13/10/2015

Navigation et politique – regards croisés de Dominique et Rolin Wavre

DSC_0037 serré.jpgVenus d’horizons professionnels très différents, deux cousins jettent un regard sur leurs projets et leur vision de la politique suisse. Ils sont réunis au bord du Léman à l’occasion d’un passage du navigateur à Genève. Egalité des chances, environnement, engagement et vision de la Suisse depuis l’étranger. 

Dominique Wavre est l’un des plus fameux navigateurs suisses, déjà élève de Pierre Fehlmann sur Disque d’Or. C’est en 1999 que les deux cousins se retrouvent autour d’une table au Molard. Dominique esquisse son nouveau bateau sur la nappe en papier. Il est superbe mais encore en projet. Il doit exister, il existera. Quelques mois plus tard, il est mis à l’eau, sous le nom d’UBP. D’autres bêtes de courses se nommeront plus tard Temenos ou Mirabaud. Il prévoit de continuer à naviguer. Il se rendra avec Michèle Paret, son amie et coéquipière de longue date, dans des lieux préservés, avec pour but de partager les beautés du monde. Une forme d’écologie « positive » et populaire. Dominique est bien un vulgarisateur-né. Rolin Wavre, son cousin et cadet de quelques années a passé 18 années en mission avec le CICR. Entré en politique en 2007, il est en lice pour le Conseil national. Deux parcours pas si différents que cela. "C'est pour cela que je suis là pour toi" conclura Dominique.

 

Environnement : constat et action

En 30 ans de navigation, la dégradation des océans, des rivages et des ports est dramatique, constate Dominique. Les mers sont devenues de vastes poubelles. On fait comme si elles étaient une matrice qui pouvait tout digérer. Cela touche aussi l’Europe. Même le continent Antarctique est soumis à une nouvelle pression parce qu’il recèle des ressources naturelles convoitées par plusieurs Etats et compagnies privées. L’ouverture du Passage du Nord-Ouest au nord du Canada, puis celui du Nord-Est par le nord de la Russie peuvent être une bonne chose car ils réduisent les trajets, et donc la pollution, mais ils font planer des menaces nouvelles sur des régions encore presque intactes. Le navigateur a pu le constater : dans la Manche,  des cargos de plus en plus grands se succèdent sur les autoroutes que sont devenues les rails maritimes, comme les voitures sur l’autoroute Genève-Lausanne.

C’est là que la politique doit intervenir : incitation ou obligation ? Il n’est pas simple de trancher entre les deux approches. En Suisse, l’incitation fonctionne plutôt bien dans le domaine des déchets, on atteint un niveau de tri assez élevé à Genève, au point que notre centrale d’incinération semble surdimensionnée, un comble. Les mesures plus « mordantes » posent d’autres problèmes. La taxe au sac pousse certains à jeter leurs ordures dans la nature ou à les amener sur leur lieu de travail…  Rien de tel sur un bateau de course. Et le navigateur, que fait-il de ses déchets ? La tentation de tout passer par dessus bord ?

Certainement pas, rétorque Dominique, qui met un point d’honneur à tout ramener à l’arrivée, ce qui veut dire au départ, dans le cas d’un tour du monde…  Le bateau, lui, consomme très peu en course. Eolienne et panneaux solaires permettent de se limiter à 20 litres de carburant pour 35'000 km. Par contre, les gros moteurs diesel des cargos ne font pas (encore) dans la sobriété.

Sobriété et principe de précaution

Pour Rolin la sobriété c’est d’aller droit au but, diminuer le poids des contraintes et formalités administratives, en particulier pour les entreprises. Mais aussi parler vrai.

D’accord avec cela, Dominique observe qu’en France, l’entrepreneur n’ose plus entreprendre. L’Etat est tellement intervenu dans tous les domaines, « judiciarise » tout qu’il provoque la paralysie. Basé à Nice avec sa compagne la navigatrice Michèle Paret, il constate qu’on a dévoyé le principe de précaution. De par ses fonctions de président de la section genevoise de la Fédération romande des Consommateurs (FRC), Rolin est lui plutôt en faveur d’appliquer ce principe à la consommation des ménages. Il est hors de question de mettre sur le marché des substances ou promouvoir des énergies pour lesquelles il y aurait un doute sérieux sur la dangerosité. Y aurait-il une divergence de fond entre les deux ? En fait, cela dépend de la définition du principe de précaution.

Pour Dominique qui n’a cessé d’innover et de prendre des risques technologiques sur les bêtes de course qu’il a conçues et menées, il est essentiel que l’on puisse laisser la porte ouverte à l’innovation et à la prise de risque. La grande différence semble être là : le navigateur, en particulier s’il est seul à bord, ne fait courir des risques qu’à lui-même, à ses sponsors et éventuellement aux sauveteurs qui viendrait lui porter secours. Le responsable politique, lui, doit contribuer à établir des règles et prendre des décisions qui portent sur l’ensemble ou une partie de la population, bien au-delà de lui. Dominique conclut : « quelle arrogance il y a parfois à bloquer l’innovation, par définition un saut dans l’inconnu ! et alors qu’une partie des solutions recherchées par l’écologie proviendra forcément de progrès technologiques».

Egalité des chances

La voile est un sport technologique, surtout au niveau du Vendée Globe que Dominique a couru à 4 reprises. Si les moyens ne sont pas les mêmes pour tous, c’est aussi une compétition humaine. Aux JO, où tous les bateaux sont identiques, l’égalité est assurée. Là, c’est l'homme qui fait la différence. Aux yeux du politique, l’égalité des chances ne signifie pas le nivellement des niveaux et le renoncement à l’effort, mais chacun doit avoir des chances aussi égales que possible sur la ligne de départ de la vie.

Dominique questionne : en politique, les coups semblent venir de partout, comment fait-on pour les voir venir ? Pour le responsable politique, il existe aussi une météo : dans un exécutif, c’est la tempête en permanence, il faut être sur le pont. La tempête autour de la question européenne était annoncée depuis longtemps. On se donne des fronts à franchir, ses coups de vent à négocier, comme sur un bateau. En Suisse, la météo est faite aussi de référendums et d’initiatives qui donnent un grand rôle au peuple. Mais le pouvoir est morcelé, de sorte que notre gouvernement fonctionne bien par temps calme mais supporte mal les crises, comme ce fut le cas avec l’affaire Kadhafi. Le marin aussi doit savoir anticiper et parfois être patient, quand il subit les affres du Pot-au-noir, la zone de calmes intertropicaux. Mais il y a toujours à faire sur un bateau, en particulier aux commandes d’une bête de course qu’est un 60 pieds open. 

(suite demain)

 

 

 

05/07/2015

Alcool ? Non, smartphone !

On voit de plus en plus souvent des véhicules à la conduite hésitante. Alcool ? Non, SMS !  C’est effrayant et inadmissible. Il faut absolument que les conducteurs résistent à l’envie « de faire juste un petit message ». Ce bref moment peut suffire à liquider une vie. Un piéton qui traverse, un cycliste qui roule normalement, un enfant sur un trottoir, ou simplement une colonne qui ralentit de manière inattendue. Et combien de voitures sortent légèrement de leur piste, innocemment. On se dit : « tiens, il conduit bizarrement celui-là ». Et si on dépasse le véhicule, on comprend. Un petit rien qui se transforme en un événement marquant d’une vie, pour toujours. La satisfaction de répondre immédiatement à un message ? Franchement, est-ce que ca vaut la peine ?

Pour se convaincre de ne pas ou plus commettre cette énorme bêtise, il vaut la peine de regarder cette petite video. www.youtube.com/watch?v=LmKznO6urwk

C’est une reconstitution, mais très bien faite. Beaucoup plus difficile de texter au volant après ca. A diffuser largement.

26/06/2015

Contre Daech, une nouvelle forme de guerre

Avec les attentats commis par ou au nom de Daech ce vendredi en France, en Tunisie et au Koweit, nous allons encore être noyés sous les amalgames, les discours de repli, les déclarations haineuses et vaines. Je pense qu'il faut en retirer au moins deux leçons, dans l'immédiat : 

Il nous faut d'abord nous résoudre à reconsidérer ce qu'est la paix et la guerre. Avec Daech qui s'attaque à des cibles très différentes, le plus souvent civiles, avec une cruauté assumée et de manière toujours spectaculaire, nous avons une sorte de terrorisme 2.0 qui peut frapper avec très peu de moyens, d'une manière peu détectable à l'avance au coeur de nos nos sociétés. Il faudra donc nous résoudre à combattre ces dérives sectaires un peu partout. il faudra donc nous faire à l'idée qu'il y aura des pertes, civiles ou militaires. Car je suis convaincu que nous, habitants des états démocratiques et les sociétés ouvertes devrons mener un combat, en Iraq, en Syrie ou au Mali, contre les groupes djihadistes mobiles qui tentent de s'implanter ici ou là. Et il nous faudra résister avec calme, lucidité et courage au sentiment de panique que les terroristes vont tenter de porter dans nos vies. Ce pourrait très bien être en Suisse ces prochaines semaines ou mois. Il faut tout faire pour l'éviter mais aussi s'y préparer. 

Deuxièmement, il nous faudra éviter le piège qui nous est tendu par les fondamentalistes. Et pour cela, se demander quel est leur objectif et faire justement l'inverse. Ils admettent détester par dessus tout notre modèle de société ouverte et tolérante. Ils ne supportent pas le mélange des cultures, des religions, des coutumes, des opinions, bref, tout ce qui fait la richesse de notre vieille Europe. Alors tous ceux qui, chez nous, veulent nous amener à nous refermer, à haïr ou à développer un sentiment paranoïaque font le jeu Daech et des fondamentalistes. 

Notre meilleure défense passe par le respect du droit, le fonctionnement démocratique de nos société, notre ouverture aux autres. Rester fidèles à nos valeurs parce que ce sont elles qui sont attaquées. La réponse des américains à Abu Ghraib ou Guantanamo était la pire des solutions. Elle nous a fait perdre l'avantage du droit, de l'éthique et de la légitimité. Car les militants de Daech l'affirment régulièrement : ils aiment la mort autant que nous aimons la vie. Un sacré défi !

Enfin, nous ne devons pas oublier que la grande majorité des victimes de Daech sont des musulmans, souvent arabes, souvent pauvres. 

26/02/2014

La démocratie des pseudos

A bien observer les commentaires aux blogs et aux articles de la TdG, il est intéressant de constater à quel point la violence des propos semble liée au fait qu'ils ne sont visiblement pas signés du vrai nom de leur auteur. Internet le permet et je veux bien croire que l'éditeur serait capable, si besoin, d'identifier tous les auteurs de contributions. 

Mais la plupart des commentaires incendiaires de ces derniers jours se gargarisent de démocratie, de son respect, de la volonté du peuple qu'il ne faut pas contrarier. Si l'exercice de la démocratie sous nos latitudes garantit heureusement le secret du vote, le débat politique, dans un Etat de droit comme le nôtre exige à mon avis que chacun assume ses opinions sans se cacher derrière des pseudos plus ou moins assumés.

N'y aurait-il pas là une petite contradiction ? Pour ma part, j'ai répondu à cette question en ne publiant que ce que je peux assumer. 

 

18/12/2012

Le massacre qui va changer la donne ?

Apres l'épouvantable massacre de Newton, les circonstances sont peut-être plus favorables (un horrible mot dans ces circonstances) que jamais pour que les choses changent enfin. En effet, nous avons un président en début de second mandat qui n'a donc presque rien à craindre (encore qu'on puisse envisager le pire avec membres de la National Rifle Association, les bargeots de la gachette nord-américaine), un massacre totalement abject touchant ce qu'il y a de plus innocent, des enfants de 6 et 7 ans, et enfin l'usage d'une arme automatique. 

Le président devrait pouvoir, enfin, agir dans deux directions au moins : interdire totalement les armes automatiques et rendre plus difficile l'achat et la possession d'une arme en général. Même si l'on peut admettre, à l'extrême limite, que les américains soient attaché à la possibilité de détenir une arme de défense personnelle, comment justifier la vente presque libre d'armes automatiques et semi automatiques qui sont des armes d'attaque et de destruction. L'argument de la défense personnelle ne tient pas. Georges Busch porte une très lourde responsabilité pour avoir à nouveau autorisé ces armes en 2004. 

Ensuite, il faut que la procédure d'achat soit beaucoup plus stricte, qu'un registre existe et que les Etats n'aient pas toute latitude pour céder aux lobbies et groupes de pression locaux. Mais restons réalistes : une réglementation plus stricte n'est pas la solution miracle. Les Norvégiens en savent quelque chose.

13/12/2012

L'humour contre le sexisme ordinaire

A Bordeaux, les avocats viennent d'élire à leur tête une femme, Me Anne Cadiot-Feidt. Un pénaliste réputé du lieu n'a rien trouvé de mieux que de se demander publiquement si une femme aurait les capacités et les épaules assez larges pour cette fonction. Une déclaration choquante par sa balourdise et les relents de sexisme paternaliste qu'elle exhale. 

Pour l'avoir entendu s'exprimer sur France info, Me Cadiot-Feidt à un sacré caractère, beaucoup de calme et de lucidité. C'est probablement ce qu'on appelle "avoir les épaules". En plus, elle a un solide sens de l'humour : relevant que les attaques portaient sur cette partie de son corps, elle constatait avec une malicieuse satisfaction que le regard des hommes semblait être remonté de quelques dizaines de centimètres ces dernières années... 

Et merci au beauf de service d'avoir attiré notre attention sur un sacré personnage et sur des dérives machistes d'un autre âge dont elle est victime.

01/09/2008

Voile islamique, tentation et communautarisme

Au cours des 15 ans que j'ai passés dans une douzaine de pays pour le compte du CICR, j'ai entendu certaines femmes dire qu'elles appréciaient de porter le voile parce qu'il les mettait à l'abri (des hommes) et leur fournissait une certaine liberté de mouvement. Cet argument me paraît particulièrement pervers pour plusieurs raisons, même si c'est leur doit le plus strict de le penser, de l'exprimer et de le mettre éventuellement en pratique.

 

En tant qu'homme, je trouve désagréable et injuste d'être placé, contre mon gré, dans une catégorie de personnes dont les femmes devraient se protéger. Que certains hommes aient des comportements irrespectueux ou carrément criminels ne fait aucun doute mais ce problème doit être traité de manière frontale et non détournée. Songerait-on à supprimer les vitrines sous prétexte qu'elles peuvent susciter la convoitise des passants ou inviter au vol ? (pardonnez la comparaison).

 

Ensuite, cela revient à admettre qu'une femme non voilée est effectivement une tentation irrésistible. Pire encore, cela envoie le message tragique que l'absence de voile est une incitation à l'agression. Cette attitude schizophrène me fait penser à un reportage récent sur la perception de la femme dans les banlieues. Tous les jeunes hommes imposaient une véritable dictature à leurs sœurs, voulaient une fiancée vierge mais ne se privaient pas d'afficher un comportement sexuel très actif et peu respectueux de la femme en général. Visiblement, ils avaient de leurs sœurs et de leurs partenaires sexuelles une image bien différente, alors l'une et l'autre pouvaient fort bien se trouver être la même personne.

 

Un bémol tout de même : il est visible que notre société occidentale se trouve dans une phase  extrêmement sexuée. J'en veux pour preuve les clips de MTV qui glorifient le genre « pimp » (littéralement : souteneur, soit une activité réprimée par la loi pénale) ou l'utilisation outrancière  du corps de la femme pour vendre des objets qui n'ont aucune relation avec elle. Il est certain que notre société prend ainsi le risque de choquer.  Dans ce contexte, on peut comprendre que certaines personnes ayant vécu dans un autre espace culturel ressentent un choc, culturel, social ou religieux. C'est là que notre société doit poser des limites : ceux qui souhaitent vivre ici doivent accepter que les règles diffèrent de celles qui ont cours ailleurs.

 

Dans le cas contraire, on entrerait dans le schéma de société ango-saxon qui fait une très grande place à une logique de  communautarisme qui a montré (au Royaume-Uni ou au Canada) qu'il pouvait facilement aller trop loin dans l'intégration de coutumes ou pratiques étrangères à l'ordre juridique occidental.

 

Je suis candidat à la Constituante sur la liste No 1 Radical ouverture et  membre d'Ecologie libérale


13/07/2008

Burqa, naturalisation et libertés individuelles

Le Conseil d’Etat français vient de rendre une décision importante parce qu’elle pose les bases d’une jurisprudence en matière d’intégration. Mais il y est souvent fait référence dans des termes qui me paraissent discutables. La plus haute autorité administrative française a en effet décidé que le style de vie induit par une pratique radicale de l’Islam était un élément qui empêchait l’octroi de la nationalité française*.

De ce point de vue, il me paraît indiscutable qu’une personne qui demande une nationalité doit démontrer un certain degré d’intégration dans la communauté nationale. Il ne fait aucun doute que le port de la burqa et l’acceptation d’une soumission massive à l’autorité du mari représentent une contradiction majeure avec ce principe.

Je regrette que les médias expliquent trop souvent cette décision par une incompatibilité entre naturalisation et religion musulmane. C’est à mon avis faux et dangereux. La République laïque n’est pas hostile à la religion ni même à sa pratique dans la sphère privée. Séparée de l’Etat depuis un siècle, elle reste protégée, quelle que soit la religion en question. Dans le cas qui nous occupe, ce n’est pas la religion qui pose problème mais ses débordements sur la pratique sociale et le statut de l'individu.

Il y a des principes sur lesquels nos Etats ne peuvent pas transiger : égalité des sexes, liberté de l’individu, liberté d’expression, le tout dans le cadre de la loi démocratiquement adoptée (et non de la loi divine).

Cet arrêt est une bonne chose en tant qu’il fixe des limites à la pratique religieuse dans notre société, à son caractère ostentatoire (confirmation des décisions sur le voile à l’école) ou à ses possibles contradictions avec les valeurs républicaines.

Il pose cependant d’autres questions qui sont intelligemment soulevées dans plusieurs médias français : qu’en est-il de son mari, français lui, qui est à l’origine de la pratique rigoriste de l’Islam et de ses conséquences sociales et personnelles. D’où le titre légèrement provocant du blog de Maître Eolas (http://www.maitre-eolas.fr/2008/07/11/1030-faut-il-etre-francaise-pour-porter-la-burqa).


*(« il ressort des pièces du dossier que, si Mme M… possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d'égalité des sexes ; qu'ainsi, elle ne remplit pas la condition d'assimilation posée par l'article 21-4 précité du code civil ; que, par conséquent, le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l'acquisition par mariage de la nationalité française de Mme M…. »)

06/05/2008

Enfanter à 60 ans : un droit égoïste


Le débat lancé sur un autre blog* a soulevé des questions intéressantes. Il a aussi dérapé dans une violence injustifiée. Quelques éléments supplémentaires. Je pense que c’est une mauvaise idée sans qu’il faille l’interdire pour autant. Précisons que la remarque est valable pour les hommes comme pour les femmes, même si l’intervention médicale n’est nécessaire que dans l’un des deux cas.

Avoir un père qui a l'âge d'être son grand-père, ce n'est pas une bonne chose. Le mien n'en avait « que » 47 à ma naissance, je trouve que c'est déjà trop pour partager certaines activités ou discussions avec son enfant. Alors 13 de plus ?

Enfanter à 60 ans, c’est aussi priver son enfant de grands-parents et assumer ce rôle soi-même. Et les parents alors ? C’est probablement priver les enfants de ses enfants de leurs grands-parents (60+20+5 au minimum).

Bien sûr, les futurs parents ont le « droit » de profiter des progrès de la science. Mais ce droit ne s’exerce-t-il pas à un prix très élevé pour leur descendance ? Même très actif professionnellement et socialement, n’a-t-on vraiment pas le temps de faire des enfants entre 18 et 42 ans ? C’est peut-être cela faire des choix dans l’existance ?

C'est peut-être aussi l'une de ces dérive pseudo-médicales rendues possibles par les progrès de la science. On parlera bientôt du choix du sexe de l'enfant - lire à ce sujet "Le premier siècle après Béatrice" une petite merveille signée Amin Maalouf (Grasset 1992) le clonage humain commercial, la production "scientifique" de champions et d'autres bidouillages infâmes dans lesquels l'humain aura complètement disparu.

Plutôt qu’une interdiction, l’Ordre des médecins et les Commissions d’Ethique devraient se prononcer sur cette pratique « médicale » discutable.

* Blog Doc, Bernard Buchs

17/04/2008

Fumée passive : réduire les exceptions au strict minimum

Aussi incroyable que cela puisse paraître, on trouve encore des experts pour essayer de nous convaincre que la fumée du tabac n'est pas nocive pour la santé. Et encore, si les cigarettes ne contenaient que du tabac ! Mais on a fini par apprendre que les manufacturiers y ajoutaient un "jus" de plusieurs milliers de composants dont ils gardent le dosage absolument secret. Un ange passe, effrayé.

Mais il y a deux autres raisons de bannir la cigarette des lieux publics fermés : la gène occasionnée aux autres, indépendamment de toute considération de santé. Autant un cigare ou une pipe peuvent sentir bon à dose modérée, de temps à autre, autant la cigarette subie est une véritable attaque contre les sens.

Les mesures drastiques qui sont heureusement en préparation se justifient enfin par l'incroyable arrogance dont ont fait preuve les fumeurs pendant si longtemps. Certains se rendent compte maintenant de ce qu'ils ont fait subir aux non fumeurs à une époque où demander aux participants à une réunion professionnelle de bien vouloir modérer leur consommation (on osait pas encore réclamer l'abstention) vous faisait passer pour un être profondément asocial.

Les "sacrifices" qui sont maintenant demandés aux fumeurs ne sont rien en comparaison de ce qu'ils ont fait subir à leur entourage et à eux-même. Beaucoup d'entre eux, même s'ils s'en cachent encore, sont heureux que les interdictions actuelles les aident à diminuer leur consommation, voire à la faire cesser complètement.