Et pourtant, elle tourne ! - Page 5

  • Revenu agricole : la baisse ne peut pas continuer

    Le revenu paysan baisse encore ! Selon l'Agroscope, le revenu par exploitation a connu une baisse de 6,1% en 2015. Chaque exploitation apporte en moyenne 61'400.- par année, ce qui n'est vraiment pas beaucoup quand elle doit faire vivre plusieurs personnes. 

    Les causes : baisse du prix du lait (prix payé au consommateur, pas dans votre supermarché préféré), baisse du prix de la viande payé au producteur et les conditions météo. Mais pourquoi continuer à produire si on en vit à peine ? Notre agriculture ne peut, ne doit pas disparaitre. Les payements directs sont une solution partielle quand elle rémunère une véritable fonction de maintien du paysage, comme c'est le cas pour l'agriculture de montagne, où il est difficile d'être compétitif. Par contre, c'est d'une rétribution de leur travail que les agriculteurs ont besoin. Pour vivre mais aussi par dignité. D'autant plus quand ils produisent de la qualité, localement. De ce point de vue, GRTA est une action salutaire. Il faut consommer des produits issue de notre terroir et du travail de gens qui nous sont proches. Et si possible de saison...

    Je suis favorable au lancements de marchés paysans qui pourraient offrir des produits locaux. Communes et associations pourraient y penser lors de réaménagements de quartiers ou de locaux municipaux. Si une option se présente dans ma commune de Chambésy, je ferai tout mon possible pour que l'on suscite la création d'un tel point de vente des produits de la ferme. 

  • Lier intégration et permis de résidence : une évidence bienvenue

    Le Conseil national a adopté ce mercredi plusieurs mesures dont une me parait une évidence telle qu'il est étonnant qu'elle ait fait autant débat : lier l'intégration, et par conséquent la volonté de faire partie de la société, avec l'attribution d'un permis d'établissement. Pour moi qui ai vécu plus de 15 années à l'étranger, il a toujours été évident que celui qui prétend être accueilli et accepté dans une société qui n'est pas la sienne doit faire quelques efforts pour le mériter. Cela découle du simple respect de l'hospitalité, une notion dont la signification est connue dans le monde entier. Ce n'est pas parce que chez vous, vous avez l'habitude de mettre les pieds sur la table que vous pouvez vous permettre de faire de même dans la maison de celui qui vous accueille. 

    Dans le domaine migratoire, cela se traduit par la possibilité de conclure des contrats d'intégration, qui mettent en lien les droits et les devoirs de ceux qui veulent vivre chez nous. Si certains points vont de soit, il vaut tout de même la peine de le préciser très clairement : le respect de la loi et des coutumes est nécessaire pour prétendre à un permis de longue durée. Je considère que d'autres actions telles que l'apprentissage d'une langue nationale, la participation à des activités sociales et associatives, la connaissance des us politiques et culturels est également centrale à une bonne intégration. A l'opposé, le fait de vivre en milieu fermé, dans sa communauté, sans contact avec l'entourage n'est pas une bonne chose et dénote une absence de volonté d'interagir avec la société. 

    Je sais par expérience qu'il n'est pas très difficile de consacrer un peu de temps à apprendre les rudiments de la langue du pays d'accueil. Je l'ai personnellement fait cet effort en espagnol, russe, arabe. Et même en suisse allemand !

    Pour tout authentique partisan de la maxime "libre et responsable", lien entre droits et obligations est une évidence qui devrait s'étendre bien au-delà du simple libéralisme.

     

     

  • Absurde !

    Pourquoi le Conseil fédéral et le Secrétariat aux Migrations ont-ils pris cette funeste décision de limiter le nombre de permis de travail extra-européens alors que rien dans la votation du 9 février ne l'exigeait ? C'est dramatique pour un canton comme Genève qui a besoin de personnes hautement qualifiées que nos entreprises ne trouvent pas sur la marché local. Dans ce domaine, il y a un taux de rotation très élevé et à chaque fois, un nouveau permis est nécessaire. L'économie moderne fonctionne avec des mandats et des tâches plus courtes, il faut être réactifs. Le poids d'une bureaucratie écrasante est un handicap que la Suisse s'inflige à elle-même. 

    Les initiatives nationalistes voulues par l'UDC sont la cause principale de cette catastrophe. Bombardé de propagande alarmiste, le peuple a fini par accepter de fermer les portes, particulièrement dans les cantons qui n'ont pas besoin de permis... C'est d'autant plus triste que Genève contribue un million par jour à la péréquation intercantonale. 

    L'une des conclusions de ce splendide autogoal de l'UDC, c'est que les défenseurs de la Suisse ne sont pas ceux que l'on croit et encore moins ceux qui se proclament tels, à coup de tous-ménages payés de la poche de M. Blocher, qui a fait sa fortune en commerçant avec l'étranger. 

  • Autour du Brexit : un exemple de populisme destructeur

    On se bat beaucoup pour définir ce qu'est le Populisme. Ce mouvement nous oblige à nous interroger. N'est-ce pas simplement "être populaire" ? "Parler aux gens de ce qu'ils veulent" ? "entendre le Peuple" ? "parler simplement" ? Descendre de son Olympe" ?Oui, tout cela est en partie vrai et c'est le "bon côté" du populisme, si l'on ose la formule. Car il contribue aussi remettre en question une manière traditionnelle de faire la politique, installée et confortable. Il devrait rappeler aux décideurs, même élus démocratiquement, qu'ils ne doivent pas perdre le lien avec la vie des "vrais gens". 

    Mais il y a une face sombre. Elle éclate avec le succès du Brexit et la volte-face immédiat et scandaleux de ses partisans les plus acharnés : ce qui était vérité d'Evangile la semaine dernière (la Grande-Bretagne "donne" 350 millions de livres à l'UE chaque semaine !) devient subitement faux, de la bouche-même de M. Farage qui se fait tout petit. Le tonitruant M. Johnson ne veut soudain plus devenir Premier Ministre. 

    Affirmer des choses que l'on sait fausses, mais que les électeurs veulent absolument entendre, voila un trait discernable du populisme. Quand en plus, ce discours repose sur un fond de critique légitime, parce que l'UE, mais surtout les Etats qui la composent, sont hautement critiquables en effet, le mélange est détonnant. Il faudra que les électeurs de la Petite Bretagne boivent the soup jusqu'à la lie pour vacciner les autres de croire bêtement à tout ce qu'on leur dit. Et vacciner aussi les (ir)responsables politiques d'affirmer tout et n'importe quoi sans pouvoir ni même vouloir l'assumer ensuite. 

    Sans oublier que ce climat haineux ne peut pas avoir été sans influence sur l'assassinat de la députée Jo Cox, même si la campagne a soigneusement évité d'instrumentaliser ce crime odieux. Bien entendu, un tel déversement d'insultes et d'accusations a joué un rôle pour déclencher et "légitimer" l'acte d'une personnalité fragile et perturbée. Quand le cynisme mène au sinistre. 

  • Un T-shirt, ça peut aussi aller, non ?

    Je n'aime pas le burkini. Ce vêtement entre en conflit avec les normes vestimentaires habituellement acceptées dans nos régions, avec d'autant plus de violence qu'il est très souvent noir. Il ne viendrait à l'idée de personne d'aller de baigner en bikini sur une plage saoudienne, sans vouloir faire de la réciprocité une règle absolue. L'interdire ou non est une question d'opportunité politique : cause-t-il un tel problème à l'ordre public qu'il faille régler la question d'une manière aussi invasive ? A voir de cas en cas.

    Par contre, les baigneuses que le maillot de bain tel qu'il est porté en Europe indispose peuvent parfaitement porter un cycliste aux genoux et un T-shirt par dessus leur maillot sans que personne ne s'en offusque. Nombreux sont les baigneurs qui veulent simplement se protéger d'un soleil de plus en plus agressif. Négliger cette solution "douce" revient à imposer à une région un code vestimentaire qui ne lui est pas naturel. C'est d'autant plus étonnant que le Moyen Orient dont viennent la plupart de ces personnes est très sensible aux questions d'hospitalité, de coutumes et de respect. 

    Finalement, en tant qu'homme, je me sens collectivement offensé à l'idée que le corps d'une femme doive être protégé de mes instincts ou de mes regards. Serai-je donc tellement dangereux et incapable de me contenir à leur vue ? 

     

  • Trop de mauvais choix tuent le choix.

    J'ai un problème. Si j'étais électeur américain, je ne voudrais voter ni pour Clinton, ni pour Trump. Comme Français, je ne souhaiterais ni Hollande ni Sarkozy à l'Elysée 5 ans encore. Je n'aime ni Erdogan ni les putschistes, ni Sissi ni Morsi.

    Mais heureusement, en Suisse, on peut encore voter sans avoir à choisir entre deux solutions ou candidats inacceptables. Et on peut proposer soi-même une solution. En étant candidat ou en lançant une initiative quel que soit le niveau. Nos votes multiples nous permettent d'exprimer des avis nuancés. Pour un récent blog, j'avais compté que chaque Suisse votait près de 115 fois sur une législature de 5 ans alors que les Français ne se prononcent que 6 ou 7 fois et qui plus est sur des listes bloquées. 

     Certains trouveront refuge dans l'abstention, d'autres dans le vote de protestation avec tous les risques que cela comporte. D'autres encore choisiront la stabilité. Mais n'est-il pas préoccupant de constater que tant de choix fermés nous sont proposée. Les Etats-Unis, pays qui se targue d'être une démocratie aboutie nous propose un choix démocratique entre deux personnalités hautement impopulaires. En d'autres temps, c'était une lutte entre les deux dynasties Bush et Clinton, sans oublier les Kennedy. Alors qu'il y a plus de 300 millions de citoyens parmi lesquels choisir. 

  • Brexit : seniors take it all ?

    Intéressant de constater que les partisans du Stronger In, soit de rester au sein de l'UE, se trouvent surtout parmi les jeunes, les habitants des villes et, pour des raisons différentes, en Ecosse. D'accord, la démocratie, c'est bien une voix à chaque électeur. Mais sur une décision qui engage tant l'avenir d'une nation à l'horizon 20 ou 30 ans, n'est-il pas préoccupant de voir que ceux qui ne seront en bonne partie plus là à cette période vont peser d'un poids déterminant ? Ne faut-il pas s'inquiéter de ce qu'un sentiment de nostalgie pour une époque qui n'est plus et ne sera plus jamais pousse tant de personnes à couper leur jeunesse et les populations urbaines de leurs liens politiques et économiques avec le reste du Continent ?

    Choquant de sembler donner un poids prépondérant aux voix de la jeunesse ? Juridiquement oui. Mais ne se plaint-on pas souvent de ce que la politique est faite pas des hommes âgés. Si c'est vrai dans les Parlements et Conseils, ça doit bien avoir un fond de vérité dans un vote référendaire...

  • Qui veut tuer le droit de grève ?

    Le droit de grève est essentiel. Il a une longue histoire, un bilan. Il peut déranger, énerver ou au contraire exalter et motiver. Son exercice coûte à l’entreprise, aux propriétaires, mais aussi aux salariés et parfois aux clients et fournisseurs. Tout cela est classique et admis.

     Par contre, ce qui l’est un peu moins, c’est ce à quoi nous assistons actuellement en France : le détournement de ce droit pour des motifs tout autres : marquer son opposition à un gouvernement ou à une loi, qui plus est pas encore définitivement adoptée, malgré le recours au très « raide » article 49.3 de la Constitution. Quand le syndicat CGT mobilise les quelques % d’adhérents qui lui restent dans des secteurs stratégiques tels que les transports, les ports et raffineries, mais aussi les centrales nucléaires, on franchit un nouveau pallier dans la mauvaise foi et la simple volonté de nuire : c’est choquant, parce le désaccord ne porte absolument pas sur la situation dans ces entreprises-là.

    Explication : la CGT est en perte de vitesse et les élections professionnelles sont en vue... Le bras de fer est donc motivé par des raisons corporatistes, voire par les intérêts personnels de quelques leaders syndicaux. Il ne faut pas confondre pouvoir de nuisance et capacité de négociation. Les Allemands l’ont compris, les Français non.

    Jeudi 26 mai 2016, on fait un nouveau pas. Ce même syndicat, qui a la haute main sur le secteur de l’imprimerie et de la distribution de la presse vient d’exercer un véritable chantage : seuls les journaux qui acceptaient de publier une tribune du secrétaire général de la CGT ont été autorisées à paraître. On est totalement sorti de la sphère syndicale. C’est de l’extorsion et du chantage. Juridiquement et politiquement condamnable.

    Pauvre France qui se débat déjà dans une situation économique difficile, vit sous un état d’urgence qui aurait dû être levé depuis longtemps et à 10 jours d’un Eurofoot de tous les dangers. Ce gouvernement a commis à peu près toutes les bourdes politiques possibles ces derniers mois et la CGT finira pas ruiner les minces signes de reprise sur le front de l’emploi par ses actions irresponsables. Si personne ne veut tuer le droit de grève, c’est clairement cette CGT-là qui va effectivement le tuer. La réputation de la France à l’étranger, les entreprises et, peut-être, l’Euro seront des victimes collatérales.

  • Nuit debout : la révolution en kit

    Des citoyens qui se retrouvent la nuit pour s'exprimer et débattre, debout ou assis, je ne vois vraiment pas ce qu'il pourrait y avoir de négatif à cela. A moins que ce qu'ils disent ne vous déplaise. Et là encore, il n'y a pas lieu d'en faite un fromage. Au plus, on pourra contester leurs arguments ou les combattre. C'es le jeu démocratique.

    On peut cependant y faire trois objections, de natures différentes. 

    La plus évidente concerne les dérapages commis à Paris notamment par des éléments violents ou des vandales agissant dans la mouvance de Nuit debout, bénéficiant parfois d'une bienveillance suspecte des organisateurs. Troublante en effet la réticence de certains à se distancer des casseurs, allant parfois jusqu'à leur trouver une justification ou des excuses. Et en France, plus de 300 policiers ont été blessés, certains gravement dans l'exercice de leur devoir. Il y a à penne un an, puis après le 13 novembre encore, embrasser un flic était devenu une pratique courante. On les adore quand ils nous protègent contre Daech, on les conspue quand ils s'opposent aux casseurs. Etrange logique.

    La seconde, c'est l'occupation permanente d'un espace public et les nuisances. Problème mineur, avant tout gênent pour le voisinage et certains usagers de l'espace public. Ce n'est pas le cas à Genève.

    Enfin, on peut contester certaines revendications face à un système qui fait vivre une bonne partie d'entre eux, qu'ils l'apprécient ou non. Protester contre la nourriture industrielle, les OGM et le glyphosate, le harcèlement sexuel et le sexisme, certaines inégalités choquantes, le nucléaire et ses déchets, la guerre, la fraude fiscale et la faim dans le monde, tout cela est bien, mais pas très nouveau. Est-ce qu'on ne recrée pas là du lien... social, peu à peu détruit pas les médias... sociaux ? Le retour organisé, dans un désordre relatif, des bonnes vieilles discussions de bistrot. Et l'occasion pour une une brochette d'activistes d'y relayer les mots d'ordre pour les votations du 5 juin. On marche donc sur les traces des plus grands révolutionnaires antisystème...

    La véritable escroquerie, c'est peut-être d'y voir quelque chose de nouveau ou de marquant. Ca ne casse pas trois pattes à un canard, mais parfois quelques vitrines.

  • Grand Guignol : vers une nouvelle saison ?

    Les grands hommes savent faire leur sortie. Les autres se retirent simplement. Quelques uns la ratent lamentablement. Le pitoyable feuilleton offert par Gominator en est un bon exemple. Celui qui a une conviction politique, une ligne de conduite arrive de lui même à la conclusion que l'aventure se termine, parce que les objectifs sont atteints, parce qu'ils ne sont plus atteignables ou parce qu'une nouvelle génération est arrivée. 

    Mais celui qui est motivé avant tout par l'attrait de son propre reflet dans le miroir médiatique ne peut simplement pas admettre de se retirer. Parce que tout est dans le reflet de soi. Dans les réactions provoquées chez les autres, qu'elles soient signe d'admiration ou d'exaspération. Pour ce type d'hommes (parce que les femmes sont rarement sujettes à ces dérives), accepter de ne plus être au centre de l'attention est impossible. Même au prix de la plus grande incohérence. 

    Pourquoi faire un blog sur cet épisode ? Non pour le personnage qui présente peu d'intérêt politique sur le fond mais pour l'effet incroyablement négatif qu'il a exercé sur la politique genevoise depuis une quinzaine d'années. Majorités impossibles à trouver, incohérence, insultes et refus d'obtempérer aux ordres de la police, mépris pour la présidence du Grand Conseil. Sous son influence, ses disciples ont encombré notre parlement de motions et autres interventions presque toute destinées à la galerie. Le contraste avec nos voisins vaudois est saisissant. Même si toutes les dérives genevoises ne peuvent pas leur être imputées, les agitateurs n'ont rien apporté à Genève que confusion, insultes, racisme, homophobie. Ils en sont arrivés à salir même le qualificatif  de populiste, c'est dire... Un "style" politique dont on peut bien reconnaitre, avec Pascal Décaillet par exemple, qu'il a certains mérites, savoir être proche d'une partie importante de l'électorat n'était pas le moins intéressant. 

    Finalement, qu'il reste ou parte m'est totalement égal. Ce qui me fait mal, c'est de voir dans quel état se trouve notre Grand Conseil. Il faut absolument que cesse ce Grand Guignol, que les députés se mettent à travailler au lieu de consacrer toute leur énergie à polémiquer. Les Vaudois nous ont montré qu'il était possible de s'entendre pour soutenir un projet et pas seulement pour dégommer celui des autres. Il est plus que temps que cesse le Grand Guignol.