19/02/2013

Paradoxe Minder : pour agir vite, il faut voter non !

L'affaire est beaucoup plus simple qu'il n'y parait : on est presque tous d'accord qu'il faut faire quelque chose pour limiter les bonus indécents, les salaires abusifs, les parachutes sans lien avec le travail ni la performance. Les actionnaires doivent pouvoir se prononcer sur la politique de rémunération des entreprises. Merci M. Minder d'avoir fait bouger les choses. 

Sur le fond, les deux textes vont dans le même sens, pour l'essentiel. Mais le contreprojet est déjà voté par les Chambres. En cas de rejet de l'initiative, il entre en vigueur le 1er janvier prochain. Par contre, si l'initiative Minder est acceptée, il faudra encore des années pour élaborer la loi, la voter et la faire appliquer. C'est le paradoxe Minder : si on veut aller vite, il faut voter non. 

28/01/2013

Pourquoi le Gripen ?

La Commission du Conseil des Etats vient de recommander d'accepter l'achat de 22 Gripen pour 3,1 milliards de francs. Chacun s'accords à dire que cet avion est de loin le moins performant des trois modèles testés. En plus, la version que Saab veut nous refiler n'existe encore que sur plans, ceux que nos pilotes ont pu essayer étaient des modèles anciens. 

En janvier, Dassault laissait entendre plus ou moins officiellement que nous pourrions acquérir 18 Rafales pour 2,7 milliards. Etant donné leur plus grande autonomie, ce nombre réduit pourrait couvrir nos besoins autant que 22 poussifs Gripen. 

Quand on sait que la plus grande partie des commandes de compensation de Saab sont ou seraient passées à ses propres filiales en Suisse et que, de leur côté, les Français nous offrent des facilités d'entraînement pour nous pilotes, je ne vois vraiment pas pourquoi le Ueli Maurer s'accroche à ce mauvais marché. Sinon pour des raisons totalement idéologiques : il ne veut acheter qu'à des neutres... Même pour défendre la Patrie, un thème dont ils nous s'estiment les uniques détenteurs, nos camarades UDC sont prêts à nous envoyer dans le mur. Le mur du çon, probablement. 

13/11/2011

Le mauvais procès fait aux CFF

Dans quelques articles récents, on fait un bien mauvais procès aux CFF qui seraient en train d'instaurer le principe des bagages payants. Certains lecteurs pressés pourraient en déduire que les CFF ont inventé une nouvelle manière de ponctionner les voyageurs. Pourtant, il n'en est rien.

Il s'agit simplement de donner une base réglementaire aux controleurs pour faire respecter la plus élémentaire politesse à quelques centaines de malotrus qui se croient autorisés à occuper deux places avec leurs bagages alors que d'autres voyagent debout. Une question qui aurait dû être réglée par la plus basique éducation, tâche essentielle de la famille qui semble malheureusement de moins en moins assurée. Le plus élémentaire bon sens. Personnellement, je ne me gênerait pas de mettre au sol le bagage de celui qui n'aurait pas de lui-même l'idée de dégager le siège qu'occupe son sac à dos, pour autant que le train n'offre pas de solution alternative pratique.

Pas de quoi casser trois pattes à un canard !

30/07/2009

La gauche genevoise s’affranchira-t-elle de ses loyautés maoïstes ?

 

Article de Nguyen Thi Xuan Trang, médecin généraliste et candidate au Grand Conseil sur la liste No 1 Les Radicaux.

Le dalaï-lama sera à Genève le 6 août. Et vraisemblablement, personne à Genève ne souhaite lui accorder les honneurs d’un accueil officiel. Certes, il n’est pas un chef d’Etat, le Tibet étant toujours sous domination chinoise. Rien ni personne ne peut donc obliger les autorités genevoises à l’accueillir. Mais qu’importe : le dalaï-lama mérite un accueil officiel et digne. En raison des valeurs qu’il représente, et en particulier à Genève. Accueillir ce Prix Nobel de la Paix, quoi de plus naturel dans la cité qui a donné naissance aux deux premiers titulaires de ce prix - Henri Dunant et Elie Ducommun ? Accueillir ce chef spirituel, qui s’avère un modèle de tolérance politique et religieuse, quoi de plus naturel dans cette ville qui fut la Rome protestante, et qui est devenue la Rome laïque, terre d’asile de tous les cultes ?

 

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16/07/2008

Minarets : le jeu dangereux de la réciprocité

L’un des arguments avancés par les promoteurs de l’initiative anti-minarets est celle de la réciprocité. En effet, il peut paraître séduisant de dire que l’on autorisera la construction de minarets en Suisse lorsqu’il y aura des clochers à Jeddah. Séduisant mais trompeur pour deux raisons au moins.

La première est qu’il existe des églises en pays musulman. Même si elles ont connu ou connaissent des difficultés parfois majeures, les pratiques religieuses non musulmanes peuvent coexister avec l’Islam.

La seconde me paraît plus importante. L’argument de la réciprocité doit être utilisé de manière positive et non négative. On peut se montrer ouvert à la pratique privée de l’islam et d’autres religions, y compris à l’édification de lieux de culte et de minarets, dans les limites des règlements d’urbanisme et des plans de quartier, comme tout autre construction humaine, et faire valoir cette position pour promouvoir l’ouverture de notre société face aux intolérances des autres. C’est un faux calcul que d’imiter ceux que l’on accuse (non sans raisons) d’être d’affreux rétrogrades. C’est se mettre au même niveau qu’eux et en quelque sorte légitimer leur propre position par la nôtre.

Est-il utile de préciser là que je me sens profondément laïc. C’est une position de principe qui repose absolument pas sur une quelconque volonté de promouvoir les constructions religieuses quelles qu’elles soient. Elle repose sur des valeurs de tolérance et l’intérêt bien compris de nos sociétés démocratiques et pluralistes face à une remise en question de la part de fondamentalismes variés, tant religieux que national-populistes.

11/07/2008

Le début du reflux

Comme je l’ai écrit il y a plusieurs mois déjà sur ce blog, l’UDC tel qu’on l’a connu depuis 2003 a probablement mangé une bonne partie de son pain blanc. Il y a peu de chances qu’il parvienne à nouveau à chatouiller les 30% comme il l’a fait en automne 2007. C’était le fruit d’une conjonction exceptionnelle : la surprise causée par une nouvelle forme de communication politique de masse, des moyens financiers extraordinaires, le charisme d’un leader exceptionnel dans ces circonstances mais devenu après 6 mois et plusieurs défaites un retraité aigri dépassé par une partie de ses troupes dans l’outrance et la fuite en avent.

On constate que confronté à une argumentation raisonnable et ferme, la logorrhée passéiste ne touche qu’une minorité de citoyens adeptes du repli identitaire. Joindre les deux objets européens redonné au débat sur la question son unité de matière et contraint l’UDC à prendre ses responsabilités face à aux milieux économiques. On a heureusement renoncé à offrir à ce parti l’occasion de faire croire aux citoyens que l’on pouvait accepter l’Europe mais refuser deux se ses membres.

Le citoyen se fatigue de fond comme de la forme, de l’outrance comme de la méchanceté qui caractérise le style des adorateurs de Zottel. Mais la droite décente devra poursuivre son travail pédagogique conciliant les valeurs humaines et les mesures fermes pour faire face aux problèmes réels ou perçus comme tels par la population inquiète. Même infondée, la crainte du citoyen doit être prise en compte, ne serait-ce que par une communication intelligente et ferme.

19/06/2008

Quand les questions sont bien posées, même Christophe Blocher donne les bonnes réponses

Quand le bon sens finit par prendre le dessus. On apprend que M. Blocher se prononce contre le lancement d'un referendum sur l'extension des bilatérales. Mis dans la situation de se prononcer sur le fond de la question, le tribun choisit la voie de la sagesse (pour l'instant). Sachant que son parti se déchirerait sur la question européenne entre son aile économique et les sectaires de l'ASIN, il ne peut plus jouer sur les deux tableaux.

On sait aussi depuis quelques semaines que le Peuple peut être convaincu malgré une propagande massive et agressive. Après le sommet de la vague de l'automne 2007, le reflux commence. C'est le moment pour le centre droit décent de s'attaquer à ces problèmes dont l'abandon a permis aux populistes de prendre l'initiative. Sécurité, immigration, intégration, crise identitaire, inégalités, mondialisation, tous ces thèmes demandent un traitement sérieux tel que celui initié dans le canton de Vaud par Jacqueline de Quattro, . Sérieux, ferme et décent. Pierre Maudet ou François Longchamp à Genève.

15/06/2008

Un seul vote, par honnêteté politique


Dans le débat à venir sur les relations entre la Suisse et l’Europe, on peut juridiquement argumenter avec une certaine pertinence en faveur de deux votes séparés ou d’un seul. Mais sur le plan politique, en faire deux objets distincts serait mentir à l’électeur en lui laissant croire que l’on peut accepter l’un sans l’autre. Ce n’est pas le cas. On ne peut pas conclure un accord avec une partie seulement d’une entité telle que l’Union Européenne pour laquelle la cohésion et l’intégration des nouveaux états est, à juste titre, si importante.

Même si la voie bilatérale manque d’ambition et met la Suisse sur le porte-bagage de l’Europe, une aventure lente mais unique de construction d’une identité culturelle, économique et politique, elle présente des avantages pratiques indiscutables. On sait parfaitement que l’acceptation des bilatérales et le rejet de l’extension mènerait à une crise grave, de la même manière que l’éventuel rejet de la votation unique.

Disjoindre les deux questions reviendrait aussi à faire un cadeau insensé à l’UDC qui pourrait faire mine de prendre au sérieux les intérêts de l’économie en acceptant les bilatérales pour torpiller ensuite la relation avec l’Union en faisant campagne contre l’extension dans le style nauséabond qui a déjà fait tant de tort au pays.

Heureusement, on a eu confirmation le 1er juin que l’électeur pouvait résister aux arguments simplistes et à la propagande massive à la zurichoise, à l’exploitation malsaine du moindre fait divers. Et si des problèmes surgissent, qu’on leur cherche une réponse adaptée, ferme et digne qui ne lèse pas les intérêts de l’économie ni ne fasse honte aux valeurs historiques du pays.

02/06/2008

Triple défaite pour le simplisme en politique

La triple défaite du populisme régressif le 1er juin n’est pas encore la fin d’un mouvement qui aura fait beaucoup de tort au pays, mais c’est certainement la démonstration éclatante que l’on peut le combattre par l’explication claire des enjeux. On a la confirmation que le citoyen est capable d’écarter massivement les solutions simplistes, dans toutes les régions du pays et malgré une campagne massive menée par les initiants sur des sujets qui leur étaient favorables.

Si c’est une défaite cuisante pour la droite nationaliste, c’est aussi une grande victoire pour le centre, cette région politique où l’on ne craint pas de se poser les questions difficiles et de leur apporter des réponses réalistes et nuancées, loin des dogmatismes de tous bords.

Farouchement opposé aux thèses de l’UDC et plus encore au ton qu’il tente d’imposer au débat politique suisse, je reste convaincu qu’il faut répondre d’une manière légale, équitable et décente à certains problèmes qui se posent, notamment la difficulté de combattre la criminalité « de passage » ou le contrôle du marché de la drogue par des délinquants souvent inexpulsables lorsqu’ils ont été confondus. Dans ce domaine, ce n’est pas le discours traditionnel de la gauche généreuse mais naïve qui permettra d’y apporter une solution. Il faudra se retrouver au Centre pour y construire des solutions intelligentes et applicables.

05/05/2008

L’initiative « muselière », un vilain nom pour une vilaine tentative


Il faut sans aucune hésitation rejeter cette initiative avec la plus grande netteté. Elle est le fruit de la phobie d’une tendance nationaliste qui s’efforce de pourrir avec constance l’atmosphère politique et sociale en Suisse, un pays qu’elle prétend aimer et défendre. Une tendance qui dépense des sommes considérables pour couvrir les murs d’affiches qui répandent une idéologie nauséabonde et causent un grand tort à notre pays.

Je suis convaincu qu’une bonne partie des électeurs de l’UDC n’approuvent cette initiative que par esprit de discipline et fascination du Chef. Ils en reviendront bientôt, j’en fais le pari.

Dans tous les pays du monde, le gouvernement s’exprime sur les projets qui sont soumis au peuple, qu’ils soient issus de son administration, du Parlement ou directement du peuple. L’en empêcher, c’est supprimer une source d’information et laisser un boulevard à ceux qui privilégient la communication simpliste de masse, la stigmatisation comme langage et le remplacement de l’intelligence par l’émotion. C’est une mauvaise conseillère en politique.

Que le Conseil fédéral s’exprime, il sera toujours temps de le contredire si ses propos le justifient. On ne combat pas l’expression par l’interdiction.