03/01/2017

L'abjection sans réaction.

La Russie inquiète. Pour les positions bellicistes du président Poutine, c'est un aspect. Mais ce n'est pas vraiment nouveau. Des leaders qui profitent des faiblesses ou de la désunion de leurs adversaires, c'est un grand classique. Les civils de Syrie et d'Ukraine en paient la facture, mais la Russie n'est de loin pas seule responsable. 

Non, ce qui est inquiétant, c'est ce qui se passe à l'intérieur. Le délire homophobe d'un certain Boulatov qui dénonce, expose publiquement et pousse à la démission des enseignants homosexuels. C'est infâme, contraire à tout principe de l'Etat de droit. Mais le pire, c'est que personne en Russie ne semble trouver cela choquant. En tout cas pas les autorités ni les religieux. L'intolérance gagne, dans une sorte de grand vent de conservatisme rance, de stigmatisation sous prétexte de soi-disant "morale". Un salmigondi de religion sous ses pires aspects d'intolérance et de haine. La même chose se produit en Afrique où les hommes (surtout eux) semblent prendre un malin plaisir à torturer autrui sous prétexte de tradition, de croyances et de religion mêlés. Excision, mariage forcé, lapidation pour adultère (des femmes seulement, chacun sait que les femmes commettent l'adultère toute seules) ou chasse aux gays. Même les albinos sont pourchassés. Que fait l'Etat, que font les religieux quand ils ne sont pas eux-mêmes à la manoeuvre de ces abominations ? La nausée. L'année commence bien. 

https://www.letemps.ch/monde/2016/12/28/cet-activiste-russe-traque-enseignants-homosexuels

 

16/08/2016

Un T-shirt, ça peut aussi aller, non ?

Je n'aime pas le burkini. Ce vêtement entre en conflit avec les normes vestimentaires habituellement acceptées dans nos régions, avec d'autant plus de violence qu'il est très souvent noir. Il ne viendrait à l'idée de personne d'aller de baigner en bikini sur une plage saoudienne, sans vouloir faire de la réciprocité une règle absolue. L'interdire ou non est une question d'opportunité politique : cause-t-il un tel problème à l'ordre public qu'il faille régler la question d'une manière aussi invasive ? A voir de cas en cas.

Par contre, les baigneuses que le maillot de bain tel qu'il est porté en Europe indispose peuvent parfaitement porter un cycliste aux genoux et un T-shirt par dessus leur maillot sans que personne ne s'en offusque. Nombreux sont les baigneurs qui veulent simplement se protéger d'un soleil de plus en plus agressif. Négliger cette solution "douce" revient à imposer à une région un code vestimentaire qui ne lui est pas naturel. C'est d'autant plus étonnant que le Moyen Orient dont viennent la plupart de ces personnes est très sensible aux questions d'hospitalité, de coutumes et de respect. 

Finalement, en tant qu'homme, je me sens collectivement offensé à l'idée que le corps d'une femme doive être protégé de mes instincts ou de mes regards. Serai-je donc tellement dangereux et incapable de me contenir à leur vue ? 

 

20/10/2015

Halte aux politiques pyromanes !

En Allemagne, les allumés de Pegida s'en prennent à des réfugiés et poignardent Henriette Reker, qui a ensuite été élue maire de Cologne au premier tour. En Israel, un Erythréen de Beersheba est lynché par la foule qui l'a pris pour un assaillant lors d'un attentat. On voit que c'est aussi de l'intérieur de nos sociétés que vient le danger quand on excite la population avec des fantasmes d'invasion et des images  manipulées avec talent. On a vu comment le JT de la télévision hongroise avait reçu la consigne d'éviter toute image touchante qui pourrait susciter la sympathie et pour cela d'éviter de montrer des enfants réfugiés au public. 

Il faut donc faire très attention de ne pas se laisser manipuler par les responsables des partis extrémistes qui ne gagnent que par la peur. Le même raisonnement vaut à Genève où les dirigeants populistes créent eux-même les problèmes pour prétendre ensuite les résoudre. Minarets, invasion étrangère, etc. Ceux qui se plaignent du trafic pendulaire se sont opposé à un financement intelligent de parkings d'échange en France pour des raisons idéologiques. Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre nous même le feu pour venir ensuite jouer les pompiers de service. Ca devrait finir par se voir.

22/07/2010

Eviter le piège

Choquant, mais...

Au premier abord, la vision d’une femme couverte des pieds à la tête est choquante, plus encore en Suisse. Cela ne correspond ni à notre éducation, ni à notre mode de vie, ni à rien d’autre de ce qui se fait ici. C’est choquant et déplaisant. Se voiler entièrement ne répond pas à une prescription religieuse, ce que confirment bon nombre de musulmans éminents. Mais...

 

Lire la suite

30/12/2009

Béatifier à tout prix ?

Faut-il béatifier Pie XII ? Pendant que les passionnés échangent les points de vue, le citoyen laic mais culturellement chrétien que je suis s'interroge : pourquoi faut-il béatifier et sanctifier à marche forcée ? L'Eglise catholique romaine a-t-elle quelque chose à prouver ? N'y a-t-il aucun espace entre la sainteté et la disgrâce ? Un pape ne peut-il pas avoir été simplement humain placé dans une situation de pouvoir et de responsabilité écrasante, avec ses forces, ses faiblesses, ses calculs et ses peurs ? Ni saint ni criminel pour autant.

On sait que Jean-Paul II a "promu" pendant son pontificat autant de personnages méritants que tous les successeurs de Pierre avant lui, y compris des personnages qui n'avaient pas brillé par leur humanisme. N'est-ce pas banaliser complètement l'acte qui devrait sanctionner une vie vraiment exemplaire et qui se détache nettement de ses semblables ? C'est si vrai que fleurissent immédiatement sur internet les appels à déclarer "santo subito" toute personne que l'on veut célébrer. Cette étiquette, à l'origine utilisée pour promouvoir la béatification accélérée de Jean-Paul II est maintenant utilisée pour l'agresseur de Berlusconi et n'importe quel individu perturbé ou carrément criminel.

On peut être profondément laic mais concerné par l'évolution d'une Institution historiquement, culturellement et socialement importante en Occident.

30/07/2009

La gauche genevoise s’affranchira-t-elle de ses loyautés maoïstes ?

 

Article de Nguyen Thi Xuan Trang, médecin généraliste et candidate au Grand Conseil sur la liste No 1 Les Radicaux.

Le dalaï-lama sera à Genève le 6 août. Et vraisemblablement, personne à Genève ne souhaite lui accorder les honneurs d’un accueil officiel. Certes, il n’est pas un chef d’Etat, le Tibet étant toujours sous domination chinoise. Rien ni personne ne peut donc obliger les autorités genevoises à l’accueillir. Mais qu’importe : le dalaï-lama mérite un accueil officiel et digne. En raison des valeurs qu’il représente, et en particulier à Genève. Accueillir ce Prix Nobel de la Paix, quoi de plus naturel dans la cité qui a donné naissance aux deux premiers titulaires de ce prix - Henri Dunant et Elie Ducommun ? Accueillir ce chef spirituel, qui s’avère un modèle de tolérance politique et religieuse, quoi de plus naturel dans cette ville qui fut la Rome protestante, et qui est devenue la Rome laïque, terre d’asile de tous les cultes ?

 

Lire la suite

14/09/2008

Contrer le fondamentalisme islamique ? oui, mais par n'importe comment

Tout d'abord, rappeler le principe de laïcité de l'Etat qui prévaut en Suisse et à Genève en particulier. Il inclut, bien entendu, le droit de pratiquer librement sa religion dans la sphère privée. Mais lorsque les pratiques privées conduisent à des dérives fondamentalistes, il faut prendre d'autres mesures. L'absurde initiative contre les minarets concentre toutes les tares possibles : elle est d'abord inutile, extrémiste et contraire au droit international. Ensuite, elle pose le principe de réciprocité de la pire des manières : elle inflige précisément aux autres les interdits qu'elle leur reproche chez eux. Je pense qu'il est infiniment plus puissant de démontrer aux Saoudiens et autres fondamentalismes que leur religion se pratique ouvertement et dignement chez nous, que leurs lieux de cultes peuvent arborer un minaret (certes muet) dans les limites posées par les règlements d'urbanisme alors que la pratique du christianisme est impossible chez eux. C'est la réciprocité positive.

Le contrôle des mosquées et des projets éventuellement contraires à l'ordre public rente bien entendu d'actualité. Mais d'autres mesures à plus long terme sont nécessaires. Il faut d'abord organiser la formation des imams en Suisse et ne pas accepter que les communautés soient menées par des leaders charismatiques venus de l'étranger. Ensuite, il faut se demander dans quelle mesure il est acceptable que les directeurs et autres responsables soient designés et rétribués par des organismes ou des Etats étrangers.

Dans le débat sur le fait religieux, il ne s'agit pas de discuter des mérites respectifs des différentes religions mais de distinguer chez chacune d'elles les applications fondamentalistes et souvent rétrogrades des versions modernes qui ont été rendues compatibles avec la vie moderne. Il est vrai que l'Islam est à un tournant de son histoire où le besoin d'adaptation est plus pressant que jamais. D'autres facteurs historiques et politiques récents ont limité plus encore la capacité de l'Islam à se mettre en question.

Il paraît plus important d'isoler les fondamentalismes et la pratique religieuse forcée ou manipulée pour ses dérives liberticides ou simplement criminelles. A une époque de leur histoire, d'autres religions ont elles aussi connu leurs dérives : Inquisition, croisades, conquêtes territoriales, persécutions, etc. Il faut donc favoriser au sein de toutes les structures religieuses le débat sur l'interprétation des sources, de sa pratique et sur sa relation avec le monde dans lequel vit la communauté.

Je suis candidat à la Constituante sur la liste No 1 Radical ouverture et membre actif du Mouvement Ecologie libérale

16/07/2008

Minarets : le jeu dangereux de la réciprocité

L’un des arguments avancés par les promoteurs de l’initiative anti-minarets est celle de la réciprocité. En effet, il peut paraître séduisant de dire que l’on autorisera la construction de minarets en Suisse lorsqu’il y aura des clochers à Jeddah. Séduisant mais trompeur pour deux raisons au moins.

La première est qu’il existe des églises en pays musulman. Même si elles ont connu ou connaissent des difficultés parfois majeures, les pratiques religieuses non musulmanes peuvent coexister avec l’Islam.

La seconde me paraît plus importante. L’argument de la réciprocité doit être utilisé de manière positive et non négative. On peut se montrer ouvert à la pratique privée de l’islam et d’autres religions, y compris à l’édification de lieux de culte et de minarets, dans les limites des règlements d’urbanisme et des plans de quartier, comme tout autre construction humaine, et faire valoir cette position pour promouvoir l’ouverture de notre société face aux intolérances des autres. C’est un faux calcul que d’imiter ceux que l’on accuse (non sans raisons) d’être d’affreux rétrogrades. C’est se mettre au même niveau qu’eux et en quelque sorte légitimer leur propre position par la nôtre.

Est-il utile de préciser là que je me sens profondément laïc. C’est une position de principe qui repose absolument pas sur une quelconque volonté de promouvoir les constructions religieuses quelles qu’elles soient. Elle repose sur des valeurs de tolérance et l’intérêt bien compris de nos sociétés démocratiques et pluralistes face à une remise en question de la part de fondamentalismes variés, tant religieux que national-populistes.