05/07/2015

Alcool ? Non, smartphone !

On voit de plus en plus souvent des véhicules à la conduite hésitante. Alcool ? Non, SMS !  C’est effrayant et inadmissible. Il faut absolument que les conducteurs résistent à l’envie « de faire juste un petit message ». Ce bref moment peut suffire à liquider une vie. Un piéton qui traverse, un cycliste qui roule normalement, un enfant sur un trottoir, ou simplement une colonne qui ralentit de manière inattendue. Et combien de voitures sortent légèrement de leur piste, innocemment. On se dit : « tiens, il conduit bizarrement celui-là ». Et si on dépasse le véhicule, on comprend. Un petit rien qui se transforme en un événement marquant d’une vie, pour toujours. La satisfaction de répondre immédiatement à un message ? Franchement, est-ce que ca vaut la peine ?

Pour se convaincre de ne pas ou plus commettre cette énorme bêtise, il vaut la peine de regarder cette petite video. www.youtube.com/watch?v=LmKznO6urwk

C’est une reconstitution, mais très bien faite. Beaucoup plus difficile de texter au volant après ca. A diffuser largement.

26/06/2015

Contre Daech, une nouvelle forme de guerre

Avec les attentats commis par ou au nom de Daech ce vendredi en France, en Tunisie et au Koweit, nous allons encore être noyés sous les amalgames, les discours de repli, les déclarations haineuses et vaines. Je pense qu'il faut en retirer au moins deux leçons, dans l'immédiat : 

Il nous faut d'abord nous résoudre à reconsidérer ce qu'est la paix et la guerre. Avec Daech qui s'attaque à des cibles très différentes, le plus souvent civiles, avec une cruauté assumée et de manière toujours spectaculaire, nous avons une sorte de terrorisme 2.0 qui peut frapper avec très peu de moyens, d'une manière peu détectable à l'avance au coeur de nos nos sociétés. Il faudra donc nous résoudre à combattre ces dérives sectaires un peu partout. il faudra donc nous faire à l'idée qu'il y aura des pertes, civiles ou militaires. Car je suis convaincu que nous, habitants des états démocratiques et les sociétés ouvertes devrons mener un combat, en Iraq, en Syrie ou au Mali, contre les groupes djihadistes mobiles qui tentent de s'implanter ici ou là. Et il nous faudra résister avec calme, lucidité et courage au sentiment de panique que les terroristes vont tenter de porter dans nos vies. Ce pourrait très bien être en Suisse ces prochaines semaines ou mois. Il faut tout faire pour l'éviter mais aussi s'y préparer. 

Deuxièmement, il nous faudra éviter le piège qui nous est tendu par les fondamentalistes. Et pour cela, se demander quel est leur objectif et faire justement l'inverse. Ils admettent détester par dessus tout notre modèle de société ouverte et tolérante. Ils ne supportent pas le mélange des cultures, des religions, des coutumes, des opinions, bref, tout ce qui fait la richesse de notre vieille Europe. Alors tous ceux qui, chez nous, veulent nous amener à nous refermer, à haïr ou à développer un sentiment paranoïaque font le jeu Daech et des fondamentalistes. 

Notre meilleure défense passe par le respect du droit, le fonctionnement démocratique de nos société, notre ouverture aux autres. Rester fidèles à nos valeurs parce que ce sont elles qui sont attaquées. La réponse des américains à Abu Ghraib ou Guantanamo était la pire des solutions. Elle nous a fait perdre l'avantage du droit, de l'éthique et de la légitimité. Car les militants de Daech l'affirment régulièrement : ils aiment la mort autant que nous aimons la vie. Un sacré défi !

Enfin, nous ne devons pas oublier que la grande majorité des victimes de Daech sont des musulmans, souvent arabes, souvent pauvres. 

26/02/2014

La démocratie des pseudos

A bien observer les commentaires aux blogs et aux articles de la TdG, il est intéressant de constater à quel point la violence des propos semble liée au fait qu'ils ne sont visiblement pas signés du vrai nom de leur auteur. Internet le permet et je veux bien croire que l'éditeur serait capable, si besoin, d'identifier tous les auteurs de contributions. 

Mais la plupart des commentaires incendiaires de ces derniers jours se gargarisent de démocratie, de son respect, de la volonté du peuple qu'il ne faut pas contrarier. Si l'exercice de la démocratie sous nos latitudes garantit heureusement le secret du vote, le débat politique, dans un Etat de droit comme le nôtre exige à mon avis que chacun assume ses opinions sans se cacher derrière des pseudos plus ou moins assumés.

N'y aurait-il pas là une petite contradiction ? Pour ma part, j'ai répondu à cette question en ne publiant que ce que je peux assumer. 

 

18/12/2012

Le massacre qui va changer la donne ?

Apres l'épouvantable massacre de Newton, les circonstances sont peut-être plus favorables (un horrible mot dans ces circonstances) que jamais pour que les choses changent enfin. En effet, nous avons un président en début de second mandat qui n'a donc presque rien à craindre (encore qu'on puisse envisager le pire avec membres de la National Rifle Association, les bargeots de la gachette nord-américaine), un massacre totalement abject touchant ce qu'il y a de plus innocent, des enfants de 6 et 7 ans, et enfin l'usage d'une arme automatique. 

Le président devrait pouvoir, enfin, agir dans deux directions au moins : interdire totalement les armes automatiques et rendre plus difficile l'achat et la possession d'une arme en général. Même si l'on peut admettre, à l'extrême limite, que les américains soient attaché à la possibilité de détenir une arme de défense personnelle, comment justifier la vente presque libre d'armes automatiques et semi automatiques qui sont des armes d'attaque et de destruction. L'argument de la défense personnelle ne tient pas. Georges Busch porte une très lourde responsabilité pour avoir à nouveau autorisé ces armes en 2004. 

Ensuite, il faut que la procédure d'achat soit beaucoup plus stricte, qu'un registre existe et que les Etats n'aient pas toute latitude pour céder aux lobbies et groupes de pression locaux. Mais restons réalistes : une réglementation plus stricte n'est pas la solution miracle. Les Norvégiens en savent quelque chose.

13/12/2012

L'humour contre le sexisme ordinaire

A Bordeaux, les avocats viennent d'élire à leur tête une femme, Me Anne Cadiot-Feidt. Un pénaliste réputé du lieu n'a rien trouvé de mieux que de se demander publiquement si une femme aurait les capacités et les épaules assez larges pour cette fonction. Une déclaration choquante par sa balourdise et les relents de sexisme paternaliste qu'elle exhale. 

Pour l'avoir entendu s'exprimer sur France info, Me Cadiot-Feidt à un sacré caractère, beaucoup de calme et de lucidité. C'est probablement ce qu'on appelle "avoir les épaules". En plus, elle a un solide sens de l'humour : relevant que les attaques portaient sur cette partie de son corps, elle constatait avec une malicieuse satisfaction que le regard des hommes semblait être remonté de quelques dizaines de centimètres ces dernières années... 

Et merci au beauf de service d'avoir attiré notre attention sur un sacré personnage et sur des dérives machistes d'un autre âge dont elle est victime.

01/09/2008

Voile islamique, tentation et communautarisme

Au cours des 15 ans que j'ai passés dans une douzaine de pays pour le compte du CICR, j'ai entendu certaines femmes dire qu'elles appréciaient de porter le voile parce qu'il les mettait à l'abri (des hommes) et leur fournissait une certaine liberté de mouvement. Cet argument me paraît particulièrement pervers pour plusieurs raisons, même si c'est leur doit le plus strict de le penser, de l'exprimer et de le mettre éventuellement en pratique.

 

En tant qu'homme, je trouve désagréable et injuste d'être placé, contre mon gré, dans une catégorie de personnes dont les femmes devraient se protéger. Que certains hommes aient des comportements irrespectueux ou carrément criminels ne fait aucun doute mais ce problème doit être traité de manière frontale et non détournée. Songerait-on à supprimer les vitrines sous prétexte qu'elles peuvent susciter la convoitise des passants ou inviter au vol ? (pardonnez la comparaison).

 

Ensuite, cela revient à admettre qu'une femme non voilée est effectivement une tentation irrésistible. Pire encore, cela envoie le message tragique que l'absence de voile est une incitation à l'agression. Cette attitude schizophrène me fait penser à un reportage récent sur la perception de la femme dans les banlieues. Tous les jeunes hommes imposaient une véritable dictature à leurs sœurs, voulaient une fiancée vierge mais ne se privaient pas d'afficher un comportement sexuel très actif et peu respectueux de la femme en général. Visiblement, ils avaient de leurs sœurs et de leurs partenaires sexuelles une image bien différente, alors l'une et l'autre pouvaient fort bien se trouver être la même personne.

 

Un bémol tout de même : il est visible que notre société occidentale se trouve dans une phase  extrêmement sexuée. J'en veux pour preuve les clips de MTV qui glorifient le genre « pimp » (littéralement : souteneur, soit une activité réprimée par la loi pénale) ou l'utilisation outrancière  du corps de la femme pour vendre des objets qui n'ont aucune relation avec elle. Il est certain que notre société prend ainsi le risque de choquer.  Dans ce contexte, on peut comprendre que certaines personnes ayant vécu dans un autre espace culturel ressentent un choc, culturel, social ou religieux. C'est là que notre société doit poser des limites : ceux qui souhaitent vivre ici doivent accepter que les règles diffèrent de celles qui ont cours ailleurs.

 

Dans le cas contraire, on entrerait dans le schéma de société ango-saxon qui fait une très grande place à une logique de  communautarisme qui a montré (au Royaume-Uni ou au Canada) qu'il pouvait facilement aller trop loin dans l'intégration de coutumes ou pratiques étrangères à l'ordre juridique occidental.

 

Je suis candidat à la Constituante sur la liste No 1 Radical ouverture et  membre d'Ecologie libérale


13/07/2008

Burqa, naturalisation et libertés individuelles

Le Conseil d’Etat français vient de rendre une décision importante parce qu’elle pose les bases d’une jurisprudence en matière d’intégration. Mais il y est souvent fait référence dans des termes qui me paraissent discutables. La plus haute autorité administrative française a en effet décidé que le style de vie induit par une pratique radicale de l’Islam était un élément qui empêchait l’octroi de la nationalité française*.

De ce point de vue, il me paraît indiscutable qu’une personne qui demande une nationalité doit démontrer un certain degré d’intégration dans la communauté nationale. Il ne fait aucun doute que le port de la burqa et l’acceptation d’une soumission massive à l’autorité du mari représentent une contradiction majeure avec ce principe.

Je regrette que les médias expliquent trop souvent cette décision par une incompatibilité entre naturalisation et religion musulmane. C’est à mon avis faux et dangereux. La République laïque n’est pas hostile à la religion ni même à sa pratique dans la sphère privée. Séparée de l’Etat depuis un siècle, elle reste protégée, quelle que soit la religion en question. Dans le cas qui nous occupe, ce n’est pas la religion qui pose problème mais ses débordements sur la pratique sociale et le statut de l'individu.

Il y a des principes sur lesquels nos Etats ne peuvent pas transiger : égalité des sexes, liberté de l’individu, liberté d’expression, le tout dans le cadre de la loi démocratiquement adoptée (et non de la loi divine).

Cet arrêt est une bonne chose en tant qu’il fixe des limites à la pratique religieuse dans notre société, à son caractère ostentatoire (confirmation des décisions sur le voile à l’école) ou à ses possibles contradictions avec les valeurs républicaines.

Il pose cependant d’autres questions qui sont intelligemment soulevées dans plusieurs médias français : qu’en est-il de son mari, français lui, qui est à l’origine de la pratique rigoriste de l’Islam et de ses conséquences sociales et personnelles. D’où le titre légèrement provocant du blog de Maître Eolas (http://www.maitre-eolas.fr/2008/07/11/1030-faut-il-etre-francaise-pour-porter-la-burqa).


*(« il ressort des pièces du dossier que, si Mme M… possède une bonne maîtrise de la langue française, elle a cependant adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d'égalité des sexes ; qu'ainsi, elle ne remplit pas la condition d'assimilation posée par l'article 21-4 précité du code civil ; que, par conséquent, le gouvernement a pu légalement fonder sur ce motif une opposition à l'acquisition par mariage de la nationalité française de Mme M…. »)

06/05/2008

Enfanter à 60 ans : un droit égoïste


Le débat lancé sur un autre blog* a soulevé des questions intéressantes. Il a aussi dérapé dans une violence injustifiée. Quelques éléments supplémentaires. Je pense que c’est une mauvaise idée sans qu’il faille l’interdire pour autant. Précisons que la remarque est valable pour les hommes comme pour les femmes, même si l’intervention médicale n’est nécessaire que dans l’un des deux cas.

Avoir un père qui a l'âge d'être son grand-père, ce n'est pas une bonne chose. Le mien n'en avait « que » 47 à ma naissance, je trouve que c'est déjà trop pour partager certaines activités ou discussions avec son enfant. Alors 13 de plus ?

Enfanter à 60 ans, c’est aussi priver son enfant de grands-parents et assumer ce rôle soi-même. Et les parents alors ? C’est probablement priver les enfants de ses enfants de leurs grands-parents (60+20+5 au minimum).

Bien sûr, les futurs parents ont le « droit » de profiter des progrès de la science. Mais ce droit ne s’exerce-t-il pas à un prix très élevé pour leur descendance ? Même très actif professionnellement et socialement, n’a-t-on vraiment pas le temps de faire des enfants entre 18 et 42 ans ? C’est peut-être cela faire des choix dans l’existance ?

C'est peut-être aussi l'une de ces dérive pseudo-médicales rendues possibles par les progrès de la science. On parlera bientôt du choix du sexe de l'enfant - lire à ce sujet "Le premier siècle après Béatrice" une petite merveille signée Amin Maalouf (Grasset 1992) le clonage humain commercial, la production "scientifique" de champions et d'autres bidouillages infâmes dans lesquels l'humain aura complètement disparu.

Plutôt qu’une interdiction, l’Ordre des médecins et les Commissions d’Ethique devraient se prononcer sur cette pratique « médicale » discutable.

* Blog Doc, Bernard Buchs

17/04/2008

Fumée passive : réduire les exceptions au strict minimum

Aussi incroyable que cela puisse paraître, on trouve encore des experts pour essayer de nous convaincre que la fumée du tabac n'est pas nocive pour la santé. Et encore, si les cigarettes ne contenaient que du tabac ! Mais on a fini par apprendre que les manufacturiers y ajoutaient un "jus" de plusieurs milliers de composants dont ils gardent le dosage absolument secret. Un ange passe, effrayé.

Mais il y a deux autres raisons de bannir la cigarette des lieux publics fermés : la gène occasionnée aux autres, indépendamment de toute considération de santé. Autant un cigare ou une pipe peuvent sentir bon à dose modérée, de temps à autre, autant la cigarette subie est une véritable attaque contre les sens.

Les mesures drastiques qui sont heureusement en préparation se justifient enfin par l'incroyable arrogance dont ont fait preuve les fumeurs pendant si longtemps. Certains se rendent compte maintenant de ce qu'ils ont fait subir aux non fumeurs à une époque où demander aux participants à une réunion professionnelle de bien vouloir modérer leur consommation (on osait pas encore réclamer l'abstention) vous faisait passer pour un être profondément asocial.

Les "sacrifices" qui sont maintenant demandés aux fumeurs ne sont rien en comparaison de ce qu'ils ont fait subir à leur entourage et à eux-même. Beaucoup d'entre eux, même s'ils s'en cachent encore, sont heureux que les interdictions actuelles les aident à diminuer leur consommation, voire à la faire cesser complètement.

14/04/2008

Petites incivilités : le dilemme du citoyen


Je me trouvais l’autre jour dans un bus de la ligne 7. Au Lignon, montent à bord cinq ou six adolescents entre 12 et 15 ans. Ils parlent plus fort que nécessaire, juste assez pour imposer leurs échanges à la dizaine de personnes qui se trouvent dans cette partie du véhicule. Un portable diffuse un rapp nasillard pour l’ensemble du bus. On s’invective, un peu pour soi, un peu pour les autres. Le vocabulaire est vulgaire, les baskets sur le siège d’en face, comme il se doit. Le plus grand affirme son autorité : il parle plus fort que les autres, pose sa semelle bien à plat sur le siège à côté de lui.

Ne voulant pas passer pour un « vieux c.. », je me concentre sur mon exemplaire de la Tribune, prêt à laisser la jeunesse s’affirmer par les moyens qu’elle se choisit, même si je ne les trouve ni particulièrement drôles ni respectueux de l’environnement humain. Juste devant moi, une dame se retourne pour faire remarquer que les pieds n’ont pas leur place sur les sièges. Les jeunes lui signifient que leurs pieds sont bien là où ils sont. Pour ne pas laisser complètement seule la courageuse dame, je lance quelques coups d’œil désapprobateurs au groupe. Aucun effet, bien entendu. Et je commence à me demander quelle est la bonne attitude dans un tel cas.

Aucune option ne me plait vraiment : ne rien dire est assurément le plus confortable. Laisser passer ces petites incivilités est possible. Personne n’est directement visé ni harcelé, il n’y a personne à défendre, si ce n’est une certaine idée de la manière de se comporter dans un lieu public. Mais, quel est le message que l’on donne à ces jeunes ? Qu’est-ce qui les empêchera, une prochaine fois, d’aller un peu plus loin dans la provocation ? Si leurs parents n’ont pas pu, su ou voulu leur faire comprendre que la vie en société avait des règles ou s’ils ont choisi de ne pas les suivre, qui va le faire. Faut-il attendre qu’ils allument une cigarette, ce qu’ils n’ont pas fait mais qui est courant le soir dans le Regio à destination de Coppet ? Qu’ils s’en prennent au matériel, aux personnel des CFF ou aux autres passagers.

Intervenir, c’est s’exposer à devoir baster si leur détermination ou l’effet de groupe est assez fort. Ou se trouver confronté éventuellement à en venir aux mains. Pour défendre un passager pris pour cible, d’accord, mais pour lutter contre la petite incivilité, c’est beaucoup. Je n’ai pas de bonne solution. Et vous ?