevoise le démontre avec une cruelle clarté. L’essence du communisme a toujours été matérialiste. A ce titre, les régimes communistes réduisent l’homme à sa dimension économique, niant sa dimension spirituelle et religieuse.

Une réalité que connaît aussi le Vietnam, pays dont je suis originaire. Les autorités communistes y exercent une répression sans relâche contre toute velléité démocratique, mais aussi contre celles et ceux qui tentent d’y assumer leurs croyances religieuses.

Comme tout matérialisme, le communisme nie, dans l’être humain, ce qui en fait la dignité : son aspiration à s’élever, à être autre chose que de la matière, une force de production et de consommation. Le communisme nie la spiritualité. Le communisme nie l’humanité elle-même. En 2007, André Hediger, alors Maire de Genève, avait déjà sali l’image de Genève, quelques semaines avant de quitter la scène politique, en se rendant à Saïgon, accompagné de ses collaborateurs, pour apporter un message de solidarité genevoise à l’une des pires dictatures de la planète. Il n’est donc pas surprenant que le camarade Pagani, un Maire issu de l’extrême gauche ne veuille pas entendre parler du dalaï-lama.

En revanche, l’attitude d’élus socialistes, Manuel Tornare en tête, est plus décevante. Visiblement, la gauche genevoise n’a pas encore fait sonaggiornamento. Elle ne parvient pas à rompre avec son héritage marxiste, dont l’histoire a pourtant montré les ravages. Pire : elle semble avoir à ce titre opéré un sinistre retour en arrière. En 1999 en effet, la présidente de la Confédération Ruth Dreifuss avait fait preuve d’un certain courage lors de la visite du président Zian Zeming, qui protestait contre la présence de manifestants tibétains sur la place fédérale. Mais c’était il y a dix ans. Que s’est-il passé depuis ?

A quelques kilomètres de Genève, dans le canton de Vaud, deux Conseillers d’Etat rencontreront le dalaï-lama : le radical Pascal Broulis et le libéral Philippe Leuba. Depuis octobre 2004, Pascal Couchepin (radical) reste le seul ministre en exercice de l’histoire suisse à s’être rendu au Tibet. Il a également accueilli le dalaï-lama à Zurich en août 2005.

Cette année, le Conseil fédéral délègue cet accueil à la présidente du Conseil national, première citoyenne du pays. « S’il veut promouvoir le respect des droits humains, et ainsi respecter la Constitution, le gouvernement devrait se donner les moyens de renforcer le dalaï-lama comme force d'opposition », proteste le conseiller national Carlo Sommaruga. Il a raison. Mais il devrait en parler à ses collègues du parti socialiste genevois.

Nguyen Thi Xuan Trang

Commentaires

C'est n'importe quoi. Pagani est absolument parfaitement prêt à recevoir le Dalaï-Lama, pour autant que celui-ci en fasse la demande (c'est comme ça que ça marche). Il l'a dit très très très clairement ce soir sur l'antenne de la RSR dans l'émission Forum!

http://real.xobix.ch/ramgen/rsr/rsr1/forums/2009/forum20090729-180000-56k-001.rm?start=00:08:29.293&end=00:18:56.023

Je crois qu'on peut être quelqu'un de bien ancré à gauche et haïr le détestable régime chinois (contrairement à l'autre stalinien qui ne payait pas ses parkings). On peut aussi soutenir le combat pour les droits des tibétains et ne pas tomber en admiration béate devant le chef spirituel d'un régime qui reste théocratique (c'est triste mais c'est ça). C'est possible ça comme position ou c'est trop subtil pour vous?

À part ça, votre colistier et Conseiller d'Etat François Longchamp n'a pas non plus bougé le petit doigt! Lui aussi serait un marxiste mao-nostalgique ultra pro-chinois mangeur d'enfants?

Écrit par : Sandro Minimo | 30/07/2009

Vous oubliez, Kadhafi, Ahmadinedjad et tous les alliés de Brejniev !
Quand l'idéal financier vous tient ! C'est aussi l'une des priorités de certains squattant la gauche !
Les socialos, sont ils de gauche ? Par ce qu'aller chez les mollahs avec le jihab pour défendre les intérêts de multinationales du pétrole, aucune femme de droite n'aurait osée le faire !

Écrit par : Maurice | 30/07/2009

Zute, j'ai oublié le responsable du GIA algérien et deux représentants du hamas habitants eux aussi Genève, enfin Genève et Meyrin. Qui dirigent leurs opérations depuis leurs salons, ainsi que leurs compte à numéros en plus du compte courant alimenté par l'hospice général.
On parle en plusieurs centaines de millions !

Écrit par : Maurice | 30/07/2009

Tiens, j'avais pas vu qu'un nouveau troll avait émergé : bonjour Maurice, bienvenue. Es-tu allé faire la bise à tes semblables ? Je peux te les présenter, il y a tout d'abord Octave.

Écrit par : Djinius | 30/07/2009

J'ai lu votre prose. Je vous conseille de lire le "Temps" d'aujourd'hui qui rectifie les propos "fantaisistes" de M. René Longet à mon sujet. Merci d'en prendre bonne note.

Écrit par : Manuel Tornare | 30/07/2009

Je sais pas si le dalaï-lama acceptera de serrer la main de Calmy, après Kadhafi et Ahmadinedjad !

Écrit par : Maurice | 30/07/2009

Manu ou Toto pour les intimes ?

Écrit par : Maurice | 30/07/2009

Honoraire visite du Dalaï Lama, de nombreuses personnes étaient en attente de la ville. Parti à Genève, devraient prendre de nouvelles solutions pour renforcer la constitution et de son éventuelle mise en œuvre.

Écrit par : Rubin | 21/08/2009

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