09/02/2015

Deux poids, deux mesures

Les temps changent et ont déjà changé. Les pratiques de 2006-2007 n'ont plus cours et c'est une bonne chose. Pour autant que l'on se pose deux questions et qu'on y apporte une réponse suffisante : 

Tout d'abord, est-il normal que l'on puisse réaliser à Londres et dans d'autres destinations insulaires et ensoleillées, voire même dans certains états des Etats-Unis des opérations de placement anonymes et fiscalement légères, cela même que l'on reproche actuellement à quelques banques d'avoir réalisé avec la Suisse pour base il y a plusieurs années ? Le député Stauffer l'a justement relevé dans la TdG. Il est assez rare que je sois vraiment d'accord avec lui pour le relever. Si l'on veut nous appliquer de "nouvelles règles", il faut qu'elles soient les mêmes pour tout le monde, que l'on soit un petit Etat isolé au centre de l'Europe, une grande puissance maritime (actuelle ou ancienne) ou un confetti ensoleillé couvert de palmiers et de boîtes aux lettres. 

Deuxièmement, il faut s'interroger sur le niveau de l'imposition. Plus la fiscalité devient lourde, plus la tentation de tout faire pour y échapper est forte. C'est d'autant plus vrai quand le contribuable ne comprend plus où va sa contribution, ne fait plus le lien entre ce qu'il paie et la manière dont l'Etat en fait usage. Heureusement, en Suisse, nous avons assez souvent l'occasion de nous prononcer sur la manière dont l'Etat gère les fonds publics mais aussi sur l'impôt lui-même, un cas unique au monde. Mais ce n'est pas le cas partout. La France est un bon (mauvais) exemple : fiscalité lourde, Etat pléthorique et peu efficace. Sans participation populaire aux décisions sur le fond. 

Je suis toujours convaincu que nos autorités doivent bien plus fermement utiliser publiquement les incohérences de ceux qui veulent nous imposer des règles qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes. Mais plus encore éviter de décréter un Swiss Finish qui va au-delà de ce que l'on nous demande.

Commentaires

Je pensais que l'angélisme était l'apanage de la gauche.
Or, force est de constater, à la lumière des derniers évènements Swissleaks, que la droite minimise la portée de ces révélations qui ne sont, selon le principal intéressé, que la pointe de l'iceberg.
Non, le fait que le siège de la HSBC se trouve à Londres n'est pas une excuse.
Et l'aveu des responsables de la banque sur les filtres mis en place pour éviter dorénavant de telles fuites est révélateur.
Mais qui est encore dupe aujourd'hui. Pour pouvoir afficher de tels résultats qui rassurent les actionnaires, il est impossible de se cantonner aux affaires courantes et légales. Les amendes qui se chiffrent en milliards ne sont pas même une épine dans le pied de ces établissements internationaux qui se foutent de la gueule du monde avec l'appui de gens biens disposés et certainement sincères comme vous.
Nous vivons dans un monde de brutes et la concurrence que les libéraux vénèrent mène à tous les excès. Dommage que vous n'en soyez pas conscient et que vous ne puissiez raviver la flamme humaniste des libéraux d'antan.

Écrit par : Pierre Jenni | 10/02/2015

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