27/06/2014

Assurance maladie et concurrence

Le système de concurrence voulu par le législateur implique-t-il que je change de caisse maladie chaque année afin d'opter pour la plus avantageuse ? Faut-il que chacun le fasse ? Qu'adviendra-t-il de ceux qui ne peuvent pas effectuer ce changement administratif chaque année ? Parce qu'ils ne seraient pas admis dans une autre caisse ou parce qu'ils ne savent pas comment faire. Et ceux qui, comme moi, pensent avoir mieux à faire de leur temps que d'effectuer de fastidieuses acrobaties administratives chaque année ? Est-il légitime de récompenser l'agilité administrative des assurés et de pénaliser les autres ? J'ai un doute.

 

Commentaires

"J'ai un doute."

Vous avez raison d'avoir un doute. Que les caisses soient multiples ou qu'il n'y en ait qu'une seule et unique ne changera rien à l'augmentation des coûts de la santé.

Le montants des cotisations d'assurance ne fait que refléter le coût des soins considérés dans leur ensemble. Faire croire que les caisses-maladie s'en mettent plein les poches - pour quelles obscures raisons ? - ne donne pas une image de la réalité. Ce ne sont que des boucs-émissaires ! Il faut malheureusement dire que leur communication désastreuse ne fait rien pour arranger les choses.

La vraie question est : "Quelle médecine voulons-nous ?" De la réponse découlera le prix que nous sommes prêts à payer. Tout le reste n'est que verbiage et mauvaise foi.

Écrit par : Michel Sommer | 27/06/2014

@ Michel Sommer

"De la réponse (quelle médecine voulons-nous?) découlera le prix que nous sommes prêts à payer" mérite nuance: découlera le prix qu'il nous est possible de payer, c'est-$-dire nos moyens, nos ressources. Or est-il possible que l'on continue à imposer aux classes moyennes les moins aisées ce qui ne correspond pas non à leurs fortunes, ou aisance confortable, mais à leurs modestes, à leurs maigres revenus?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 27/06/2014

Les caisses assurances maladies sont pleines justement parce que l'affaire est jouteuse.

Ce n'est pas Pascal Couchepin (PLR) qui me contredirait.

Les assureurs s'en mettent plein les poches, sur le dos de certains.

Pierre-Yves Maillard ne lutte pas contre l'opacité comptable des assureurs depuis des années pour rien.

Comme c'est dommage qu'il n'ait pas été élu au Conseil Fédéral à la place d'Alain Berset.

Conseil Fédéral, ou devrais-je dire ... une bande de joyeux comiques ?

Évidemment, il y aura toujours des gens qui ne prendront pas la peine de se tenir au courant ni en lisant la presse, ni en cherchant un tout petit peu sur internet, alors même qu'ils en ont les moyens et le temps.

Pardon ... j'allais oublier ... ce n'est pas la peine de désigner comme coupable la pauvre moustachue socialiste, Ruth Dreifuss, elle n'y est pour rien.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 27/06/2014

Oser dire, comme le fait M. Michel Sommer, que les primes ne font que refléter les coûts est remarquable d'imperméabilité à la réflexion. En effet, le fait que les Genevois réclament avec raison 400 mios versés en trop depuis 1996, est la démonstration incontestable de l'opacité des comptes et du détournement des réserves de leur fonction première.
Que les doutes se dissipent! Seule une assurance véritablement sociale, dans laquelle la chasse aux bons risques sera vaine est en mesure de constituer un instrument de mesure efficace pour assurer, à long terme, l'accès pour tous à une médecine de qualité.

Écrit par : mauro poggia | 27/06/2014

Monsieur Mauro Poggia,

Soyez donc tolérant avec ce pauvre homme.

Michel A. Sommer, né à Genève en 1943.

Diplôme et maturité de l'École Supérieure de Commerce de Genève.
Licencié en sciences politiques.
A travaillé dans l'assurance-maladie, la distribution de la presse et a créé une école de langues en 1995 et une minuscule maison d'édition dans le secteur du jeu de société en 2007.

Vous devez bien comprendre son point de vue, il défends son beef-steak.

J'ai effectué des recherches pour connaitre le nombre exacte d'assureurs maladie, avant 1990.
Aucun moyen de trouver des chiffres à ce sujet, pour démontrer l'attractivité de la nouvelle loi, la LAMAL, introduite le 1er Janvier 1996.

Monsieur le Ministre, mes meilleures salutations.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 27/06/2014

A M. Mauro Poggia,

Je vous sais être un ardent défenseur de la Caisse unique et des assurés et je pense que jusqu'ici votre solde est plutôt créditeur !


Votre position fait de vous un homme très occupé, mais en surfant un peu vous auriez pu tomber sur mon commentaire laissé chez M. Décaillet. Je vous le livre ci-dessous :

"Il serait parfaitement malhonnête de faire croire aux Suisses que leurs cotisations vont diminuer comme par enchantement avec une caisse unique. En revanche on pourrait parvenir à une meilleure transparence dans l'analyse des coûts, transparence dont les caisses actuelles sont accusées d'en avoir confondu le sens avec celui d'opacité."

Et puisqu'opacité il y a, il convient d'en rechercher l'origine chez le législateur qui ne sait pas ou ne veut pas que la situation change !
Personnellement et contrairement à ce que vous imaginez peut-être, je suis favorable à la Caisse unique. J'ajoute enfin que le résultat me touchera peu puisque je ne suis pas assuré en Suisse ! Mais je voterai quand même.

PS.: A la fin des année septante, il y avait en Suisse romande plus de 130 caisses-maladie et autres sociétés de secours mutuels. Je devrais pouvoir retrouver le nombre exact.

Merci à M. Dimitrescu de faire ma promotion

Écrit par : Michel Sommer | 27/06/2014

Tout résident en Suisse est obligatoirement assuré en Suisse, auprès d'une assurance maladie Suisse.

Voter depuis l'étranger, alors que le résultat ne nous contraint à rien, est-ce bien raisonnable ?

Non, à mon avis, non.
C'est juste malhonnête.

Comme être incapable de copier un nom de famille.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 27/06/2014

M. DUmitrescu,

Soyez donc tolérant avec un pauvre homme !...
Mille excuses. Moi non plus je n'aime pas qu'on estropie mon nom.

Écrit par : Michel Sommer | 27/06/2014

Trêve de plaisanteries, monsieur Michel A. Sommer.

Comment peut-on, à titre d'assureur maladie, expliquer la hausse constante des primes et la baisse tout aussi constante du catalogue des prestations ?

Comment peut-on expliquer la construction de bâtiments neufs, pour abriter les employés des assureurs maladies ?
(à cette question, il ne serait pas inutile d'apporter un éclairage certain sur la mise à disposition des terrains à bâtir, qui sont eux, toujours disponible, alors qu'aucun mètre carré ne l'est jamais pour des bâtiments locatifs).

Une explosion des primes, mais aucune augmentation notable de la population, donc de la démographie.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 27/06/2014

La seule possibilité que j'entrevois pour briser le mûr du silence complice de l'obscurité, serait que chaque canton devienne actionnaire des assureurs maladies et ainsi obtenir les chiffres de leur comptabilité.

D'avance, je suis convaincu que nos élus, corrompus qu'ils le sont à y siéger dans les conseils d'administrations, n'auront jamais à cœur la défense de leurs électeurs.

Cette corruption par les jetons de présence, les lobbys des puissants assureurs, santésuisse, ne permettront jamais de se libérer du joug imposé par l'obligation de contracter.

Obliger les cantons à payer les primes pour ceux qui ne le peuvent plus, n'est-ce pas une manière d'admettre que la Caisse Unique est déjà en place ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 27/06/2014

A M. DUmitrescu


Il y a plusieurs explications à l'augmentation des coûts. D'abord parce que le coûts des prestations augmentent ! L'hospitalisation, les médicaments, les médecins, et d'une manière générale tous les prestataires de soins

Allez déjà voir cette page qui donne un aperçu des coûts.
http://www.bag.admin.ch/themen/krankenversicherung/01156/index.html?lang=fr
(Vous trouverez quelques chiffres intéressants en "fouillant "sur cette page)

En gros, l'assurance-maladie coûte, par an, dans notre pays, environ 25 milliards de francs ! Alors voyez-vous je veux bien que l'on divise le salaire de certains grands patrons de caisse-maladie par deux, que l'on empêche les caisses de faire des réserves (alors qu'il n'y a pas si longtemps que cela le pourcentage était fixé à 20 % des dépenses vous avez bien lu) et qu'elles savaient l'obligation de les reconstituer si elle tombaient au-dessous de ce niveau.

Je l'ai dit et répété souvent : la communication des caisses est assez désastreuse, ce qui provoque, à juste titre, la colère du citoyen. On peut réclamer plus de transparence, les plus hargneux diront il faut simplement de la transparence. J'aimerais quand même rappeler que les caisses, à ma connaissance, ne commettent aucune action délictueuse, elles appliquent la loi qui elle, probablement, doit être réformée. Taper sur les caisses et les traiter en boucs-émissaires ne riment à rien. La preuve ? Cela fait des années que l'on tape dessus et rien ne bouge. Aurions-nous des autorités incompétentes ? Inaptes à réagir et à régir ?

Il y a des années que je milite, modestement il est vrai, en faveur d'un système plus juste dans lequel la notion de justice sociale aurait un sens.

La création d'une caisse unique ne règlera sans doute pas le problèmes des coûts mais elle aurait néanmoins le mérite de créer un électrochoc dans la population et de lui faire comprendre ...et admettre qu'on ne peut pas s'offrir une Rolls au prix d'une 2CV. Si l'on arrive seulement à limiter, voire stopper la hausse des coûts, on pourra crier victoire.

On parle beaucoup dans ce pays de responsabilité individuelle et que la santé fait partie de cette liberté. Sauf qu'on ne choisit pas d'être malade et qu'il est à mon avis choquant de ne pas prélever des cotisations en fonction de critères moins égalitaires.

Il est d'ailleurs intéressant de constater que la notion même de mutualité - la même qui prévaut dans le système AVS - ne s'applique pas à l'assurance-maladie. Riches et pauvres paient tous la même prime ce qui oblige l'Etat ensuite à subventionner...

Dans un passé récent, il existait en Suisse romande de très nombreuse "sociétés de secours mutuels" qui étaient régies par le droit applicables aux associations. Petit à petit les sociétaires se sont désintéressés de leur société qui ont "glissé" lentement vers le modèle "fondation" qui a fini par les couper de ceux qui finançaient leurs activités.

Il faudrait parler, bien sûr, de la responsabilité des assurés. Certains n'hésitant pas à se faire prescrire tout ce qu'il est possible d'obtenir de son assurance.

Vous vous rendez donc compte que l'assurance-maladie et la santé, en Suisse, sont un énorme machin dans lequel chacun accuse l'autre d'être à l'origine des coûts vertigineux. On a cru résoudre le problème en désignant, pouce pointé vers le bas, les caisses-maladie. Enfin ! On avait trouvé les coupables.

Tout le pays est confronté aux problèmes. Mais qui cherche réellement des solutions. La Suisse qui se targue d'être le pays de la discussion et du consensus a encore du chemin devant elle dans le domaine de la santé. La grossesse s'annonce longue et l'accouchement difficile...

Écrit par : Michel Sommer | 27/06/2014

Vous avez raison, ceux qui s'adonnent à la critique du patient qui abuse des prestations sont à compter sur les doigts d'une main.

Je ne peut m'empêcher de me demander pourquoi Rolin Wavre, membre du PLR, en fait un article, alors même que son parti est à l'origine de ce malaise.

Sans doute, est-il rentré dans les rangs de ce parti sans se soucier des origines et de la doctrine de ce parti ... mourant ... en tous les cas sur le déclin.

Blague à part, les étudiants en médecine d'origine suisse, ont dans leurs projets, celui d'aller s'installer travailler aux U.S.A.
Je ne connais pas le %, mais ... il serait intéressant de leur demander également leur avis.

La pratique d'une tarification libre contrairement au système TARMED, imposée, serait la source de ce projet ?

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 27/06/2014

Monsieur Sommer,

J'apprends ce matin, cette nouvelle inquiétante.

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/La-surveillance-de-la-Lamal-bient-t-renforcee--27891245

Voila de quoi renforcer le sentiment que les politiciens sont vraiment pourris.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 28/06/2014

A M. Dumitrescu

Je trouve un poil excessif de traiter tous les politiciens de pourris. Certes il y an a et je pense que le rôle de la presse est justement de servir de "contre-pouvoir" et de démasquer non pas les compromis, spécificité helvétique, mais la compromission. L'un n'est jamais très loin de l'autre...

P.S.: Il y avait au 1.1.1984 - en Suisse romande - 49 caisses-maladie et sociétés de secours mutuels, soit 8 de moins qu'un an auparavant à la même date. Le nombre dépassait la centaine vers 1975.

Écrit par : Michel Sommer | 29/06/2014

Merci à tous pour ce débat intéressant et de bonne tenue. Si on pouvait encore éviter de traiter les gens de pourris (une telle accusation devrait s'appuyer sur des preuves ) ou s'attaquer à leur physique, ce serait encore mieux.

Pour ce qui est de mon cas, je ne considère pas que militer dans un parti implique d'approuver à 100% toutes ses positions tout le temps. A ce stade de la campagne, je dis juste que je me pose beaucoup de questions. Il me semble que la démocratie repose sur la capacité des citoyens à se poser des questions et à les poser aux autres. A creuser les sujets pour s'en faire une idée aussi précise que possible (si on en a le temps). Et dans cette campagne, je pense que tout n'a pas encore été dit.

Écrit par : Rolin Wavre | 29/06/2014

Permettez-moi un droit de réponse.

Comme dans l'épisode biblique au sujet de Sodome (Genèse 18. point 23 à 33), trouvez donc le nombre de politiciens qui sont "justes" et j'abandonnerais mon affirmation de "tous pourris".

Même mon idole, Christoph Blocher, n'est exempt de tout reproche.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 30/06/2014

Monsieur Sommer, je me dois de vous dévoiler une des raisons pour laquelle j'ai démissionné du Conseil Municipal de Vernier.

C'était justement cette spécificité helvétique, le compromis, que je n'ai pas supporté.

De mes origines roumaines, j'ai gardé une certaine rancœur pour les communistes, donc être d'accord de voter en leur faveur, attendant de leur part un vote en faveur d'une motion émanant de mon camp, était trop pour moi.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 30/06/2014

Monsieur Wavre, je comprends mieux la teneur de vos articles au sujet de l'assurance maladie.

Je croyait simplement que vous étiez "touché" par l'injustice et non pas à la recherche de "solutions" pour la campagne à venir sur la caisse unique.

Dans le cas présent, permettez moi d'abandonner les débats, ne souhaitant pas y participer.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 30/06/2014

@Victor
Question de termes. Quand je trouve que quelque chose n'est pas correct (injuste, inéquitable, pas efficace ou efficient), je cherche une solution (une réparation, correction). Au plaisir de vous retrouver plus tard pour un débat intéressant.

Par ailleurs, je ne considère pas que la recherche de compromis soit du communisme. Mais je suis d'accord, il n'est pas toujours agréable de céder partiellement pour obtenir partiellement gain de cause. C'est un modèle en vogue chez nous, mais je peux parfaitement accepter qu'on ne souhaite pas faire de compromis.

Écrit par : Rolin Wavre | 30/06/2014

Monsieur Wavre, votre conclusion compromis = communisme est faussée.
Pour une meilleure compréhension de mon commentaire, une deuxième lecture est nécessaire.
Pour ma part, je réserve le compromis au sein d'un couple, d'une amitié, voir de la famille, que personne ne choisit.

Écrit par : Victor-Liviu DUMITRESCU | 30/06/2014

Les commentaires sont fermés.