19/08/2013

Laisser les allumés s'éteindre tout seuls

Quelle erreur de la part des autorités égyptiennes actuelles que d'avoir tenu à déloger par la force les manifestants pro-Morsi ! De même, non contents d'avoir démis le président pourtant élu après un an de mandat, les autorités ont trouvé adéquat de le détenir dans un lieu caché. Quand on prétend lutter contre un arbitraire, il faut absolument éviter d'en créer un autre. C'est pourtant ce que les autorités égyptiennes actuelles ont fait. 

Le régime des Frêres Musulmans et son leader Morsi avaient pourtant fait tout faux ! Ils avaient démontré que tout ce qu'on leur reprochait à l'avance, parfois avec une certaine mauvaise foi, était absolument vrai : incompétence, népotisme, violence, manque de transparence, corruption, irrespect pour les lois, la séparation des pouvoirs et la Constitution. Toutes les erreurs, ils les avaient commises de sorte que le petit peuple des villes et des campagnes qui les avait portés au pouvoir ne pouvait déjà plus les voir en peinture après à peine une année de pouvoir. Cela ressemble beaucoup à ce qui s'est passé en Tunisie où Ennahda a su montrer son incompétence en peu de temps. 

Mais alors, pourquoi leur faire cadeau de martyrs alors qu'ils ne cherchainent que cela ? pourquoi leur donner la chance inouie de se replacer du côté des victimes du système ? Incompétence du pouvoir civil ou plutôt volonté plus ou moins déguisée de l'armée de pourrir la situation et de reprendre la main elle-même, selon ses méthodes ? Quand on sais que Nasser, Sadate et Moubarak étaient tous issus de ses rangs. Et qu'elle a des intérêts économiques très importants à préserver.

06/08/2013

Prisons : trop de fédéralisme tue le fédéralisme

Il est stupéfiant que les autorités vaudoises ne sachent pas qui elles détiennent. Qu'un membre des archi-connues Pink Panthers soit emprisonné par des autorités qui ignorent le pedigrée du lascar est tout bonnement incroyable. Au moment où nous découvrons chaque jour à quel point nos propres informations et communications privées peuvent être écoutées par de grandes oreilles technologiques étrangères, il apparait que les dossiers des détenus, et pas n'importe lesquels, peinent à circuler de Neuchâtel à Lausanne. 

Si c'est pour des raisons technologiques, c'est à déséspérer. Si c'est pour des raisons qui tiennent au traitement purement cantonal des dossiers pénaux, il faut vraiment changer les choses. Le bon niveau n'est même plus national, mais européen. Que l'on soit pro ou anti européen, ce n'est pas une question politique mais une question de simple bon sens. Il faut agir là où cela se passe. Le crime organisé, lui, s'organise... et ne s'embarrasse pas de susceptibilités géographiques ou de lenteurs administratives. Il s'adapte et il agit, pour notre plus grand malheur. 

11/07/2013

Pêche et subventions publiques : effets pervers

Le Nouvel Observateur vient de publier dans son numéro du 4 juillet 2013 une grande enquête basée sur un rapport de la Cour des Comptes française datant de 2010 et, semble-t-il soigneusement caché à ceux à qui il était destiné de même qu'à la presse. Il conclut que le montant des subventions accordées à la pêche professionnelle française est presque équivalent au chiffre d'affaire total de la dite pêche.

Quand on sait que de nombreuses espèces de poissons voient leur stocks baisser dramatiquement, on peut s'inquiéter de ce système pervers. Et on apprend ce jeudi 11 juillet, en pleine période de vacances, que la Commission de la Pêche de l'UE vient de rétablir les subventions à la construction de navires de pêche professionnelle. Un véritable non-sens au moment où le secteur entier de la pêche devrait être revu entièrement et rendu viable sur le long terme, tant sur le plan écologique que social et économique. Aider à la construction de nouveau outils de pêche va tuer ce secteur entier, en tout cas sur les côtes de notre vieille Europe pour le seul bénéfice de quelques uns.

C'est le jeu des lobbies qui a encore permis d'atteindre ce résultat dramatique, au coeur de l'été, quand les attentions sont tournées vers la plage, l'apéro et le Tour de France, mais certainement pas vers le triste sort des océans au bord desquels certains d'entre nous se grillent actuellement l'épiderme (avec protection, espérons-le !).

03/06/2013

Pour une contre-offensive suisse

Quelle que soit notre opinion sur l’imposition, les budgets et les dépenses de l’Etat, il ne faut pas se tromper : la Suisse est impliquée dans une véritable guerre économique. Une partie de la gauche mais aussi ceux qui mènent actuellement les négociations avec l’Union européenne et les Etats-Unis semblent ne pas vouloir le voir. Isolé sur la scène mondiale et continentale, notre pays est une cible évidente pour tous ceux qui veulent décréter chez les autres les grands et beaux principes qu’ils se refusent à appliquer chez eux.

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15/05/2013

Le libéralisme ne doit pas tolérer ca

Le progrès est entouré d’une aura positive. Dans le dossier alimentaire et en particulier celui des semences génétiquement modifiées, je me demande s’il va vraiment dans le bon sens. 

Toujours présentées comme étant dans l’intérêt du monde, du paysan ou du consommateur, les modifications génétiques du vivant, rapidement et logiquement suivies du dépôt de brevets, nous entrainent sur des voies inquiétantes.

La recherche est nécessaire, certaines évolutions sont intéressantes mais la plus grande prudence est de mise. Parce qu’on ne connaît pas les conséquences à long terme et en particulier sur l’homme des gènes modifiés introduits dans notre alimentation et celle du bétail. Mais aussi parce qu’on laisse quelques firmes très puissantes et très opaques déposer  des brevets sur le vivant et donc sur notre alimentation.

Peut-on compter sur l’autodiscipline  et sur l’éthique d’entreprises devenues impersonnelles et où la traçabilité des responsabilités est n’est plus garantie, tout comme celle de leurs produits ?

Bien qu’il s’en défende depuis 1999, mais de plus en plus mollement selon son propre « 2005 Pledge Report » (p. 29), Monsanto commercialise des semences stériles, que le producteur est contraint de racheter chaque année. Il arrive que l’agriculteur soit obligé d’acheter chaque année une substance qui « active » le gène de croissance des semences de la deuxième génération.

C’est une logique purement économique qui rend le client captif d’un mécanisme agro-alimentaire qui le dépasse. Un choix responsable ne peut s’exercer que si l’information est vraiment disponible et si des alternatives existent.

Je pense que le libéralisme véritable ne peut pas se rendre complice de constructions commerciales qui mettent en danger notre environnement végétal, voire génétique, mais aussi la survie économiques des producteurs.

Comme consommateur, comme citoyen ou peut être bientôt comme responsable politique, je ne veux pas de cette logique. Je veux manger des produits qui ont aussi peu voyagé que possible. S’il s’agit de produits préparés ou qu’ils viennent de loin (cela peut arriver), je veux de la traçabilité et de la transparence sur leur origine et leur composition.

J’aimerais aussi que mes achats permettent de rétribuer correctement le travail du producteur. Comme dans d’autres domaines, la confiance dans le commerce alimentaire ne se décrète pas, elle se mérite.

Rolin Wavre, ancien secrétaire général du PLR Genève

Candidat au Grand Conseil

 

Publié dans la Tribune de Genève le 3 mai 2013

14/04/2013

Asile - immigration (1) : deux régimes différents

L'asile est un droit, l'immigration est une politique.

Ces deux régimes sont différents. La confusion entretenue le plus souvent à dessein est le fait de deux catégories de personnes : ceux qui veulent abuser du régime de l'asile pour forcer les portes de l'entrée en Suisse et ceux qui veulent ouvrir toutes grandes ces portes aux migrants. Les uns comme les autres causent un grand dommage aux vrais migrants et à ceux qui ont un véritable motif de demander et d'obtenir l'asile en Suisse. 

D'une part, l'asile est un droit absolu, reconnu par le droit international et issu d'une pratique très ancienne entre les Etats mais aussi à l'intérieur de ceux-ci : les édifices religieux ont longtemps offert un refuge inviolable aux personnes menacées. 

De l'autre, le régime de migration et d'immigration est une décision politique que prend chaque Etat en déterminant comment, selon quels critères et quelle procédure il entend accueillir des citoyens d'autres Etats sur son propre territoire, pour une période brève ou longue. En définissant sa politique, chaque Etat en vient à déterminer combien de migrants il estime pouvoir accueillir. Cette politique peut être plus ou moins généreuse et ouverte, selon le degré d'acceptation de la population, son ressenti et finalement les autorités qu'il se donne par l'élection. Avec une politique donnée, on peut être d'accord ou non, la trouver trop généreuse ou pas assez. Mais cela n'a rien à voir avec la politique d'asile. 

Cet article est le premier d'une série à publier d'ici la fin mai prochain et le vote du 9 juin. Je reviendrai donc les jours prochaine sur plusieurs questions qui sont liées à ce thème. En particulier : 

- y a-t-il un droit de migrer pour des raisions économiques ?

- la politique d'asile élaborée il y a plusieurs dizaines d'années est-elle encore adaptée à la situation actuelle ?

- peut-on soutenir l'existence de règles et refuser qu'on les fasse ensuite appliquer, au besoin sous la contrainte ?

- quelle place pour les population nomades ? 

- que peut-on attendre des leaders communautaires dans ce contexte ?

- comment la population ressent-elle qu'un seuil est atteint ou non en matière d'immigration ? 

- quelle place à la volonté d'intégration dans la migration ? 

19/02/2013

Paradoxe Minder : pour agir vite, il faut voter non !

L'affaire est beaucoup plus simple qu'il n'y parait : on est presque tous d'accord qu'il faut faire quelque chose pour limiter les bonus indécents, les salaires abusifs, les parachutes sans lien avec le travail ni la performance. Les actionnaires doivent pouvoir se prononcer sur la politique de rémunération des entreprises. Merci M. Minder d'avoir fait bouger les choses. 

Sur le fond, les deux textes vont dans le même sens, pour l'essentiel. Mais le contreprojet est déjà voté par les Chambres. En cas de rejet de l'initiative, il entre en vigueur le 1er janvier prochain. Par contre, si l'initiative Minder est acceptée, il faudra encore des années pour élaborer la loi, la voter et la faire appliquer. C'est le paradoxe Minder : si on veut aller vite, il faut voter non. 

31/01/2013

Les naïfs perdront la guerre économique

"Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts" a dit un jour De Gaule. Cette vérité s'applique très bien au débat sur la manière de répondre aux attaques que subit notre pays et sa place financière. Il ne faut pas céder au cynisme, mais éviter l'angélisme : la Suisse et en particulier certaines de ses grandes banques ont corrigé ou sont en voie de corriger certains comportements inacceptables. C'est bien et c'était nécessaire. Il faut assumer. Mais pas capituler sans conditions. 

N'étant pas membre de l'UE, la Suisse est une cible facile pour tous les Etats qui souhaitent renflouer leurs caisses vides, parce que souvent mal gérées, ou cacher leurs propres pratiques discutables en attaquant un petit pays isolé et qui a pu se monter par le passé un peu trop sûr de lui. C'est logique, c'est facile. Un peu trop.

Il faut que nos autorités fédérales tracent une limite claire : nous voulons respecter les règles pour autant qu'elles s'appliquent à tous, y compris à la City de Londres, au Delaware et à toutes ces îles plus ou moins paradisiaques sur lesquelles ceux qui nous font la morale ferment courageusement les yeux. Mais nous ne voulons pas, au nom d'une bonne conscience angélique, être les victimes de ce qui est une véritable guerre économique. Perdre cette guerre, c'est renoncer à des emplois, des ressources nécessaires pour garantir le maintien de la société que nos anciens ont construite. 

28/01/2013

Pourquoi le Gripen ?

La Commission du Conseil des Etats vient de recommander d'accepter l'achat de 22 Gripen pour 3,1 milliards de francs. Chacun s'accords à dire que cet avion est de loin le moins performant des trois modèles testés. En plus, la version que Saab veut nous refiler n'existe encore que sur plans, ceux que nos pilotes ont pu essayer étaient des modèles anciens. 

En janvier, Dassault laissait entendre plus ou moins officiellement que nous pourrions acquérir 18 Rafales pour 2,7 milliards. Etant donné leur plus grande autonomie, ce nombre réduit pourrait couvrir nos besoins autant que 22 poussifs Gripen. 

Quand on sait que la plus grande partie des commandes de compensation de Saab sont ou seraient passées à ses propres filiales en Suisse et que, de leur côté, les Français nous offrent des facilités d'entraînement pour nous pilotes, je ne vois vraiment pas pourquoi le Ueli Maurer s'accroche à ce mauvais marché. Sinon pour des raisons totalement idéologiques : il ne veut acheter qu'à des neutres... Même pour défendre la Patrie, un thème dont ils nous s'estiment les uniques détenteurs, nos camarades UDC sont prêts à nous envoyer dans le mur. Le mur du çon, probablement. 

17/01/2013

Mali : une intervention bienvenue mais pas sans danger

Au Mali, la France a bien agi. Cela fait plusieurs mois que des discussions ont lieu avec le Conseil de sécurité de l'ONU, avec les principaux alliés européens et américains. Les Etats voisins ont été impliqués dans le projet d'intervention contre ce qui menace de devenir un véritable sanctuaire pour AQMI et les terroristes qu'il fédère. L'immense majorité des maliens semble également approuver cette intervention. La prise d'otages de mercredi en Algérie n'y changera rien : acculés, les terroristes vont frapper là où ils le peuvent pour faire douter ceux qui les gènent et tenter de frapper l'opinion. A partir de là, je vois trois dangers principaux : 

1. que les opérations militaires se déroulent mal, piétinent ou causent des dégats humains importants, tant parmi les civils que dans les rangs des combattants alliés. C'est un risque qui est inhérent à toute intervention militaire.

2. que la France soit laissée seule sur le plan militaire et politique, que les opportunistes de tout poil ne commencent à agiter le spectre du colonialisme. Cette intervention n'a, cette fois, que très peu à voir avec la Françafrique du siècle passé. Le contexte est différent, l'intervention n'est pas liée au changement de régime interne, bien qu'il y ait eu un coup d'état militaire à Bamako en 2012.

3. qu'un amalgame soit fait entre les allumés d'AQMI et l'Islam en général, comme certains commentaires sur le net commencent à l'indiquer. Ce fondamentalisme anti-occidental n'y rien a voir avec l'essence de cette religion. Il ne fait qu'en récupérer quelques éléments coupés de leur contexte et surfe sur les dérives d'individus à la dérive. 

Finalement, on peut espérer qu'un accord sera trouvé rapidement avec les forces touaregs dont une bonne partie sont tout à fait laiques et totalement opposé à l'application de la charia que les islamistes ont imposée à la moitié du Mali.