23/02/2014

Révolution et ouverture à Kiev

Ce samedi à Kiev, les Ukrainiens viennent de faire une révolution extraordinaire. De maturité, de sincérité, de dignité et d'ouverture. Indignés par la gloutonnerie du clan Ianoukovitch, devenu le plus riche du pays en trois ans, ils ont pris d'assaut la résidence ubuesque mais n'ont pas cédé à la colère : pas de pillage, pas de destruction. Il voulaient juste constater. Les choses ne se sont pas toujours passé ainsi lors des derniers Printemps et autres révolutions colorées ou fleuries.

Il reste cependant un grand danger : l'Est du pays pourrait être tenté par une aventure séparatiste, pour autant que certains agités se laissent séduire par des promesses poutiniennes plus ou moins ouvertement exprimées. Un soutien russe pourrait lancer cette fois non plus une révolution mais une vraie guerre civile. Espérons que les nouveaux responsables à Kiev sauront tendre une main sincère à leurs frères russophones de l'Est et que la grande Russie restera encore quelques jours toute à la clôture de ses estivaux Jeux d'hiver et à la célébration d'un beau triplé dominical de ses skieurs nordiques.

Et constatons finalement que les motivations des héros de Maidan sont plutôt tournées vers l'extérieur alors que ce qui semble avoir fait "bouger" une petite majorité de nos concitoyens à nous est plutôt l'erection de nouveaux murs législatifs, les murs mentaux étant déjà en bonne voie d'achèvement. Le grand Friedrich Durrenmatt l'énonçait déjà dans son fameux discours prononcé à Ruschlikon le 22 novembre 1990 lors de la remise du Prix Gottlieb Duttweiler au grand Vaclav Havel : les Suisses se sont réfugiés dans une prison dont ils sont à la fois les gardiens et les détenus. Les leçons des grands hommes sont éternelles. 

Et pour terminer, il faut saluer l'excellente couverture des événement de Kiev par France Inter. L'émission spéciale de samedi 22 février entre 19 et 20h était un modèle du genre. Correspondants sur place, intervenants de haute tenue tant à Moscou qu'à Kiev, Berlin et Paris. La radio reste un média extraordinaire quand elle se situe à cette altitude. 

Commentaires

Il existe un autre glouton que l'on oublie un peu trop facilement, c'est le complexe nucléaire de Tchernobyl qui depuis 25 ans coûte une fortune à l'Ukraine, la Russie et l'EU, principalement.
La partition de l'Ukraine en deux sera une véritable bénédiction pour la Russie et la partie riche de l'Ukraine (l'est industriel).
Pas certain que l'Allemagne accepte seule les frais astronomiques de Tchernobyl. Une bonne affaire en perspective pour la Russie !

Écrit par : PPh Chappuis | 23/02/2014

M. Chappuis, et que dire des milliers de villas grand luxe que des russes se sont construit en Crimée et sur la côte de la mer noire ?

Pour les russe la mer noire, c'est la côte d'Azur et Sotchi, Adler sont devenus hors de prix !

Finalement cette "révolution" ukrainienne semble plutôt arranger les bidons des amis de Poutine, disons, ses hommes de paille !

Disons que cette "révolution" n'est que très superficielle, car Ioulia Timochenko n'était pas non plus très loin des milieux de la corruption ukrainiens, qui eux ne verrons pas vraiment de changements !

Écrit par : Corto | 23/02/2014

Une raison de plus de voir l'Ukraine se partitionner pour les Russes.

La Russie tient aussi au reste de flotte soviétique sur la mer noire.

L'Ukraine de l'Ouest se souvient encore très bien de l'Holodomor stalinien !

Écrit par : PPh Chappuis | 23/02/2014

bon, nous n'allons nous remémorer toutes les énormités et des décadences tant du coté russe que de celui des ukrainiens, car un certain hutler était aussi passé par là, mais tendu, très tendu, surtout les relations fratricides en famille !

Il y a aussi les histoires de religions, les gazoducs qui passent bientôt par la mer du nord et celui concurrent des russes passant, on ne sait pas vraiment où, la Turquie qui continue à vau-l'eau dans sa chute et l'ensemble de l'ex-bloc qui n'y met pas vraiment du sien.

Un autre détail, celui de la présence massive de musulmans dans la capitale russe, on parle de 6 à 7 millions, décidemment cette crise pour l'instant très caucasienne n'a pas finit de faire couler de l'encre !

Écrit par : Corto | 24/02/2014

Russie: Poutine ordonne une inspection des troupes pour vérifier leur aptitude au combat

Cette annonce intervient en pleine crise en Ukraine, qui inquiète les autorités russes

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi une inspection surprise des troupes des districts militaires de l'Ouest, non loin de l'Ukraine, et du Centre, pour vérifier leur aptitude au combat, a indiqué le ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

Le commandant en chef a été chargé de vérifier l'aptitude des troupes à agir pour faire face à des situations de crise menaçant la sécurité militaire du pays, a déclaré M. Choïgou, cité par l'agence Interfax.

"Les troupes du district militaire de l'Ouest - un vaste territoire à la frontière de l'Ukraine, du Bélarus, des Etats baltes, de la Finlande et de l'Arctique - ainsi que la deuxième armée du district militaire du Centre, le commandement de la défense spatiale et les troupes aéroportées ont été mis en alerte à 14h00 (11h00 GMT)", a-t-il indiqué.

"L'opération durera jusqu'au 3 mars", a-t-il précisé.

La Russie a également décidé de renforcer la protection de sa flotte basée en Crimée, république autonome russophone dans le sud de l'Ukraine en proie à des tensions séparatistes, a annoncé mercredi le ministre russe de la Défense.

"Nous étudions attentivement ce qui se passe en Crimée et autour de la flotte de la mer Noire", a déclaré le ministre, Sergueï Choïgou, cité par les agences russes. "Nous prenons des mesures pour garantir la sécurité de nos installations, nos infrastructures et notre arsenal sur la mer Noire", a-t-il ajouté, sans donner plus de détails sur ces mesures.

La Crimée, d'abord appartenant, au sein de l'URSS, à la Russie, a été rattachée à l'Ukraine en 1954. Elle continue d'héberger la flotte russe de la mer Noire dans ses quartiers historiques, la ville portuaire de Sébastopol.

De brefs affrontements ont opposé mercredi des manifestants pro-russes et des partisans des nouvelles autorités ukrainiennes à Simféropol, capitale de la Crimée, alors que le chef du parlement local excluait tout débat sur une éventuelle sécession.

Les pro-russes réclament la tenue d'un référendum sur le statut de la Crimée, dans le sud de l'Ukraine, en proie à des tensions séparatistes qui se sont accrues depuis la destitution la semaine dernière du président Viktor Ianoukovitch.

Ces annonces interviennent en pleine crise en Ukraine, qui inquiète les autorités russes.

Toutefois, M. Poutine a déjà ordonné à plusieurs reprises des inspections surprise des troupes russes depuis son retour au Kremlin en 2012, la dernière, visant les troupes d'Extrême-Orient, avait eu lieu en juillet dernier.

Mardi, le président avait dirigé une réunion du Conseil de sécurité russe consacrée à la situation en Ukraine.

M. Poutine ne s'est pour l'heure pas exprimé publiquement sur la destitution en Ukraine du président Viktor Ianoukovitch et l'arrivée d'un nouveau pouvoir à Kiev.

Le Premier ministre Dmitri Medvedev a jugé lundi que c'était une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d'une révolte. Il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement, a-t-il dit.

Écrit par : Corto | 26/02/2014

En tout cas, j'aimerais rassurer l'auteur-éditeur de ce blog que, comme j'en suis personnellement convaincue, la Russie n'ira jamais se mêler des affaires internes de l'Ukraine.

D'abord parce que Poutine a bien d'autre chose à faire, d'autre part, suffisamment avec les oligarques de la Russie pour s'encanailler avec ceux de l'Ukraine. C'est une belle brochette qui détient la presse, la TV, la justice, la police, les banques etc. Cette brochette de corrompus dont Janoukovitch en faisait partie, dirigeait le pays sans jamais se soucier du sort et du devenir de son pays.
Cette oligarchie (à moins de nier son existence pour rendre le pays plus fréquentable et le soutien occidental plus blanc) interne et externe au pays en est entièrement responsable.

Je crois qu'il est notoire à l'opinion occidentale et russe que cette Oligarchie, depuis son statut de pays indépendant, a toujours essayé de le vendre aux plus offrants.

Mais pourquoi l'UE et Washington ont tellement peur de la partition de l'Ukraine? Alors que leurs guerres couvertes ailleurs, en Syrie et en Afrique appellent implicitement à leur partition?
Ils l'ont fait pour l'ex Yougoslavie.
A cette partition possible si redoutée, il faudra qu'ils donnent une réponse intelligible.
Ont-ils peur d'hériter de la part mauvaise du gâteau?

Les parrains de cette manifestation pacifique a, maintenant, bien à faire après l'héroïsme des barricades. Le défrichage domestique ne sera pas facile ni bon marché.

L'UE
Est-elle prête à risquer des investissements à fond perdu, alors que ses caisses sont vides?
Le FMI?
Sur quelle garantie?
Sur le dos de tous les pays du globe?
Les USA?
Continueront-ils à injecter de l'argent en plus du financement des émeutes?
5 milliards de dollars pour cette déstabilisation. Il est guère certain que le Congrès US accepte des rallonges répétitives pour une maigre cause.

La Maison Blanche est-elle déterminée à livrer la guerre aux Russes aujourd'hui?
Sincèrement je pense que NON!
Il est trop tôt par rapport à l'ordre du jour. Et le pion ne vaut pas encore le pari.

L'Ukraine ne sera pas la dernière version du modèle de changement ou de transition. La déstabilisation étant là aux portes de l'UE qui l'a délibérément poussée au pogrom, elle doit faire quelque chose.

Pourquoi les USA s'en sont-ils mêlés?
Pourquoi laissent ils le chantier ouvert?
Comme partout là où ils sont passés.

Il nous reste à espérer que l'Ukraine (son peuple de travailleurs bon marché peu exportables à cause du chômage massif européen) se réveillera un jour d'elle-même avec un projet autonome, déterminée à le conduire elle-même.

Notre Président Burkhalter préside cette années l'OSCE, que pourra-t-il lui apporter d'original et d'utile en matière de sécurité, hormis la vente de "l'aide humanitaire" compatible à toutes les guerres?

Écrit par : Beatrix | 26/02/2014

Beatrix, que l'Autre vous entende !

De mon coté, je ne ferais pas trop de pronostiques, pour l'instant un grande partie du gaz russe passe encore par l'Ukraine et au moindre impair, j'ai bien peur que, et l'armée russe et l'armée ukrainienne viennent revisser les ampoules !

Poutine ne voulais pas trop de pub pendant ses jeux dispendieux, une fois les cartons pliés, rien ne garanti qu'un incident ce produise et que les tanks débarquent très tôt le matin !

Écrit par : Corto | 26/02/2014

Le monde est très mal. La fin de l'ère industrielle aurait dû être anticipée, on en est très loin.

Les pays ayant des énergies fossiles dont le charbon pourront peut-être résister, les autres devront fabriquer des billets.

Miser sur les énergies renouvelables et se séparer des pays dont les croyances sont extrêmement dangereuses pour nos Libertés et celles de nos enfants, c'est l'enjeu aujourd'hui. L'Europe ne s'en soucie guère.

La planète est bien malade elle aussi, les changements climatiques bouleversent nos vies, ce n'est qu'un début.

Poutine rue dans les brancards, c'est aussi un bon comédien. Il est en Egypte car les occidentalopithèques sont partis. Les absents ont toujours tord.

Écrit par : Pierre NOËL | 26/02/2014

N'oublie pas la Russie qui possède les énergies fossiles, les popes et les goulags !

Et en plus soutient les mollahs !!

Écrit par : Corto | 27/02/2014

Les USA de Obama garantissent un prêt de 1 milliard à l'Ukraine. Bien bien, combien a coûté la guerre en Afghanistan n'ayant servit à rien? Celle d'Irak?

Tout cela pour les z'amis pétroliers du Golfe et d'ailleurs?

Un milliard pour l'UK ....faites la manche.....

Contemplez:http://www.usdebtclock.org/index.html

Écrit par : Pierre NOËL | 27/02/2014

Les occidentaux ont aidé et vont continuer à aider l'Ukraine dans sa nouvelle voie. Est-ce que les occidentaux sont capables - surtout les USA - se soutenir un premier ministre ouvertement nazi? Le néo nazi Iatseniouk devient Premier Ministre, c'est pas une invention. Heureusement que la Russie veille et elle ne laissera pas ce fou-furieux faire n'importe quoi ; à ce stade ce ne serait plus de l'ingérence, mais du bon sens, d'autant plus que les occidentaux et leurs alliés n'y comprennent rien et ne voient que des intérêts dans toute cette affaire. Leurs intérêts, bien entendu. Du peuple ukrainien, ils s'en fichent complètement, sinon il y a longtemps qu'on les aurait entendus et vus agir. Ah, ces occidentaux et leurs alliés... "opportunistes".

Écrit par : Keren Dispa | 27/02/2014

@ Anna
J'espère de tout cœur que la Russie n'intervienne pas et j'ai la conviction qu'elle ne le fera pas. Toute la situation est un piège tendue à la Russie. Les Occidentaux n'attendent que cela, que la Russie aille se salir les mains, ne serait-ce que pour porter secours à la Crimée et au Sus-Est.

Comme beaucoup d'observateurs, on souhaite que les russophones et russophiles fassent la sécession et qu'ils tracent la frontière avec les Ukraïnophones sans violence pour éviter qu les Russes ne soient obligés d'intervenir.

Certains qui suivent de près les évènements dans le monde partagent ce sentiment. Préventivement, les Russes feraient bien de fermer le transit du gaz et du pétrole passant par l'Ukraine afin d'éviter sabotages et accidents. Tant pis pour l'Europe.

Ce soir, de Virginie, les Gi's viennent de débarquer en Ukraine.
Je ne pense pas que ce soit seulement pour protéger l'ambassade américaine, car c'était plus utile avant.


Manifestation pacifique très bon enfant. On sait que parmi la centaine de morts, 77 étaient des policiers pratiquement lapidés ou tués par balles. Bien sûr l'enquête future dira que les autopsies étaient impossibles.
On aura des certitudes avant d'enquêter. Comme pour la Syrie.

http://www.legrandsoir.info/geopolitique-du-conflit-ukrainien-le-dessous-des-cartes.html

L'Europe qui sanctionne le racisme... Elle se montre plus que jamais en accointance avec le fascisme pur sucre et le nazisme.

Écrit par : Beatrix | 27/02/2014

Oups! Je me suis trompée. Je m'adresse à Keren Dispa.

Écrit par : Beatrix | 27/02/2014

La Russie comme Poutine doivent être regardés les yeux ouverts en faisant abstraction de nos modèles de représentation d'Occidentalopithèques.

Poutine travail pour les intérêts de la Russie. L'Europe pour les intérêts des monarchies islamiques et de l'islam -et des USA.

L'Europe des fonctionnaires assujettis aux monarchies et aux énergies fossiles n'a pas été à la hauteur. Poutine n'a pas eut raison de défendre le despote "laqué" chaque partie doit en tirer les conclusions.

Une alliance avec la Russie sur le sort de l'Ukraine serait profitable à tous, encore faut-il en avoir la volonté.

Poutine ne défend pas les Mollahs d'Iran loin de là, il défend sa stratégie géo-politique et ses intérêts énergétiques. Ou en est celle de l'eurabie et celle des américains? Fermer des usines et construire des mosquées?

Enfin, n'oublions pas que les USA (OTAN)ont installé des missiles aux portes de la Russie. Dans quel but? Si l'inverse avait eu lieu nous serions en guerre.

Écrit par : Pierre NOËL | 27/02/2014

Une analyse intéressante de Paul Craig Roberts. Il faut souligner sa position en tant que ex-sous secrétaire au Trésor Américain qui lui permet de cerner les problèmes avec plus d'acuité qu'un simple journaliste qu'il fut et qu'il est redevenu.

Son vœu également est que la partition de l'Ukraine, si elle doit se faire, se fasse sans heurts pour éviter des risques d'une guerre civile laquelle qui conduirait à la guerre mondiale.
Dès que les armes lourdes parlent, on peut entendre Nucléaire. Il est dans l'intérêt de nos peuples ici, ses voisins si proches que l'Union Européenne prenne ses distances avec les USA et qu'elle cesse de jeter de l'huile sur le feu.

http://www.paulcraigroberts.org/2014/02/20/ukraine-drifting-toward-civil-war-great-power-confrontation/

Écrit par : Beatrix | 28/02/2014

Ecrit par "Corto" le 23 février 2014 :

M. Chappuis, et que dire des milliers de villas grand luxe que des russes se sont construit en Crimée et sur la côte de la mer noire ?

Pour les russe la mer noire, c'est la côte d'Azur et Sotchi, Adler sont devenus hors de prix !

ça se confirme, c'est bien la Crimée qui est visé par la bande à Poutine !

Écrit par : Corto | 28/02/2014

Comment passer outre la barrière des modérations soviétiques ?

Écrit par : Corto | 02/03/2014

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