L’Etat doit faire réaliser une étude indépendante de la boucle

Si les Administrations fédérales et cantonales, sous la pression des CFF vont de l’avant avec l’extension de Cornavin, le projet sera soumis à un inévitable enquête publique. Ces énormes travaux en pleine ville susciteront des oppositions. Les opposants pourront facilement avancer qu’une autre solution, celle de la boucle, éviterait presque tout inconvénient sur le tracé contesté, et répondrait beaucoup mieux l’intérêt général. C’est d’autant plus évident qu’au moment de l’enquête publique, la comparaison porterait sur la boucle d’une part et sur la seule 1ère étape du projet d’extension de Cornavin d’autre part. Pour en arriver à un résultat comparable, il faudrait mener à bien les trois étapes : la 1ère extension souterraine de Cornavin (objet de l’enquête publique), la seconde extension de Cornavin, et enfin la ligne « diamétrale » qui implique une nouvelle gare souterraine à Nations et une autre à l’aéroport, sous la gare existante de l’Aéroport. Ce serait donc une gare sous-souterraine. On devrait alors comparer le coût de la boucle (1 gros milliard) avec celui des trois étapes du projet de l’Etat (4,7 milliards), dont seul le premier tiers est financé. Et les délais de réalisation : une dizaine d’année pour la boucle, 30 ans minimum pour les projets des Administrations et des CFF.

Bien sûr, l’Administration cantonale des transports défendrait son point de vue. Mais à ce moment-là, ce serait la Justice qui étudierait l’affaire. C’est elle qui se prononcerait sur la pesée de l’intérêt général du projet de l’Etat et de celui de la  boucle. De telles affaires, pour de tels ouvrages, sont généralement portées jusqu’au Tribunal fédéral. La Cour fédérale voudrait certainement prendre connaissance de l’étude démontrant la supériorité de la solution des Administrations sur la boucle. Il s’étonnerait sans doute d’apprendre qu’aucune étude comparative ne peut lui être présentée.

Il paraît donc judicieux, voire indispensable de faire réaliser une telle étude aujourd’hui. C’est exactement ce que nous demandons avec le Projet de loi 12525 que l’Etat s’efforce avec un certain succès de faire traîner en Commission du Grand Conseil depuis juin 2019, date à laquelle je l’ai présenté. Six mois ont déjà été perdus (ou gagnés pour les tenants du fait accompli administratif). A ce jour, aucune objection sérieuse à la solution de la boucle n’a été présentée, si ce n’est « les CFF ne veulent pas » ou « les CFF ne savent pas gérer une boucle dans l’horaire cadencé » ou encore « on arriverait pas à nettoyer les trains sans cul-de-sac à l’aéroport ». Ces objections relèvent plus de la mauvaise volonté administrative que d’un débat démocratique sérieux. A moins que la volonté de creuser une gare à Cornavin vise avant tout à amuser la galerie (commerciale).

 

 

Commentaires

  • Mais vous etes pour ou contre le rail en fait? Car vous etes contre la gare souterraine, contre le ceva, contre la gare souterraine. Vous proposez juste fausse solution qui repousse le probleme a plus tard...

  • Je suis un partisan total du train. Mais je combats l'idée qui a été mise dans la tête de tous les pro-rail, et ce depuis le combat (légitime et victorieux) des défenseurs des Grottes, que le problème de surcharge de Cornavin est dû à son manque de quais. C'est totalement faux, ce qui l'embouteille, c'est le fait que les trains y passent deux fois avant de retourner à Lausanne. Le cul-de-sac nous surcharge. Le déboucher résout presque tous nos problèmes. Avec la bretelle de Blandonnet et celle du tunnel du Furet vers Lancy-Pont-Rouge, c'est l'aéroport qui est mis en lien avec le nouveau réseau Leman Express, ce qui n'est absolument pas le cas avec le projet des Administrations, pas avant 2045... C'est tout de même extraordinaire que la plupart des gares du Léman Express ne soient pas connectées à l'aéroport, ni la ligne Bellegarde-La Plaine, ce qui serait fait avec le projet que je soutiens...

  • Je suis un partisan total du train. Mais je combats l'idée qui a été mise dans la tête de tous les pro-rail, et ce depuis le combat (légitime et victorieux) des défenseurs des Grottes, que le problème de surcharge de Cornavin est dû à son manque de quais. C'est totalement faux, ce qui l'embouteille, c'est le fait que les trains y passent deux fois avant de retourner à Lausanne. Le cul-de-sac nous surcharge. Le déboucher résout presque tous nos problèmes. Avec la bretelle de Blandonnet et celle du tunnel du Furet vers Lancy-Pont-Rouge, c'est l'aéroport qui est mis en lien avec le nouveau réseau Leman Express, ce qui n'est absolument pas le cas avec le projet des Administrations, pas avant 2045... C'est tout de même extraordinaire que la plupart des gares du Léman Express ne soient pas connectées à l'aéroport, ni la ligne Bellegarde-La Plaine, ce qui serait fait avec le projet que je soutiens...

  • Je suis sidéré par le commentaire de Jérôme qui dit juste le contraire de ce qui est suggéré ici. A savoir que ceux qui repoussent le problème à plus tard sont bien les autorités dans leur fuite en avant pour éviter la remise en question.
    Et comme le relève très justement Rolin Wavre, cette attitude coûtera très cher à tous ceux qui font l'autruche et ne veulent en aucun cas d'une étude comparative qui, sans aucun doute, permettra de dévoiler au public l'incurie de nos élus et les intérêts inavouables de certains qui sont bientôt à court d'arguments pour justifier l'injustifiable avec la complicité des autorités au plus haut niveau.

  • On ne m'empêchera pas de penser que parmi les 4,7 milliards (en fait on sera plus proche de 7 milliards, cf. ceva) quelques petits millions vont atterrir dans quelques poches bien privées...

  • Si cette affaire devait terminer devant la justice, il y aura bien plus grave que le simple fait de ne pas pouvoir produire d'étude comparative.
    Il sera évident pour les juges que tous ceux qui participent à la fuite en avant font preuve de déni, de contre-vérités voire de mensonges dans une chaine infinie de délégation de responsabilités avec des ordres qui viennent d'en haut. Nous assisterons à une véritable mise en relief de la corruption de notre système à tous les échelons qui va encourager les citoyens à révoquer en masse tous nos représentants serviles et intéressés.
    On assistera alors à la débandade, queue entre les jambes, de tous ces lâches qui renverront la responsabilité à d'autres pour noyer le poisson.
    Dal Busco s'en fout, il fait son dernier mandat. Mais on ne pourra pas dire qu'il aura laissé une trace dans son parcours. Tout au plus nous souviendrons-nous qu'il aura été un bon soldat, parfaitement collégial et soumis à la loi du pognon qui se rit de la volonté populaire ou qui s'organise pour maintenir les citoyens dans une ignorance crasse.

    Pour illustrer mon propos, je reviens inlassablement sur la traversée de la rade. Le PLR et les milieux économiques nous ont menés en bateau avec un projet de traversée autoroutière auquel ils ne croyaient pas puisque la Confédération avait très clairement donné son avis défavorable via l'OFROU. La gauche a saisi au bond cette opportunité pour s'allier contre le projet de traversée de la rade de la mal aimée UDC dans notre canton, en parfaite adéquation avec sa doctrine anti-bagnole.
    Aujourd'hui nous savons que rien ne sera fait et donc que la volonté des Genevois a été balayée alors qu'ils avaient exprimé très clairement leur besoin de traverser. Je n'ai pas, à ce jour, lu le moindre mea culpa de qui que ce soit à ce sujet. Et je ne vois personne pour dénoncer ce déficit démocratique qui participe au dépit des citoyens et à la baisse régulière du taux de participation aux divers scrutins jusqu'au point où la majorité qui se dessine ne représentera pour ainsi dire personne.
    D'ailleurs les deux derniers objets qui sont passé à quelques voix près vont certainement encore faire pas mal de remous même si les intérêts en jeu ne sont pas comparables avec ceux des chantiers prévus pour désengorger le nord ferroviaire du Canton.

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