23/10/2014

Guerres inévitables

Certaines guerres sont inévitables. Celles qui sont défensives et menées pour une cause juste. J'admets que ces deux termes sont sujets à interprétation.

La guerre défensive n'est pas seulement celle que l'on mène près de chez soi sur les frontières de sa propre terre. Elle peut être menée au loin lorsque ses valeurs fondamentales sont attaquées. Elle est juste quand ces valeurs sont reconnues comme universelles. C'est le cas du noyau dur des Droits humains. Dans ce sens, les croisades de tous types, avec un grand C ou non, sont très discutables, parce qu'elles visent à imposer par la force (et donc en violation des Droits humains) une croyance ou une idéologie à d'autres. 

Mais pour qu'elle soit légitime, elle doit absolument être menée d'une manière qui ne viole pas à son tour ces mêmes valeurs contre la violation desquelles elle prétend s'élever. La lutte contre la dérive islamiste actuelle est de celle qu'il faut mener. Loyalement, dans le respect de nos propres valeurs. Et solidairement avec les premières victimes de cette folie : l'immense majorité des musulmans qui n'y sont pour rien.

Cela nous interdit les frappes indiscriminées notamment sur les civils, la torture, les détentions arbitraires, etc. Nous ne devrions pas non plus, et cela va nous couter cher ces prochaines années, recourir à des arrestations massives et préventives de supposés djihadistes vivant dans nos contrées. Il ne manquera pas de belles âmes pour exiger d'embastiller à la louche. Et nous aurons un  défilé de donneurs de leçons pour nous dire après coup qu'il n'y avait qu'à, qu'il fallait que... Ce sont les dictatures qui peuvent se permettre de mettre à l'ombre préventivement des milliers de potentiels opposants violents. Au risque de susciter dix fois plus d'opposants plus violents encore, avec cette fois une raison de s'opposer. 

Il est donc probable que ce qui s'est passé au Canada se produira encore, en Europe et peut-être chez nous parce que suivre individuellement tous les dingues qui se rêvent en martyrs, de retour de Syrie ou empêchés d'y aller, est matériellement impossible.

Une guerre ne se gagne jamais contre ses propres valeurs. Le respect de la liberté individuelle en fait partie. 

Nous paierons tous encore longtemps l'imbécilité crasse de Bush fils qui cassé l'armée irakienne sans rien mettre à la place, causant un vide désastreux, rempli 10 ans plus tard par les allumés de Daech. Et la faiblesse de tous les présidents US (entre autres) pour avoir laissé pourrir des millions de Palestiniens dans l'enfer de Gaza, sans espoir. 

Commentaires

Sous couvert d'une logique apparemment implacable et, à vrai dire, parfaitement défendable, vous pouvez, à votre tour, continuer à jouer l'ignare qui voit à peine plus loin que son nez. Vous pouvez continuer à tourner autour du pot et de surtout ne pas aborder le vrai sujet, le vrai problème. Vous parlez de la démocratie et de "nos" valeurs comme s'il n'y avait que vous, que nous, sur terre. Les autres, avec leurs "valeurs" et leurs croyances, n'existent pas. La démocratie et la valeurs, que vous voulez défendre, n'ont pas été édictées par une autorité suprême. Elles sont le fruit et le résultat d'une longue histoire s'étendant sur plusieurs siècles. Défendre la démocratie et les "valeurs" qui vous semblent être apparemment si chères, d'accord. Faut-il encore que tous (surtout les "autres") y adhèrent. Vous voulez aimer vos ennemis et donner en offrande la joue gauche, histoire de gagner "l'égaré" à votre cause ? Faites-le. Vous risquez d'être giflé très longtemps.

Je vous donne "en cadeau" un passage du code pénal suisse (art. 259)

Provocation publique au crime ou à la violence
1 Celui qui aura provoqué publiquement à un crime sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.
1bis La provocation publique au génocide (art. 264) est punissable même lorsqu’elle a lieu à l’étranger si tout ou partie du génocide devait être commis en Suisse. 3
2 Celui qui aura provoqué publiquement à un délit impliquant la violence contre autrui ou contre des biens, sera puni d’une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

Je vous laisse comparer cela avec ce magnifique texte, tiré d'un livre, divin (que je vous laisse deviner) :

"Une fois passés les mois sacrés, tuez les incroyants où que vous les trouviez. Prenez-les, assiégez-les, dressez-leur des embuscades. S’ils se repentent, font la prière, acquittent l’aumône, laissez-leur le champ libre, car Dieu pardonne, il a pitié".

"Ils aimeraient vous voir mécréants comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur".

Mahomet a dit : « Quiconque change sa religion, tuez-le.

Etc., etc., etc.

Écrit par : Jean Gowrié | 23/10/2014

@ Jean - Je publie votre commentaire car il respecte un minimum de courtoisie et qu'il contribue au débat.

Il existe en effet des fragments de textes sacrés qui, sortis de leur contexte historique, peuvent poser problème. Et des aspects de diverses "théologies" (au sens large, religieux et politique) qui sont pour le moins discutables. Même Galilée, condamné pour avoir dit que la terre était ronde n'a été réhabilité que très récemment. Je ne pense pas qu'il soit utile à la marche du Monde de prendre les doctrines par le petit bout de la lorgnette. Ce qui compte, c'est la pratique. Et celles de certains fanatiques posent les problèmes que nous connaissons actuellement dans le monde, au Canada hier.

Pour ce qui est des valeurs, je conviens qu'il peut y avoir débat sur le caractère subjectif de "valeurs". Lors de multiples missions avec le CICR, j'ai été confronté à des débats sur des notions comme la neutralité, placée très haut et bien comprise chez nous mais qui était totalement étrangère à d'autres types d'organisation sociale ou culturelle. La place de l'individu et de ses droits (politiques et sociaux, voire personnels) est souvent discutée lorsqu'on débat avec des représentants de systèmes qui mettent le Groupe loin au-dessus de l'individu, parfois sincèrement mais aussi souvent dans le seul et discutable but de s'attribuer tous les droits dont auraient pu jouir les autres.

Pourtant, il existe un noyau dur du Droit humanitaire qui est généralement considéré comme non-dérogeable dans tous les grands systèmes politiques et culturels. C'est le jus cogens ou droit des gens. Cela ne veut bien entendu pas dire que chaque groupuscule en reconnait la validité. Ce serait trop simple.

Écrit par : Rolin Wavre | 23/10/2014

relisez ce que René Char disait de la guerre! On devra un jour se réveiller sans ça on va nous exterminer! Le peuple européen est trop docile!

Écrit par : degoumois dominique | 23/10/2014

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