31/07/2015

L'incohérence en politique

Les dirigeants de l'UDC sont trop souvent incohérents. Leurs positions sont contradictoires, nocives pour la Suisse (parce qu'elles sont fondées sur celle de Heidi, légèrement déconnectée du monte actuel). Et leurs élus sont 

Exemple. Les Accords bilatéraux. Blocher s'est longtemps vanté de les avoir inspirés et leur trouvait toutes les qualités. Maintenant, c'est une horreur europhile. Opportunisme hypocrite, sans aucun égard pour la Suisse, son économie et sa population (en tout cas celle qui vit connectée avec le monde moderne).

Autre exemple. la procédure d'examen accélérée des demandes d'asile, c'était une demande de MM. Blocher et Brunner. Au moment où le Conseil fédéral le fait, l'UDC ne trouve mieux que de condamner cette réforme bienvenue. 

Encore un exemple. Le centre fédéral prévu à Perreux, dans le canton de Neuchâtel. Il est idéalement situé, dans un bâtiment qui n'est plus occupé, les autorités locales ont mené des consultations avec la population qui lui est largement favorable, un vrai miracle dans les circonstances actuelles. Et que fait l'UDC (par la voix du très subtil M. Clottu) ? Elle s'y oppose. 

Un petit dernier pour la route. Parce que budget de l'armée ne correspond pas aux souhaits de certains, l'UDC s'allie avec la gauche pour torpiller le projet de son propre Conseiller fédéral. Et il faudrait en suite qu'elle en ait deux ?

Pour appliquer une ligne politique aussi incohérente, il faut vraiment attacher peu d'importance à l'avenir de notre Pays. Au moment de célébrer la Fête nationale, on ferait bien de s'en souvenir et de ne pas donner à ceux qui se drapent volontiers dans le drapeau national les moyens de torpiller l'avenir de la Suisse dans le monde moderne. 

22/07/2015

C'est quoi un stage ?

Les jeunes qui manifestent sous la bannière "Pay your interns" ont raison. La multiplication des stages ou leur "gratuité" ont quelque chose de dérangeant. En particulier quand ces deux caractéristiques sont réunies. C'est quoi au juste un stage ? 

Pour l'employeur, c'est l'occasion d'accueillir un jeune, de lui faire découvrir son fonctionnement,  mais aussi de le tester ou de lui donner envie de poursuivre dans l'entreprise (ou l'organisation). Mais ce peut aussi être une manière de réaliser une tâche particulière qui demande un regard extérieur ou de durée limitée. Aucun de ces mobiles n'est condamnable mais pas non plus suffisant pour justifier à lui seul un stage. 

De l'autre côté, le stagiaire peut vouloir découvrir le fonctionnement d'une entreprise ou organisation, explorer une activité ou une branche, acquérir des contacts utiles, mettre en application des connaissances théoriques, ajouter une ligne utile à son CV ou gagner un peu d'argent pendant l'été. 

Le stage, c'est  un échange, comme tout contrat. Il n'est pas sain qu'il soit au bénéfice exclusif de l'une des parties. La rémunération est donc un élément important, d'autant plus que la tâche est moins formatrice. Et l'on connait de nombreux stages ou la "victime" est parquée plusieurs semaines devant une pile de papiers à trier, seule, sans rien apprendre de l'organisation ni de la branche qu'elle est sensée découvrir. De la formation ? Que nenni.

A l'inverse, la succession de stagiaires à un même poste, souvent très qualifiés en fait des stagiaires professionnels et détourne cette noble institution de son but légitime.

En résumé, un stage doit apporter quelque chose aux deux parties. Au stagiaire, une vraie expérience formatrice et / ou un salaire décent. En principe un honnête mélange des deux. 

 

11/07/2015

L'asile est un droit, la migration est une politique

C'est essentiel. A mélanger les deux, on pénalise gravement l'asile et tout ceux qui doivent pouvoir en profiter. La Suisse a accueilli généreusement les Boat people il y a 40 ans, elle a fait une place aux Hongrois après 1956, elle a accueilli les militants fuyant les états dictatoriaux d'Amérique latine pendant des dizaines d'années, elle l'a fait massivement avec les réfugiés du Kosovo et de l'ex-Yougoslavie dans les années 90'. Elle a fait son devoir de protection et d'accueil, voire d'insertion puisque nombreux sont ceux qui sont restés et se sont bien intégrés dans notre société. De leur côté, ils ont fait l'effort de s'adapter et de respecter la culture et la plupart des usages de leur pays d'accueil. D'autres sont retournés chez eux quand la situation s'est améliorée. 

En même temps, notre pays a fait de la place à une migration intra-européenne fondée sur l'offre d'emplois, souvent peu qualifiés qui ne trouvaient pas preneur sur le marché local. D'importantes communautés italiennes, portugaises et espagnoles se sont établies après l'abolition du statut de saisonnier qui faisait peu de cas de la vie familiale. 

La situation a changé. Avec une volonté de tout mélanger et d'obtenir pour tous le droit d'être accueilli, logé, nourri, soigné et intégré, l'extrême gauche prétend "défendre" des migrants économiques venus sous l'étiquette de l'asile et logiquement déboutés. C'est un mauvais combat car on se concentre sur 40 célibataires instrumentalisés alors que des milliers de véritables réfugiés ayant quitté l'enfer de Alep ou de Raqqa demandent un nécessaire asile. C'est un mauvais combat car ce ne sont pas le collectif du Grutli qui a le plus besoin de notre accueil.

A l'extrême droite, les nationalistes cherchent aussi à tout mélanger. Mais eux, c'est pour refuser tout le monde. Mélanger les réfugiés véritables et les migrants dans un salmigondi destiné à faire peur au brave citoyen effrayé d'avoir à accueillir toute la misère du monde dans son petit paradis. 

Ces deux approches sont malhonnêtes, inhumaines et finalement contribuent autant l'une que l'autre à rendre la tâche impossible à ceux qui veulent que la Suisse prenne normalement sa part du fardeau de l'asile. Car la tâche ne peut être traités que dans une coopération au niveau européen. Il est absurde de laisser nos concitoyens italiens et grecs supporter seuls la tâche d'accueillir 300'000 personnes par an.  

Et ne jamais oublier que, quand nous ergotons sur 3000 Syriens, le petit et courageux Liban (5 millions d'habitants) accueille plus de 1,5 millions de Syriens depuis deux ans alors qu'il est très nettement moins riche que nous ne le sommes. 

 

10/07/2015

Les Grecs ont dit non. Mais quelle était la question ?

Oui, le vote des Grecs est démocratique. Oui, je peux comprendre que beaucoup aient compris la queston qui leur était posée comme « êtes vous d’accord de subir une cure d’austérité durable ? ». Dans ce cas, c’est presque un miracle que 61% seulement aient répondu non. D’autant plus que les comptes primaires de la Grèce (soit les revenus moins les dépenses de l’Etat, hors paiement des intérêts de la dette) sont excédentaires depuis 2013. C’est dire que des efforts ont effectivement déjà été faits. Mais la question est plutôt … dans la question. Les Grecs ont dit non, mais à quoi exactement ?

J’étais à Athènes hier encore. Les habitants auxquels j’ai parlé pensent que leurs concitoyens n’ont pas dit non à l’Europe, sachant tout ce qu’ils lui doivent. Ils n’ont pas plus dit non à la fin d’une période dont ils savent bien qu’elle a amené leur pays à déraper sérieusement : mensonges sur le budget et les comptes pendant plusieurs années, avec l’aide intéressée d’une banque nord-américaine, pléthore de fonctionnaires (on parle d’un doublement de la fonction publique entre 2001 et 2013), retraites très précoces pour les mères de famille nombreuses, fréquents abus sur les pensions et retraites diverses.  Sans parler de la divine surprise, l’exemption de l’Eglise orthodoxe de tout impôt jusqu’à 2011, excepté sur ses activités strictement commerciales. Les comptes et les biens de cette véritable institution politiquement très crainte sont un modèle d’opacité. Et 10’000 prètres et évêques sont salariés par l’Etat !

Quant aux fameux armateurs grecs, leurs revenus sont aussi off shore que leurs 3700 navires. Selon la Constitution de 1960, ils ne paient qu’une taxe au tonnage sur les unités battant pavillon grec, soit un quart de la flotte, à l’exclusion de tout impôt sur les bénéfices alors qu’ils représentent presque 8% du fret maritime mondial.

Les citoyens sont bien conscients que les familles Papandréou et Karamanlis qui ont trusté les fonctions ministérielles pendant des décennies ont abondamment financé les avantages accordés à leurs clientèles électorales respectives par la dette publique. Avec Tsipras, ils ont donc salué l’arrivée d’un nouvel homme qui bouscule un ordre que l’on croyait immuable mais dont beaucoup avaient largement profité.

Le Premier ministre Tsipras ferait bien de s’attaquer à quelques vaches sacrées afin d’éviter de faire porter tout l’effort sur une classe moyenne qui ne peut pas échapper à l’impôt sur le revenu prélevé à la source et à une TVA à 23% (!). Et son ministre Varoufakis, le provocateur, n’était sans doute pas le mieux préparé à négocier à Bruxelles et Berlin. Ces derniers jours, j’ai vu de nombreux touristes allemands à Athènes. Ils n’avaient pas l’air inquiets ni menacés.

05/07/2015

Alcool ? Non, smartphone !

On voit de plus en plus souvent des véhicules à la conduite hésitante. Alcool ? Non, SMS !  C’est effrayant et inadmissible. Il faut absolument que les conducteurs résistent à l’envie « de faire juste un petit message ». Ce bref moment peut suffire à liquider une vie. Un piéton qui traverse, un cycliste qui roule normalement, un enfant sur un trottoir, ou simplement une colonne qui ralentit de manière inattendue. Et combien de voitures sortent légèrement de leur piste, innocemment. On se dit : « tiens, il conduit bizarrement celui-là ». Et si on dépasse le véhicule, on comprend. Un petit rien qui se transforme en un événement marquant d’une vie, pour toujours. La satisfaction de répondre immédiatement à un message ? Franchement, est-ce que ca vaut la peine ?

Pour se convaincre de ne pas ou plus commettre cette énorme bêtise, il vaut la peine de regarder cette petite video. www.youtube.com/watch?v=LmKznO6urwk

C’est une reconstitution, mais très bien faite. Beaucoup plus difficile de texter au volant après ca. A diffuser largement.