12/03/2018

Annonces et prévisions en politique

 Inscrire au budget une somme « prévoyant » le montant encaissé au titre des amendes d’ordre m’a toujours dérangé. Je comprends la logique comptable qui veut qu’on estime les rentrées au plus juste pour équilibrer le budget. Mais dans le cas des amendes, c’est une sorte de contresens philosophique et politique. Ce n’est pas un revenu comme un autre mais la sanction d’une infraction. Son objectif est de dissuader le citoyen de la commettre. L’amende a donc pour objectif sa propre réduction et idéalement sa propre disparition. Elle devrait donc être un revenu aléatoire sur lequel l’Etat ne doit pas compter pour son financement régulier.

Dans le même ordre d’idées, voir un gouvernement ou une entreprise annoncer un « objectif » de licenciements m’a toujours déplu. D’abord parce qu’il s’agit d’humains et que derrière chaque suppression de poste se cache souvent un drame personnel ou familial. Ensuite parce que le sort d’un poste de travail devrait être la conséquence d’une évaluation, d’une réorganisation ou d’une réforme réfléchie sous tous ses aspects mais pas la simple exécution d’un objectif chiffré de réduction préalablement fixé. Je n’aime pas mettre la charrue avant les bœufs. Surtout s’il s’agit d’êtres humains.

05/03/2018

Chaos routier sur la Rive droite : l’occasion de réfléchir autrement

Le chaos routier qui nous est promis sur la Rive droite en ce début de printemps est vraiment navrant. Comment en est-on arrivé à ouvrir tous les grands chantiers en même temps entre Versoix et le Grand-Saconnex ? La TdG s’en inquiétait très justement en janvier dernier. On nous expliquera avec force détails pourquoi on ne pouvait vraiment pas faire autrement. Ceci posé, il nous faudra bien aller de l’avant. Pour des milliers de victimes de ce traquenard de la mobilité, c’est peut-être l’occasion d’explorer de nouvelles pistes. C’est le défi qui attend ceux qui vont se trouver bloqués chaque jour pendant des heures sur de petites routes à l’entrée de Genève, forcés traverser par centaines des quartiers résidentiels et pourrir la vie de résidents dont le seul tort… est d’habiter là.

Certains auront intérêt à prendre le train, puis le bus. Pour d’autres, ce pourrait être l’occasion de se mettre vraiment au vélo ! L’essor des cycles à assistance électrique a mis ce moyen à la portée de presque tous les physiques. Avec un bon équipement, on peut circuler quasiment toute l’année et se faire du bien. Si l’on ne veut pas rouler en ville ou le réseau cyclable est encore très insatisfaisant malgré l’initiative 144 qui prévoyait l’achèvement du réseau en 8 ans et qui fête actuellement ses …. 7 ans, on peut laisser son cycle dans une vélostation à Cornavin et poursuivre avec les TPG, ou à pied.

Les plus matinaux et ceux qui ont un travail flexible modifieront peut-être leurs horaires pour commencer plus tôt et quitter la ville avant les autres. D’autres exploreront peut-être le télétravail.

J’aurai une pensée particulière pour tous ceux dont le métier ne peut se passer de rouler : livreurs, chauffeurs, artisans, commerçants, spécialistes du bâtiment. Pour qu’ils puissent, eux, continuer à gagner leur vie, il faudra absolument que tous ceux qui n’ont pas besoin impératif d’aller en ville avec leur véhicule personnel fassent l’effort et soient incités à s’en passer. Ou le partagent. Personnellement, je me rends toute l’année deux fois par jour en ville depuis Chambésy. La très grande majorité des véhicules que je dépasse ne transportent qu’une seule personne. La moyenne d’occupation d’une voiture à Genève est de 1,3 au maximum… quel gâchis !

Toutes ces pistes sont praticables. Le chaos routier annoncé serait-il (aussi) une formidable occasion de repenser notre mobilité personnelle ?

Rolin Wavre, Pro-Vélo Genève, candidat PLR au Grand Conseil