15/05/2013

Le libéralisme ne doit pas tolérer ca

Le progrès est entouré d’une aura positive. Dans le dossier alimentaire et en particulier celui des semences génétiquement modifiées, je me demande s’il va vraiment dans le bon sens. 

Toujours présentées comme étant dans l’intérêt du monde, du paysan ou du consommateur, les modifications génétiques du vivant, rapidement et logiquement suivies du dépôt de brevets, nous entrainent sur des voies inquiétantes.

La recherche est nécessaire, certaines évolutions sont intéressantes mais la plus grande prudence est de mise. Parce qu’on ne connaît pas les conséquences à long terme et en particulier sur l’homme des gènes modifiés introduits dans notre alimentation et celle du bétail. Mais aussi parce qu’on laisse quelques firmes très puissantes et très opaques déposer  des brevets sur le vivant et donc sur notre alimentation.

Peut-on compter sur l’autodiscipline  et sur l’éthique d’entreprises devenues impersonnelles et où la traçabilité des responsabilités est n’est plus garantie, tout comme celle de leurs produits ?

Bien qu’il s’en défende depuis 1999, mais de plus en plus mollement selon son propre « 2005 Pledge Report » (p. 29), Monsanto commercialise des semences stériles, que le producteur est contraint de racheter chaque année. Il arrive que l’agriculteur soit obligé d’acheter chaque année une substance qui « active » le gène de croissance des semences de la deuxième génération.

C’est une logique purement économique qui rend le client captif d’un mécanisme agro-alimentaire qui le dépasse. Un choix responsable ne peut s’exercer que si l’information est vraiment disponible et si des alternatives existent.

Je pense que le libéralisme véritable ne peut pas se rendre complice de constructions commerciales qui mettent en danger notre environnement végétal, voire génétique, mais aussi la survie économiques des producteurs.

Comme consommateur, comme citoyen ou peut être bientôt comme responsable politique, je ne veux pas de cette logique. Je veux manger des produits qui ont aussi peu voyagé que possible. S’il s’agit de produits préparés ou qu’ils viennent de loin (cela peut arriver), je veux de la traçabilité et de la transparence sur leur origine et leur composition.

J’aimerais aussi que mes achats permettent de rétribuer correctement le travail du producteur. Comme dans d’autres domaines, la confiance dans le commerce alimentaire ne se décrète pas, elle se mérite.

Rolin Wavre, ancien secrétaire général du PLR Genève

Candidat au Grand Conseil

 

Publié dans la Tribune de Genève le 3 mai 2013

Commentaires

100% d'accord avec vous.

Écrit par : Pascal Décaillet | 15/05/2013

quand on a regardé l'émission sur Arte,plus besoin de rêverl'UE n'a qu'une idée en tête tuer à petit feu le peuple et cette crise si bien entretenue en fait partie.
Quand aux OGM quand on sait par qui les premiers débats ont été lancés,des écologistes qui s'en sont mis plein les poches c'est une raison supplémentaire de remettre en question ces élucubrateurs de service sans doute payés par le Giec ou l'UE
Et se souvenir des bases traditionnelles apprises dès la primaires dans les écoles Suisse.Base du respect de l'alimentation ,de l'environnement et surtout privilégier les produits du pays en premier , surtout ne jamais oublier que dans l'alimentation on le sait depuis la fin de la guerre tous les moyens sont bons pour mener par le bout du nez le consommateur.Il suffit de savoir l'effet point Cumulus,bel attrape nigaud pour mieux faire dépenser le consommateur
Ceux qui sont nés dans les cageots à légumes entre boites de petits pois et carottes savent que si le consommateur commande , le fournisseur réalisera tous ses souhaits .Aux consommateurs et surtout membres coopérant de savoir dire non et manfester leurs désirs mais par écrit et non par Internet,la plupart du temps les e-mails passent à la trappe

Écrit par : lovsmeralda | 15/05/2013

Merci. Voici la relève d'une droite en dérive. Une droite responsable, humaniste, écologiste, philosophique. Les verts sont en sursis.

Écrit par : Pierre Jenni | 15/05/2013

voyons voir... et on en est où, au fait?

25 février 2013: OGM sous étude mais l'obligation d'un délai de 90jrs n'apporte pas de changement à l'actuelle situation... où l'UE vote l'obligation d'études de toxicité sur quatre-vingt dix jours pour toute demande d'importation et de commercialisation d'OGM destinés à l'alimentation humaine ou animale. S'y sont opposés: le Royaume-Uni, la Suède, la Belgique et les Pays-Bas (Le Monde)

29 avril 2013: néonicotinoïdes tueurs d'abeilles (très largement produits en France!) soumis à suspension d'utilisation en Europe... où la Commission européenne décide de suspendre pour 2 ans à compter du 1er décembre, l'utilisation de 3 insecticides néonicotinoïdes (imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine), utilisés pour traiter maïs (traité à 80 % avec des néonicotinoïdes), colza (60 %), tournesol (60 %) et coton,

insecticides que l'on retrouve dans le Cruiser, le Gaucho, le Poncho, le Cheyenne,
impliqués dans le déclin accéléré des abeilles domestiques et des insectes pollinisateurs (bourdons, papillons, abeilles sauvages, etc),

décision qui n'implique pas la disparition de ces substances dans l'environnement.

NB. des semences enrobées des trois néonicotinoïdes sont toujours produites en France,
"La France est le principal producteur de ces semences en Europe. Elles seront toujours fabriquées à destination des pays qui ne les ont pas interdites, comme l'Ukraine, l'Afrique ou l'Amérique du Sud, explique Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP)
(Le Monde 30.04.2013)

6 mai 2013: droits de propriété & mainmise des semenciers sur les graines renforcés par l'UE... où la Commission européenne propose un "ensemble de mesures de modernisation" de la filière des semenciers, "au nom de la sécurité alimentaire et de la protection des produits cultivés dans l'Union"

sources: Le Monde

cette dernière question de l'empire via de soit-disant "droits de propriété" des semenciers sur toutes graines (patrimoine dit "vivant") est un tel leurre de ces agros-chimistes ou agro-biologistes & autres multis...

un beau sujet d'anti-démocratie, n'est-il pas?

Écrit par : Pierre à feu | 15/05/2013

Merci à DJ se votre commentaire.

Je ne tombe pas dans la même logique que ceux qui s'opposent pas définition au capitalisme. Au contraire, je pense que le capitalisme a des grands mérite mais qu'il génère des dérives que les vrais libéraux se doivent de condamner. J'ai en effet de très gros doutes sur les OGM mais n'exclus pas qu'ils puissent avoir des utilisations bénéfiques. Mais je refuse de laisser une organisation aussi opaque et peu objective que Monsanto en décider. Vous ne me pousserez pas dans le camp des gauchistes doctrinaires.

Écrit par : Rolin Wavre | 03/06/2013

" Toujours présentées comme étant dans l’intérêt du monde, du paysan ou du consommateur, les modifications génétiques du vivant, rapidement et logiquement suivies du dépôt de brevets, nous entraînent sur des voies inquiétantes. "

Ce qui est inquiétant c'est cette hostilité aux OGM en Europe sur des suppositions gratuites de risque que l'on pourrait subir lors de leur consommation. les américains en consomment depuis plus de 25 ans sans problème sanitaire connu. Las bas les risques alimentaires sont connues; c'est le sucre ajouté dans les aliments et les graisses saturées et non les OGM en tant que tel.

Vous évoquez la recherche comme nécessaire; mais les chercheurs dans un avenir proche iront là où les biotechnologies sont encouragées et financées comme aux USA en Chine et au Brésil et non plus en Europe où les biotechnologies sont vue comme une science diabolique. Les OGM concernent aussi essentiellement le médical tel la lutte contre le diabète. L'Europe se tire une balle dans le pied avec ses oppositions sans cesse aux OGM. Ce sont des brevets, des marchés agricoles à rendements supérieurs, des revenus et des emplois d'avenir que les européens n'auront pas.

Les mêmes qui s'opposent aux OGM et qui fustigent le quasi monopole de Monsanto ne se rendent même compte du lien entre leurs oppositions des biotechnologies en Europe et le monopole d'une firme US d'un pays qui les encourage.

La majeur partie des opposants aux OGM le sont par haine du capitalisme. Des gauchistes pour la plus part qui ne peuvent pas admettre que cette recherche sur les OGM dépendent de firmes multinationales capitalistes. Ils ne peuvent pas admettre que ces multinationales capitalistes ont une réponse efficace contre la sous alimentation dans le monde grâce à des rendements supérieurs contrairement à leur idéologie socialiste qui elle a affamé les pays qui ont appliqué ce système dans leur politique agricole.

Je m'étonne qu'un membre important du PLR genevois comme vous arrive à tomber dans le même raisonnement que ceux qui vous détestent en général par haine du capitalisme-libéral.

D.J

Écrit par : D.J | 15/05/2013

Merci pour cet article très intéressant

Écrit par : kamagra | 19/05/2013

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