15/01/2016

Quand le MCG joue Paris contre Genève et la Région

J'ai de la peine à comprendre : pourquoi Roger Golay défend-il un projet aussi idiot que la dénonciation de l'accord de 1973 avec la France sur l'imposition des travailleurs frontaliers qui nous est si favorable ? Le président du MCG qui est une personne de bon sens risque sa crédibilité dans cette affaire. Juste parce que son président d'honneur (de leçons) veut à tout prix taper sur la France et les frontaliers ? 

Il y a plusieurs raisons de combattre cette initiative idiote et dangereuse. J'en retiens deux : 

1. si on passe au système que veut l'initiative, c'est la France (celle de Paris) qui percevra l'impôt et les communes de résidence des frontaliers ne verront jamais la couleur de ces millions. Ils auront disparu dans les comptes de la Nation, largement déficitaires. Les projets de ces communes seront dans les limbes, c'est la région qui perdra. Est-ce ce que veut Roger Golay ? Je ne peux pas le croire.

2. Si on passe au système Stauffer, c'est la France (de Paris) qui maitrisera les versements. Et je souhaite bonne chance à nous autorités, quelles qu'elles soient, pour récupérer ces fonds à Paris...

Alors de grâce, est-ce que le plaisir de taper sur la France et de se payer un nouveau tour de manège médiatique vaut vraiment la peine de faire perdre plusieurs centaines de millions à Genève et aux communes frontalières ? Je ne peux pas croire que ce soit ce que veut Roger Golay.

08/01/2016

USA : le délire complice de la NRA

Aux Etats-Unis, on recense 360 incidents faisant au moins 4 victimes par arme à feu chaque année, soit plus de un par jour. Certains, comme ceux de San Bernardino font des dizaines de morts et de blessés. Avec des armes souvent achetées en toute "légalité". Et la National Rifle Association continue de s'opposer à la moindre régulation, même le simple renforcement du contrôle des ventes par des privés. On a de la peine à imaginer que dans ce grand pays, on trouve une majorité d'élus nationaux pour s'aligner sur le lobby des armes de guerre et des viandards qui ne trouvent leur plénitude personnelle qu'en vidant des chargeurs dans le désert, quand tout va "bien", et dans le ventre de leurs semblables quand ça se passe moins bien. 

S'il s'agissait juste de se défendre en cas de nécessité, un désir alimenté par l'histoire du pays et par l'étendue du territoire qui laisse parfois le citoyen seul face à une menace, la possession d'une arme de poing, dûment enregistrée et contrôlée serait suffisante. Mais des millions de citoyens étasuniens possèdent des armes de guerre, fusils automatiques et armes surpuissantes, conçus pour le combat et la destruction à grande échelle est sans trop de distinction, soit tout à fait à l'opposé de l'idée de la légitime défense, un droit reconnu à chacun dans un état de droit, pour autant qu'il soit proportionné.

L'un des argument de la NRA est la responsabilité individuelle. Dans ce cas, je pense que l'absence de limites, en particulier en ce qui concerne le type d'armes, leur nombre et les antécédents des acquéreurs met en lumière l'irresponsabilité d'une minorité de citoyens dangereux. Une minorité de 300 000 000, ça fait encore du monde ! 

 

 

 

05/01/2016

Pataquès UDC sur l’expulsion

Malgré son succès aux fédérales 2015 ses deux élus au Conseil fédéral, l’UDC pédale dans la semoule : elle va bientôt devoir faire face aux conséquences de ses autres succès en votations : ses élus nationaux se déchirent sur la manière d’appliquer ou de modérer l’impact du vote du 9 février qui met l’économie en difficulté avec le marché européen. Même pataquès sur l’interprétation de l’initiative pour l’expulsion des criminels : concerne-t-elle les secundos ou pas ? MM et Mme Grin, Nidegger et Amaudruz se contredisent. A Forum lundi 5 janvier, la présidente de l'UDC genevoise ne semblait même pas connaitre le texte qu'elle soutient, incapable d'argumenter sur les conséquences de son initiative. 

Le catalogue absurde de deux pages que ce parti, pourtant gouvernemental, nous propose d’introduire dans notre constitution est ridicule. Totalement rigide, il ôtera toute latitude au juge de tenir compte des circonstances du délit. Il frappera indistinctement les crimes graves et les peccadilles. Sous la pression de l’initiative allant dans la même direction et adoptée par le peuple en 2010, le Parlement a déjà adopté un durcissement du régime de l’expulsion en 2015, de sorte que l’initiative sur laquelle nous votons sert avant tout à poursuivre une logique de division de la société suisse et à la mettre volontairement difficulté dans ses discussions avec l’Union européenne.

Il serait plus intelligent de profiter des difficultés que connaît (malheureusement) l’UE actuellement et de voir si ces événements tels que le Brexit, la possible sortie de la Grande-Bretagne, ne seraient pas l’occasion de trouver avec cette nouvelle Europe en gestation un accord à long terme.

Mais il est probablement naïf de croire que ce parti qui vit de l’isolement (alors que son leader Blocher a fait sa fortune avec l’étranger, suprême ironie) et des difficultés qu'il a lui même contribué à accentuer, peut vouloir une solution porteuse d’avenir, lui qui prétend conduire la Suisse avec les deux yeux braqués dans le rétroviseur.