11/10/2014

Quand les caciques du MCG se moquent du Grand Conseil

Ce vendredi soir, le Grand Conseil a vécu une sombre soirée. De débats obscurs où de vieilles barbes de la politique genevoise croyaient utile de refaire en plénière les débats qui avaient déjà eu lieu en commission, on est passé vers 23h à un presque-pugilat au moment où Eric Stauffer, toujours dans l’outrance et la provocation, a contraint le Président à prononcer son expulsion. Pathétique Duce éructant, hurlant et gesticulant, debout, au milieu de l’enceinte, le pourtant Conseiller administratif d’Onex et second vice-président du Grand Conseil a cru bon (mais pour qui et pour quoi, à part son ego démesuré) de jeter le Parlement cantonal dans les méandres du règlement intérieur. Il cherchait un prétexte et l’a trouvé quand le Président de l’Assemblée a mis un peu rapidement au vote l’un de ces multiples amendements sans cesse redéposé.

 

Du grand Guignol dont on s’amuserait s’il ne s’agissait pas du cœur de nos institutions. Et ce même MCG nous explique à longueur de séances que les politiques ne s’occupent pas de ce qui intéresse les citoyens. Lui qui sabote les débats parlementaires à coup d’amendements répéritifs et de demandes de renvoi en commission déposés toutes les 5 minutes. Très loin d’un débat constructif sur l’avenir de notre Canton.

 

Les ténors du MCG nous ont cette fois clairement démontré tout le mépris qu’ils avaient pour les institutions en s’opposant physiquement pendant de longues minutes à l’expulsion de leur président donneur (de leçons) pourtant prononcée par le Président du Grand Conseil dans le respect du règlement. On frémit à l’idée que ce parti puisse gagner encore en influence. Avec de tels personnages aux commandes, on peut craindre le pire pour notre démocratie. Si les choses n’étaient pas si graves, on s’amuserait presque de voir avec quelles précautions de Sioux et quelle mine contrite la petite dizaine de gendarmes, pourtant requis par le Président, ont procédé à l’expulsion du Vitupérant. A noter qu’il avait dix minutes auparavant déclaré qu’il était à la disposition des gendarmes, pour refuser d’obtempérer ensuite.  

 

D’habitude, je n’aime pas les parallèles historiques, souvent abusifs. Mais la démonstration de ce soir me laisse penser qu’on n’est plus très loin de pouvoir se référer à des heures sombres de l’histoire européenne. A trop tirer sur la corde des institutions qui canalisent les débats, on finira par casser ce qui fait (ou à fait) la magie de notre fonctionnement démocratique.

 

Je ne crois pas que ce soit cela qu'ont voulu tous ceux qui ont voté de bonne foi pour ce mouvement qui ne se montre ni Citoyen ni genevois. 

 

 

25/05/2014

Elections européennes : seulement 25% pour le FN !

Ce lundi, les analystes diront que 25% des voix pour le FN aux élections européennes, c'est énorme. J'aurais personnellement souhaité que ce fût moins, mais c'est ainsi, le peuple s'est exprimé. Et à ce propos, ceux qui se croient obligés de dire qu'il s'agit "d'un jour sombre pour la démocratie" se trompent. Même s'il nous déplait, ce vote est certainement démocratique.

Au risque de nager à contre-courant, je pense que ce score est finalement assez faible. Voici pourquoi :

1. les partis au pouvoir en France ces dernières années ont montré un visage pathétique. Inconsistance politique du parti socialiste, incurie du gouvernement Ayrault d'un côté, misérable guerre des cheffaillons et troubles affaires financières à l'UMP de l'autre côté. Il est facile au FN de surfer sur cette vague de ratage généralisé, d'autant plus qu'il n'exerce pour l'instant que le ministère de la Parole Facile et n'est pas vraiment jugé sur son programme économique pourtant absurde, notamment la sortie de l'Euro et la restauration des frontières nationales.

2. les gouvernements français successifs et européens en général ont pris l'habitude de se dédouaner de tous leurs échecs et des aléas de la crise sur le dos de Bruxelles. Il est impossible de faire partager et apprécier les succès européens qui sont nombreux et remarquables lorsqu'on passe onze mois sur douze à critiquer les "bureaucrates non élus de Bruxelles". Les électeurs ont en bonne partie voulu sanctionner les faiblesses de leurs dirigeants nationaux lors d'une élection qu'ils considèrent (et que la presse continue de décrire) comme peu importante pour leur avenir immédiat et leur vie quotidienne. Le paradoxe est que jamais une élection européenne n'a été si démocratique ni n'aura eu autant d'impact sur la future Commission européenne. Jamais un Parlement européen n'aura eu autant de pouvoir que celui qui est désigné ce jour.

3. la mondialisation économique en marche, le village global crée par internet et le bouleversement des équilibres géopolitiques qui s'annonce autour de la Vieille Europe désorientent une grande partie des citoyens. Le repli présenté comme possible par les populistes de tous bords devient soudain synonyme de sécurité pour l'électeur moyen. Un nouveau cocooning.

4. la critique est toujours plus facile que l'exercice du pouvoir. Cela se vérifie en France comme à Genève ou en Suisse. Les résultats des 9 février et 18 mai l'ont encore montré.

5. personne n'a su présenter l'aventure de l'Union européenne sous un jour positif. Jacques Delors est probablement le dernier à avoir eu l'épaisseur politique et humaine suffisante pour l'incarner en France.

6. le FN a certainement réussi une véritable mue de son personnel politique, diluant le petit noyau rance de vieux fascistes "historiques" dans une nouvelle masse de néo-conservateurs plutôt xénophobes, islamophobes, isolationnistes et cyniques. Plus jeunes et présentables, ses cadres ont appris à marteler un message simple, voire simpliste, sans paraître douter jamais.

Poussé par toutes ces circonstances favorables, le score du FN, qui marque les esprits et les statistiques électorales, n'est au fond pas si important. J'en veux pour preuve qu'interrogés sur la substance des questions européennes, la majorité des électeurs français ne veulent ni sortir de l'Union, ni quitter l'Euro.

26/02/2014

La démocratie des pseudos

A bien observer les commentaires aux blogs et aux articles de la TdG, il est intéressant de constater à quel point la violence des propos semble liée au fait qu'ils ne sont visiblement pas signés du vrai nom de leur auteur. Internet le permet et je veux bien croire que l'éditeur serait capable, si besoin, d'identifier tous les auteurs de contributions. 

Mais la plupart des commentaires incendiaires de ces derniers jours se gargarisent de démocratie, de son respect, de la volonté du peuple qu'il ne faut pas contrarier. Si l'exercice de la démocratie sous nos latitudes garantit heureusement le secret du vote, le débat politique, dans un Etat de droit comme le nôtre exige à mon avis que chacun assume ses opinions sans se cacher derrière des pseudos plus ou moins assumés.

N'y aurait-il pas là une petite contradiction ? Pour ma part, j'ai répondu à cette question en ne publiant que ce que je peux assumer. 

 

25/09/2013

Panique à l'UDC

Cette fois, c'est certain, l'UDC panique à dix jours des résultats des élections cantonales. Et ses élus genevois exportent même leurs divagations à Berne. Résumé :

Dans les heures qui suivent la tragédie du meurtre d'Adeline, c'est ce parti qui se lance dans une surenchère racoleuse et d'une vulgarité sans nom. La présidente-candidate démontre à cette occasion un talent naturel pour ce rôle.   

Exporter les retraités, les réfugiés déboutés, et quoi d'autre ? C'est insultant à la fois pour les "exportés" et les Marocains. C'est la proposition du Conseiller national Nidegger. Et nos déchets nucléaires ? 

Et aujourd'hui, l'UDC qui protestait, à raison, contre les jours amende avec sursis tels qu'il sont appliqués depuis la révision de 2007, en devient soudain le plus ardent défenseur. Tout cela parce que la réforme proposée pourrait contraindre les auteurs de grosses infractions routières à passer à la caisse. L'UDC serait-elle le parti des chauffards ? Là, on ne parle pas des bûches pour stationnement, mais des grosses bêtises dangereuses. 

De son côté, le MCG en remet une couche sur "l'épidémie des frontaliers" dans sa propagande électorale. Et le navrant M. Stauffer lors du débat RTS de lundi a été incapable d'articuler une seule proposition concrète face au travail de Pierre Maudet. Il est temps de se rendre compte que les coups de gueule et de menton amusent peut-être un temps le citoyen fâché mais n'apportent strictement rien à la résolution de nos problèmes.