13/09/2013

Eolien : le vent dominant

La gestion du dossier éolien par les SIG semble avoir été déficiente. Soit. Sous l'impulsion de son président Alain Peyrot, des audits ont été menés, les conclusions courageusement tirées par le vrai entrepreneur qu'est André Hurter. Les projets industriels comportent toujours des risques, d'autant plus dans un domaine nouveau et relativement dépendant des très longues procédures d'autorisation qui plombent la construction d'éoliennes.

Mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain : l'énergie éolienne reste une formidable source renouvelable. La preuve : en Allemagne, ce sont les centrales à charbon qui ferment, le nucléaire peut être progressivement abandonné sans que la pénurie ne frappe une économie pourtant en plein boum. Et les prix de l'électricité sont au plus bas sur le marché international. Si c'est un problème économique pour les producteurs, c'est une aubaine pour les industries consommatrices et pour la transition énergétique en général. L'éolien est et restera une solution d'avenir, ou au moins une partie de la solution. 

Personnellement, je préfère "subir" la vue de quelques éoliennes à l'horizon que d'infliger à nos enfants des centrales terriblement compliquées et chères à gérer puis à démanteler, comme on s'en rendra très bientôt compte lorsque le parc actuel devra être désactivé. Il faudra aussi assumer la gestion sur des millénaires des déchets hautement radioactifs, pour les quels on n'a pas encore trouvé de solution satisfaisante. Et je ne parle même pas des accidents nucléaires qui nous entrainent dans une autre dimension, comme on le découvre chaque semaine avec le cauchemar de Fukushima. Les nouvelles pistes de recherche en matière nucléaire seront elles capables de nous fournir une énergie propre ? Cela reste encore à démontrer. 

Face à ces perspectives à la fois sécuritaires, éthiques et financières, il ne faut vraiment pas laisser de regrettables péripéties de gestion dont les conséquences ont été tirées plomber le développement d'une énergie d'avenir. Ne serait-ce que parce qu'une éolienne se démonte facilement en quelques jours, au contraire d'une centrale irradiée. Et le vent est inépuisable, au contraire du combustible nucléaire. 

Commentaires

" La preuve : en Allemagne, ce sont les centrales à charbon qui ferment, le nucléaire peut être progressivement abandonné sans que la pénurie ne frappe une économie pourtant en plein boum. "

C'est inexact !

En Allemagne, sans pour autant minimiser l'existence de l'éolien et les intentions du gouvernement allemand de sortir du nucléaire, ce sont avant tout les centrales à charbon qui ont le vent en poupe. Si certaines ferment, d'autres très importantes, sont maintenues en exploitation, à l'image de ces énormes centrales alimentées à partir de mines de lignite (Braunkohle) à ciel ouvert. La puissance installée de ces centrales dépasse même celle de centrales nucléaires.

Pour s'en convaincre, voici deux aménagements situés dans l'est de l'Allemagne, tous deux alimentés à la lignite .

1° La centrale de Jänschwalde dans le Brandebourg au sud-est de Berlin dont la puissance installée se monte à 3000 MW, soit environ 3 fois celle de la centrale nucléaire de Leibstadt, la plus importante de Suisse :

http://de.wikipedia.org/wiki/Kraftwerk_J%C3%A4nschwalde

2° Celle de Boxberg en Saxe dont la puissance installée est de 2575 MW :

http://de.wikipedia.org/wiki/Kraftwerk_Boxberg

Remplacer l'énergie nucléaire n'est pas une mince affaire.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 13/09/2013

- « En Allemagne, sans pour autant minimiser l'existence de l'éolien et les intentions du gouvernement allemand de sortir du nucléaire, ce sont avant tout les centrales à charbon qui ont le vent en poupe. »

... avec un impact écologique de production de 150 millions de tonnes de CO2 par an (les 20% de CO2 non-collectable non-stockable par la technologie CCS)

Écrit par : Chuck Jones | 13/09/2013

- « En Allemagne, sans pour autant minimiser l'existence de l'éolien et les intentions du gouvernement allemand de sortir du nucléaire, ce sont avant tout les centrales à charbon qui ont le vent en poupe. »

... avec un impact écologique de production de 150 millions de tonnes de CO2 par an (les 20% de CO2 non-collectable non-stockable par la technologie CCS)

Écrit par : Chuck Jones | 13/09/2013

La solution pour la production de l’énergie n’est pas encore trouvée sans contrainte. Mais l’éolien reste quand même sans trop d’impact par rapport à des déchets nucléaire ou du CO2 émis.

Écrit par : Alexandre | 13/09/2013

Et si on remplaçait les croix sur le sommet des montagnes par des éoliennes? Des éoliennes adaptées, c'est-à-dire qui fonctionne quelle que soit la force du vent.

Écrit par : Johann | 13/09/2013

1) Si le prix de l'électricité est au plus bas, c'est avant tout en raison de la crise économique et industrielle qui frappe l'Europe.
2) L'énergie éolienne a un sens si elle est produite dans un parc éolien, or il y en aura jamais en Suissse et encore moins à Genève (ni parc éolien, ni parc solaire d'ailleurs).
3) Faute de pouvoir investir autrement que symboliquement dans des énergies renouvelables à Genève, SIG investit dans les autres cantons (comme on le voit, sans résultat d'ailleurs) et à l'étranger.
4) SIG entretien la légende du zéro nucléaire dans l'électricité fournie à Genève, v. mon blog à ce sujet http://unegeneveouvertedynamiqueetoptimiste.blog.tdg.ch/archive/2012/08/11/sig-et-electricite-d-origine-nucleaire-suite.html
5) La classe politique genevoise n'a pas eu le courage de soutenir le magnifique projet de centrale au gaz au Lignon (cogénération ou coplage chaleur-force).
6) Au niveau mondial, les énergies fossiles et le nucléaire ont encore des belles années devant eux. Or même si d'importantes économies sont encore probablement possibles pour les combustibles et si la consommation de carburants restera tempérée par le prix de l'essence, le besoin en énergie électrique continuera longtemps d'augmenter en Suisse et, à défaut de pouvoir la produire par égoïsme ou par manque de vision, d'ambition et de courage politique, il faudra bien l'importer: bref polluons, mais ailleurs que chez nous. Prétendre autre chose, c'est du blabla, du pipeau, des billevesées, de la naïveté, de l'ignorance, de la myopie ou enfin pire, des mensonges.

Écrit par : Ashwani Singh | 14/09/2013

@ Rolin: Tu te bats contre vents et marées. Puisse Eole se laisser fléchir par ta constance et se mettre de ton côté.

Écrit par : Jean-Paul Guisan | 15/09/2013

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