30/06/2015

Vive le football féminin !

Déjà séduit il y a quelques années par les matches disputés par les équipes féminines en coupe d'Europe, je suis définitivement conquis par la qualité des matches de la Coupe du Monde disputée au Canada. Vivants, tactiques mais aussi physiques, animés par la volonté de jouer, on y trouve toute ce qui fait un spectacle intéressant voire passionnant. Dans le jeu, on a vraiment la démonstration que le foot féminin n'a rien, mais alors absolument rien à envier au jeu montré toute l'année par ces messieurs. Une belle alliance de force et d'élégance. 

Pour l'instant, elles ne sont pas truqueuses, pas méchantes; on assiste à des gestes de sportivité que l'on a plus vu dans les matches masculins depuis des années. Moins de protestations et de jérémiades, un peu plus de cervelle peut-être.  

Contrairement à leur collègues masculins, elles ne semblent pas obsédées par leur look et leur coupe de cheveux. Une perte pour les coiffeurs, un bienfait pour le sport. 

26/06/2015

Contre Daech, une nouvelle forme de guerre

Avec les attentats commis par ou au nom de Daech ce vendredi en France, en Tunisie et au Koweit, nous allons encore être noyés sous les amalgames, les discours de repli, les déclarations haineuses et vaines. Je pense qu'il faut en retirer au moins deux leçons, dans l'immédiat : 

Il nous faut d'abord nous résoudre à reconsidérer ce qu'est la paix et la guerre. Avec Daech qui s'attaque à des cibles très différentes, le plus souvent civiles, avec une cruauté assumée et de manière toujours spectaculaire, nous avons une sorte de terrorisme 2.0 qui peut frapper avec très peu de moyens, d'une manière peu détectable à l'avance au coeur de nos nos sociétés. Il faudra donc nous résoudre à combattre ces dérives sectaires un peu partout. il faudra donc nous faire à l'idée qu'il y aura des pertes, civiles ou militaires. Car je suis convaincu que nous, habitants des états démocratiques et les sociétés ouvertes devrons mener un combat, en Iraq, en Syrie ou au Mali, contre les groupes djihadistes mobiles qui tentent de s'implanter ici ou là. Et il nous faudra résister avec calme, lucidité et courage au sentiment de panique que les terroristes vont tenter de porter dans nos vies. Ce pourrait très bien être en Suisse ces prochaines semaines ou mois. Il faut tout faire pour l'éviter mais aussi s'y préparer. 

Deuxièmement, il nous faudra éviter le piège qui nous est tendu par les fondamentalistes. Et pour cela, se demander quel est leur objectif et faire justement l'inverse. Ils admettent détester par dessus tout notre modèle de société ouverte et tolérante. Ils ne supportent pas le mélange des cultures, des religions, des coutumes, des opinions, bref, tout ce qui fait la richesse de notre vieille Europe. Alors tous ceux qui, chez nous, veulent nous amener à nous refermer, à haïr ou à développer un sentiment paranoïaque font le jeu Daech et des fondamentalistes. 

Notre meilleure défense passe par le respect du droit, le fonctionnement démocratique de nos société, notre ouverture aux autres. Rester fidèles à nos valeurs parce que ce sont elles qui sont attaquées. La réponse des américains à Abu Ghraib ou Guantanamo était la pire des solutions. Elle nous a fait perdre l'avantage du droit, de l'éthique et de la légitimité. Car les militants de Daech l'affirment régulièrement : ils aiment la mort autant que nous aimons la vie. Un sacré défi !

Enfin, nous ne devons pas oublier que la grande majorité des victimes de Daech sont des musulmans, souvent arabes, souvent pauvres. 

16/06/2015

Jeunes socialistes : le buzz à tout prix

Avec leur attaque frontale et grossière contre le mariage, les jeunes socialistes se sont vraiment plantés. Sauf à penser qu'ils en sont réduits à ça pour faire parler d'eux. En le qualifiant de "construction éculée", ils démontrent un esprit sectaire qui n'honore pas la jeunesse. C'est vrai, les sections "jeunes" de tous les partis sont souvent à l'origine de propositions qui ouvrent de nouvelles perspectives ou défrichent des terrains encore vierges. Un bon débat public n'a jamais fait de mal. Si l'on le fait pas de folles propositions quand on a 20 ans, quand les fera-t-on ? Service civil, mariage pour tous, voire même le revenu inconditionnel de base ont fait réfléchir et ouvert des débats.

Mais s'attaquer au mariage en le dénigrant dans les termes choisis par les jeunes du PS est simplement offensant pour tous ceux qui s'y sentent bien, sans même parler de ceux pour lesquels il représente un symbole important pour des raisons religieuses. Une démarche d'autant plus gratuite que de nos jours, personne n'est contraint de se marier s'il ne le souhaite pas. La reconnaissance pratique et légale du concubinage ou du partenariat enregistré ont supprimé l'obligation sociale de passer devant le maire et / ou l'autorité religieuse pour former une unité de vie et offrir un cadre raisonnablement stable à des enfants. Là, il ne s'agit pas de réformer une institution qui fonctionne mal mais de liquider quelque chose où beaucoup se retrouvent, s'ils le souhaitent. C'est très différent.

 

 

04/06/2015

Décimer : double barbarisme

Trouvé sur un site web où l'on n'est pas connu pour écrire avec les pieds: "La moitié des éléphants de Tanzanie décimés en cinq ans". C'est doublement désolant. D'abord et avant tout parce que ces splendides animaux ont vraiment mieux à faire que de voir une petite partie de leur corps terminer en sculpture, statue, coupe-papier et autre objet "d'artisanat local" mais usiné en Chine à l'attention des touristes. Pour qui a eu la chance de voir un troupeau d'éléphants se déplacer dans leur habitat naturel, c'est un crève-coeur. D'autant plus que leur ivoire finit toujours par leur être inutile... un jour. Il suffit donc d'attendre. 

Le second barbarisme est linguistique. Il semble que de plus en plus d'écriveurs ignorent ce que "décimer" veut dire : une assez horrible pratique militaire qui avant cours au temps des légions romaines et qui consistait à punir de mort un soldat sur dix d'une unité qui avait reculé devant l'ennemi. Le terme est trop souvent utilisé à tort pour parler d'un massacre ou de grosses pertes. Il est vrai qu'un sens dérivé signifiant "massacrer" semble admis depuis la fin du XVIIIème siècle par les dictionnaires. 

S'il avait été fixé à 10%, le projet d'imposition sur les successions aurait risqué de décimer les patrimoines familiaux et les PME au dessus de 2 millions. A 20%, c'est donc un massacre.

Dans la même veine, on lit parfois qu'un joueur de tennis a gagné son match "sans coup férir", ce qui est assez plaisant quand on sait que "férir" signifie "frapper". A moins de gagner par forfait, c'est compliqué de gagner comme cela à Roland-Garros.