18/05/2017

Lulu dans ma rue

Je suis tombé aujourd'hui sur un système de "conciergerie de rue", lancé à Paris dans le 4ème arrondissement en 2015. Des coups de main fournis contre paiement par des gens du quartier, connus de votre "concierge de rue" installé dans un kiosque ou atteignable par mail et téléphone. Utile pour ceux qui ont besoin d'une expertise, de gros bras pour un bref moment, pratique pour ceux qui veulent donner un coup de main et en tirer un revenu annexe. Objectif affiché : maintenir un lien interpersonnel et social dans la quartier. Selon le site, le travail est 100% déclaré et assuré. Note : les gros bras, c'est plutôt pour descendre une armoire que pour retoucher le portrait d'un voisin désagréable...

J'y vois plutôt une démarche intéressante. Uberisation ? Probablement un peu, avec un risque d'abus. Mais ce système a l'avantage de la souplesse et il répond à une évolution de la société. On peut choisir de l'ignorer, au risque de se la voir imposer sans nuance, ou d'encadrer pour en limiter les inévitables dérives. 

17/05/2017

Douche froide ou torrent de contre-vérités ?

L’incroyable tous-ménages publié par les opposants à la stratégie énergétique 2015 devrait nous interpeller. On n’a jamais vu autant de contre-vérités concentrées en si peu de pages, à commencer par la « douche froide ». C’est justement si on suit les « nein-sager » qui sont aussi des « nein-macher » que l’on risque d’en prendre plein la figure. Ils ne proposent ni investissement, ni recherche, ni efforts d’efficacité énergétique, ni perspectives pour nos PME et nos artisans. Strictement RIEN.

Que veulent-ils au fond : nous faire consommer plus de mazout, plus de gaz ou d’uranium acheté à la Russie de Poutine ou au Kazakhstan. Et ils veulent garder la porte ouverte à leur cher vieux nucléaire fissuré qui tourne déjà à perte en Suisse et risque de conduire Toshiba suite à la faillite Westinghouse aux Etats-Unis. Sans parler d’EDF et d’Areva. Voulons-nous laisser à nos enfants une montagne de dettes et de déchets aussi nucléaires les uns que les autres ? A noter que la SE 2050 n’interdit absolument pas la recherche dans le domaine, contrairement à ce que disent les opposants. Mais la recherche la plus productive se trouve dans l’efficacité des panneaux solaires, le stockage et la distribution intelligente du courant électrique, la géothermie moyenne ou profonde, voire dans l’efficience des véhicules automobiles.

On nous décrit le tournant énergétique allemand comme un désastre. Pourtant, la part du charbon dans la production d’électricité du pays a baissé de 50 à 40% de 2003 à 2016 pendant que le nucléaire chutait de 27 à 13%. Il est donc faux d’affirmer que l’arrêt du nucléaire se fait grâce au retour du charbon. Pendant ce temps, les renouvelables sont passés de 7,5 à 29,5%. C’est donc que ça marche. On est très loin des mensonges des opposants à la SE 2050 !

Mensonges encore sur « les contraintes imposées par l’Etat ». Une double page d’outrances grossières qui prennent les citoyens pour des imbéciles : limitations des températures domestiques, interdictions d’utiliser des appareils ménagers ou de voyager ? Rien de tout ça ne figure dans la SE 2050. Elle catalyse les énergies positives de notre pays vers une recherche productive et une gestion moderne de nos ressources énergétiques.

Et le reste au débotté : augmentation du carburant : mensonge. Travaux obligatoires sur les immeubles : mensonge. Mille éoliennes, dont quelques unes au large des Pâquis, selon l’illustration du tous-ménages : intoxication grossière. J’ai gardé pour le dessert la fantaisiste somme de 3200.- par famille. Elle repose sur un plan que les Chambres ont expressément abandonné en 2016. C’est donc sans fondement et par pure mauvaise foi que les opposants la recyclent. C’est d’ailleurs la seule chose qu’ils recyclent…

Il faut donc clairement dire OUI le 21 mai prochain.

14/05/2017

Apprendre de ses erreurs

L'incroyable aventure de l'accession de Emmanuel Macron à la présidence française nous démontre une chose, qu'on l'aime ou non : il apprend très vite et ne fait jamais deux fois la même erreur. C'est certainement une caractéristique tirée du monde des jeunes entreprises, des startup et de la modernité en général. On a le droit de se tromper car l'erreur ou l'échec est obligatoirement liée à l'audace et à l'exploration. Notre capacité à en tirer le meilleur est déterminante. Dans toutes les circonstances. Exemple : le soir du premier tour, le candidat Macron oublie s'adresse à quelques milliers de ses supporters et leur tient un discours assez personnel et politiquement assez léger. Il a just oublié qu'il y a aussi 15 millions de Français devant leur écran. Ils attendent plus que des bras levés et des bisous à Brigitte. Ils ont raison. Le candidat s'est trompé de discours parce qu'il a mal évalué son audience. C'est corrigé à l'issue du second tour où il pousse loin la gravité de l'instant devant la Pyramide du Louvre. 

Cette capacité à apprendre vite devrait être utile au nouveau Président et à la France, pour autant qu'il parvienne à la transmettre à ses équipes et à son gouvernement. Qu'ils ne cèdent pas à une certaine ivresse que peut donner le succès électoral. Le défi du bon candidat consiste à se transformer en bon gouvernant, deux rôles qui ne sont pas toujours compatibles

02/05/2017

Météo Marine ? La tempête menace

Marine Le Pen a tellement bien réussi sa dédiabolisation qu'elle est prête à dire tout et n'importe quoi pour récupérer les mécontents. Abandonner l'Euro ? ce n'est plus si indispensable. Sortir de l'UE ? Ca prendra du temps. Brader le poste de Premier ministre pour une fraction de 5% ? Bingo. Promesse "hollandienne" faite aux pauvres salariés de Whirlpool alors qu'elle sait bien qu'un président de la République ne peut strictement rien faire, sauf à nationaliser l'usine en question et devenir producteur de sèche-linge lui-même...

De l'autre côté, Emmanuel Macron a bien un programme. Seuls les malveillants, les illettrés et les paresseux peuvent croire ou affirmer le contraire. Il n'y a qu'à aller voir sur le site de EM. Pas mal d'idées originales et une approche assez fraîche de la politique. Celui qu'on en veut voir qu'en banquier (comme si travailler dans une banque était illégal ou malhonnête), ou en intellectuel doué et pressé (ce qu'il est effectivement) est en plein apprentissage. Son discours du 23 avril était une catastrophe : il s'adressait à son équipe de campagne et a oublié que 15 millions de Français observaient leur possible futur Président. Tragique méprise. Gageons qu'il aura appris de cette erreur. 

Une dernière observation : même si on admet que Marine a personnellement des intentions démocratiques (je suis convaincu qu'elle est beaucoup plus proche du vieux FN qu'on ne le pense, son dernier "dérapage" le confirme), nombreux seront ceux qui, dans le parti, se sentiront légitimé à se laisser aller à leurs pires instincts si elle est élue à la présidence. C'est là que se situe le plus grand danger. Les vannes ouvertes.