20/06/2016

Brexit : seniors take it all ?

Intéressant de constater que les partisans du Stronger In, soit de rester au sein de l'UE, se trouvent surtout parmi les jeunes, les habitants des villes et, pour des raisons différentes, en Ecosse. D'accord, la démocratie, c'est bien une voix à chaque électeur. Mais sur une décision qui engage tant l'avenir d'une nation à l'horizon 20 ou 30 ans, n'est-il pas préoccupant de voir que ceux qui ne seront en bonne partie plus là à cette période vont peser d'un poids déterminant ? Ne faut-il pas s'inquiéter de ce qu'un sentiment de nostalgie pour une époque qui n'est plus et ne sera plus jamais pousse tant de personnes à couper leur jeunesse et les populations urbaines de leurs liens politiques et économiques avec le reste du Continent ?

Choquant de sembler donner un poids prépondérant aux voix de la jeunesse ? Juridiquement oui. Mais ne se plaint-on pas souvent de ce que la politique est faite pas des hommes âgés. Si c'est vrai dans les Parlements et Conseils, ça doit bien avoir un fond de vérité dans un vote référendaire...

05/06/2016

Qui veut tuer le droit de grève ?

Le droit de grève est essentiel. Il a une longue histoire, un bilan. Il peut déranger, énerver ou au contraire exalter et motiver. Son exercice coûte à l’entreprise, aux propriétaires, mais aussi aux salariés et parfois aux clients et fournisseurs. Tout cela est classique et admis.

 Par contre, ce qui l’est un peu moins, c’est ce à quoi nous assistons actuellement en France : le détournement de ce droit pour des motifs tout autres : marquer son opposition à un gouvernement ou à une loi, qui plus est pas encore définitivement adoptée, malgré le recours au très « raide » article 49.3 de la Constitution. Quand le syndicat CGT mobilise les quelques % d’adhérents qui lui restent dans des secteurs stratégiques tels que les transports, les ports et raffineries, mais aussi les centrales nucléaires, on franchit un nouveau pallier dans la mauvaise foi et la simple volonté de nuire : c’est choquant, parce le désaccord ne porte absolument pas sur la situation dans ces entreprises-là.

Explication : la CGT est en perte de vitesse et les élections professionnelles sont en vue... Le bras de fer est donc motivé par des raisons corporatistes, voire par les intérêts personnels de quelques leaders syndicaux. Il ne faut pas confondre pouvoir de nuisance et capacité de négociation. Les Allemands l’ont compris, les Français non.

Jeudi 26 mai 2016, on fait un nouveau pas. Ce même syndicat, qui a la haute main sur le secteur de l’imprimerie et de la distribution de la presse vient d’exercer un véritable chantage : seuls les journaux qui acceptaient de publier une tribune du secrétaire général de la CGT ont été autorisées à paraître. On est totalement sorti de la sphère syndicale. C’est de l’extorsion et du chantage. Juridiquement et politiquement condamnable.

Pauvre France qui se débat déjà dans une situation économique difficile, vit sous un état d’urgence qui aurait dû être levé depuis longtemps et à 10 jours d’un Eurofoot de tous les dangers. Ce gouvernement a commis à peu près toutes les bourdes politiques possibles ces derniers mois et la CGT finira pas ruiner les minces signes de reprise sur le front de l’emploi par ses actions irresponsables. Si personne ne veut tuer le droit de grève, c’est clairement cette CGT-là qui va effectivement le tuer. La réputation de la France à l’étranger, les entreprises et, peut-être, l’Euro seront des victimes collatérales.

17/05/2016

Nuit debout : la révolution en kit

Des citoyens qui se retrouvent la nuit pour s'exprimer et débattre, debout ou assis, je ne vois vraiment pas ce qu'il pourrait y avoir de négatif à cela. A moins que ce qu'ils disent ne vous déplaise. Et là encore, il n'y a pas lieu d'en faite un fromage. Au plus, on pourra contester leurs arguments ou les combattre. C'es le jeu démocratique.

On peut cependant y faire trois objections, de natures différentes. 

La plus évidente concerne les dérapages commis à Paris notamment par des éléments violents ou des vandales agissant dans la mouvance de Nuit debout, bénéficiant parfois d'une bienveillance suspecte des organisateurs. Troublante en effet la réticence de certains à se distancer des casseurs, allant parfois jusqu'à leur trouver une justification ou des excuses. Et en France, plus de 300 policiers ont été blessés, certains gravement dans l'exercice de leur devoir. Il y a à penne un an, puis après le 13 novembre encore, embrasser un flic était devenu une pratique courante. On les adore quand ils nous protègent contre Daech, on les conspue quand ils s'opposent aux casseurs. Etrange logique.

La seconde, c'est l'occupation permanente d'un espace public et les nuisances. Problème mineur, avant tout gênent pour le voisinage et certains usagers de l'espace public. Ce n'est pas le cas à Genève.

Enfin, on peut contester certaines revendications face à un système qui fait vivre une bonne partie d'entre eux, qu'ils l'apprécient ou non. Protester contre la nourriture industrielle, les OGM et le glyphosate, le harcèlement sexuel et le sexisme, certaines inégalités choquantes, le nucléaire et ses déchets, la guerre, la fraude fiscale et la faim dans le monde, tout cela est bien, mais pas très nouveau. Est-ce qu'on ne recrée pas là du lien... social, peu à peu détruit pas les médias... sociaux ? Le retour organisé, dans un désordre relatif, des bonnes vieilles discussions de bistrot. Et l'occasion pour une une brochette d'activistes d'y relayer les mots d'ordre pour les votations du 5 juin. On marche donc sur les traces des plus grands révolutionnaires antisystème...

La véritable escroquerie, c'est peut-être d'y voir quelque chose de nouveau ou de marquant. Ca ne casse pas trois pattes à un canard, mais parfois quelques vitrines.

13/05/2016

Grand Guignol : vers une nouvelle saison ?

Les grands hommes savent faire leur sortie. Les autres se retirent simplement. Quelques uns la ratent lamentablement. Le pitoyable feuilleton offert par Gominator en est un bon exemple. Celui qui a une conviction politique, une ligne de conduite arrive de lui même à la conclusion que l'aventure se termine, parce que les objectifs sont atteints, parce qu'ils ne sont plus atteignables ou parce qu'une nouvelle génération est arrivée. 

Mais celui qui est motivé avant tout par l'attrait de son propre reflet dans le miroir médiatique ne peut simplement pas admettre de se retirer. Parce que tout est dans le reflet de soi. Dans les réactions provoquées chez les autres, qu'elles soient signe d'admiration ou d'exaspération. Pour ce type d'hommes (parce que les femmes sont rarement sujettes à ces dérives), accepter de ne plus être au centre de l'attention est impossible. Même au prix de la plus grande incohérence. 

Pourquoi faire un blog sur cet épisode ? Non pour le personnage qui présente peu d'intérêt politique sur le fond mais pour l'effet incroyablement négatif qu'il a exercé sur la politique genevoise depuis une quinzaine d'années. Majorités impossibles à trouver, incohérence, insultes et refus d'obtempérer aux ordres de la police, mépris pour la présidence du Grand Conseil. Sous son influence, ses disciples ont encombré notre parlement de motions et autres interventions presque toute destinées à la galerie. Le contraste avec nos voisins vaudois est saisissant. Même si toutes les dérives genevoises ne peuvent pas leur être imputées, les agitateurs n'ont rien apporté à Genève que confusion, insultes, racisme, homophobie. Ils en sont arrivés à salir même le qualificatif  de populiste, c'est dire... Un "style" politique dont on peut bien reconnaitre, avec Pascal Décaillet par exemple, qu'il a certains mérites, savoir être proche d'une partie importante de l'électorat n'était pas le moins intéressant. 

Finalement, qu'il reste ou parte m'est totalement égal. Ce qui me fait mal, c'est de voir dans quel état se trouve notre Grand Conseil. Il faut absolument que cesse ce Grand Guignol, que les députés se mettent à travailler au lieu de consacrer toute leur énergie à polémiquer. Les Vaudois nous ont montré qu'il était possible de s'entendre pour soutenir un projet et pas seulement pour dégommer celui des autres. Il est plus que temps que cesse le Grand Guignol.

04/05/2016

Alberta : la nature se vengerait-elle ?

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Etonnant, la ville canadienne de Fort Mc Murray est menacée par de dramatiques incendies de forêts est précisément le centre de la toute nouvelle et ravageuse industrie des pétroles de schiste de l'Alberta. Signe divin, si l'on y croit ou vengeance de la Nature ? Plusieurs reportages ont décrit ces derniers mois le fonctionnement de cette industrie qui dévaste une immense région des provinces peu peuplées de l'Ouest canadien. Pour le plus grand malheur de ce pays et la richesse à court terme de certains, il est assez peu peuplé pour que les ravages de cette prospection ne gênent directement qu'un nombre relativement peu important d'habitants. 

Cette ville qui compte plus de 80'000 habitants, actuellement en voie d'être évacués, ne comptait pas même 7000 habitants en 1970, population multipliée par quatre 15 ans plus tard, puis à nouveau par trois avec l'essor de cette nouvelle industrie. Rien n'indique pour l'instant que ces incendies aient un lien direct avec l'exploitation pétrolière et le saccage de la région. A surveiller.

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10/03/2016

Bloomberg s'est-il vraiment mis hors jeu ?

Maire de New York de 2002 à 2013 avec un un bilan largement positif vient malheureusement d'annoncer qu'il renonçait à briguer la présidence des Etats-Unis. Indépendant d'esprit puisqu'il est passé de Républicain à indépendant en cours de mandat municipal, Mickael Bloomberg l'est aussi sur le plan matériel. Sa fortune personnelle lui permet de ne pas se mettre dans les pattes des lobbies les plus influents du pays, une particularité qu'il partage il est vrai avec Donald Trump. 

Mais c'est bien tout ce qu'il a en commun avec ce personnage pittoresque mais sans aucune épine dorsale politique si ce n'est l'outrance de ses déclarations et une capacité phénoménale à faire vibrer les angoisses de l'électoral. Personnellement, je regrette ce renoncement car il aurait pu, en cas de succès, assurer à la première puissance mondiale (pour encore quelques années) un leadership de bon sens, si l'on en juge par ce qu'il a accompli et fait accomplir dans la Grosse Pomme. 

Comme Européen, mais aussi si j'étais étasunien, j'aurais voulu éviter de subir un troisième Bush, même si celui-ci était probablement moins nocif que le No 2, sa bande de va-t-en guerre. De même, je ne suis pas du tout séduit pas Mme Clinton, alors qu'elle offre indiscutablement une expérience de la diplomatie et du gouvernement qui peut rassurer. Et il serait positif qu'une femme accède à la Maison Blanche, mais faut-il que ce soit celle-ci ?. Je crains que la campagne ne révèle une batterie de casseroles et de compromissions qu'entraîne presque obligatoirement une aussi longue proximité de son couple avec le pouvoir suprême. 

Dans une tribune publiée sur son propre site Bloomberg View, Michael Bloomberg estime ses propres chances très minces et très élevée la probabilité qu'une triangulaire ne favorise l'élection de Trump. Le système électoral US étant ce qu'il est, en cas de triangulaire, il y a de fortes chances pour qu'il revienne au Congrès de désigner le Président, avec un avantage certain pour les candidats issus des partis, et des Républicains en particulier.

Lucide mais regrettable. Est-ce définitif ?

http://www.bloombergview.com/articles/2016-03-07/the-2016-election-risk-that-michael-bloomberg-won-t-take

 

18/02/2016

Etat d’urgence perpétuelle ?

La prolongation de l’Etat d’urgence en France me paraît être à la fois une erreur et un contresens. Instauré dans la nuit du 13 au 14 novembre après les attentats qui ont frappé Paris, il devait permettre aux forces de sécurité de frapper un grand coup contre une menace terroriste extraordinaire. Avec certains effets initiaux et des facilités accordées aux forces de sécurité. De l’avis général, cet effet, de surprise, a été utile mais son efficacité s’est depuis lors largement dissipée.

La prolongation est un contresens et en même temps un aveu de faiblesse. Nous avons tous dit que pour faire face aux terroristes et leur nier la victoire, il était nécessaire de reprendre une vie normale et ne pas abdiquer nos plaisirs et nos libertés. Maintenir un état, par définition exceptionnel, c’est une fausse politique qui donne les mauvais signaux. Volonté de « rassurer » ? Là aussi, c’est à mon avis raté. Volonté de « se couvrir » ? Pour éviter l’accusation de légèreté si quelque chose devait se produire ces prochaines semaines ? C’est encore une faute, parce qu’il se produira forcément quelque chose, tant que les causes et le vivier de ce terrorisme n’aura pas été asséché.

Il faut au contraire sortir de l’Etat d’urgence, quitte à y revenir plus tard si la situation devait l’exiger. Parce que le prolonger veut aussi dire qu’on est incapable d’apporter au dispositif normal les ajustements nécessaires, de tirer les leçons des précédents attentats, des ratés de la sécurité, des failles dans la détection et le traitement des alertes.

Y a-t-il encore derrière cette paralysie une guerre des polices ou des services, ou simplement l’insigne faiblesse d’un gouvernement qui consacre toute son énergie à se positionner en vue des présidentielles de 2017 ? Je crains que ce soit un peu de tout ça.

15/01/2016

Quand le MCG joue Paris contre Genève et la Région

J'ai de la peine à comprendre : pourquoi Roger Golay défend-il un projet aussi idiot que la dénonciation de l'accord de 1973 avec la France sur l'imposition des travailleurs frontaliers qui nous est si favorable ? Le président du MCG qui est une personne de bon sens risque sa crédibilité dans cette affaire. Juste parce que son président d'honneur (de leçons) veut à tout prix taper sur la France et les frontaliers ? 

Il y a plusieurs raisons de combattre cette initiative idiote et dangereuse. J'en retiens deux : 

1. si on passe au système que veut l'initiative, c'est la France (celle de Paris) qui percevra l'impôt et les communes de résidence des frontaliers ne verront jamais la couleur de ces millions. Ils auront disparu dans les comptes de la Nation, largement déficitaires. Les projets de ces communes seront dans les limbes, c'est la région qui perdra. Est-ce ce que veut Roger Golay ? Je ne peux pas le croire.

2. Si on passe au système Stauffer, c'est la France (de Paris) qui maitrisera les versements. Et je souhaite bonne chance à nous autorités, quelles qu'elles soient, pour récupérer ces fonds à Paris...

Alors de grâce, est-ce que le plaisir de taper sur la France et de se payer un nouveau tour de manège médiatique vaut vraiment la peine de faire perdre plusieurs centaines de millions à Genève et aux communes frontalières ? Je ne peux pas croire que ce soit ce que veut Roger Golay.

08/01/2016

USA : le délire complice de la NRA

Aux Etats-Unis, on recense 360 incidents faisant au moins 4 victimes par arme à feu chaque année, soit plus de un par jour. Certains, comme ceux de San Bernardino font des dizaines de morts et de blessés. Avec des armes souvent achetées en toute "légalité". Et la National Rifle Association continue de s'opposer à la moindre régulation, même le simple renforcement du contrôle des ventes par des privés. On a de la peine à imaginer que dans ce grand pays, on trouve une majorité d'élus nationaux pour s'aligner sur le lobby des armes de guerre et des viandards qui ne trouvent leur plénitude personnelle qu'en vidant des chargeurs dans le désert, quand tout va "bien", et dans le ventre de leurs semblables quand ça se passe moins bien. 

S'il s'agissait juste de se défendre en cas de nécessité, un désir alimenté par l'histoire du pays et par l'étendue du territoire qui laisse parfois le citoyen seul face à une menace, la possession d'une arme de poing, dûment enregistrée et contrôlée serait suffisante. Mais des millions de citoyens étasuniens possèdent des armes de guerre, fusils automatiques et armes surpuissantes, conçus pour le combat et la destruction à grande échelle est sans trop de distinction, soit tout à fait à l'opposé de l'idée de la légitime défense, un droit reconnu à chacun dans un état de droit, pour autant qu'il soit proportionné.

L'un des argument de la NRA est la responsabilité individuelle. Dans ce cas, je pense que l'absence de limites, en particulier en ce qui concerne le type d'armes, leur nombre et les antécédents des acquéreurs met en lumière l'irresponsabilité d'une minorité de citoyens dangereux. Une minorité de 300 000 000, ça fait encore du monde ! 

 

 

 

05/01/2016

Pataquès UDC sur l’expulsion

Malgré son succès aux fédérales 2015 ses deux élus au Conseil fédéral, l’UDC pédale dans la semoule : elle va bientôt devoir faire face aux conséquences de ses autres succès en votations : ses élus nationaux se déchirent sur la manière d’appliquer ou de modérer l’impact du vote du 9 février qui met l’économie en difficulté avec le marché européen. Même pataquès sur l’interprétation de l’initiative pour l’expulsion des criminels : concerne-t-elle les secundos ou pas ? MM et Mme Grin, Nidegger et Amaudruz se contredisent. A Forum lundi 5 janvier, la présidente de l'UDC genevoise ne semblait même pas connaitre le texte qu'elle soutient, incapable d'argumenter sur les conséquences de son initiative. 

Le catalogue absurde de deux pages que ce parti, pourtant gouvernemental, nous propose d’introduire dans notre constitution est ridicule. Totalement rigide, il ôtera toute latitude au juge de tenir compte des circonstances du délit. Il frappera indistinctement les crimes graves et les peccadilles. Sous la pression de l’initiative allant dans la même direction et adoptée par le peuple en 2010, le Parlement a déjà adopté un durcissement du régime de l’expulsion en 2015, de sorte que l’initiative sur laquelle nous votons sert avant tout à poursuivre une logique de division de la société suisse et à la mettre volontairement difficulté dans ses discussions avec l’Union européenne.

Il serait plus intelligent de profiter des difficultés que connaît (malheureusement) l’UE actuellement et de voir si ces événements tels que le Brexit, la possible sortie de la Grande-Bretagne, ne seraient pas l’occasion de trouver avec cette nouvelle Europe en gestation un accord à long terme.

Mais il est probablement naïf de croire que ce parti qui vit de l’isolement (alors que son leader Blocher a fait sa fortune avec l’étranger, suprême ironie) et des difficultés qu'il a lui même contribué à accentuer, peut vouloir une solution porteuse d’avenir, lui qui prétend conduire la Suisse avec les deux yeux braqués dans le rétroviseur.