05/06/2016

Qui veut tuer le droit de grève ?

Le droit de grève est essentiel. Il a une longue histoire, un bilan. Il peut déranger, énerver ou au contraire exalter et motiver. Son exercice coûte à l’entreprise, aux propriétaires, mais aussi aux salariés et parfois aux clients et fournisseurs. Tout cela est classique et admis.

 Par contre, ce qui l’est un peu moins, c’est ce à quoi nous assistons actuellement en France : le détournement de ce droit pour des motifs tout autres : marquer son opposition à un gouvernement ou à une loi, qui plus est pas encore définitivement adoptée, malgré le recours au très « raide » article 49.3 de la Constitution. Quand le syndicat CGT mobilise les quelques % d’adhérents qui lui restent dans des secteurs stratégiques tels que les transports, les ports et raffineries, mais aussi les centrales nucléaires, on franchit un nouveau pallier dans la mauvaise foi et la simple volonté de nuire : c’est choquant, parce le désaccord ne porte absolument pas sur la situation dans ces entreprises-là.

Explication : la CGT est en perte de vitesse et les élections professionnelles sont en vue... Le bras de fer est donc motivé par des raisons corporatistes, voire par les intérêts personnels de quelques leaders syndicaux. Il ne faut pas confondre pouvoir de nuisance et capacité de négociation. Les Allemands l’ont compris, les Français non.

Jeudi 26 mai 2016, on fait un nouveau pas. Ce même syndicat, qui a la haute main sur le secteur de l’imprimerie et de la distribution de la presse vient d’exercer un véritable chantage : seuls les journaux qui acceptaient de publier une tribune du secrétaire général de la CGT ont été autorisées à paraître. On est totalement sorti de la sphère syndicale. C’est de l’extorsion et du chantage. Juridiquement et politiquement condamnable.

Pauvre France qui se débat déjà dans une situation économique difficile, vit sous un état d’urgence qui aurait dû être levé depuis longtemps et à 10 jours d’un Eurofoot de tous les dangers. Ce gouvernement a commis à peu près toutes les bourdes politiques possibles ces derniers mois et la CGT finira pas ruiner les minces signes de reprise sur le front de l’emploi par ses actions irresponsables. Si personne ne veut tuer le droit de grève, c’est clairement cette CGT-là qui va effectivement le tuer. La réputation de la France à l’étranger, les entreprises et, peut-être, l’Euro seront des victimes collatérales.

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