28/08/2016

Absurde !

Pourquoi le Conseil fédéral et le Secrétariat aux Migrations ont-ils pris cette funeste décision de limiter le nombre de permis de travail extra-européens alors que rien dans la votation du 9 février ne l'exigeait ? C'est dramatique pour un canton comme Genève qui a besoin de personnes hautement qualifiées que nos entreprises ne trouvent pas sur la marché local. Dans ce domaine, il y a un taux de rotation très élevé et à chaque fois, un nouveau permis est nécessaire. L'économie moderne fonctionne avec des mandats et des tâches plus courtes, il faut être réactifs. Le poids d'une bureaucratie écrasante est un handicap que la Suisse s'inflige à elle-même. 

Les initiatives nationalistes voulues par l'UDC sont la cause principale de cette catastrophe. Bombardé de propagande alarmiste, le peuple a fini par accepter de fermer les portes, particulièrement dans les cantons qui n'ont pas besoin de permis... C'est d'autant plus triste que Genève contribue un million par jour à la péréquation intercantonale. 

L'une des conclusions de ce splendide autogoal de l'UDC, c'est que les défenseurs de la Suisse ne sont pas ceux que l'on croit et encore moins ceux qui se proclament tels, à coup de tous-ménages payés de la poche de M. Blocher, qui a fait sa fortune en commerçant avec l'étranger. 

19/08/2016

Autour du Brexit : un exemple de populisme destructeur

On se bat beaucoup pour définir ce qu'est le Populisme. Ce mouvement nous oblige à nous interroger. N'est-ce pas simplement "être populaire" ? "Parler aux gens de ce qu'ils veulent" ? "entendre le Peuple" ? "parler simplement" ? Descendre de son Olympe" ?Oui, tout cela est en partie vrai et c'est le "bon côté" du populisme, si l'on ose la formule. Car il contribue aussi remettre en question une manière traditionnelle de faire la politique, installée et confortable. Il devrait rappeler aux décideurs, même élus démocratiquement, qu'ils ne doivent pas perdre le lien avec la vie des "vrais gens". 

Mais il y a une face sombre. Elle éclate avec le succès du Brexit et la volte-face immédiat et scandaleux de ses partisans les plus acharnés : ce qui était vérité d'Evangile la semaine dernière (la Grande-Bretagne "donne" 350 millions de livres à l'UE chaque semaine !) devient subitement faux, de la bouche-même de M. Farage qui se fait tout petit. Le tonitruant M. Johnson ne veut soudain plus devenir Premier Ministre. 

Affirmer des choses que l'on sait fausses, mais que les électeurs veulent absolument entendre, voila un trait discernable du populisme. Quand en plus, ce discours repose sur un fond de critique légitime, parce que l'UE, mais surtout les Etats qui la composent, sont hautement critiquables en effet, le mélange est détonnant. Il faudra que les électeurs de la Petite Bretagne boivent the soup jusqu'à la lie pour vacciner les autres de croire bêtement à tout ce qu'on leur dit. Et vacciner aussi les (ir)responsables politiques d'affirmer tout et n'importe quoi sans pouvoir ni même vouloir l'assumer ensuite. 

Sans oublier que ce climat haineux ne peut pas avoir été sans influence sur l'assassinat de la députée Jo Cox, même si la campagne a soigneusement évité d'instrumentaliser ce crime odieux. Bien entendu, un tel déversement d'insultes et d'accusations a joué un rôle pour déclencher et "légitimer" l'acte d'une personnalité fragile et perturbée. Quand le cynisme mène au sinistre. 

16/08/2016

Un T-shirt, ça peut aussi aller, non ?

Je n'aime pas le burkini. Ce vêtement entre en conflit avec les normes vestimentaires habituellement acceptées dans nos régions, avec d'autant plus de violence qu'il est très souvent noir. Il ne viendrait à l'idée de personne d'aller de baigner en bikini sur une plage saoudienne, sans vouloir faire de la réciprocité une règle absolue. L'interdire ou non est une question d'opportunité politique : cause-t-il un tel problème à l'ordre public qu'il faille régler la question d'une manière aussi invasive ? A voir de cas en cas.

Par contre, les baigneuses que le maillot de bain tel qu'il est porté en Europe indispose peuvent parfaitement porter un cycliste aux genoux et un T-shirt par dessus leur maillot sans que personne ne s'en offusque. Nombreux sont les baigneurs qui veulent simplement se protéger d'un soleil de plus en plus agressif. Négliger cette solution "douce" revient à imposer à une région un code vestimentaire qui ne lui est pas naturel. C'est d'autant plus étonnant que le Moyen Orient dont viennent la plupart de ces personnes est très sensible aux questions d'hospitalité, de coutumes et de respect. 

Finalement, en tant qu'homme, je me sens collectivement offensé à l'idée que le corps d'une femme doive être protégé de mes instincts ou de mes regards. Serai-je donc tellement dangereux et incapable de me contenir à leur vue ?