26/06/2015

Contre Daech, une nouvelle forme de guerre

Avec les attentats commis par ou au nom de Daech ce vendredi en France, en Tunisie et au Koweit, nous allons encore être noyés sous les amalgames, les discours de repli, les déclarations haineuses et vaines. Je pense qu'il faut en retirer au moins deux leçons, dans l'immédiat : 

Il nous faut d'abord nous résoudre à reconsidérer ce qu'est la paix et la guerre. Avec Daech qui s'attaque à des cibles très différentes, le plus souvent civiles, avec une cruauté assumée et de manière toujours spectaculaire, nous avons une sorte de terrorisme 2.0 qui peut frapper avec très peu de moyens, d'une manière peu détectable à l'avance au coeur de nos nos sociétés. Il faudra donc nous résoudre à combattre ces dérives sectaires un peu partout. il faudra donc nous faire à l'idée qu'il y aura des pertes, civiles ou militaires. Car je suis convaincu que nous, habitants des états démocratiques et les sociétés ouvertes devrons mener un combat, en Iraq, en Syrie ou au Mali, contre les groupes djihadistes mobiles qui tentent de s'implanter ici ou là. Et il nous faudra résister avec calme, lucidité et courage au sentiment de panique que les terroristes vont tenter de porter dans nos vies. Ce pourrait très bien être en Suisse ces prochaines semaines ou mois. Il faut tout faire pour l'éviter mais aussi s'y préparer. 

Deuxièmement, il nous faudra éviter le piège qui nous est tendu par les fondamentalistes. Et pour cela, se demander quel est leur objectif et faire justement l'inverse. Ils admettent détester par dessus tout notre modèle de société ouverte et tolérante. Ils ne supportent pas le mélange des cultures, des religions, des coutumes, des opinions, bref, tout ce qui fait la richesse de notre vieille Europe. Alors tous ceux qui, chez nous, veulent nous amener à nous refermer, à haïr ou à développer un sentiment paranoïaque font le jeu Daech et des fondamentalistes. 

Notre meilleure défense passe par le respect du droit, le fonctionnement démocratique de nos société, notre ouverture aux autres. Rester fidèles à nos valeurs parce que ce sont elles qui sont attaquées. La réponse des américains à Abu Ghraib ou Guantanamo était la pire des solutions. Elle nous a fait perdre l'avantage du droit, de l'éthique et de la légitimité. Car les militants de Daech l'affirment régulièrement : ils aiment la mort autant que nous aimons la vie. Un sacré défi !

Enfin, nous ne devons pas oublier que la grande majorité des victimes de Daech sont des musulmans, souvent arabes, souvent pauvres. 

Commentaires

Quand on vous tranchera la gorge, vous repenserez à ce que vous venez d'écrire...

Écrit par : Maria | 27/06/2015

C'est aussi un des pièges des fondamentalistes que de tout faire pour que nous n'osions plus critiquer quelque aspect de l'Islam que ce soit au motif que ce serait de l'islamophobie ou du racisme.
Alors que la dénonciation des courants extrémistes violents est indispensable pour les séparer dans nos esprits de tous ceux qui ne le sont pas. En l'occurrence il s'agit bel et bien de Musulmans, et le dire n'implique en aucun cas un amalgame.
Si nous ne nous étions pas tenu à un principe de liberté de critique sans restriction, nous n'aurions jamais dénoncé les abus du christianisme catholique à l'époque de l'Inquisition et de la conquête de l'Amérique du Sud. Sans pour autant nous détourner nécessairement de notre foi (pour ceux qui l'avaient, bien entendu).

Écrit par : Mère-Grand | 27/06/2015

Rien à répondre au commentaire de Maria, il se suffit à lui-même.

A Mère-Grand, je suis d'accord avec toutes ses remarques. On peut et on doit bien entendu pouvoir critiquer les actions et les paroles, les positions de toutes les idéologie, doctrines et religions sans que cela soit qualifié de racisme ou d'une quelconque ....phobie. Un petit bémol : les gens de Daech se réclament bien de l'Islam, la question restant ouverte de savoir si ils en font encore partie avec les messages et les actes de haine pure qu'ils pratiquent et qui sont rejetés avec clarté par une grande majorité des Musulmans comme se situant en dehors des préceptes de cette religion.

Écrit par : Rolin Wavre | 27/06/2015

"qui sont rejetés avec clarté par une grande majorité des Musulmans comme se situant en dehors des préceptes de cette religion."
Sommes-nous obligés de les croire ? L'islam semble être une idéologie de domination du monde plutôt qu'une religion. comme l'était le communisme.
Les communistes, les fascistes et les musulmans - j'insiste : les musulmans - utilisent les facilités et les protections que leur offrent les sociétés démocratiques pour prendre le pouvoir. Votre discours en est la parfaite illustration.

Écrit par : Géo | 27/06/2015

"la question restant ouverte de savoir si ils en font encore partie"
Il me semble que lorsque quelqu'un se réclame du Coran et du Prophète, et qu'il accomplit les rites et prières exigées, il est Musulman, aussi gênant cela puisse être pour ceux qui présentent l'Islam comme une religion de paix.
Je ne sache pas qu'il existe une autorité quelconque qui puisse en décider autrement. Même des fatawas contre certaines actions, déclarations ou états ne peuvent rien contre cela. Il faut simplement que dans ce domaine aussi, les Musulmans aient le courage de faire ce que d'autres religions ont fait: reconnaître que se réclamer d'un dieu, quel qu'il soit, ne garantit pas une unité de croyance et de comportement et que dans ce domaine aussi, l'esprit critique peut et doit faire son oeuvre.

Écrit par : Mère-Grand | 27/06/2015

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