Et pourtant, elle tourne ! - Page 12

  • Des leçons et un énorme paradoxe

    Il y a plusieurs enseignements à tirer du vote de ce weekend et un énorme paradoxe.

    Tout d'abord, noter que notre système démocratique est extraordinaire. On ose débattre de tout (parfois de rien), puis le peuple vote, ce que la plupart de nos voisins ne font pas. Nous pouvons en être fiers.  

    Puis constater qu'il y a plusieurs Suisse : celle dessinée par les régions linguistiques mais surtout le fossé qui sépare les villes des campagnes. Une Suisse confiante et une Suisse méfiante. Celle de ceux qui sont en charge de faire fonctionner le pays avec la part de compromis parfois douloureux que cela implique et ceux qui s'offrent le plaisir de coups de gueule dont d'autres devront gérer les conséquences. 

    C'est là que se trouve l'énorme paradoxe : il reviendra à ceux qui se sont le plus engagés contre l'initiative de gérer les conséquences de son acceptation. Sauf à jouer la politique du pire, ils seront contraints de se battre pour donner raison aux initiants qui affirment que l'on peut tout renégocier avec l'UE et que l'initiative va faire du bien à notre pays. C'est certainement ce profond malaise qu'a voulu exprimer assez logiquement le PLR suisse en proposant de confier à M. Blocher le soin l'aller négocier à Bruxelles les suites de son initiative. Un Blocher qui, il n'y a pas si longtemps, ne jurait que par une voie bilatérale qu'il saccage actuellement. 

  • Plainpalais : dent creuse, esthétique et logements en Ville

    Sans connaitre la totalité du dossier, il faut bien avouer que les blocages auxquels on semble être arrivé au Rond-Point de Plainpalais est navrant : deux façades hideuses qui n'ont visiblement pas été destinées à l'embellissement du quartier, un bâtiment de deux étages seulement à rénover, trois ou quatre étages à construire et des logements à créer alors que des milliers de Genevois cherchent à se loger.

    Le citoyen ne comprend pas. La CMNS serait-elle une fois encore en train de bloquer toute évolution en ville par étroitesse d'esprit ? Tel que nous le montre la TdG du 27 novembre, le résultat visuel et chiffré de ce nouveau blocage n'est-il pas pire que tous les maux que les oppositions diverses prétendent chercher à éviter ? Je ne doute pas que le Département de l'Urbanisme saura faire avancer le dossier, avec tact et dans l'intérêt général. 

  • Quel Grand Conseil voulons-nous ?

    Le nouveau Grand Conseil promet d'être encore moins stable que l'actuel, la logique à trois blocs risque d'en prendre encore pour cinq ans. Les partis ou mouvements sans propositions réalisables et sans relais à l'exécutif pourraient y être encore plus fortement représentés avec l'entrée possible de EaG.

    Il faudra donc une force stable, lucide et ancrée dans les réalités genevoises, capable de construire des ponts vers les autres pour réaliser des projets souvent déjà en cours (logement, programme carcéral, reforme de la police, adaptation de l'imposition des entreprises au contexte international et national, efficacité de l'Etat). Une force pour appuyer des Conseillers d'Etat compétents sur leurs dossiers.

    Ferez-vous confiance à ceux qui font profession de hurler leur détestation des frontaliers, des étrangers, des riches, ou à ceux qui récupèrent sans scrupule les crimes tragiques pour faire leur communication électorale ?

    Voulons nous donner aux partis qui ne montrent rien d'autre que leur hargne contre les autres le pouvoir de bloquer les choses encore plus au Grand Conseil ? Voulons-nous donner encore plus d'importance à ceux qui monopolisent le micro et bloquent l'examen des vrais projets par leurs demandes répétitives et opportunistes ? 

    Pour que le Grand Conseil cesse de pérorer, donnez la parole ceux qui veulent vraiment chercher des solutions applicables avec tous ceux qui veulent faire avancer les choses. 

    Je veux y contribuer et pense avoir les compétences pour le faire. 

    Rolin Wavre,

    candidat PLR au Grand Conseil

  • Circulation : le respect, ca change la route !

    Autopsie d’une cohabitation difficile.

    Le cycliste est vulnérable, il se sent vulnérable, ses membres et sa tête lui servent de pare-chocs. Dans le trafic, il est sur ses gardes, parfois sur les nerfs car il se sent souvent menacé, en particulier quand il doit se frayer un chemin entre les automobilistes qui sont, il faut le dire, en majorité plutôt corrects. Mais pas tous. Et il suffit d’un seul conducteur imprudent, agressif ou maladroit pour l’envoyer au tapis. Et là, ça fait toujours mal, très mal. Il y a aussi la peur de voir l’arête d’une portière qui s’ouvre brutalement devant lui. Une frayeur vécue que je ne souhaite à personne. A la Jonction, l’actualité récente nous a donné un exemple tragique du danger qu’il peut à avoir à rouler à vélo.

    Pourtant, le vélo est un mode de transport doux et bon pour la santé. Si seulement nous avions à Genève des pistes cyclables plus cohérentes et séparées du trafic général. Ce serait mieux pour tout le monde, cycles et trafic motorisé. Il faut y travailler, l’initiative 144 adoptée en votation populaire le 15 mai 2011 l’exige.

    Mais le cycliste peut parfois être une source de danger ou de stress pour d’autres, en particulier les piétons, mais aussi pour les automobilistes et les transports publics qui les voient surgir là où ils ne les attendent pas (ou ne les entendent pas). En tant que pratiquant fervent et régulier, je regrette le comportement de certains qui se croient autorisés à rouler sur les trottoirs ou dans les rues basses, à frôler les piétons et à exiger le passage alors qu’ils n’y ont pas un droit exclusif.

    De leur côté, les piétons se jettent trop souvent de manière inconsidérée sur les passages protégés ou en dehors, négligeant complètement l’arrivée des cyclistes silencieux ou même des véhicules à moteur.

    Sauf à les séparer totalement, piétons, cyclistes et trafic motorisé n’ont d’autre choix que de cohabiter. Autant que ce soit dans le respect les uns pour les autres. D’importants efforts de sensibilisation doivent être faits par et en direction de tous les acteurs de la mobilité, publics, privés et associatifs. En dernier recours, les infractions les plus flagrantes doivent être sanctionnées.

    C’est pour cela que je veux me battre, avec mon ami le député Patrick Saudan, au Grand Conseil mais aussi dans notre activité militante, pour que la vie et les déplacements à Genève soit plus harmonieux et respectueux de l’Autre.

     

    Membre du Comité de Pro-velo, des Comités directeurs du PLR genevois et suisse

    Candidat au Grand Conseil

  • Panique à l'UDC

    Cette fois, c'est certain, l'UDC panique à dix jours des résultats des élections cantonales. Et ses élus genevois exportent même leurs divagations à Berne. Résumé :

    Dans les heures qui suivent la tragédie du meurtre d'Adeline, c'est ce parti qui se lance dans une surenchère racoleuse et d'une vulgarité sans nom. La présidente-candidate démontre à cette occasion un talent naturel pour ce rôle.   

    Exporter les retraités, les réfugiés déboutés, et quoi d'autre ? C'est insultant à la fois pour les "exportés" et les Marocains. C'est la proposition du Conseiller national Nidegger. Et nos déchets nucléaires ? 

    Et aujourd'hui, l'UDC qui protestait, à raison, contre les jours amende avec sursis tels qu'il sont appliqués depuis la révision de 2007, en devient soudain le plus ardent défenseur. Tout cela parce que la réforme proposée pourrait contraindre les auteurs de grosses infractions routières à passer à la caisse. L'UDC serait-elle le parti des chauffards ? Là, on ne parle pas des bûches pour stationnement, mais des grosses bêtises dangereuses. 

    De son côté, le MCG en remet une couche sur "l'épidémie des frontaliers" dans sa propagande électorale. Et le navrant M. Stauffer lors du débat RTS de lundi a été incapable d'articuler une seule proposition concrète face au travail de Pierre Maudet. Il est temps de se rendre compte que les coups de gueule et de menton amusent peut-être un temps le citoyen fâché mais n'apportent strictement rien à la résolution de nos problèmes. 

  • Eolien : le vent dominant

    La gestion du dossier éolien par les SIG semble avoir été déficiente. Soit. Sous l'impulsion de son président Alain Peyrot, des audits ont été menés, les conclusions courageusement tirées par le vrai entrepreneur qu'est André Hurter. Les projets industriels comportent toujours des risques, d'autant plus dans un domaine nouveau et relativement dépendant des très longues procédures d'autorisation qui plombent la construction d'éoliennes.

    Mais il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain : l'énergie éolienne reste une formidable source renouvelable. La preuve : en Allemagne, ce sont les centrales à charbon qui ferment, le nucléaire peut être progressivement abandonné sans que la pénurie ne frappe une économie pourtant en plein boum. Et les prix de l'électricité sont au plus bas sur le marché international. Si c'est un problème économique pour les producteurs, c'est une aubaine pour les industries consommatrices et pour la transition énergétique en général. L'éolien est et restera une solution d'avenir, ou au moins une partie de la solution. 

    Personnellement, je préfère "subir" la vue de quelques éoliennes à l'horizon que d'infliger à nos enfants des centrales terriblement compliquées et chères à gérer puis à démanteler, comme on s'en rendra très bientôt compte lorsque le parc actuel devra être désactivé. Il faudra aussi assumer la gestion sur des millénaires des déchets hautement radioactifs, pour les quels on n'a pas encore trouvé de solution satisfaisante. Et je ne parle même pas des accidents nucléaires qui nous entrainent dans une autre dimension, comme on le découvre chaque semaine avec le cauchemar de Fukushima. Les nouvelles pistes de recherche en matière nucléaire seront elles capables de nous fournir une énergie propre ? Cela reste encore à démontrer. 

    Face à ces perspectives à la fois sécuritaires, éthiques et financières, il ne faut vraiment pas laisser de regrettables péripéties de gestion dont les conséquences ont été tirées plomber le développement d'une énergie d'avenir. Ne serait-ce que parce qu'une éolienne se démonte facilement en quelques jours, au contraire d'une centrale irradiée. Et le vent est inépuisable, au contraire du combustible nucléaire. 

  • Le SIT préfère l’assistance au travail

    Camouflé derrière la défense des travailleurs et des chômeurs, soutenu par SolidaritéS comme la corde soutient le pendu, le Syndicat indépendant des Travailleurs (SIT) cherche à détruire les efforts faits pour remettre au travail les chômeurs en fin de droits ou ceux qui ont été exclu du monde du travail. Pour le SIT, mieux vaut l’assistanat que le travail tel que le propose l’association Partage. Je suis allé à leur rencontre et me suis informé de leurs activités il y a plusieurs mois. Vincent Gall, Marc Nobs et leur équipe font un travail remarquable pour redonner une dignité par l’emploi. Les missions que réalisent les collaborateurs de Partage respectent les principes du développement durable et sont fondamentalement utiles à la société tout entière : collecte écologique des déchets dans plusieurs communes, récolte, conditionnement et redistribution des restes alimentaires aux associations d’intérêt public, transport des objets trouvés des postes de police vers le bureau des objets trouvés de Rive (alors que jusqu'à présent, des policiers et leurs véhicules étaient mobilisés pour cela).

    C’est malheureusement une tendance générale à Genève :  ceux qui vivent de la crise cherchent à la prolonger. Le SIT pense être plus fort quand le chômage est élevé, quand les projets de reinsertion ne fonctionnent pas. De même, l’Asloca trouve un peu trop sa raison d’être dans la crise du logement,  ses spadassins font tout pour bloquer les projets de construction ou congeler le marché immobilier à l’aide de la funeste LDTR.

     Je suis convaincu qu’il existe une troisième voie entre l’assistanat qui rend passif et le capitalisme sauvage. Une économie profitable qui n’oublie pas l’Humain. C’est, entre autres, l’Economie Sociale et Solidaire. Encore faudrait-il que les conservateurs de tous bords ne la sabottent pas pendant son adolescence.

     

  • Laisser les allumés s'éteindre tout seuls

    Quelle erreur de la part des autorités égyptiennes actuelles que d'avoir tenu à déloger par la force les manifestants pro-Morsi ! De même, non contents d'avoir démis le président pourtant élu après un an de mandat, les autorités ont trouvé adéquat de le détenir dans un lieu caché. Quand on prétend lutter contre un arbitraire, il faut absolument éviter d'en créer un autre. C'est pourtant ce que les autorités égyptiennes actuelles ont fait. 

    Le régime des Frêres Musulmans et son leader Morsi avaient pourtant fait tout faux ! Ils avaient démontré que tout ce qu'on leur reprochait à l'avance, parfois avec une certaine mauvaise foi, était absolument vrai : incompétence, népotisme, violence, manque de transparence, corruption, irrespect pour les lois, la séparation des pouvoirs et la Constitution. Toutes les erreurs, ils les avaient commises de sorte que le petit peuple des villes et des campagnes qui les avait portés au pouvoir ne pouvait déjà plus les voir en peinture après à peine une année de pouvoir. Cela ressemble beaucoup à ce qui s'est passé en Tunisie où Ennahda a su montrer son incompétence en peu de temps. 

    Mais alors, pourquoi leur faire cadeau de martyrs alors qu'ils ne cherchainent que cela ? pourquoi leur donner la chance inouie de se replacer du côté des victimes du système ? Incompétence du pouvoir civil ou plutôt volonté plus ou moins déguisée de l'armée de pourrir la situation et de reprendre la main elle-même, selon ses méthodes ? Quand on sais que Nasser, Sadate et Moubarak étaient tous issus de ses rangs. Et qu'elle a des intérêts économiques très importants à préserver.

  • Prisons : trop de fédéralisme tue le fédéralisme

    Il est stupéfiant que les autorités vaudoises ne sachent pas qui elles détiennent. Qu'un membre des archi-connues Pink Panthers soit emprisonné par des autorités qui ignorent le pedigrée du lascar est tout bonnement incroyable. Au moment où nous découvrons chaque jour à quel point nos propres informations et communications privées peuvent être écoutées par de grandes oreilles technologiques étrangères, il apparait que les dossiers des détenus, et pas n'importe lesquels, peinent à circuler de Neuchâtel à Lausanne. 

    Si c'est pour des raisons technologiques, c'est à déséspérer. Si c'est pour des raisons qui tiennent au traitement purement cantonal des dossiers pénaux, il faut vraiment changer les choses. Le bon niveau n'est même plus national, mais européen. Que l'on soit pro ou anti européen, ce n'est pas une question politique mais une question de simple bon sens. Il faut agir là où cela se passe. Le crime organisé, lui, s'organise... et ne s'embarrasse pas de susceptibilités géographiques ou de lenteurs administratives. Il s'adapte et il agit, pour notre plus grand malheur. 

  • Pêche et subventions publiques : effets pervers

    Le Nouvel Observateur vient de publier dans son numéro du 4 juillet 2013 une grande enquête basée sur un rapport de la Cour des Comptes française datant de 2010 et, semble-t-il soigneusement caché à ceux à qui il était destiné de même qu'à la presse. Il conclut que le montant des subventions accordées à la pêche professionnelle française est presque équivalent au chiffre d'affaire total de la dite pêche.

    Quand on sait que de nombreuses espèces de poissons voient leur stocks baisser dramatiquement, on peut s'inquiéter de ce système pervers. Et on apprend ce jeudi 11 juillet, en pleine période de vacances, que la Commission de la Pêche de l'UE vient de rétablir les subventions à la construction de navires de pêche professionnelle. Un véritable non-sens au moment où le secteur entier de la pêche devrait être revu entièrement et rendu viable sur le long terme, tant sur le plan écologique que social et économique. Aider à la construction de nouveau outils de pêche va tuer ce secteur entier, en tout cas sur les côtes de notre vieille Europe pour le seul bénéfice de quelques uns.

    C'est le jeu des lobbies qui a encore permis d'atteindre ce résultat dramatique, au coeur de l'été, quand les attentions sont tournées vers la plage, l'apéro et le Tour de France, mais certainement pas vers le triste sort des océans au bord desquels certains d'entre nous se grillent actuellement l'épiderme (avec protection, espérons-le !).