18/02/2016

Etat d’urgence perpétuelle ?

La prolongation de l’Etat d’urgence en France me paraît être à la fois une erreur et un contresens. Instauré dans la nuit du 13 au 14 novembre après les attentats qui ont frappé Paris, il devait permettre aux forces de sécurité de frapper un grand coup contre une menace terroriste extraordinaire. Avec certains effets initiaux et des facilités accordées aux forces de sécurité. De l’avis général, cet effet, de surprise, a été utile mais son efficacité s’est depuis lors largement dissipée.

La prolongation est un contresens et en même temps un aveu de faiblesse. Nous avons tous dit que pour faire face aux terroristes et leur nier la victoire, il était nécessaire de reprendre une vie normale et ne pas abdiquer nos plaisirs et nos libertés. Maintenir un état, par définition exceptionnel, c’est une fausse politique qui donne les mauvais signaux. Volonté de « rassurer » ? Là aussi, c’est à mon avis raté. Volonté de « se couvrir » ? Pour éviter l’accusation de légèreté si quelque chose devait se produire ces prochaines semaines ? C’est encore une faute, parce qu’il se produira forcément quelque chose, tant que les causes et le vivier de ce terrorisme n’aura pas été asséché.

Il faut au contraire sortir de l’Etat d’urgence, quitte à y revenir plus tard si la situation devait l’exiger. Parce que le prolonger veut aussi dire qu’on est incapable d’apporter au dispositif normal les ajustements nécessaires, de tirer les leçons des précédents attentats, des ratés de la sécurité, des failles dans la détection et le traitement des alertes.

Y a-t-il encore derrière cette paralysie une guerre des polices ou des services, ou simplement l’insigne faiblesse d’un gouvernement qui consacre toute son énergie à se positionner en vue des présidentielles de 2017 ? Je crains que ce soit un peu de tout ça.

15/01/2016

Quand le MCG joue Paris contre Genève et la Région

J'ai de la peine à comprendre : pourquoi Roger Golay défend-il un projet aussi idiot que la dénonciation de l'accord de 1973 avec la France sur l'imposition des travailleurs frontaliers qui nous est si favorable ? Le président du MCG qui est une personne de bon sens risque sa crédibilité dans cette affaire. Juste parce que son président d'honneur (de leçons) veut à tout prix taper sur la France et les frontaliers ? 

Il y a plusieurs raisons de combattre cette initiative idiote et dangereuse. J'en retiens deux : 

1. si on passe au système que veut l'initiative, c'est la France (celle de Paris) qui percevra l'impôt et les communes de résidence des frontaliers ne verront jamais la couleur de ces millions. Ils auront disparu dans les comptes de la Nation, largement déficitaires. Les projets de ces communes seront dans les limbes, c'est la région qui perdra. Est-ce ce que veut Roger Golay ? Je ne peux pas le croire.

2. Si on passe au système Stauffer, c'est la France (de Paris) qui maitrisera les versements. Et je souhaite bonne chance à nous autorités, quelles qu'elles soient, pour récupérer ces fonds à Paris...

Alors de grâce, est-ce que le plaisir de taper sur la France et de se payer un nouveau tour de manège médiatique vaut vraiment la peine de faire perdre plusieurs centaines de millions à Genève et aux communes frontalières ? Je ne peux pas croire que ce soit ce que veut Roger Golay.

08/01/2016

USA : le délire complice de la NRA

Aux Etats-Unis, on recense 360 incidents faisant au moins 4 victimes par arme à feu chaque année, soit plus de un par jour. Certains, comme ceux de San Bernardino font des dizaines de morts et de blessés. Avec des armes souvent achetées en toute "légalité". Et la National Rifle Association continue de s'opposer à la moindre régulation, même le simple renforcement du contrôle des ventes par des privés. On a de la peine à imaginer que dans ce grand pays, on trouve une majorité d'élus nationaux pour s'aligner sur le lobby des armes de guerre et des viandards qui ne trouvent leur plénitude personnelle qu'en vidant des chargeurs dans le désert, quand tout va "bien", et dans le ventre de leurs semblables quand ça se passe moins bien. 

S'il s'agissait juste de se défendre en cas de nécessité, un désir alimenté par l'histoire du pays et par l'étendue du territoire qui laisse parfois le citoyen seul face à une menace, la possession d'une arme de poing, dûment enregistrée et contrôlée serait suffisante. Mais des millions de citoyens étasuniens possèdent des armes de guerre, fusils automatiques et armes surpuissantes, conçus pour le combat et la destruction à grande échelle est sans trop de distinction, soit tout à fait à l'opposé de l'idée de la légitime défense, un droit reconnu à chacun dans un état de droit, pour autant qu'il soit proportionné.

L'un des argument de la NRA est la responsabilité individuelle. Dans ce cas, je pense que l'absence de limites, en particulier en ce qui concerne le type d'armes, leur nombre et les antécédents des acquéreurs met en lumière l'irresponsabilité d'une minorité de citoyens dangereux. Une minorité de 300 000 000, ça fait encore du monde ! 

 

 

 

05/01/2016

Pataquès UDC sur l’expulsion

Malgré son succès aux fédérales 2015 ses deux élus au Conseil fédéral, l’UDC pédale dans la semoule : elle va bientôt devoir faire face aux conséquences de ses autres succès en votations : ses élus nationaux se déchirent sur la manière d’appliquer ou de modérer l’impact du vote du 9 février qui met l’économie en difficulté avec le marché européen. Même pataquès sur l’interprétation de l’initiative pour l’expulsion des criminels : concerne-t-elle les secundos ou pas ? MM et Mme Grin, Nidegger et Amaudruz se contredisent. A Forum lundi 5 janvier, la présidente de l'UDC genevoise ne semblait même pas connaitre le texte qu'elle soutient, incapable d'argumenter sur les conséquences de son initiative. 

Le catalogue absurde de deux pages que ce parti, pourtant gouvernemental, nous propose d’introduire dans notre constitution est ridicule. Totalement rigide, il ôtera toute latitude au juge de tenir compte des circonstances du délit. Il frappera indistinctement les crimes graves et les peccadilles. Sous la pression de l’initiative allant dans la même direction et adoptée par le peuple en 2010, le Parlement a déjà adopté un durcissement du régime de l’expulsion en 2015, de sorte que l’initiative sur laquelle nous votons sert avant tout à poursuivre une logique de division de la société suisse et à la mettre volontairement difficulté dans ses discussions avec l’Union européenne.

Il serait plus intelligent de profiter des difficultés que connaît (malheureusement) l’UE actuellement et de voir si ces événements tels que le Brexit, la possible sortie de la Grande-Bretagne, ne seraient pas l’occasion de trouver avec cette nouvelle Europe en gestation un accord à long terme.

Mais il est probablement naïf de croire que ce parti qui vit de l’isolement (alors que son leader Blocher a fait sa fortune avec l’étranger, suprême ironie) et des difficultés qu'il a lui même contribué à accentuer, peut vouloir une solution porteuse d’avenir, lui qui prétend conduire la Suisse avec les deux yeux braqués dans le rétroviseur.

23/12/2015

Le climat, les catastrophes et le marché

Lentement, le monde commence à réaliser que le changement climatique et la pollution ne sont pas des questions réservées au 22ème siècle. Après nous le Déluge, vraiment ? Pas si sûr.

Au Sénégal, des habitations sont rongées par les vagues, des bâtiments de la côte atlantique française ne sont plus habitables et devraient finir par être mangées par la mer, nos Alpes restent terriblement vertes en ce Noel 2015. L'année dernière,  j'avais encore fait du VTT à 1800m d'altitude un 23 décembre et je recommencerai cette année. Le permafrost fond, les alpinistes peuvent se faire du souci pour leur terrain d'exercice. C'est bien plus dramatique dans un pays comme le Bengladesh où une grande partie de la population vie à quelques centimètres au dessus du niveau de la mer. La zone pratiquement plate du delta du Gange envahie par les eaux salées enverra sur les routes des millions de réfugiés climatiques. Et là, on ne parlera plus de quelques centaines d'îliens du pacifique mais des millions de pauvres, vivant dans une zone déjà très densément peuplée.  

A Paris, on s'est mis d'accord. Bravo à la diplomatie française. Ca vaut ce que ça vaut, mais il y a des signes nouveaux que de grands acteurs bougent. Les citadins chinois étouffent dans la pollution. Le site www.aqicn.org permet de suivre en direct les valeurs du Air Quality Index (AQI) dans des centaines de villes du monde. Les cités chinoisent descendent rarement au dessous de "unhealthy"... Les marchés financiers commencent à réagir, les gros investisseurs semblent se détourner des valeurs boursières irrespectueuses de l'environnement. La Californie sent la sécheresse arriver, la taille moyenne des voitures US baisse, les centrales solaires se multiplient, l'éolien de développe. C'est tard mais c'est bien. Un mélange de catastrophes et de bonne nouvelles pour cette fin d'année 2015.

09/12/2015

Conseil fédéral - que faire ?

Petit déjeuner avant l'élection au Conseil fédéral. Chacun peut s'imaginer ce qu'il aurait fait s'il devait voter ce matin au Palais fédéral. Quelques réflexions au débotté mais sans les informations que donnent les auditions et les contacts directs aux Chambres : 

L'idée d'élire une représentation tessinoise est tentante, Gobbi semble avoir de bonnes dispositions "gouvernementales" mais son parti, la Lega, son journal gratuit et son incapacité à se distancier de certaines postures nauséabondes sont gênantes. Veut-on avoir un ministre et par la suite un Président de la Confédération à ce point marqué par son passé ?

Un troisième Romand, certes sympathique mais tellement vaudois, rond et semble-t-il handicapé linguistique, est-il une option intéressante ? Je crains que non. 

Le jeune Aeschi a de l'énergie et de la compétence, il a voyagé et il connait les défis de l'économie. Le "procès en consultance" qu'on lui intente est assez ridicule. Par contre, son inexpérience et son absence d'indépendance par rapport à la tendance blochérienne sont inquiétantes. C'est donc un pari risqué, mais pas sans intérêt. 

Mais il y a une clause qui m'insupporte au plus haut point : l'exclusion automatique par l'UDC de tout élu issu de ses rangs qui ne serait pas officiellement investi. C'est un ukase qui n'est pas acceptable. Si j'avais eu à voter ce matin, j'aurais refusé cela. 

Comme premier parti de Suisse, l'UDC a certainement un droit mathématique à un second conseiller fédéral. Mais cette manière d'être à la fois gouvernemental et en position d'opposition permanente est très néfaste pour la Suisse. Uli Maurer est déjà un conseiller fédéral médiocre, il est important pour la Suisse que le premier parti du pays se montre plus constructif tant au Conseil fédéral qu'aux Chambres fédérales, en plénière et en commissions. 

Posté à 9h20.

 

 

 

 

07/12/2015

Un fumet d'indécence

Le FN progresse démocratiquement. C'est triste mais c'est un fait. Blâmer la presse pour cela est idiot. Elle n'est pas parfaite mais sa tâche est délicate, toujours. Elle le sera de plus en plus. Il y a un vote de défiance envers les responsables actuels et passés, l'envie de voir autre chose, à mon avis sans trop d'illusions sur le fond. Les électeurs savent bien qu'il n'y a pas se solution miracle. Mais ce qu'ils détestent, c'est la désagréable impression qu'une certaine classe politique se fiche de leurs problèmes et se bat exclusivement dans le petit aquarium de la petite politique spectacle, un peu mesquine, un peu vaine et surtout tellement tournée vers eux-mêmes.

Un débat "entre soi" qui ne concerne pas vraiment les citoyens. On assiste à des débats sur les alliances qui donnent l'impression que les listes se considèrent comme propriétaires de leurs électeurs du premier tour, ce qui est bien entendu faux. Mais aussi toutes ces affaires qui semblent toucher chaque parti installé, quel que soit leur positionnement politique. Et ce parfum d'indécence qui flotte autour des responsables politiques de gauche comme de droite. Corruption, fonds spéciaux, frais de campagne exagérés, mais aussi les actions troubles des Balkany et d'autres que la justice semble incapable d'atteindre, des ministres nommés et aussitôt démissionnés. Des réseaux, des petits amis et, fatale erreur bien que parfaitement légale, la célébration d'une victoire présidentielle au Fouquet's. Des symboles, certes, mais importants. Gouverner, c'est aussi envoyer des messages, littéraux ou subliminaux. Quand ils sont contradictoires, ça coince, ça gronde et ça finit par craquer. Dans les urnes quand le cadre constitutionnel tient le coup, dans les rues et à la Bastille quand il craque. 

Les plus populaires actuellement : des personnages comme Alain Juppé qui, depuis plus de 10 ans a conduit une extraordinaire mutation de sa commune de Bordeaux. Idem à Lyon avec Gérard Collomb. Des élus pas trop profilés, qui travaillent sur le terrain. MM. Barre ou Delors sont aujourd'hui perçus comme des hommes d'Etat sérieux, honnêtes et compétents, avec une vision et une ligne, que l'on soit on non d'accord avec eux. Et à leur époque, le FN se limitait à quelques petits %. Et à gauche, Daniel Cohn-Bendit dit des choses intéressantes, bien plus sensées et indépendantes que sa vieille étiquette de "le Rouge" ne peut le laisser penser. 

Le politique a un vrai devoir de responsabilité et de sérieux. Ce n'est pas moralisateur, c'est indispensable. Ou les deux. 

 

01/12/2015

La pollution en Chine : fallait-il en arriver là ?

 

images.jpgA Pekin, le jour de l'ouverture de la COP21, on mesurait 621 particules par m3 (ppm), selon l'ambassade des Etats-Unis. Même pour les autorités, il devient impossible de nier la taille du problème. Les images largement diffusées font peur, des centaines de milliers de Chinois perdent la vie chaque année, littéralement étouffés pas cette horreur respiratoire. Transports, centrales thermiques à charbon, usines situées en pleine ville... cette concentration d'humains et de sources de pollution, combinés à une absence de vent fréquente sera peut-être le signal que la Chine ne peut pas continuer sur cette voie. 

Pour un Etat qui n'a pas l'habitude d'écouter sa population, où les responsables politiques locaux doivent beaucoup au clientélisme et à la corruption, il fallait dépasser d'un facteur 25 les normes de l'OMS (25 ppm) et d'un facteur 8 les normes locales trois fois plus élevées. Les autorités sont conscientes que la pollution est le seul sujet qui peut vraiment mettre les citoyens chinois dans la rue, encore qu'avec cette atmosphère, descendre dans la rue est déjà un défi quotidien que les habitants n'ont pas vraiment le choix de ne pas faire. Vous imaginez-vous vraiment vivre dans cette purée de pois, sachant qu'il ne s'agit pas de gouttelettes d'eau mais de particules de charbon... ?

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Un bon signe pour la COP21 et tout ce qui va suivre : la pollution est vraiment descendue dans la réalité des citoyens. En Suisse, c'est plutôt le recul et à long terme la menace de disparition de nos chers glaciers qui frappe les esprits et illustre la nécessité d'agir avant qu'il ne soit trop tard. La Chine s'intéresse depuis plusieurs années au marché des crédits carbone et pourrait se lancer. Aux Etat-Unis, la Californie joue un rôle pilote et le président Obama s'engage face à des Républicains grands apôtres du climatoscepticisme le plus cynique. 

20/10/2015

Halte aux politiques pyromanes !

En Allemagne, les allumés de Pegida s'en prennent à des réfugiés et poignardent Henriette Reker, qui a ensuite été élue maire de Cologne au premier tour. En Israel, un Erythréen de Beersheba est lynché par la foule qui l'a pris pour un assaillant lors d'un attentat. On voit que c'est aussi de l'intérieur de nos sociétés que vient le danger quand on excite la population avec des fantasmes d'invasion et des images  manipulées avec talent. On a vu comment le JT de la télévision hongroise avait reçu la consigne d'éviter toute image touchante qui pourrait susciter la sympathie et pour cela d'éviter de montrer des enfants réfugiés au public. 

Il faut donc faire très attention de ne pas se laisser manipuler par les responsables des partis extrémistes qui ne gagnent que par la peur. Le même raisonnement vaut à Genève où les dirigeants populistes créent eux-même les problèmes pour prétendre ensuite les résoudre. Minarets, invasion étrangère, etc. Ceux qui se plaignent du trafic pendulaire se sont opposé à un financement intelligent de parkings d'échange en France pour des raisons idéologiques. Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre nous même le feu pour venir ensuite jouer les pompiers de service. Ca devrait finir par se voir.

14/10/2015

Politique et navigation (2ème partie)

Engagement et compétition

Qu’est-ce qui motive Dominique ? Etre le meilleur, admet-il avec sincérité. Il y a un peu d’égo là-dedans mais ce n’est pas négatif, pour autant que le fairplay soit la règle. Dans une campagne politique, l’objectif est bien d’être élu, donc de passer devant les autres. C’est un passage nécessaire pour avoir la possibilité d’agir. Mais là aussi, Rolin précise qu’il n’a pas  d’ennemis en politique, seulement des adversaires. Il s’interdit toute attaque personnelle ou violente de sorte que Pascal Décaillet l’appelle « le gentleman de la politique ». L’esprit de compétition peut aussi se manifester par la volonté de se dépasser. Quand le navigateur cherche à faire marcher plus vite son bateau, le citoyen marie les défis politiques avec des défis sportifs, tels que la Patrouille des Glaciers.

Perception de la Suisse à l’étranger

Les deux cousins ont passé presque la moitié de leur vie professionnelle à l’étranger. L’humanitaire a pu constater le prestige dont jouissait la qualité suisse et la flatteuse réputation de sérieux de nos concitoyens et de nos organisations. Lors du grounding de Swissair en 2002, les ministres rwandais avec lesquels il s’entretenait étaient abasourdis de ce qui était en train de se passer. Plus que les Helvètes, semble-t-il. Et dans les ports, comment voit-on la Suisse ? Pour le marin, la perception est excellente en Amérique du Sud et en Océanie. Par contre, notre pays dont le pavillon a toujours flotté sur ses bateaux, officiellement immatriculés à Bâle, est largement inconnu aux Etats-Unis et souvent confondu avec la Suède. En France où il réside une bonne partie de l’année, la Suisse est plutôt mal comprise. Il ose une explication : la France ne connait que la démocratie élective, n’a aucune idée ni pratique de la démocratie directe, ses gouvernements  craignent les référendums et, de manière générale, l’expression de l’opinion publique. Ainsi, depuis le 9 février 2014, notre pays est une « épine dans le pied » des autorités françaises qui savent qu’en cas de vote, sa population aurait voté dans le sens de la fermeture, encore plus nettement que la Suisse.

En effet, souligne Rolin, qui est également enseignant, des notions telles que la démocratie directe, la collégialité, ou le système de milice sont largement incompris. Mais les Suisses ont en commun une certaine fierté pour la manière dont ils sont parvenus à préserver leur environnement et leur organisation propre.

Les deux conviennent qu’ils se sentent définitivement comme des citoyens de la Vieille Europe, dont les composantes semblent si différentes vues depuis l’intérieur mais très semblables aux yeux des Kiwis ou Argentins.

Tous les deux conviennent que leur ADN n’incluait pas de chercher à être connu du public, mais c’est à la fois indispensable au navigateur pour décrocher des sponsors et au responsable politique pour être élu et pouvoir agir. Dominique conclut : «Je sais que tu ne peux pas communiquer sur quelque chose à laquelle tu ne crois pas. C’est pour ça que je suis là avec toi“.

Propos recueillis par Pascale Berry