10/03/2016

Bloomberg s'est-il vraiment mis hors jeu ?

Maire de New York de 2002 à 2013 avec un un bilan largement positif vient malheureusement d'annoncer qu'il renonçait à briguer la présidence des Etats-Unis. Indépendant d'esprit puisqu'il est passé de Républicain à indépendant en cours de mandat municipal, Mickael Bloomberg l'est aussi sur le plan matériel. Sa fortune personnelle lui permet de ne pas se mettre dans les pattes des lobbies les plus influents du pays, une particularité qu'il partage il est vrai avec Donald Trump. 

Mais c'est bien tout ce qu'il a en commun avec ce personnage pittoresque mais sans aucune épine dorsale politique si ce n'est l'outrance de ses déclarations et une capacité phénoménale à faire vibrer les angoisses de l'électoral. Personnellement, je regrette ce renoncement car il aurait pu, en cas de succès, assurer à la première puissance mondiale (pour encore quelques années) un leadership de bon sens, si l'on en juge par ce qu'il a accompli et fait accomplir dans la Grosse Pomme. 

Comme Européen, mais aussi si j'étais étasunien, j'aurais voulu éviter de subir un troisième Bush, même si celui-ci était probablement moins nocif que le No 2, sa bande de va-t-en guerre. De même, je ne suis pas du tout séduit pas Mme Clinton, alors qu'elle offre indiscutablement une expérience de la diplomatie et du gouvernement qui peut rassurer. Et il serait positif qu'une femme accède à la Maison Blanche, mais faut-il que ce soit celle-ci ?. Je crains que la campagne ne révèle une batterie de casseroles et de compromissions qu'entraîne presque obligatoirement une aussi longue proximité de son couple avec le pouvoir suprême. 

Dans une tribune publiée sur son propre site Bloomberg View, Michael Bloomberg estime ses propres chances très minces et très élevée la probabilité qu'une triangulaire ne favorise l'élection de Trump. Le système électoral US étant ce qu'il est, en cas de triangulaire, il y a de fortes chances pour qu'il revienne au Congrès de désigner le Président, avec un avantage certain pour les candidats issus des partis, et des Républicains en particulier.

Lucide mais regrettable. Est-ce définitif ?

http://www.bloombergview.com/articles/2016-03-07/the-2016-election-risk-that-michael-bloomberg-won-t-take