22/11/2016

Social : plus ou mieux ?

Il y a quelques mois, j'ai eu l'occasion de participer à une grande manifestation réunissant la majorité des acteurs sociaux de la région, privés, associatifs et publics, afin de réfléchir à ce qui pourrait être fait dans le domaine ces prochaines années. L'expérience fut fascinante. En partie parce que les idées émises puis discutées étaient variées et parfois très intéressantes. En partie seulement : c'est un autre point qui a retenu mon attention.

Parmi les dizaines de projets évoqués, tous se proposaient de lancer une nouvelle activité, un nouveau programme, un nouvel outil. Tous étaient destinés à être menés par une nouvelle entité à créer puis à doter de moyens humains et matériels. Je n'ai entendu aucune suggestion de ces professionnels ou responsables associatifs visant à améliorer quelque chose qui existait déjà ou à faire la même chose avec moins de moyens ou de personnel. 

J'en suis ressorti avec l'impression que pour la très grande majorité des participants, la question du financement était tout à fait secondaire. Comme si se poser la question du rapport entre la dépense publique et l'effet attendu sur les bénéficiaires était presque indécent ou grossier. 

J'en suis ressorti avec la solide impression qu'il y avait là une partie de l'explication au fait que Genève dépense au bas mot 30% de plus que Zurich pour des tâches identiques. Et un vague soupçon que cet état d'esprit n'était pas tout à fait étranger à la dette abyssale que Genève fait peser sur la tête de ses enfants pour les générations à venir.

Commentaires

Bonjour,

" J'en suis ressorti avec l'impression que pour la très grande majorité des participants, la question du financement était tout à fait secondaire. Comme si se poser la question du rapport entre la dépense publique et l'effet attendu sur les bénéficiaires était presque indécent ou grossier. "

Très bien décrit et tellement vrai ...

Merci pour cet excellent article !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 22/11/2016

Cher Monsieur,

Bravo pour votre blog, en particulier pour le dernier paragraphe qui souligne combien Genève dépense au-delà de ses moyens et dépense mal.
Le comité Halte aux Déficits (HaD) lutte depuis longtemps pour freiner cette tendance gloutonne et publie régulièrement des statistiques qui mettent en évidence la situation comparée avec Vaud, Zurich et la moyenne des cantons: "Genève Finances Publiques" dans www.halte.ch. Les convaincus sont les bienvenus à HaD (association apolitique et sans but lucratif).
Encore bravo pour voter blog!
pab

Écrit par : Bobillier Pierre-André | 24/11/2016

M. Wavre, le social est une industrie surtout à Genève. Comment expliquez vous que d'année en année, il faut toujours plus de financement....l'explication est simple c'est un secteur économique comme le bancaire, le tourisme ou les nouvelles technologies. L'industrie du social (ensemble d'association) cherchent des donateurs comme les start up cherchent des business angel. Ce phénomène est très présent à Genève car ce canton est complètement tourné vers la France. Il y a une mentalité d'assistanat que l'on ne voit pas ailleurs. De plus le surendettement de Genève est à l'image de notre voisin français. Genève c'est la France et n'a rien de Suisse, on peut le voir avec les 100 000 frontaliers qui viennent chaque jour contribuer à la "prospérité" genevoise. Phénomène unique en Suisse, ou on privilégie le frontalier à l'indigène.....Plus je vis à Genève, plus j'apprécie la Suisse primitive....

bonne journée

Écrit par : mark-o | 28/11/2016

Monsieur Wavre,

- « Social : plus ou mieux ? »
- « J'en suis ressorti avec la solide impression qu'il y avait là une partie de l'explication au fait que Genève dépense au bas mot 30% de plus que Zurich pour des tâches identiques. »

30% de plus pour des tâches ... "sociales", ... c'est bien celà ?

Et par rapport à Bâle ?

- « Genève c'est la France et n'a rien de Suisse, on peut le voir avec les 100 000 frontaliers qui viennent chaque jour contribuer à la "prospérité" genevoise. » (mark-o)

Une excellente observation. Mais ne faudrait-il pas plutôt se poser la question de ... l'évasion ... de cette "prospérité" gagnée par les frontaliers à Genève, qui préfèrent probablement la dépenser _ailleurs_ qu'à Genève, ce qui est, ma foi, très compréhensible ?

Écrit par : Chuck Jones | 28/11/2016

M. Jones, les assistés genevois ce sont les travailleurs frontaliers. En effet, plus il y a de frontaliers plus il y a de misère et d'assistés à Genève. Cela s'appelle les vases communiquant. L'argent disparaît à Genève pour réapparaître en France voisine....en échange de "travail". La Suisse n'est pas un pays mais 26 cantons. Chacun fait le maximum pour avoir une bonne qualité de vie. La réalité suisse est différente si vous êtes à la gare de Genève ou de Zoug. J'ai été a Schwitz à la fin des années 80, un canton reculé et agricole. Aujourd'hui le canton est neuf, propre et beaucoup de gens fortunés ont leur domicile. Je compare sur la même période Genève....c'est tout le contraire. Les genevois ont saccagés leur canton et se fourvoient dans leur région valdo genevoise...Genève est un triste clown....

Écrit par : mark-o | 29/11/2016

Monsieur Wavre,

- « En effet, plus il y a de frontaliers plus il y a de misère et d'assistés à Genève. »

Donc, si je vous suis bien, les patrons genevois achètent de la misère française, bien moins chère que la misère genevoise, c'est bien cela ?

Écrit par : Chuck Jones | 30/11/2016

Bonjour M. Jones
Les patrons créent de la misère à Genève car ils engagent pas des locaux pour travailler mais des frontaliers. Après les commerçants et autres entreprises genevoises se plaignent du tourisme d'achat et du peu de consommation des indigènes genevois......Le client de l'hospice générale ou le chômeur s'excusent de ne pas pouvoir consommer local car il a un revenu misérable dans le meilleur des cas voir inexistant. Lisez le GHI du 7.12.16, "le tourisme d'achat plombe Genève".

Écrit par : mark-o | 08/12/2016

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