11/07/2015

L'asile est un droit, la migration est une politique

C'est essentiel. A mélanger les deux, on pénalise gravement l'asile et tout ceux qui doivent pouvoir en profiter. La Suisse a accueilli généreusement les Boat people il y a 40 ans, elle a fait une place aux Hongrois après 1956, elle a accueilli les militants fuyant les états dictatoriaux d'Amérique latine pendant des dizaines d'années, elle l'a fait massivement avec les réfugiés du Kosovo et de l'ex-Yougoslavie dans les années 90'. Elle a fait son devoir de protection et d'accueil, voire d'insertion puisque nombreux sont ceux qui sont restés et se sont bien intégrés dans notre société. De leur côté, ils ont fait l'effort de s'adapter et de respecter la culture et la plupart des usages de leur pays d'accueil. D'autres sont retournés chez eux quand la situation s'est améliorée. 

En même temps, notre pays a fait de la place à une migration intra-européenne fondée sur l'offre d'emplois, souvent peu qualifiés qui ne trouvaient pas preneur sur le marché local. D'importantes communautés italiennes, portugaises et espagnoles se sont établies après l'abolition du statut de saisonnier qui faisait peu de cas de la vie familiale. 

La situation a changé. Avec une volonté de tout mélanger et d'obtenir pour tous le droit d'être accueilli, logé, nourri, soigné et intégré, l'extrême gauche prétend "défendre" des migrants économiques venus sous l'étiquette de l'asile et logiquement déboutés. C'est un mauvais combat car on se concentre sur 40 célibataires instrumentalisés alors que des milliers de véritables réfugiés ayant quitté l'enfer de Alep ou de Raqqa demandent un nécessaire asile. C'est un mauvais combat car ce ne sont pas le collectif du Grutli qui a le plus besoin de notre accueil.

A l'extrême droite, les nationalistes cherchent aussi à tout mélanger. Mais eux, c'est pour refuser tout le monde. Mélanger les réfugiés véritables et les migrants dans un salmigondi destiné à faire peur au brave citoyen effrayé d'avoir à accueillir toute la misère du monde dans son petit paradis. 

Ces deux approches sont malhonnêtes, inhumaines et finalement contribuent autant l'une que l'autre à rendre la tâche impossible à ceux qui veulent que la Suisse prenne normalement sa part du fardeau de l'asile. Car la tâche ne peut être traités que dans une coopération au niveau européen. Il est absurde de laisser nos concitoyens italiens et grecs supporter seuls la tâche d'accueillir 300'000 personnes par an.  

Et ne jamais oublier que, quand nous ergotons sur 3000 Syriens, le petit et courageux Liban (5 millions d'habitants) accueille plus de 1,5 millions de Syriens depuis deux ans alors qu'il est très nettement moins riche que nous ne le sommes. 

 

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