23/03/2008

Le clip, la femme et le rappeur

Le féminisme de ces dernières décennies a induit des progrès remarquables dans la société occidentale, la parité fait lentement mais sûrement son chemin même s’il reste encore à faire. Il y a pourtant un domaine où la femme est représentée d’une manière totalement dégradante et c’est d’autant plus grave qu’une bonne partie de la jeunesse s’abreuve à cette source sans retenue ni recul : je fais référence aux clip vidéo qui passent en boucle sur MTV et les autres chaînes destinées aux adolescents. On y glorifie sans restriction le Rappeur tout puissant entouré de belles plantes dénudées et réduites au statut de filles faciles, sous l’influence de machos mal vulgaires et dégrossis, une grosse chaîne autour du cou et la casquette de travers. Il existe une mode du « pimp », soit du maquereau. Sauf erreur, mettre des femmes sur le trottoir et bénéficier des revenus de leur activité est une activité pénalement punie dans de très nombreux Etats.

Je regrette que la société tolère cette expression plus que douteuse d’expression « artistique » qui ne peut qu’encourager les jeunes à traiter les femmes en général et les filles de leurs quartiers ou de leurs classes comme des objets sexuels. On s’étonne ensuite de la violence entre les jeunes et tu triste sort qui est réservé aux jeunes filles dans les bandes. Ceci n’est qu’un aspect, peut-être le plus aigu, du problème plus général que représente l’influence de la télévision actuelle sur une jeunesse qui manque de repères. La culture de la célébrité instantanée et de la satisfaction rapide et indispensable de la plupart des besoins (eux-mêmes souvent créés artificiellement par la publicité agressive et fort bien faite) n’a pas fini de nous causer des soucis au moment où l’on parle de plus en plus de violence à l’école et d’incivilité chronique.

 

 

08/03/2008

Hygiénisme, vraiment ?

Hygiénisme !  Un reproche souvent brandi par ceux qui auraient souhaité continuer à enfumer leurs concitoyen dans tous les lieux publics. Ou par ceux qui ne supportent pas que l'on se préoccupe de ce qu'une proportion croissante de nos jeunes se dirigent tout droit vers l'obésité.  

Pourtant, on parle de deux types de situation bien différentes : dans le premier cas, il s'agit d'éviter que certains, en exerçant leur liberté individuelle, incommodent et intoxiquent leurs semblables contre leur gré dans des lieux publics fermés. Il n'est pas question de leur interdire de se donner une mauvaise haleine, un teint gris et les doigts jaunes car ils sont adultes et vaccinés. Je m'opposerais à ce que les régulations aillent plus loin sur cette question. En particulier, il absolument respecter les spécialités régionales même si elles ne respectent pas les canons de la diététique.

Le second cas est différent. La publicité et le marketing ont acquis une telle influence sur la société et les plus jeunes en particulier qu'il n'est pas abusif de fixer des règles qui permettent au consommateur non averti de le devenir, notamment en lui permettant d'avoir accès à un étiquetage compréhensible et véridique. Pour les consommateurs "en formation" que sont les enfants et les adolescents, il est salutaire que l'on prenne des précautions pour qu'ils atteignent l'âge adulte en bonne santé.

Dans les deux cas, on protège des individus qui ne jouissent pas de toute leur liberté de choisir. On est donc très loin de l'hygiénisme. 

 

 

 

13/02/2008

Un monde vraiment plus violent ?

On entend parfois dire que notre société (occidentale) est de plus en plus violente. C’est une perception largement répandue qui n’est pas fondée sur des faits. Je pense que la violence y est devenue plus gratuite, moins compréhensible et plus choquante.

Il me semble nécessaire de se représenter le monde il y a plusieurs siècles, quand la mort était bien plus présente au quotidien dans la société, les châtiments corporels considérés comme normaux, la torture comme un moyen non contesté de découvrir la vérité, les guerres locales et féodales courantes et les campagnes infestées de bandits. Même la maladie était violente: une rage de dents conduisait au mieux à la pince de l'arracheur (de dents), au pire à la mort par infection. Ce siècle à produit les plus grands massacres de l'humanité, puis le monde industrialisé en a conçu la théorie de la guerre à zéro morts (aucun chez nous, beaucoup chez les autres). 

Ce sont nos paramètres qui ont changé. Souffrance, douleur et mort ont presque disparu de nos vies quotidiennes (grâce notamment aux analgésiques) pour laisser la place à l'envie, à la frustration et à la déception. Sous l'influence de la publicité, il est tellement facile d'imaginer ce que nous pourrions avoir et n'aurons jamais que la société engendre une autre forme de violence, celle de ne pas avoir.

Alors non, je ne pense pas que la société actuelle est plus violente mais les violences qu'elle nous inflige nous paraissent moins acceptables, moins explicables et plus évitables.

Par contre, la mort virtuelle a fait beaucoup de progrès dans l'univers des adolescents, qui ont tous vu dans leurs séries favorites des milliers de meurtres plus ou moins gratuits. La télévision et les jeux vidéo ont certainement une grande responsabilité dans cette nouvelle forme de violence. A suivre…

09/02/2008

MOBILITY : un usage intelligent de la voiture

Chaque fois que c'est possible, j'utilise les transports publics, le vélo ou je marche, c'est une position de principe pour laquelle il faut faire, parfois, un petit effort. Mais quel confort et quelle tranquillité d'esprit.

De temps à autre, il est nécessaire d'avoir recours à un véhicule : transport d'objets encombrants, destination campagnarde ou horaire vraiment trop serré. Dans ce cas, il vaut la peine de penser à Mobility (https://mobility.ch/). Une fois membre (à l'année ou sociétaire), on peut réserver par internet un véhicule près de chez soi pour quelques heures, de manière très souple pour 3.- par heure et env. 42 centimes du kilomètre. Tout est inclus, y compris l'essence !

Si plus de gens recouraient à ce moyen, il y aurait plus de véhicules Mobility, plus de choix et plus de lieux. Le must, c'est de ce rendre à un rendez-vous à l'autre bout de la Suisse et de réserver un véhicule à la gare la plus proche de sa destination. En quelques minutes, on roule. On trouve aussi des utilitaires qui permettent les déménagements les plus massifs, des Smart, des breaks.

Il me semble que l'écologie intelligente n'est pas de bannir tous les véhicules sans distinction mais de les utiliser uniquement quand ils sont vraiment le meilleur moyen. En posséder un pour ... l'utiliser le moins possible n'est pas non plus une solution : non-sens économique et encombrement des rues et autres surfaces de parkings. En plus, quand la voiture est devant la maison, on finit toujours par sauter dedans sous prétexte que c'est plus simple. N'en pas avoir pousse à s'organiser autrement. Le recours à cette merveille qu'est Mobility le rend possible.

 

 

 

08/02/2008

Criminalité : quand les extrêmes se rejoignent

Dans la triste affaire de Locarno, il y a deux pièges à éviter : sombrer dans la régression anti-étranger dont la droite populiste est coutumière et se réfugier dans l’empathie communautariste un peu naïve d’une partie de la gauche. Aussi fausses l’une que l’autre, ces deux postures se renforcent mutuellement et rendent impossible l’analyse sereine de la situation. Toute réflexion constructive doit, à mon avis, s’appuyer sur deux éléments :

 

1. L’arsenal législatif actuel permet de punir les coupables, allant jusqu’à remettre en cause leur présence future sur le territoire national, si le juge l’estime nécessaire. Nul besoin donc de nouvelle loi. Ignorer cette réalité, c’est chercher à verser de l’huile sur le feu pour des raisons purement démagogiques, susciter la haine parmi éléments les moins informés de notre société, jouer sur les instincts négatifs de l’humain et, en fin de compte, rendre plus difficile l’intégration de ceux qui en ont la volonté.

 

2. Il  y a bien un problème d’adaptation d’une partie des jeunes qui sont nés à l’étranger ou dont certaines références culturelles sont différentes du mode de vie helvétique. Il est contre-productif de se le cacher. Il serait plus positif d’effectuer une véritable enquête sur les causes, les perceptions et les itinéraires, sans stigmatisation, à l’image de ce qu’Olivier Guéniat a fait dans le domaine de la violence des jeunes dans son ouvrage « La délinquance des jeunes – l’insécurité en question » publié en 2007 dans la collection Le Savoir Suisse.

 

L’extrême droite comme l’extrême gauche trompent le citoyen en lui laissant croire que la répression et l’exclusion d’un côté, la compréhension et l’assistanat de l’autre permettront seuls de réussir la synthèse dans la Suisse du XXIe siècle. Comme souvent, c’est un subtil mélange d’incitation et de répression, d’assistance éducative et de mesures punitives,  adaptées aux cas et aux problèmes locaux qui permettra de franchir ce cap et d’améliorer la situation.

 

Mais bien entendu, postures et gesticulations ont l’immense avantage de simplifier les choses et d’apporter un certain confort intellectuel à ceux qui ne veulent (ou ne peuvent) faire l’effort d’envisager des solutions complexes à un problème qui l’est aussi.

04/02/2008

Eglise catholique : une responsabilité morale et légale

Les atteintes à caractère sexuel commises par des représentants de l’Eglise catholique (principalement, mais pas exclusivement) ne sont pas nouvelles. Aux Etats-Unis et en Europe, des centaines de millions ont été dépensés ces dernières années pour faire taire les victimes des abus même si, officiellement, il s’agit toujours de « les aider à se reconstruire ». Ce type d’abus sur des personnes en situation de dépendance ou des mineurs est choquant, et il l’est aussi quand il est commis par d’autres que des religieux. Mais la hiérarchie de l’Eglise porte une très lourde responsabilité légale et morale dans ces affaires pour les raisons suivantes :

 

-       Dans de nombreux cas, elle savait le danger que représentait l’auteur et a choisi de le soustraire à la justice. Plus grave que cette seule impunité, elle a pris l’énorme risque de se rendre complice d’autres abus, ce qui est, semble-t-il arrivé plus d’une fois. Peut-on imaginer un directeur d'école agissant de même avec un enseignant de son établissement ?

-       Etant donné ses positions moralisantes sur de nombreux sujets de société et en particulier sur les pratiques sexuelles, sa propension à régenter la vie de ses fidèles, voire de la société tout entière, l’extrême tolérance de l’Eglise pour les crimes de ses propres agents est choquante.

-       De ce grand écart éthique, on retire l’impression qu’elle considère les victimes comme un peu coupables et ses propres abuseurs un peu victimes. Avec cet a priori que, puisqu’il est foncièrement bon, le prêtre ne peut être que mortifié par ce qu’il a commis et par conséquent que son remord supposé suffit à sa punition et à la consolation de l’abusé.

-       Même si elle rejette cette idée, je ne peux m’empêcher de penser que l’imposition du célibat (et par conséquent de la chasteté) met les prêtres dans une situation de tension intérieure qui favorise le passage à l’acte en dehors des normes admises par la loi, d’autant plus que les religieux se voient confié une autorité sur des mineurs et qu’ils jouissent (encore) d’un certain prestige « de fonction ».

 

Il est temps que l’Eglise, au plus haut niveau, prenne une position absolument claire et mette sa pratique en ligne avec la Justice universelle et le simple sentiment d’humanité qu’elle prêche par ailleurs. Historiquement et sociologiquement, le sentiment religieux est digne de respect mais il s'accommode mal de l'ambiguïté des hiérarchies, des pratiques et des doctrines.

28/01/2008

Chiens d’attaque : l’interdiction légitime

Comme son nom l’indique, le chien d’attaque est destiné à … attaquer. De ce seul fait, il n’a pas sa place dans une société humaine organisée et urbaine, où le droit de se mouvoir librement et en sécurité est placé haut dans l’échelle des valeurs. Ne pas interdire la présence de telles bêtes dans nos rues, parcs et chemins signifie que chacun doit être en mesure de s’en défendre lui-même (être armé ?) et que les personnes les plus vulnérables (enfants, personnes âgées) ne peuvent plus s’y promener seuls, ce qui n’est bien entendu pas acceptable. En tant que joggeur, cycliste ou en promenade en forêt, j’ai un droit absolu à ne pas rencontrer de tels monstres en liberté.

 

On nous dira que l’animal n’est pas dangereux mais que son maître l’est. C’est à la fois faux et vrai. Par sa morphologie, ces animaux causent des morsures beaucoup plus dangereuses que les autres et ne lâchent pas leur victime. Sélectionnés pour leur capacité à l’attaque ou au combat, ils ont des caractéristiques particulières, ce sont des créations humaines, souvent dégénérées par des croisements multiples qui ont développé leurs traits de caractère les plus incompatibles avec la vie en société. Les détenteurs de ces bêtes posent aussi problème. Leur simple observation montre que ces maîtres présentent des caractéristiques communes : agressivité, volonté d’inspirer la crainte ou simple marginalité (marginalité qui n’est pas un problème en soi mais le devient lorsqu’elle est « armée d’un chien d’attaque »).

 

On peut douter que ceux qui ont choisi de détenir de telles bêtes soient les plus aptes à les dresser, les contrôles et les maîtriser comme leur dangerosité naturelle l’exige. Bien entendu, les autres chiens mordent aussi et leurs maîtres sont tenus d’en protéger la population mais le danger est sans commune mesure.

 

Quant à les tenir muselés, enfermés, attachés, c’est une mauvaise solution qui, cette fois, est totalement contraire au droit de ces animaux et ne peut qu’en faire des bêtes encore plus féroces lorsqu’elles échappent au contrôle de l’homme.

 

Il faut donc interdire ces races de chiens et progressivement les croisements nouveaux qui seraient produits par ceux qui cherchent à contourner la loi.

25/12/2007

Fumée passive : interdiction malheureusement nécessaire

J'aurais souhaité qu'il ne soit pas nécessaire d'interdire la fumée dans les lieux publics. Ce type de mesure est toujours l'aveu d'un échec : celui de la modération et du respect. On aurait pu éviter d'en arriver là si une plus grande partie des fumeurs avaient fait preuve de retenue dans leur manière de consommer. On constate trop souvent à quel point les fumeurs sont inconscients de la gène qu'ils peuvent causer autour d'eux. Beaucoup sont incapables de se modérer lorsqu'ils sont en présence de non-fumeurs. 

Les tenanciers d'établissements publics ont beaucoup traîné les pieds: combien de coins non-fumeurs, simples alibis où les nuages nauséabonds sont sensés s'arrêter tout seuls à la limite de la zone signalée par le gérant.  

Au-delà des risques pour la santé, un aspect des nuisances de la fumée de cigarette est souvent négligé : ça sent tout simplement très mauvais! Autant l'odeur d'une pipe ou celle d'un bon cigare peut être agréable en quantité raisonnable, autant celle de la cigarette bourrée d'additifs (les fameux "jus" des fabricants) destinés à nous rendre tous dépendants est désagréable.

Et finalement, le meilleur argument en faveur d'une limitation de la consommation reste la peau grise, le teint cireux, les doigts jaunes et l'haleine chargée des gros fumeurs. Si les débutants d'aujourd'hui voulaient bien regarder de près ceux d'avant-hier, ils seraient moins nombreux à commencer. Courage !