14/05/2014

A l'intérieur de la Patrouille des Glaciers 2014

La PDG, il faut s'y préparer longtemps à l'avance et on met du temps à s'en remettre, du grand parcours au moins. Si c'est bon pour la tête, je ne jurerais pas que ce soit excellent pour le corps. A moins d'être vraiment très bien entraîné ou jeune, de préférence les deux... Dix jours après la course, je n'ai toujours pas retrouvé toute la sensibilité de mes doigts saisis par le froid, au sommet de Tête Blanche, par -22°, à 3650m d'altitude sur le coup de 2 heures du matin. 

Bon pour la tête car cette course nous amène à faire des choses dont on ne se croyait pas capable. Passer des difficultés successives. Si les dernières montées sont physiquement les plus dures, elles ont le parfum de l'écurie. Mais les épreuves du tiers médian sont les plus pénibles, elles qui n'offrent que la perspective d'en attaquer d'autres. 15h40', c'est bien long (tu n'avais qu'à aller plus vite !). Bon pour l'équipe, parce qu'en patrouille de 3, on est jamais vraiment seul. Solidarité entre les patrouilles, mis à part quelques concurrents très pressés qui passent leur temps à en perdre pour en dépasser d'autres qui avancent deux fois plus lentement qu'eux. La difficile cohabitation des pros et des autres. Deux mondes. 

Bon pour les yeux. Un panorama extraordinaire de nuit, avec la procession laïque des lumignons sur la trace, les descentes encordées et nocturnes dans la poudreuse, la joyeuse cohue du ravitaillement d'Arolla, le lever du jour sur les Alpes et l'accueil des amis, familles et du public dans les rues de Verbier. 

Bon pour la Suisse et son image, par l'impeccable organisation mise sur pied par l'armée. Des soldats et officiers qu'il faut remercier pour leur compétence et leur bon état d'esprit. Et la décision de report des deux courses de 24h était excellente de lucidité et de communication. Seule l'attente, entre 30 et 60' au pied du col de Riedmatten démontrait que sur le plan de la participation, on avait sans doute atteint les limites de l'exercice. 

Finalement, l'émotion est au rendez-vous. Parfois où on ne l'attend pas : j'ai pleuré de joie et d'émotion, tout seul dans l'aube naissante, juste en imaginant l'arrivée. Où peuvent aller se nicher les forces de l'esprit humain qui va puiser dans la joie future la force de franchir les obstacles présents. Tirer un acompte émotionnel sur une récompense future. 

Commentaires

Félicitations pour ce qui reste, pour nombre d'entre nous, un véritable exploit accompli par tous les participants.
Vu de l'extérieur, j'ai beaucoup d'admiration pour vous tous.
Avec mes remerciements pour le partage de vos émotions et impressions

AP

Écrit par : A. Piller | 14/05/2014

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