01/10/2013

Circulation : le respect, ca change la route !

Autopsie d’une cohabitation difficile.

Le cycliste est vulnérable, il se sent vulnérable, ses membres et sa tête lui servent de pare-chocs. Dans le trafic, il est sur ses gardes, parfois sur les nerfs car il se sent souvent menacé, en particulier quand il doit se frayer un chemin entre les automobilistes qui sont, il faut le dire, en majorité plutôt corrects. Mais pas tous. Et il suffit d’un seul conducteur imprudent, agressif ou maladroit pour l’envoyer au tapis. Et là, ça fait toujours mal, très mal. Il y a aussi la peur de voir l’arête d’une portière qui s’ouvre brutalement devant lui. Une frayeur vécue que je ne souhaite à personne. A la Jonction, l’actualité récente nous a donné un exemple tragique du danger qu’il peut à avoir à rouler à vélo.

Pourtant, le vélo est un mode de transport doux et bon pour la santé. Si seulement nous avions à Genève des pistes cyclables plus cohérentes et séparées du trafic général. Ce serait mieux pour tout le monde, cycles et trafic motorisé. Il faut y travailler, l’initiative 144 adoptée en votation populaire le 15 mai 2011 l’exige.

Mais le cycliste peut parfois être une source de danger ou de stress pour d’autres, en particulier les piétons, mais aussi pour les automobilistes et les transports publics qui les voient surgir là où ils ne les attendent pas (ou ne les entendent pas). En tant que pratiquant fervent et régulier, je regrette le comportement de certains qui se croient autorisés à rouler sur les trottoirs ou dans les rues basses, à frôler les piétons et à exiger le passage alors qu’ils n’y ont pas un droit exclusif.

De leur côté, les piétons se jettent trop souvent de manière inconsidérée sur les passages protégés ou en dehors, négligeant complètement l’arrivée des cyclistes silencieux ou même des véhicules à moteur.

Sauf à les séparer totalement, piétons, cyclistes et trafic motorisé n’ont d’autre choix que de cohabiter. Autant que ce soit dans le respect les uns pour les autres. D’importants efforts de sensibilisation doivent être faits par et en direction de tous les acteurs de la mobilité, publics, privés et associatifs. En dernier recours, les infractions les plus flagrantes doivent être sanctionnées.

C’est pour cela que je veux me battre, avec mon ami le député Patrick Saudan, au Grand Conseil mais aussi dans notre activité militante, pour que la vie et les déplacements à Genève soit plus harmonieux et respectueux de l’Autre.

 

Membre du Comité de Pro-velo, des Comités directeurs du PLR genevois et suisse

Candidat au Grand Conseil

25/09/2013

Panique à l'UDC

Cette fois, c'est certain, l'UDC panique à dix jours des résultats des élections cantonales. Et ses élus genevois exportent même leurs divagations à Berne. Résumé :

Dans les heures qui suivent la tragédie du meurtre d'Adeline, c'est ce parti qui se lance dans une surenchère racoleuse et d'une vulgarité sans nom. La présidente-candidate démontre à cette occasion un talent naturel pour ce rôle.   

Exporter les retraités, les réfugiés déboutés, et quoi d'autre ? C'est insultant à la fois pour les "exportés" et les Marocains. C'est la proposition du Conseiller national Nidegger. Et nos déchets nucléaires ? 

Et aujourd'hui, l'UDC qui protestait, à raison, contre les jours amende avec sursis tels qu'il sont appliqués depuis la révision de 2007, en devient soudain le plus ardent défenseur. Tout cela parce que la réforme proposée pourrait contraindre les auteurs de grosses infractions routières à passer à la caisse. L'UDC serait-elle le parti des chauffards ? Là, on ne parle pas des bûches pour stationnement, mais des grosses bêtises dangereuses. 

De son côté, le MCG en remet une couche sur "l'épidémie des frontaliers" dans sa propagande électorale. Et le navrant M. Stauffer lors du débat RTS de lundi a été incapable d'articuler une seule proposition concrète face au travail de Pierre Maudet. Il est temps de se rendre compte que les coups de gueule et de menton amusent peut-être un temps le citoyen fâché mais n'apportent strictement rien à la résolution de nos problèmes. 

13/09/2013

Eolien : le vent dominant

La gestion du dossier éolien par les SIG semble avoir été déficiente. Soit. Sous l'impulsion de son président Alain Peyrot, des audits ont été menés, les conclusions courageusement tirées par le vrai entrepreneur qu'est André Hurter. Les projets industriels comportent toujours des risques, d'autant plus dans un domaine nouveau et relativement dépendant des très longues procédures d'autorisation qui plombent la construction d'éoliennes.

Mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain : l'énergie éolienne reste une formidable source renouvelable. La preuve : en Allemagne, ce sont les centrales à charbon qui ferment, le nucléaire peut être progressivement abandonné sans que la pénurie ne frappe une économie pourtant en plein boum. Et les prix de l'électricité sont au plus bas sur le marché international. Si c'est un problème économique pour les producteurs, c'est une aubaine pour les industries consommatrices et pour la transition énergétique en général. L'éolien est et restera une solution d'avenir, ou au moins une partie de la solution. 

Personnellement, je préfère "subir" la vue de quelques éoliennes à l'horizon que d'infliger à nos enfants des centrales terriblement compliquées et chères à gérer puis à démanteler, comme on s'en rendra très bientôt compte lorsque le parc actuel devra être désactivé. Il faudra aussi assumer la gestion sur des millénaires des déchets hautement radioactifs, pour les quels on n'a pas encore trouvé de solution satisfaisante. Et je ne parle même pas des accidents nucléaires qui nous entrainent dans une autre dimension, comme on le découvre chaque semaine avec le cauchemar de Fukushima. Les nouvelles pistes de recherche en matière nucléaire seront elles capables de nous fournir une énergie propre ? Cela reste encore à démontrer. 

Face à ces perspectives à la fois sécuritaires, éthiques et financières, il ne faut vraiment pas laisser de regrettables péripéties de gestion dont les conséquences ont été tirées plomber le développement d'une énergie d'avenir. Ne serait-ce que parce qu'une éolienne se démonte facilement en quelques jours, au contraire d'une centrale irradiée. Et le vent est inépuisable, au contraire du combustible nucléaire. 

21/08/2013

Le SIT préfère l’assistance au travail

Camouflé derrière la défense des travailleurs et des chômeurs, soutenu par SolidaritéS comme la corde soutient le pendu, le Syndicat indépendant des Travailleurs (SIT) cherche à détruire les efforts faits pour remettre au travail les chômeurs en fin de droits ou ceux qui ont été exclu du monde du travail. Pour le SIT, mieux vaut l’assistanat que le travail tel que le propose l’association Partage. Je suis allé à leur rencontre et me suis informé de leurs activités il y a plusieurs mois. Vincent Gall, Marc Nobs et leur équipe font un travail remarquable pour redonner une dignité par l’emploi. Les missions que réalisent les collaborateurs de Partage respectent les principes du développement durable et sont fondamentalement utiles à la société tout entière : collecte écologique des déchets dans plusieurs communes, récolte, conditionnement et redistribution des restes alimentaires aux associations d’intérêt public, transport des objets trouvés des postes de police vers le bureau des objets trouvés de Rive (alors que jusqu'à présent, des policiers et leurs véhicules étaient mobilisés pour cela).

C’est malheureusement une tendance générale à Genève :  ceux qui vivent de la crise cherchent à la prolonger. Le SIT pense être plus fort quand le chômage est élevé, quand les projets de reinsertion ne fonctionnent pas. De même, l’Asloca trouve un peu trop sa raison d’être dans la crise du logement,  ses spadassins font tout pour bloquer les projets de construction ou congeler le marché immobilier à l’aide de la funeste LDTR.

 Je suis convaincu qu’il existe une troisième voie entre l’assistanat qui rend passif et le capitalisme sauvage. Une économie profitable qui n’oublie pas l’Humain. C’est, entre autres, l’Economie Sociale et Solidaire. Encore faudrait-il que les conservateurs de tous bords ne la sabottent pas pendant son adolescence.

 

19/08/2013

Laisser les allumés s'éteindre tout seuls

Quelle erreur de la part des autorités égyptiennes actuelles que d'avoir tenu à déloger par la force les manifestants pro-Morsi ! De même, non contents d'avoir démis le président pourtant élu après un an de mandat, les autorités ont trouvé adéquat de le détenir dans un lieu caché. Quand on prétend lutter contre un arbitraire, il faut absolument éviter d'en créer un autre. C'est pourtant ce que les autorités égyptiennes actuelles ont fait. 

Le régime des Frêres Musulmans et son leader Morsi avaient pourtant fait tout faux ! Ils avaient démontré que tout ce qu'on leur reprochait à l'avance, parfois avec une certaine mauvaise foi, était absolument vrai : incompétence, népotisme, violence, manque de transparence, corruption, irrespect pour les lois, la séparation des pouvoirs et la Constitution. Toutes les erreurs, ils les avaient commises de sorte que le petit peuple des villes et des campagnes qui les avait portés au pouvoir ne pouvait déjà plus les voir en peinture après à peine une année de pouvoir. Cela ressemble beaucoup à ce qui s'est passé en Tunisie où Ennahda a su montrer son incompétence en peu de temps. 

Mais alors, pourquoi leur faire cadeau de martyrs alors qu'ils ne cherchainent que cela ? pourquoi leur donner la chance inouie de se replacer du côté des victimes du système ? Incompétence du pouvoir civil ou plutôt volonté plus ou moins déguisée de l'armée de pourrir la situation et de reprendre la main elle-même, selon ses méthodes ? Quand on sais que Nasser, Sadate et Moubarak étaient tous issus de ses rangs. Et qu'elle a des intérêts économiques très importants à préserver.

06/08/2013

Prisons : trop de fédéralisme tue le fédéralisme

Il est stupéfiant que les autorités vaudoises ne sachent pas qui elles détiennent. Qu'un membre des archi-connues Pink Panthers soit emprisonné par des autorités qui ignorent le pedigrée du lascar est tout bonnement incroyable. Au moment où nous découvrons chaque jour à quel point nos propres informations et communications privées peuvent être écoutées par de grandes oreilles technologiques étrangères, il apparait que les dossiers des détenus, et pas n'importe lesquels, peinent à circuler de Neuchâtel à Lausanne. 

Si c'est pour des raisons technologiques, c'est à déséspérer. Si c'est pour des raisons qui tiennent au traitement purement cantonal des dossiers pénaux, il faut vraiment changer les choses. Le bon niveau n'est même plus national, mais européen. Que l'on soit pro ou anti européen, ce n'est pas une question politique mais une question de simple bon sens. Il faut agir là où cela se passe. Le crime organisé, lui, s'organise... et ne s'embarrasse pas de susceptibilités géographiques ou de lenteurs administratives. Il s'adapte et il agit, pour notre plus grand malheur. 

11/07/2013

Pêche et subventions publiques : effets pervers

Le Nouvel Observateur vient de publier dans son numéro du 4 juillet 2013 une grande enquête basée sur un rapport de la Cour des Comptes française datant de 2010 et, semble-t-il soigneusement caché à ceux à qui il était destiné de même qu'à la presse. Il conclut que le montant des subventions accordées à la pêche professionnelle française est presque équivalent au chiffre d'affaire total de la dite pêche.

Quand on sait que de nombreuses espèces de poissons voient leur stocks baisser dramatiquement, on peut s'inquiéter de ce système pervers. Et on apprend ce jeudi 11 juillet, en pleine période de vacances, que la Commission de la Pêche de l'UE vient de rétablir les subventions à la construction de navires de pêche professionnelle. Un véritable non-sens au moment où le secteur entier de la pêche devrait être revu entièrement et rendu viable sur le long terme, tant sur le plan écologique que social et économique. Aider à la construction de nouveau outils de pêche va tuer ce secteur entier, en tout cas sur les côtes de notre vieille Europe pour le seul bénéfice de quelques uns.

C'est le jeu des lobbies qui a encore permis d'atteindre ce résultat dramatique, au coeur de l'été, quand les attentions sont tournées vers la plage, l'apéro et le Tour de France, mais certainement pas vers le triste sort des océans au bord desquels certains d'entre nous se grillent actuellement l'épiderme (avec protection, espérons-le !).

03/06/2013

Pour une contre-offensive suisse

Quelle que soit notre opinion sur l’imposition, les budgets et les dépenses de l’Etat, il ne faut pas se tromper : la Suisse est impliquée dans une véritable guerre économique. Une partie de la gauche mais aussi ceux qui mènent actuellement les négociations avec l’Union européenne et les Etats-Unis semblent ne pas vouloir le voir. Isolé sur la scène mondiale et continentale, notre pays est une cible évidente pour tous ceux qui veulent décréter chez les autres les grands et beaux principes qu’ils se refusent à appliquer chez eux.

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15/05/2013

Le libéralisme ne doit pas tolérer ca

Le progrès est entouré d’une aura positive. Dans le dossier alimentaire et en particulier celui des semences génétiquement modifiées, je me demande s’il va vraiment dans le bon sens. 

Toujours présentées comme étant dans l’intérêt du monde, du paysan ou du consommateur, les modifications génétiques du vivant, rapidement et logiquement suivies du dépôt de brevets, nous entrainent sur des voies inquiétantes.

La recherche est nécessaire, certaines évolutions sont intéressantes mais la plus grande prudence est de mise. Parce qu’on ne connaît pas les conséquences à long terme et en particulier sur l’homme des gènes modifiés introduits dans notre alimentation et celle du bétail. Mais aussi parce qu’on laisse quelques firmes très puissantes et très opaques déposer  des brevets sur le vivant et donc sur notre alimentation.

Peut-on compter sur l’autodiscipline  et sur l’éthique d’entreprises devenues impersonnelles et où la traçabilité des responsabilités est n’est plus garantie, tout comme celle de leurs produits ?

Bien qu’il s’en défende depuis 1999, mais de plus en plus mollement selon son propre « 2005 Pledge Report » (p. 29), Monsanto commercialise des semences stériles, que le producteur est contraint de racheter chaque année. Il arrive que l’agriculteur soit obligé d’acheter chaque année une substance qui « active » le gène de croissance des semences de la deuxième génération.

C’est une logique purement économique qui rend le client captif d’un mécanisme agro-alimentaire qui le dépasse. Un choix responsable ne peut s’exercer que si l’information est vraiment disponible et si des alternatives existent.

Je pense que le libéralisme véritable ne peut pas se rendre complice de constructions commerciales qui mettent en danger notre environnement végétal, voire génétique, mais aussi la survie économiques des producteurs.

Comme consommateur, comme citoyen ou peut être bientôt comme responsable politique, je ne veux pas de cette logique. Je veux manger des produits qui ont aussi peu voyagé que possible. S’il s’agit de produits préparés ou qu’ils viennent de loin (cela peut arriver), je veux de la traçabilité et de la transparence sur leur origine et leur composition.

J’aimerais aussi que mes achats permettent de rétribuer correctement le travail du producteur. Comme dans d’autres domaines, la confiance dans le commerce alimentaire ne se décrète pas, elle se mérite.

Rolin Wavre, ancien secrétaire général du PLR Genève

Candidat au Grand Conseil

 

Publié dans la Tribune de Genève le 3 mai 2013

14/04/2013

Asile - immigration (1) : deux régimes différents

L'asile est un droit, l'immigration est une politique.

Ces deux régimes sont différents. La confusion entretenue le plus souvent à dessein est le fait de deux catégories de personnes : ceux qui veulent abuser du régime de l'asile pour forcer les portes de l'entrée en Suisse et ceux qui veulent ouvrir toutes grandes ces portes aux migrants. Les uns comme les autres causent un grand dommage aux vrais migrants et à ceux qui ont un véritable motif de demander et d'obtenir l'asile en Suisse. 

D'une part, l'asile est un droit absolu, reconnu par le droit international et issu d'une pratique très ancienne entre les Etats mais aussi à l'intérieur de ceux-ci : les édifices religieux ont longtemps offert un refuge inviolable aux personnes menacées. 

De l'autre, le régime de migration et d'immigration est une décision politique que prend chaque Etat en déterminant comment, selon quels critères et quelle procédure il entend accueillir des citoyens d'autres Etats sur son propre territoire, pour une période brève ou longue. En définissant sa politique, chaque Etat en vient à déterminer combien de migrants il estime pouvoir accueillir. Cette politique peut être plus ou moins généreuse et ouverte, selon le degré d'acceptation de la population, son ressenti et finalement les autorités qu'il se donne par l'élection. Avec une politique donnée, on peut être d'accord ou non, la trouver trop généreuse ou pas assez. Mais cela n'a rien à voir avec la politique d'asile. 

Cet article est le premier d'une série à publier d'ici la fin mai prochain et le vote du 9 juin. Je reviendrai donc les jours prochaine sur plusieurs questions qui sont liées à ce thème. En particulier : 

- y a-t-il un droit de migrer pour des raisions économiques ?

- la politique d'asile élaborée il y a plusieurs dizaines d'années est-elle encore adaptée à la situation actuelle ?

- peut-on soutenir l'existence de règles et refuser qu'on les fasse ensuite appliquer, au besoin sous la contrainte ?

- quelle place pour les population nomades ? 

- que peut-on attendre des leaders communautaires dans ce contexte ?

- comment la population ressent-elle qu'un seuil est atteint ou non en matière d'immigration ? 

- quelle place à la volonté d'intégration dans la migration ?