14/04/2013

Asile - immigration (1) : deux régimes différents

L'asile est un droit, l'immigration est une politique.

Ces deux régimes sont différents. La confusion entretenue le plus souvent à dessein est le fait de deux catégories de personnes : ceux qui veulent abuser du régime de l'asile pour forcer les portes de l'entrée en Suisse et ceux qui veulent ouvrir toutes grandes ces portes aux migrants. Les uns comme les autres causent un grand dommage aux vrais migrants et à ceux qui ont un véritable motif de demander et d'obtenir l'asile en Suisse. 

D'une part, l'asile est un droit absolu, reconnu par le droit international et issu d'une pratique très ancienne entre les Etats mais aussi à l'intérieur de ceux-ci : les édifices religieux ont longtemps offert un refuge inviolable aux personnes menacées. 

De l'autre, le régime de migration et d'immigration est une décision politique que prend chaque Etat en déterminant comment, selon quels critères et quelle procédure il entend accueillir des citoyens d'autres Etats sur son propre territoire, pour une période brève ou longue. En définissant sa politique, chaque Etat en vient à déterminer combien de migrants il estime pouvoir accueillir. Cette politique peut être plus ou moins généreuse et ouverte, selon le degré d'acceptation de la population, son ressenti et finalement les autorités qu'il se donne par l'élection. Avec une politique donnée, on peut être d'accord ou non, la trouver trop généreuse ou pas assez. Mais cela n'a rien à voir avec la politique d'asile. 

Cet article est le premier d'une série à publier d'ici la fin mai prochain et le vote du 9 juin. Je reviendrai donc les jours prochaine sur plusieurs questions qui sont liées à ce thème. En particulier : 

- y a-t-il un droit de migrer pour des raisions économiques ?

- la politique d'asile élaborée il y a plusieurs dizaines d'années est-elle encore adaptée à la situation actuelle ?

- peut-on soutenir l'existence de règles et refuser qu'on les fasse ensuite appliquer, au besoin sous la contrainte ?

- quelle place pour les population nomades ? 

- que peut-on attendre des leaders communautaires dans ce contexte ?

- comment la population ressent-elle qu'un seuil est atteint ou non en matière d'immigration ? 

- quelle place à la volonté d'intégration dans la migration ?