25/09/2015

Fausse concurrence dans le brouillard

L'assurance maladie n'est pas un modèle de transparence, c'est même tout le contraire. Lors de la campagne de 2014, j'ai défendu l'initiative pour une caisse publique comme co-président de la section genevoise de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Une nette majorité des Genevois était du même avis. Ce n'est pas par passion pour une caisse étatique mais parce que je trouve le système actuel hypocrite, opaque et injuste. La concurrence ne fonctionne que pour les frais administratifs, qui sont bas, c'est bien. Pour le reste, elle conduit certaines compagnies à offrir des primes artificiellement basses parce qu'elles ont réussi à attirer des assurés plus jeunes et plus en forme (des sportifs, par exemple), au détriment des autres. L'afflux de nouveaux assurés et la nécessité de reconstituer les réserves pour ceux-ci fait automatiquement remonter les primes. Des réserves qui ne suivent d'ailleurs pas l'assuré lorsqu'il change de caisse, un autre véritable scandale. 

Le citoyen hyper-attentif s'en tirera bien à titre individuel en changeant très souvent de caisse, ce n'est pas le cas de la majorité des citoyens qui ont, comme moi, mieux à faire de leur temps libre que de le passer à changer de caisse, une gymnastique plus agréable et plus saine quand on la pratique en forêt et non à rédiger des courriers administratifs à ses assurances maladie successives.

Sans parler de la confusion entre l'assurance de base et les complémentaires, les primes payées en trop, remboursées partiellement et tardivement. Et en partie par la Confédération, on se demande bien pourquoi. 

 

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