31/01/2013

Les naïfs perdront la guerre économique

"Les Etats n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts" a dit un jour De Gaule. Cette vérité s'applique très bien au débat sur la manière de répondre aux attaques que subit notre pays et sa place financière. Il ne faut pas céder au cynisme, mais éviter l'angélisme : la Suisse et en particulier certaines de ses grandes banques ont corrigé ou sont en voie de corriger certains comportements inacceptables. C'est bien et c'était nécessaire. Il faut assumer. Mais pas capituler sans conditions. 

N'étant pas membre de l'UE, la Suisse est une cible facile pour tous les Etats qui souhaitent renflouer leurs caisses vides, parce que souvent mal gérées, ou cacher leurs propres pratiques discutables en attaquant un petit pays isolé et qui a pu se monter par le passé un peu trop sûr de lui. C'est logique, c'est facile. Un peu trop.

Il faut que nos autorités fédérales tracent une limite claire : nous voulons respecter les règles pour autant qu'elles s'appliquent à tous, y compris à la City de Londres, au Delaware et à toutes ces îles plus ou moins paradisiaques sur lesquelles ceux qui nous font la morale ferment courageusement les yeux. Mais nous ne voulons pas, au nom d'une bonne conscience angélique, être les victimes de ce qui est une véritable guerre économique. Perdre cette guerre, c'est renoncer à des emplois, des ressources nécessaires pour garantir le maintien de la société que nos anciens ont construite. 

28/01/2013

Pourquoi le Gripen ?

La Commission du Conseil des Etats vient de recommander d'accepter l'achat de 22 Gripen pour 3,1 milliards de francs. Chacun s'accords à dire que cet avion est de loin le moins performant des trois modèles testés. En plus, la version que Saab veut nous refiler n'existe encore que sur plans, ceux que nos pilotes ont pu essayer étaient des modèles anciens. 

En janvier, Dassault laissait entendre plus ou moins officiellement que nous pourrions acquérir 18 Rafales pour 2,7 milliards. Etant donné leur plus grande autonomie, ce nombre réduit pourrait couvrir nos besoins autant que 22 poussifs Gripen. 

Quand on sait que la plus grande partie des commandes de compensation de Saab sont ou seraient passées à ses propres filiales en Suisse et que, de leur côté, les Français nous offrent des facilités d'entraînement pour nous pilotes, je ne vois vraiment pas pourquoi le Ueli Maurer s'accroche à ce mauvais marché. Sinon pour des raisons totalement idéologiques : il ne veut acheter qu'à des neutres... Même pour défendre la Patrie, un thème dont ils nous s'estiment les uniques détenteurs, nos camarades UDC sont prêts à nous envoyer dans le mur. Le mur du çon, probablement. 

17/01/2013

Mali : une intervention bienvenue mais pas sans danger

Au Mali, la France a bien agi. Cela fait plusieurs mois que des discussions ont lieu avec le Conseil de sécurité de l'ONU, avec les principaux alliés européens et américains. Les Etats voisins ont été impliqués dans le projet d'intervention contre ce qui menace de devenir un véritable sanctuaire pour AQMI et les terroristes qu'il fédère. L'immense majorité des maliens semble également approuver cette intervention. La prise d'otages de mercredi en Algérie n'y changera rien : acculés, les terroristes vont frapper là où ils le peuvent pour faire douter ceux qui les gènent et tenter de frapper l'opinion. A partir de là, je vois trois dangers principaux : 

1. que les opérations militaires se déroulent mal, piétinent ou causent des dégats humains importants, tant parmi les civils que dans les rangs des combattants alliés. C'est un risque qui est inhérent à toute intervention militaire.

2. que la France soit laissée seule sur le plan militaire et politique, que les opportunistes de tout poil ne commencent à agiter le spectre du colonialisme. Cette intervention n'a, cette fois, que très peu à voir avec la Françafrique du siècle passé. Le contexte est différent, l'intervention n'est pas liée au changement de régime interne, bien qu'il y ait eu un coup d'état militaire à Bamako en 2012.

3. qu'un amalgame soit fait entre les allumés d'AQMI et l'Islam en général, comme certains commentaires sur le net commencent à l'indiquer. Ce fondamentalisme anti-occidental n'y rien a voir avec l'essence de cette religion. Il ne fait qu'en récupérer quelques éléments coupés de leur contexte et surfe sur les dérives d'individus à la dérive. 

Finalement, on peut espérer qu'un accord sera trouvé rapidement avec les forces touaregs dont une bonne partie sont tout à fait laiques et totalement opposé à l'application de la charia que les islamistes ont imposée à la moitié du Mali. 

24/12/2012

Sécurité et communication :ça bouge !

Samedi, notre quotidien préféré choisit de titrer "Maudet veut contrôler l'information de A à Z". Et alors ? N'y a-t-il rien de plus informatif à mettre en Une en cette veille de Noel ? De plus grave ou de plus important, de plus réjouissant ? Pierre Maudet organise la communication de son département, met en avant les responsables des services pour qu'ils communiquent selon leurs responsabilités opérationnelles. La Cheffe de la police et le Chef des opérations ont un rendez-vous mensuel avec les médias, et à travers eux avec les citoyens. Que veut-on de mieux ? 

Au moment où l'on voit de plus en plus de policiers dans les rues, où les contrôles augmentent, où la cohérence entre le Ministère public et la police n'a jamais été aussi évidente, où le Grand Conseil a été saisi des vrais enjeux et s'apprète à augmenter les budgets consacrés à la sécurité des Genevois, il est assez logique que l'on cherche à attaquer le dernier arrivé des conseillers d'Etat à tout prix, sur un sujet annexe. On aurait pu titrer sur le fait que "plus du tiers des cambriolages se déroulent sans aucune effraction" ! Il y a à faire pour que nous autres citoyens cessions de faciliter la tâche aux bandes qui tentent de s'introduire chez nous. 

Du responsable politique qui n'organise pas la communication qui sort de son département, on dira qu'il ne maitrise pas son sujet, qu'il ne tient pas ses troupes, que son département est incohérent. On n'a jamais entendu personne, à part les humoristes (c'est leur boulot) et les persifleurs (c'est leur défaut) se féliciter de ce les responsables de l'administration publique racontent n'importe quoi, se contredisent entre eux ou se cachent. 

Comme si cette activité visible que tous les genevois réclamaient en depuis des années devenait soudain criticable. Et si nos responsables politiques "se bougent" à l'approche de 2013, c'est bien ce que veut la démocratie : on élit des responsables pour qu'ils agissent. Si leur action est efficace et visible, on les réélit. Dans le cas contraire, on change. Il est donc normal que les magistrats organisent la communication de leur département. Au citoyen critique et à la presse politique de faire leur travail d'analyse sur le fond de l'action. Et laissons l'écume aux échottiers dont la Tribune ne fait en principe pas partie. 

 

18/12/2012

Le massacre qui va changer la donne ?

Apres l'épouvantable massacre de Newton, les circonstances sont peut-être plus favorables (un horrible mot dans ces circonstances) que jamais pour que les choses changent enfin. En effet, nous avons un président en début de second mandat qui n'a donc presque rien à craindre (encore qu'on puisse envisager le pire avec membres de la National Rifle Association, les bargeots de la gachette nord-américaine), un massacre totalement abject touchant ce qu'il y a de plus innocent, des enfants de 6 et 7 ans, et enfin l'usage d'une arme automatique. 

Le président devrait pouvoir, enfin, agir dans deux directions au moins : interdire totalement les armes automatiques et rendre plus difficile l'achat et la possession d'une arme en général. Même si l'on peut admettre, à l'extrême limite, que les américains soient attaché à la possibilité de détenir une arme de défense personnelle, comment justifier la vente presque libre d'armes automatiques et semi automatiques qui sont des armes d'attaque et de destruction. L'argument de la défense personnelle ne tient pas. Georges Busch porte une très lourde responsabilité pour avoir à nouveau autorisé ces armes en 2004. 

Ensuite, il faut que la procédure d'achat soit beaucoup plus stricte, qu'un registre existe et que les Etats n'aient pas toute latitude pour céder aux lobbies et groupes de pression locaux. Mais restons réalistes : une réglementation plus stricte n'est pas la solution miracle. Les Norvégiens en savent quelque chose.

13/12/2012

L'humour contre le sexisme ordinaire

A Bordeaux, les avocats viennent d'élire à leur tête une femme, Me Anne Cadiot-Feidt. Un pénaliste réputé du lieu n'a rien trouvé de mieux que de se demander publiquement si une femme aurait les capacités et les épaules assez larges pour cette fonction. Une déclaration choquante par sa balourdise et les relents de sexisme paternaliste qu'elle exhale. 

Pour l'avoir entendu s'exprimer sur France info, Me Cadiot-Feidt à un sacré caractère, beaucoup de calme et de lucidité. C'est probablement ce qu'on appelle "avoir les épaules". En plus, elle a un solide sens de l'humour : relevant que les attaques portaient sur cette partie de son corps, elle constatait avec une malicieuse satisfaction que le regard des hommes semblait être remonté de quelques dizaines de centimètres ces dernières années... 

Et merci au beauf de service d'avoir attiré notre attention sur un sacré personnage et sur des dérives machistes d'un autre âge dont elle est victime.

10/12/2012

Berlusconi - l'éternel retour

Combien d'Italiens seront prêts à soutenir un éventuel retour de Silvio Berlusconi à la présidence du Conseil ? Ce triste sire, ou plutôt cire devrait-on dire tant son visage semble refait et maquillé pour effacer les traits de l'âge, prétend revenir avec ses promesses de vendeur à la criée.

A-t-il une ambition pour l'Italie ou cherche-t-il à profiter à nouveau de l'imunité pénale que le pouvoir pourrait lui apporter ? Lui qui a, pendant ses cinq précédents mandats, sans cesse cherché à modifier la loi en sa faveur afin d'échapper à la justice. En démocratie, il a bien le droit d'utiliser les possibilités que lui offre la loi. Mais quelle tristesse de voir cet illustre pays menacé à nouveau et peut-être tenté par une nouvelle séance de Grand-Guignol à sa tête. On peut espérer que les électeurs italiens auront le bon sens se mettre un point final à une aventure qui leur a fait tant de mal. L'Europe, quoi qu'on en pense, n'a pas besoin d'un nouveau désastre sur son flanc sud. 

29/11/2012

Petite traversée : la fausse bonne idée

Oui, il faut une traversée du Lac. Genève et en particulier ceux qui ont besoin de transport automobile pour exercer leur métier ne peuvent plas continuer à vivre dans une ville où les deux rives sont reliées par un pont du Mont-Blanc surchargé et une autoroute de contournement trop souvent saturée. Mais la petite traversée, une pompe à voitures d'un quai surchargé à l'autre est une très mauvaise idée. 

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13/11/2011

Le mauvais procès fait aux CFF

Dans quelques articles récents, on fait un bien mauvais procès aux CFF qui seraient en train d'instaurer le principe des bagages payants. Certains lecteurs pressés pourraient en déduire que les CFF ont inventé une nouvelle manière de ponctionner les voyageurs. Pourtant, il n'en est rien.

Il s'agit simplement de donner une base réglementaire aux controleurs pour faire respecter la plus élémentaire politesse à quelques centaines de malotrus qui se croient autorisés à occuper deux places avec leurs bagages alors que d'autres voyagent debout. Une question qui aurait dû être réglée par la plus basique éducation, tâche essentielle de la famille qui semble malheureusement de moins en moins assurée. Le plus élémentaire bon sens. Personnellement, je ne me gênerait pas de mettre au sol le bagage de celui qui n'aurait pas de lui-même l'idée de dégager le siège qu'occupe son sac à dos, pour autant que le train n'offre pas de solution alternative pratique.

Pas de quoi casser trois pattes à un canard !

27/07/2010

Europe : négocier pour avancer

Nous sommes sans doute proches du moment où les bilatérales auront fait leur office : nous permettre de subsister aux marges de l'Union européenne sans trop nous engager, d bénéficier de ses avantages à un coût politique acceptable puisque le peuple à choisi de refuser l'EEE un funeste dimanche de décembre 1992. Si l'adhésion pose quelques problèmes, rester dehors nous en posera de plus en plus ces prochaines années. Membres passifs. contraints de reprendre, de gré ou de force tout l'acquis communautaire parce que nous sommes en Europe mais sans avoir un mot à dire.

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