04/04/2018

Conservatisme acharné

J'ai entendu MM. Martinez et Besancenot, respectivement secrétaire général de la CGT et figure publique du Nouveau parti anticapitaliste NPA s'exprimer ces deux derniers jours sur les réformes en cours en France et la grève qui y répond, notamment à la SNCF et dans certaines universités. J'ai été frappé par une opposition de principe à tout changement : le statut des cheminots ne peut pas bouger, la structure de la SNCF ne peut pas changer, les lignes ne doivent pas évoluer. Rien, on ne change rien et c'est l'Etat, donc le contribuable qui n'ont qu'à payer la différence.

A l'Université, c'est la même chose. On n'entre pas en matière car il ne peut pas y avoir de sélection. C'est un gros mot. Aucun de ces responsables ne veut parler du mode de sélection, qui devrait être discuté, parce que sélectionner, ce n'est pas simple. Mais ça bloque sur le principe. C'est donc que tout le monde peut, doit accéder à l'université ? sans question de capacités, de dispositions, d'orientation, de goût ? C'est la porte ouverte à la production de chômeurs, certes diplômés, ou d'éternels étudiants passant d'une filière à l'autre. Soudain, tout le monde oublie le merveilleux apprentissage dual dont on se félicite en d'autres lieux et d'autres temps. 

Je suis frappé par ce conservatisme syndical français. Un conservatisme qui finira par tuer la fonction publique, par tuer l'Université. Besancenot affirmait qu'il voulait un nouveau Mai 68. Il se trompe lourdement. Les révolutionnaires de notre enfance voulaient faire bouger les choses, ceux d'aujourd'hui ne sont pas dans les syndicats ni à l'extrême gauche. Ils sont plutôt dans les technologies, dans les think tanks, dans une partie de la presse et du secteur politique. Dans une partie du secteur social aussi.

Le monde ne se partage plus seulement entre gauche et droite, mais plutôt entre conservateurs et innovateurs. Entendons-nous bien: innover ne veut pas dire liquider tout le passé. Innover peut produire des monstres ou des effets pervers qu'il revient au politique de cadrer.

Commentaires

"A l'Université, c'est la même chose. On n'entre pas en matière car il ne peut pas y avoir de sélection"

Exactement comme en Suisse (des fac de médecines exceptées).

"Ils sont plutôt dans les technologies, dans les think tanks, dans une partie de la presse et du secteur politique. Dans une partie du secteur social aussi"

Bref, ils sont presque partout.

"Innover peut produire des monstres ou des effets pervers qu'il revient au politique de cadrer"

Vous ne dites pas comment. C'est le problème de votre billet politique.

Écrit par : Lévy | 05/04/2018

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