Réfection de la Place Cornavin et extension de la Gare : le mélange de l’utile et de l’inutile

A Cornavin, on se prépare deux décennies de blocages. Les habitants, les pendulaires et les commerces vont adorer ! Le Département des Infrastructures prévoit une réfection de la place Cornavin, devant la gare. Les trams seront déplacés, les taxis mis en sous-sol, les sorties du parking déplacées pour corriger la situation actuelle. Ces travaux devraient débuter en 2022. Pour deux ou trois ans. C’est nécessaire, mais terriblement impactant sur la circulation des passagers. Le trafic et la pollution générée ne seront pas négligeables. 

Dès que ces travaux sont terminés sur la partie avant de la gare, les Administrations (fédérales, cantonales et municipales, sous la baguette des CFF, maîtres d'ouvrage) nous proposent 6 années de travaux pour créer deux quais en sous-sol sur l'arrière de la gare, jusqu'en 2031. Inutile d'espérer que tout se passera sous terre ! Il y aura de très importants impacts en surface, des camions, des chantiers. Non seulement pour les 420m de quais, mais aussi sur 2x2 km de voies d'accès à ces nouveaux quais, en direction de Châtelaine et de Sécheron. En effet, les trémies d'accès s'étendront loin à l'est et à l'ouest de Cornavin. 

Et en 2035, on repartira peut-être pour un tour en sous-sol, avec deux nouveaux quais. Le tout pour 2,7 milliards de francs. Le pire, c'est que ces deux tranches de travaux sont INUTILES. La surcharge annoncée de la gare Cornavin est due au fait que celle de l'aéroport est en cul-de-sac, forçant tous les trains à passer deux fois par Cornavin. Les Administrations nous répètent que ce n'est pas possible, sans jamais avoir fourni d'explications sérieuses sur le fond. Je reviendrai dans le prochain blog sur les objections qui sont faites et leur manque de sérieux. Elles viennent pourtant d'une prestigieuse régie fédérale qui devient suffisante (dans sa communication) et insuffisante dans on travail de fond. A moins que des intérêts immobiliers prépondérants ne poussent la Régie à imposer à Genève une "grande gare" dont elle n'a pas vraiment besoin... ? 

Commentaires

  • La gare de Bâle est en cul de sac, faisons une boucle ! La gare du Nord à paris est en cul de sac, faisons une boucle ! Je ne comprend pas pourquoi cette solution miracle n'a pas été appliquée ailleurs qu'à Genève où cet aménagement semble être la réponse à tout nos maux ?

  • Les taxis en sous-sol !? Ben voyons !
    Ils n'iront pas à la gare. Il n'existe pas de gare dans le monde qui ait ses taxis en sous-sol. Tout au plus dans des parkings ouverts.
    Ainsi ils viendront uniquement lorsqu'ils sauront qu'il y a des clients qu'ils peuvent prendre en charge immédiatement, sans attente.
    Pendant ce temps. les clients devront attendre.
    Mais le plus grave, c'est la fermeture d'un axe majeur et structurant pour la sortie de ville via la rue de Lausanne.
    Vous avez des choses à dire sur la circulation à Genève ? Vous allez hurler lorsque ce programme se mettra en place. Tout sera irrémédiablement paralysé puisqu'il n'y a pas d'alternative depuis que les projets de traversée du lac ou de la rade ont été abandonnés.
    Dal Busco aura terminé son dernier mandat, il s'en lavera les mains. Le suivant renverra la faute à ses prédécesseurs. C'est Genf, dans toute sa splendeur.

  • @ Pierre Jenni Bonne question. Je ne me suis pas occupé de la question des taxis. Je suppose qu'ils ont eu des contacts directs avec l'autorité planificatrice.

  • L'autorité planificatrice ?
    Oui, les taxis ont alerté précocement la Direction générale des Transports sur plusieurs sujets liés aux taxis au travers de groupes de travail.
    C'est ainsi que nous avons découvert qu'il n'y avait pas de station de taxi prévue aux nouvelles gares CEVA. Si cela a été corrigé entre-temps, les places sont largement insuffisantes.
    Car la DGT se fout royalement des consultations qu'elle lance et des remarques des milieux concernés. Il suffit de voir le retour de la consultation sur le développement du rail dans notre canton pour comprendre que c'est un exercice imposé par la loi qui est rarement, voire jamais suivi d'effets.
    Plus largement, c'est l'ensemble de nos institutions qui boitent. J'ai siégé deux ans à la commission consultative de Genève tourisme et congrès. Aucune de nos proposition n'a été retenue par le conseil de fondation, organe tout puissant qui en fait à sa guise sans la moindre contrainte. J'ai donné mon sac à cette commission alibi, elle aussi imposée par la loi, lorsque j'ai compris que nous brassions de l'air. Je ne serais pas surpris qu'il en soit de même pour toutes les commissions.
    Enfin, j'ai participé aux travaux des trois dernières lois sur les taxis et ai été auditionné deux fois par la commission des transports. J'ai rapidement compris que non seulement les députés ne comprenaient pas grand chose au sujet, mais qu'en sus ils ne faisaient pas leurs devoirs à domicile en prenant connaissance des documents que nous leur fournissions. Ils votent la tête dans un sac, en se bouchant nez et oreilles et valident sans état d'âme les décisions prises par leur formation en caucus sans s'inquiéter des conséquences.
    C'est ainsi que nous refaisons une nouvelle loi sur les taxis tous les six ans qui rebrasse à chaque fois les cartes avec des dégâts collatéraux immenses tant pour les professionnels que pour les usagers. Nous sommes passés en à peine deux ans d'un monopole d'Etat pour une centrale unique à une libéralisation totale pour faire de la place à Uber. Et jamais je n'ai entendu le moindre mea culpa de la part des députés qui ont voté ces lois et les ont défendues en plénières comme étant LA solution.
    C'est tellement pathétique que je renonce dorénavant à participer à cette farce, cette foire d'empoigne entre des individus formatés par l'idéologie de leur parti qui votent en rang serrés sans écouter leur conscience et sans s'informer lorsqu'ils ont un doute.
    Mais je suis en admiration devant ceux qui, comme vous, font preuve d'indépendance d'esprit et continuent à croire dans la chose politique pour tenter de limiter les dégâts.
    J'espère que vous en récolterez les fruits, notamment lorsque vous aurez réussi à faire prendre conscience à vos collègues des dérives caricaturales de nos instances si bien dénoncées par Monsieur Weibel dans son dernier billet sur les blogs.

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