Public ou privé, je suis fatigué des postures qui phagocytent le débat

Plus le temps passe, plus je trouve lassant les débats stériles fondés sur des postures "IKEA" et des opinions en kit. Quand j'entends des députés de EAG ou du PS assimiler systématiquement le secteur privé à une baisse des prestations. Quand j'entends d'autres camarades claironner que le secteur public, c'est synonyme du Bien et du Bon, ça me fatigue et m'ennuie. Parce que c'est à l'évidence faux et de mauvaise foi. Dans une certaine mesure, l'argument selon lequel le secteur privé fait toujours mieux les choses que le public et pour moins cher est également à prendre avec la plus grande prudence. 

Dans la vie réelle, c'est un peu plus compliqué que le prêt-à-penser, le prêt-à-déclamer ou le prêt-à-voter dans lequel certains tribuns télévisuels adorent se draper. Selon certains la bonne gestion devient immédiatement de l'austérité. La recherche d'efficience devient une volonté de nuire.

Il y a des choses que l'Etat et le secteur public doit faire, qu'il fait mieux. Qu'il est seul à devoir faire. Je pense par exemple que la  privatisation de la fourniture d'eau n'est pas une bonne solution. L'Etat, respectivement les collectivités publiques, doivent garder la main sur ce secteur et ce bien précieux.

Par contre, je pense que l'aiguillon du privé et son exemple pourraient largement inspirer l'Etat dans le domaine de l'éducation. Il y a dans la gestion de l'instruction publique, à Genève le DIP, des faiblesses gravissimes. L'évaluation des enseignants est un des points qui est rendu presque impossible par le statut de fonctionnaire. Parfois pour le plus grand mal de nos enfants qui sont confiés à des enseignants qui pensent qu'ils n'ont pas de comptes à rendre et à des directions d'établissements qui de leur côté ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre leurs responsabilités de chef. 

Le débat public-privé est donc bien plus nuancé que ce que l'on entend trop souvent lors des débats du Grand Conseil. Mais pour cela, il faut être prêt à écouter les autres même si on est pas d'accord avec eux, non pas seulement de s'écouter parler. S'affranchir aussi de doctrines précuites qui ne correspondent souvent plus aux réalités d'aujourd'hui.

Commentaires

  • Vous avez raison, la qualité d'un travail, fourni par un collectif, dépend de la compétence de ses membres et non du fait que celui-ci soit exécuté par une collectivité public ou privé. En revanche, à efficacité égale, la prestation public sera toujours meilleur marché, car celle-ci, dans le meilleur des cas, n'est pas censée rémunérer le capital de ses propriétaires. Raison pour laquelle la semi-privatisation des CFF ou de la poste est un non-sens.

  • "Raison pour laquelle la semi-privatisation des CFF ou de la poste est un non-sens."
    Sans parler des assurances qui forment un véritable cartel.
    On sait ce qu'a donné la privatisation des chemins de fer au RU ou des autoroutes en France.

  • Disons que les bienfaits du privé peuvent se concevoir dans la mesure où il y a CONCURRENCE. Sinon, on tombe tout de suite dans le monopole et il y a de trop nombreux exemples en Suisse. Dans tous les marchés de niche, à vrai dire. Faites l'expérience de devoir monter du matériel médical pour une personne handicapée chez vous, vous allez comprendre votre douleur. Le seul prestataire de service décuple les prix de ce qui devrait être normal...
    Le prix des médicaments en est encore un meilleur exemple mais beaucoup plus compliqué à contrôler. Le salaire moyen des chercheurs, ce n'est pas le SMIC...

  • "Les bienfaits du privé peuvent se concevoir dans la mesure où il y a CONCURRENCE"
    Une exception à cette règle est justement le cas de l'assurance-maladie. Avec la concurrence, on assiste aux dérives dont nous sommes tous et toutes conscients: "chasse" aux bons risques, marketing à hauteur de 100 millions par an, peu ou pas d'investissement dans la prévention de la part des caisses. L'assurance-maladie est justement un des rares cas où un quasi monopole (public ou semi-privé), avec au moins un certain contrôle de l'Etat (à l'image de l'assurance-accident qui fonctionne bien mieux), serait une meilleure solution que le système concurrentiel actuel.

  • Louise Trottet@ Les coûts de la santé ne cessent de croître et nous ne recevons des factures que des assureurs...Subjectivement, cela fausse un peu le débat. Je vais être très franc : une grande majorité des médecins ont un petit côté Dr Knock. Ils n'ont aucun intérêt à ce que nous soyons en bonne santé, bien au contraire...
    J'ai un neveu qui est médecin. Après un stage à la Chaux-de-Fonds, il est en chirurgie au CHUV. C'est à Lausanne, donc dans le canton de Vaud, précision utile pour vous qui êtes probablement genevoise...
    Un type de passé 90 ans se fait opérer alors qu'il est manifestement en fin de vie. Le neveu fait remarquer qu'à la Tchaux ils n'auraient peut-être pas utilisé tel produit hyper-luxueux à 900 frs la petite fiole mais bien tel autre, d'usage plus courant. Réponse cinglante du médecin lausannois qui opère : Oui, mais à la Chaux de Fonds, ce sont des nazis...
    On en est là. Mon neveu, il est plutôt gauchiste mais il en ressort tout de même un peu choqué. La santé en Suisse, c'est le délire total. Plus personne ne tient les rênes. Et donc, pas la peine de mettre tout sur le compte des assureurs...
    Les médecins n'ont qu'un seul but : prouver au monde entier que rien n'est assez cher pour leurs patients. Le prix n'a aucune importance pour eux.
    Dixit (à la radio) la professeure Peters, évidemment aussi militante socialiste...

  • Voici une bonne piqûre de rappel de saine gestion politique! En d'autres périodes, on aurait parlé de pensée radicale-socialiste! Ce terme est tombé en désuétude, mais il correspondait bien à un libéralisme mâtiné de colbertisme!

    Pour l'anecdote, il existait aux Eaux-Vives une association radicale-socialiste. Qu'en a fait, le PLR? Je n'ai pas poussé ma recherche plus loin!

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